09/06/2016

Mauro Poggia n'est pas raciste. Ni xénophobe. Sauf à l'égard des Français

Pas raciste pour deux sous Mauro Poggia. Ni xénophobe. Sauf à l’égard des Français. Lorsqu’à la télévision, il énumère « les différentes vagues d’émigration qui ont su parfaitement s’intégrer en Suisse », il oublie les Français… Qui ont pourtant toujours été au moins aussi nombreux que les Italiens, les Portugais ou les Kossovars. Un simple oubli ? Que nenni, parce qu’il se demande, quelques minutes plus tard : « pourquoi est-ce que les Français n’ont pas su s’intégrer ? Est-ce qu’il n’y a pas une spécificité ? »  Sauf que les Français parfaitement intégrés en Suisse sont plus de 150 000 et qu’on estime le nombre de doubles nationaux a plus de 100 000. Dont à Genève, un très grand nombre de conseillers administratifs et conseillers d’Etat présents et passés.
Le problème n’est donc clairement pas dans la nationalité d’origine. Elle n’est pas non plus dans l’éloignement du lieu d’origine comme il tente de le faire croire en dénonçant les « euro-frontaliers ». Parce que les Italiens comme lui, les Espagnols, les Portugais, les Tunisiens ou les Yougoslaves des vagues précédentes, dont il loue les capacités d’intégration, venaient d’au moins aussi loin. Ils acceptaient de travailler pour moins cher que les Suisses d’alors pour faire les sales boulots et c’est pour ça qu’ils étaient engagés.
Ces immigrés européens ou extra-européens habitaient dans des baraquements ou s’entassaient dans des immeubles vite construits dont les loyers étaient 3 à 4 fois moins chers au m2 qu’à la Vieille Ville. C'est moins vrai aujourd'hui pour les baraquements, heureusement, mais ça l'est toujours pour les loyers.
La seule différence, c’est que ces vagues d’immigration d’hier et d'aujourd'hui concernent des emplois sans qualification d'ouvriers agricoles, d’usine ou du bâtiment. Alors que pour les frontaliers, on parle de jobs de cadres ou de techniciens spécialisés. En plus, avec leurs revenus suisses, les frontaliers peuvent acquérir des maisons – ce que souligne Mauro Poggia – alors qu’à salaire égal, à l’intérieur du canton, on obtient au mieux de louer un appart pas trop grand… En fait, tout cela n’est qu’une affaire de jalousie mal placée.
Jalousie mal placée, parce que personne n’empêche aucun résident d’aller vivre de l’autre côté pour devenir propriétaire si ça lui chante. Hormis les préjugés. A Paris, si vous préférez un appart plus petit à l’intérieur du périf qu’un appart deux fois plus grand ou même une maison à l’extérieur, pour le même prix, c’est votre choix. Il ne vous viendrait pas à l’idée ensuite de vouloir mettre une barrière à l’accès des banlieusards au marché du travail.
STATISTIQUES MANIPULEES
D'un autre côté, Garçon, Infrarouge et leurs statistiques sont bien gentils, mais montrer que le nombre de frontaliers a quasi doublé en dix ans, sans dire que le nombre de places de travail a augmenté en parallèle et que le nombre de chômeurs, lui, a sérieusement baissé (de 23 000 à 18 000...), c’est se foutre du monde et jeter de l’huile sur le feu. Les frontaliers sont venus occuper des places de travail vacantes et ce flux a permis à l’économie de la Suisse romande d’enregistrer des taux de croissance inégalés au cœur d’une Europe en crise. On peut vouloir arrêter ce flux. fermer les vannes et couper Genève de son agglomération. Mais il faut savoir que le corollaire serait inévitablement une perte de la compétitivité helvétique, et in fine une réduction drastique du niveau de vie, avec des risques de chômage accrus. Bien plus importants qu’en laissant jouer la concurrence.

20/05/2016

Quand Poggia pistonne... Et que ça ne marche pas, Poggia se fâche

Ainsi donc M. Poggia fait du copinage et il s’en vante. Dans la Tribune, il raconte qu’il a reçu un candidat à un emploi dans un organisme privé mais subventionné, et qu’il a lui a écrit un mot de recommandation. A quel titre  ?
Parce qu’il était italien, comme lui ? Ou Tunisien, comme son épouse ? Ou Musulman ? Ou scientologue ? Ou membre du MCG ? Ou juste parce qu’il avait envie de placer un obligé dans une fondation qui emploie 700 personnes dont un certain nombre de frontaliers ? Des questions légitimes car on peut supposer que M. Poggia n’a ni reçu personnellement, ni écrit un mot à la maîtresse pour les 13 284 chômeurs genevois recensés fin mars. Ou bien ?
Guy Olivier Segond, qui a quelques heures de vol en matière d’administration, m’a toujours dit qu’il est contre-productif pour le big boss de recommander quelqu’un à l’un de ses sous-fifres. Parce que le sous-fifre n’aime pas l’idée d’avoir l’œil du patron dans ses affaires et trouvera mille prétextes pour engager quelqu’un d’autre. Ce que j’ai pu constater à plusieurs reprises dans ma vie professionnelle, en France comme en Suisse, aussi bien comme solliciteur que comme pourvoyeur de poste : le pistonné de tout en haut se retrouve assez systématiquement en bas de la pile… Mais M. Poggia n’a qu’une très mince habitude de la vie en administration ou dans des grosses entreprises…
Avec ses gros sabots, M. Poggia s'inscrit dans la droite ligne du MCG. Tout le monde sait que le réseautage aide à trouver du taf. Surtout à Genève. C’est d’ailleurs la première recommandation que reçoivent les chômeurs à l’Office de l’emploi : activez vos réseaux. Ben oui, mais si le réseau comprend un voisin frontalier, c’est mal. Et même de nature à vous faire perdre votre nouveau job du fait des pressions d’un Conseiller d’Etat susceptible…. Attention tout de même, l’utilisation du réseau de voisinage c’est permis en règles générales: le cousin que vous faites venir du village au Portugal, le fils de la voisine du dessus des Avanchets, ou le voisin du village de Brot-Dessus (NE) ou de Sembrancher (VS) à qui vous trouvez du taf, c’est bien. C’est juste si vous êtes frontalier que c’est mal. Et tant pis si vous préférez engager quelqu’un que vous connaissez, en qui vous avez confiance, qu’un parfait inconnu dont les références en pointillé et/ou le piston d’un chef de parti d'extrême-droite vous semblent suspects. Si vous êtes frontalier, c’est mal ! Répétez tous en chœur !
Du coup, on se retrouve dans la situation absurde dénoncée le mois dernier sur Facebook par quelqu'un plutôt proche du MCG qui reconnaissait qu'à son boulot, on venait de remercier un jeune intérimaire frontalier qui faisait parfaitement bien son boulot, avec conviction et ardeur, pour engager fixe une chômeuse résidente qui outre un manque d'ardeur manifeste, s'était fait mettre en arrêt maladie au bout de quinze jours... Attention, il y a pléthore de chômeurs résidents qui ne demandent qu'à bosser et de tous les âges. Mais il n'y a aucune raison légale ou économique de différencier les gens selon le côté de la frontière où ils habitent. A Genève, les frontaliers paient leurs impôts en Suisse, de même que leur AVS, leurs cotisations chômage et bien souvent leur assurance maladie. Ils sont de fait parfaitement assimilables à des travailleurs suisses. Seul l'argument écologique de la distance pourrait être retenu, mais Annemasse ou Saint Julien sont souvent plus proches du lieu de travail à Genève que Versoix ou Chancy... Sans compter Yverdon ou Nyon. Or les Vaudois et autres, qui ne paient pas leurs impôts à Genève, sont considérés comme résidents par le MCG. Où est la logique ?
De toute manière, bien qu’élu et ancien avocat, Me Poggia se fiche des lois et de la démocratie. Parce que la Libre circulation a été votée et acceptée par le peuple. En échange de pouvoir par exemple aller librement habiter en France, les Genevois ont accepté l’idée de libérer l’accès à leur marché du travail. Certes les Suisses en ont décidé autrement il y a deux ans (mais pas les Genevois), mais cela n’est pas encore entré en vigueur et c’est donc toujours l’ancienne loi qui s’applique. Selon laquelle on ne peut pas licencier quelqu’un sous prétexte qu’il n’habite pas du bon côté de la frontière. Si M. Poggia insiste et que Clair Bois obtempère, l’affaire ira jusqu’au TF et M. Poggia perdra. Ce ne sera pas la première fois.

17/05/2016

Pétain et les défauts du bouclier

J’ai regardé lundi soir sur France 3, un film sur la mémoire de la collaboration et l’après Pétain. Qui présentait à mon avis la grave lacune de confondre le travail des historiens avec la réalité. Non pas que le travail des historiens soit forcément faux ou biaisé, mais il est des circonstances où le travail sur les sources écrites est insuffisant à rétablir la vérité.
Je pense en particulier aux activités de l’ombre et des services secrets qui ne sont pas forcément documentées. En temps normal, elles le sont bien sûr. Les services secrets demeurent des administrations publiques et en dehors de quelques actions spéciales inavouables (du genre : « Je ne vous ai pas donné cet ordre et en cas de pépin, on ne vous connait pas ») leur travail quotidien est dûment archivé, même s’il est classifié « secret défense » ou autre. Il peut donc être déclassifié en temps utiles pour les besoins de la recherche historique. Ou à l’occasion d’un changement de régime, comme ce fut le cas des archives du KGB, qui purent être consultées in extenso par quelques spécialistes comme Vladimir Fedorovski après le coup d’Etat manqué contre Eltsine.
Il est cependant des cas où la discrétion et le secret le plus absolu deviennent une question de vie ou de mort, pour les agents et de réussite ou d'échec pour le but poursuivi. C’était le cas dans la France occupée de la seconde guerre mondiale pour un certain nombre d'officiels, dépendant de l’Etat français mais bien décidés à préparer « la revanche ». De cela, l’historien étasunien Robert Paxton ne parle pas puisque dit-il « il n’en a trouvé nulle trace officielle » dans les archives de l’Etat français. Et pour cause, puisque les partisans de ce que l’on pourrait appeler un complot faisaient tout leur possible pour effacer leurs traces...
Le hiatus vient d’abord du fait que ce n’était pas l’Etat français (le nom officiel de l’administration pétainiste) dans son ensemble qui travaillait dans cette optique de revanche. Bien au contraire de larges pans de l’administration collaboraient allègrement et avec conviction, de Laval à la Milice. Pour ce qui est de Pétain lui-même, la question reste entière, les deux parties s’étant réclamées de son image tutélaire.
Mon père qui fut l’un des jeunes agents recrutés discrètement et très officieusement (à lire en juin, le prochain numéro de la revue "Passé Simple" sur ce sujet) pour travailler en Allemagne pour le 2ème bureau de l’air français sous couvert des commissions d’armistice me disait qu’il y avait de parfaites crapules. Il citait par exemple Jean-Marie Balestre et un magnat de la presse qu’il avait connu à l’époque et revu après-guerre dans les milieux du journalisme automobile. Les « résistants légalistes », symbolisés par le Général Giraud, à l’évasion duquel mon père a participé, préparaient la revanche de l’intérieur. Ils étaient de milieux et d’opinions diverses, avec une forte prédominance militaire et la présence de nombreux francs-maçons. Leur optique n’était pas la lutte armée sous l’occupation, qu’ils pensaient suicidaire et ils considéraient volontiers les gaullistes (dès le 18 juin 40) et les communistes (dès le 22 juin 41) comme des voyous, jusqu’à l’unification des divers mouvements de résistance, fin 43, et la « réconciliation » de Giraud et De Gaulle au profit exclusif de ce dernier.
Le voile jeté sur cette période servait aussi les intérêts de De Gaulle, lui permettant d’apparaître comme le seul leader de la Résistance, notamment militaire, ce qu’il n’était clairement pas au départ. Par ailleurs, parmi ces résistants de l’intérieur certains ont occupé de très hautes fonctions, jouant un double jeu dangereux, pour leur vie d’abord, pour leur réputation ensuite, car si les renseignements qu’ils pouvaient fournir étaient fort utiles à la résistance, leurs actions officielles les mettaient souvent au service de l’occupant. Ce qui pouvait aller jusqu’à la plus froide cruauté, lorsqu’il s’agissait de négocier les limites du pouvoir de la police française en échangeant la déportation des juifs étrangers contre le maintien de la souveraineté française sur les français n’ayant pas attaqué physiquement l’occupant… Qui permettait d’extirper des griffes allemandes les résistants d’opinion ou de renseignement. Un double jeu aux résonnances antisémites et xénophobes qui explique certaines amnisties de personnalités demeurées incomprises aujourd’hui encore, dans l’entourage de Mitterrand notamment. Comme René Bousquet qui poussa le double jeu horriblement loin en organisant la funeste rafle du Vel d’Hiv, mais qui aux dires mêmes de Mitterrand en privé, rapporté par ses proches, sauva des griffes nazies beaucoup de gens, utiles à la Résistance… Peut-être pas 13 000 quand même, qui est le nombre de juifs déportés au Vel d’Hiv !

En même temps, quand on sait que les Anglais n’ont pas hésité à sacrifier les centaines de membres de leurs réseaux du Pas de Calais et de Belgique, ainsi que leurs agents britanniques sur place en les livrant aux allemands pour leur faire croire à un débarquement dans cette région, on se dit que la guerre est décidément bien plus sale que jolie.

 

23/04/2016

Racisme anti-frouze ou animosité stupidement entretenue ?

Dans un livre récent, la correspondante du Monde en Suisse se penche sur le racisme "anti-frouze" qu'elle ressent en Suisse romande. Le terme de racisme me parait largement usurpé. Par contre, il y a une vraie animosité, qui a toujours existé quoiqu'elle en dise, sur laquelle l'UDC et le MCG n'ont fait que surfer. Mais cette animosité concerne n'importe quel voisin. Y compris les Suisses en France...
Enfant à Neuchâtel, dans les années 60, j'étais traité de "francillon qui cause en raffinant", ce qui était tout de même mieux que le "sale tchink" qui qualifiait les enfants d'italiens. D'ailleurs dans les bagarres rangées de cours d'école primaire, qui opposaient neuchâtelois "de souche" et les "tchinks" donc, particulièrement nombreux, l'unique "staubirn" et moi avions le droit de rester neutres...
Par la suite, quand je me suis retrouvé interne au lycée de Pontarlier, j'étais devenu ""Le p'tit suisse" et l'on moquait mon accent neuchâtelois, avec un solide accent du haut-Doubs. C'est à ce moment, je crois que je suis devenu internationaliste. Pour la vie.
A noter qu'aujourd'hui, les plus virulents à l'égard des français en Suisse sont très souvent des "secundos", nés de parents étrangers, plus facilement affligés d'un complexe d'infériorité/supériorité à l'égard des fils du Grand Voisin que les autochtones de longue date, qui savent mieux tout ce qu'il peut y avoir de commun et d'indélébile dans les relations séculaires.
Dernière chose: j'ai écrit un bouquin "ces Ces Romand-es qui ont fait l'Histoire, vendu en France sous le titre "Ces Romands qui ont fait l'Histoire de France". parce que nos deux histoires s'entremêlent plus qu'étroitement et que si les Belges sont souvent identifiés en tant que tels à Paris, les Suisses y sont souvent pris pour des Français. Peut-être parce que précisément, ils peuvent s'y fondre comme des poissons dans l'eau. 
Lors de la présentation du livre à Paris, les émissaires d'une députée représentant les Français de Suisse m'ont proposé un soutien financier conséquent pour écrire "les Français de l'Histoire suisse". Proposition que j'ai déclinée après réflexion. Parce que je ne voulais pas me lier politiquement à la dame en question, sarkozyste, et parce que j'ai le sentiment qu'autant l'action des Romands en France et dans le monde est largement méconnue en France, notamment des intellectuels - et méritait donc un éclairage - autant l'action des Français en Suisse me parait une évidence que les Suisses éduqués connaissent parfaitement. Les autres ne risquant de toute manière pas d'être éduqués par un livre qu'ils n'auraient jamais lu.

26/03/2016

La République et la Charia

Un prédicateur islamiste, du genre piétiste, fait le buzz sur Internet avec une vidéo dans laquelle il rappelle que les sociétés dans lesquelles nous vivons dispensent passablement de bienfaits, y compris le droit de prier dans des lieux de culte appropriés, et qu’il n’est pas juste de n’en retenir que les côtés imparfaits. Que le recours à la violence est donc une abomination diabolique. D’ailleurs, comme il le fait très justement remarquer, à quoi aboutissent les illuminés qui partent construire un monde meilleur en Syrie ou en Libye ? A faire fuir les habitants légitimes de ces pays qui n’ont plus qu’un désir, venir dans les pays d’Europe profiter des bienfaits que nos civilisations procurent.

Jusque là, il a tout juste. Sauf que le gars prêche aussi par ailleurs que la musique est l’œuvre de Shaïtan (le nom arabe de Satan) et que si des femmes non voilées se font violer, c’est un peu de leur faute, puisqu’elles n’étaient pas voilées… Un vrai islamiste donc, qui attribue les bienfaits de nos sociétés (européennes ou maghrébines) à l’œuvre d’Allah. Pour lui, c’est à dieu que nous devons ce qui existe dans nos sociétés et il faut lui rendre grâce. C’est là que le bât blesse et le fait qu’il ne différencie pas les sociétés maghrébines, quel que soit leur régime politique, de nos sociétés européennes est tout à fait significatif.

Pour lui, dieu est à l’origine de toutes choses et donc l’homme ou la femme doivent se soumettre à sa gloire, accepter leur condition et suivre à la lettre les préceptes de la religion dans sa vie quotidienne, pour espérer mieux. Ici bas ou plus probablement après la mort, au paradis, puisque nous serions ici dans un monde d’épreuve. C’est l’opium du peuple dénoncé par Marx dans sa plus parfaite acceptation, qui fait le bonheur des dirigeants politiques, quels qu’ils soient. En bref, ne vous occupez pas de politique, la solution est au paradis.

Ce n’est qu’une des visions de l’islam rigoriste, car on trouve aussi son exact contraire, professé par les fans de l’Etat Islamique (ou des Frères Musulmans, ou des mollahs iraniens) : la démocratie est l’œuvre de Shaïtan, comme toute forme de gouvernement qui n’obéirait pas en tous points à la loi de dieu (la charia) qui seule doit déterminer les actes des dirigeants. Le peuple doit alors se révolter contre les dirigeants qui ne respectent pas la charia.

Le GROS problème, c’est que bienfaits ou mauvais faits, les éléments qui déterminent notre existence sur terre et les aléas de nos sociétés ne sont pas l’œuvre de dieu, qui existe ou n’existe pas, mais à l’évidence n’agit guère sur notre quotidien. Ils sont le fruit des œuvres des êtres humains, bonne sou mauvaises, corrigés ici ou là par les forces de la nature. Et ça change tout. Parce que c’est bien l’économie, la politique, les pulsions humaines qui modèlent nos sociétés et qu’il faut s’y impliquer si l’on veut améliorer les choses, même si la perfection n’existe pas.

La République est ce que l’on en fait et sera ce que l’on en fera. Nous autres, tous ensembles.

Après chacun est libre de croire ou de ne pas croire et si les musulmans, comme tous croyants, souhaitent suivre les préceptes de leur religion, libre à eux. Il est d’ailleurs probable que cela soit plutôt bénéfique à la société dans son ensemble, comme j’ai pu le constater par exemple en Bulgarie, où les communautés villageoises d’origine turque sont réputées pour leur amour du travail bien fait.

Mener son djihad personnel en tant qu’amélioration de soi-même est certainement un bel objectif. Mais cela ne doit pas dépasser la sphère privée et ne pas empiéter sur la règle commune : en République, c’est la loi républicaine qui s’applique, qui doit être la même pour tous et ce sont les lois de la République qui nous procurent leurs bienfaits, ou leurs méfaits. S’il y a un problème, on peut le changer, en changeant telle ou telle loi. Pacifiquement. Cela s’appelle la démocratie et cela n’a rien à voir avec l’au-delà.

03/03/2016

Quand Daech et des (très) proches de Poutine et Bachar travaillent ensemble à l'exploitation du gaz syrien

L'enquête a été longue, minutieuse et compliquée, portant sur des faits qui se sont déroulés en grande partie sur les territoires conquis par Daech il y a deux ans...
Elle implique au moins un résident genevois, au travers de ses sociétés d'exploitation pétrolières et gazières. Quelqu'un qu'on dit extrêmement proche de Poutine, visé par le premier cercle des sanctions internationales après l'annexion de la Crimée. Ainsi qu'un homme d'affaires syrien, tout aussi proche de... Bachar el Assad, ce qui ne l'empêche pas d'être aussi sur les listes de sanction US, mais lui pour trafic avec Daech!
Ce qui n'empêche pas de nombreux médias de reproduire abondamment les infos en provenance de Moscou accusant les Turcs de financer Daech, confondant là comme ailleurs, c'est à dire sous leurs bombes, Daech et les rebelles démocrates ou islamistes...
Mais le mieux est de lire l'article et de vous faire votre opinion:Ici


A noter que deux journalistes syriens issus des zones rebelles seront en Suisse romande du 21 au 23 mars. L'un d'eux a été successivement prisonnier des geôles de Bachar, puis de celles de Daech. Ils pourront sans doute nous en dire plus sur le quotidien dans les zones de combat, mais aussi sur les dessous cachés de ce qui reste une guerre de l'ombre.

08/02/2016

Combien de gens savent exactement ce qu'ils votent et pourquoi ?

Dans quinze jours, on vote. Enfin, nous avons tous déjà reçu nos bulletins. Et ça fait peur. Parce qu’on va décider de choses graves. Qui pourraient mettre à mal encore davantage l’économie suisse et rejeter le pays au ban des nations européennes.
Pourtant, la seule chose qui semble préoccuper les gens, c’est de savoir si l’on va pouvoir transformer le vieux musée et sa cour intérieure. On n’entend parler que de ça, les gens ne se déchirent que sur ce sujet-là, qui oppose une moitié de la droite à l’autre moitié de la droite et une moitié de la gauche à l’autre moitié de la gauche…  En plus il n’y a que la ville qui vote, ce qui parait curieux puisque le projet concerne toute l’agglomération. Sauf que c’est la ville qui paie la moitié de la facture, l’autre moitié provenant de fonds privés. Qui, à voire le binz déclenché, ne sont pas près de revenir payer pour un projet d’intérêt public genevois, qu’il soit culturel ou autre. 
C'est une fois de plus l'immobilisme et le conservatisme le plus tatasse qui risquent d'emporter le morceau. Nul doute que s'il avait fallu voter, Genève n'aurait jamais eu de fortifications, de cathédrale, de boulevards fazystes, de Pont du Mt-Blanc et j'en passe...

On peut comprendre le désintérêt populaire pour les votations, quand on voit le libellé et les explications des autres sujets. Le truc sur les loyers par exemple. Un ami banquier au cœur sensible, diplômé de sciences po, me disait hier avoir voté non, parce qu’il trouvait qu’augmenter le loyer des pauvres gens de l’équivalent de 1% de leur revenu, c’était quand même vachement violent… Comme ça m’étonnait, nous avons vérifié. En fait c’est une augmentation de 1% de ce qu’il payait auparavant. Soit, 3, 4 u 5 fois moins. Mais c’est libellé de telle façon que ça prête à confusion. La preuve, un universitaire financier s’est fait avoir. Alors je n’ose penser aux 95% de la population qui n’ont pas ses compétences…

L’histoire de la caserne vaut son pesant de grenades. On demande aux gens s’ils sont d’accord de payer pour la construction d’une nouvelle caserne. Vu l’utilité discutable de l’armée depuis 70 ans  (cela pourrait changer assez rapidement, ceci dit) bien des gens seront tentés de répondre non. Alors qu’en fait il s’agit de déménager la caserne pour pouvoir loger près de 5000 personnes à la place, dont de nombreux étudiants… Bien sûr, si on lits la brochure, on le comprend, mais combien lisent les brochures ? Les initiants savaient très bien ce qu’ils faisaient en rédigeant leur intitulé. De même, en 2015, sur un autre sujet, un jeune qui venait de passer sa matu avait compris l’inverse de ce qu’il fallait comprendre. Et donc a voté contrairement à ses convictions. Quand il l’a compris, il avait le sentiment de s’être fait avoir et voulait renoncer désormais à voter. Là, encore quid de ceux qui n’ont même pas la compréhension habituelle de textes pas si simples…

On atteint le summum quand ce sont les initiants qui rendent un travail bâclé, comme c’est le cas de l’initiative de mise en œuvre du renvoi des criminels étrangers. Elle systématise les peines automatiques, sans examen des conditions spécifiques du délit ou crime, ce qui est contraire au droit international et aux jurisprudences européennes. Même de son propre point de vue, elle est très mal foutue, puisqu’elle oblige au renvoi d’une sexagénaire rentière qui ferait des ménages au noir un jour par semaine, mais ne prévoit rien pour un terroriste arrêté alors qu’il préparait un attentat. Elle contraint au renvoi d’un jeune né ici pour un premier larcin un soir de beuverie (son copain suisse s’en tirant avec une simple amende), mais ne prévoit rien pour un incendiaire qui met la vie des gens en danger. Bref c’est un brûlot politique, destiné à faire mousser l’UDC et saliver l’extrême-droite, mais en aucun cas une loi pensée et conçue pour être efficace, juste et performante, comme l’est celle sortie des travaux du parlement.   
 

La démocratie directe est un outil fantastique, mais parfois j’ai l’impression qu’à force d’en abuser, les factions populistes des deux extrêmes de l’échiquier politique lui font courir de gros risques.

13/01/2016

L'insondable (et dramatique) bêtise du MCG

Un dirigeant historique de l’UDC genevoise m’a dit un jour, parlant d’Eric Stauffer : « Son problème c’est qu’il n’a pas la petite lumière qu’on a tous et qui clignote pour nous dire quand on dépasse les limites. Du coup, il se croit invincible ».
On pourrait penser que son porte-serviettes, le « bon flic » Roger Golay, aurait un peu plus de plomb dans la tête. Sa récente interview au sujet des fonds frontaliers, dans la Tribune de Genève, laisse au contraire penser que son mentor a su lui insuffler un peu trop de stupide suffisance. Ainsi explique-t-il que son parti attaque la France et les frontaliers français, qui laissent à Genève l’essentiel de leurs impôts, plutôt que les pendulaires vaudois qui n’y laissent pas un centime, "parce que Calmy-Rey a essayé avec les Vaudois et s’y est cassé les dents".
En clair « on a essayé avec un nain à notre taille, on s‘est pris une claque, alors on essaie avec un géant, cent fois plus gros que nous… »
L’insondable bêtise de la démarche laisse pantois à première vue. A y regarder de plus près, c’est encore pire. Le problème, avec certains déficients, c’est qu’ils se croient malins et échafaudent sans cesse toutes sortes de plans pour arnaquer les gens. Ici, le Conseil d’Etat est le premier visé : l’initiative MCG ne propose rien de concret, hormis de dénoncer un accord existant, fonctionnant à la satisfaction des parties, qui est l’un des facteurs clés de la prospérité genevoise depuis 40 ans. Quid de ce qui se passerait après la dénonciation de l’accord ? Le MCG n’en a pas la moindre idée. Mais quel que soit le résultat, à coup sûr catastrophique, il pourra en rejeter la faute sur les autorités, qui auront mal négocié… On tire une rafale dans les pieds des Genevois, et ce sera la faute des autres, qui n’auront pas su protéger les citoyens de l’ogre français.
Rappelons que si Genève dénonce la clause d’exception qui la concerne dans la convention fiscale franco-suisse,  il y a toutes les chances que ce soit le sort général des autres cantons qui lui soit dès lors infligé. La France impose et reverse, quand elle le veut bien, une somme nettement inférieure à ce que Genève (et Berne, grâce à la péréquation) conservent aujourd’hui. Difficile d’imaginer plus spectaculaire autogoal.
Quant à la très stupide hypothèse belliqueuse de certains avocats genevois, son application ferait immédiatement exploser toute l’économie genevoise et régionale avec. L’idée serait de continuer d’imposer comme avant, à la source, en se moquant de la convention globale franco-suisse et en gardant tout l’argent. Quitte à laisser les frontaliers subir une double imposition, imposés plein pot en France et à Genève. Une telle réduction de la masse salariale injectée dans l’économie locale aboutirait à des fermetures de commerce, des faillites en cascade, des drames humains soldés par des ventes de biens immobiliers en masse qui feraient chuter les prix, sans compter le départ vers d’autres cieux de travailleurs et d’entreprises peu soucieux de vivre dans ce far west législatif. Et comme on sait, ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers.
Rappelons qu'au plan juridique, contrairement à ce qu'avance le MCG, l'OCDE n'a aucune religion à l'égard de l'imposition transfrontalière et ne fait que recommander l'imposition au lieu de domicile en prévoyant toutes sortes d'exceptions. Possibilité abondamment exploitée par tous les pays de l'UE, qui montrent une énorme créativité à cet égard. De fait, chacun fait comme il veut, du moment qu'on évite la double imposition, et donc qu'on répartit les fruits de l'impôt équitablement. Dans ce contexte, penser que la répartition qui résulterait d'un négociation pourrait être plus profitable à Genève qu'aujourd'hui, alors qu'elle est actuellement la plus profitable à Genève de tout ce qui existe en la matière entre la Suisse et ses voisins ou en Europe, c'est une imbécilité pure et simple.
En plus, si on veut instaurer un rapport de forces, il faut commencer par l'étudier. Genève fournit du travail à 0,02% des travailleurs français, dont un certain nombre de suisses et d'étrangers. Le tout représente 25% des travailleurs Genevois. La France abrite par ailleurs 10% de la population genevoise. Oui, parce qu'on parle de 20 000 frontaliers suisses, mais c'est sans compter les non-déclarés et surtout, il s'agit de 20 000 familles... 

Le seul gagnant serait Paris, qui empocherait désormais l’essentiel de l’impôt. Les perdants seraient Genève et les Genevois, la région frontalière exsangue et Berne qui ne perdrait « que » 100 millions par an, à activité économique constante et sans doute beaucoup plus puisque l’activité économique chuterait.
Sauf que voilà, la votation sur les parkings l’a démontré, il traîne à Genève suffisamment de haine et de jalousies anti-frontalière pour qu’une telle initiative ait ses chances, bien qu’elle soit probablement la plus stupide jamais lancée en Suisse, tous cantons confondus… C’est là-dessus que compte le MCG. L’intérêt général et celui des Genevois, il s’assoit dessus, tout ce qu’il voit, c’est la possibilité de se faire mousser et après moi le déluge…

12/01/2016

Oui à la Traversée. Pour le péage, on verra plus tard, à condition qu'il soit très modique.

Passé inaperçu à sa sortie il y a deux mois, un rapport d’experts fait couler beaucoup d’encre depuis le dernier week end. Mêlant avis de droit et business plan, ce rapport envisage la faisabilité juridique et économique d’un partenariat public privé pour le financement de la traversée du lac.
En clair, il répond à quelques questions de fonds : un péage pourrait-il faciliter la mise en place de la traversée et si oui, à quel prix, sur quelle durée et dans quelles perspectives de rentabilité pour les investisseurs privés et de coût pour les collectivités publiques. Un article d’un journaliste de la Tribune a mis le feu aux poudres. Il a en effet isolé et monté en épingle l’une des conclusions du rapport. Soit le constat qu’un péage réduirait l’impact bénéfique de la traversée, en dissuadant certains usagers de l’utiliser et du même coup la rentabilité de l’affaire pour les investisseurs, sauf si un péage urbain était également mis en place. Ce qui repousserait vers la traversée les transits automobiles par les ponts de la ville.
Chacun connait la propension des Genevois à refuser tout ce qui pourrait leur coûter et dit comme ça, l’article est un véritable scud décoché sur le projet de traversée, à quelques mois de la votation. On aurait aimé que l’article rappelle qu’un tel péage urbain était aujourd’hui réclamé par les verts et par le MCG (qui veut évidemment mettre les postes de péage aux frontières) et que l’Etat y songe, traversée ou pas. Alors que du coup, dans l’esprit des gens, le péage sera lié à la traversée, ce qui n’est pas le cas.
Ceci étant, comme l'évoque l'auteur de l’article, le rapport dresse une analogie avec une étude d’impact zuricoise selon laquelle la non-construction de la traversée coûterait des milliards à l’économie genevoise rien qu’en temps perdu dans les embouteillages et en effet dissuasif sur l’implantation des entreprises – ou incitatif sur leur départ. Ce sans même tenir compte des énormes quantités de pollution rejetées inutilement dans les bouchons, au cœur de la cité et sur les quais, qui devraient être un joyau commun.
En introduction, l'étude parle de « dizaines de milliards », ce qui est vague. Mais si l’on part sur l’idée que cela pourrait être 3 dizaines (ce qui reste un brin de fourchette bas), on arrive à un milliard par an. Soit, les coûts de construction étant estimés entre 2,5 et 4 milliards, un ouvrage qui nous fait faire du bénéfice, parce que l’économie genevoise, quelque part, c’est nous tous, en 3 ou 4 ans déjà… Plus loin l'étude réduit son estimation des bénéfices à une dizaine de milliards sur 50 ans, ce qui reste considérable.

Dès lors la question du péage paraît mal posée. Si le privé intervient dans le financement, c’est pour gagner de l’argent. Il peut le faire de deux manières :

  1. en assumant une part de risque, à travers un péage qui devra avoir une rentabilité relativement rapide, ce qui augmente son coût (le rapport propose 8 Francs !), mais du même coup réduit sa clientèle (oui, c’est un cercle vicieux) et surtout, en réduisant la clientèle, réduit l’impact positif de la Traversée en renvoyant des véhicules vers les ponts de la ville. Ce qui n’est pas du tout le but, ni l’intérêt de l’économie genevoise.
  2. en prêtant à long terme à l’Etat et en se contentant d’un intérêt, sans prise de risque. Ce qui laisse l’Etat libre d’établir un péage à très bas prix, donc sans effet pénalisant, ou pas de péage du tout, considérant qu’il suffit de puiser dans les rentrées fiscales en cours ou, pourquoi pas, prévoyant une taxe spéciale sur les entreprises ou sur les automobiles ou les deux.

Il parait clair que la formule 2 serait hautement préférable, car elle permet d’envisager le projet qui sera vraiment le meilleur pour les Genevois et pour Genève, son agglomération et son économie, plutôt que celui qui sera le plus rentable financièrement, ce qui n’est pas forcément la même chose.

Ce qui est sûr, c’est que la votation de juin ne sera pas un choix pour ou contre un péage, mais pour ou contre une traversée. Qui pourrait éventuellement être financée par un péage. Ou pas. Ce choix-là sera fait ultérieurement, notamment après l’étude des financements attendus de Berne et de l’Union Européenne, puisqu’il s’agit d’un projet qui de fait est transfrontalier et que l’UE dispose des fonds importants pour ce genre de projets, l’autoroute passant par Genève faisant par ailleurs partie d’un réseau européen.

Pour ma part, j’accepterai un péage modique qui ne serait pas dissuasif, avec une formule qui ne devrait en tout cas pas dépasser 50 francs par mois pour les pendulaires. Mais rien de plus coûteux. L’autorité publique doit aussi être en mesure d’imposer sa loi et donc l’intérêt supérieur des Genevois à d’éventuels partenaires privés.

20/12/2015

Manifs et déprédations: à qui profite le crime ? A personne de sensé...

Il se dit beaucoup de bêtises sur les évènements de cette nuit. Une rapide enquête journalistique permettrait pourtant de remettre les faits et les idées à leurs places.
La Manif a été organisée par l’ultra-gauche révolutionnaire. Le site « Renversé.ch » s’en est fait l’écho, appelant à y participer (repris d’ailleurs par le député PS Roger Deneys) avant de publier ensuite un compte-rendu, qui loin de dénoncer les déprédations de la nuit, en fait l’apologie. Au contraire de Deneys bien sûr, qui visiblement, ne savait pas où il mettait le poing en relayant l’appel…
Entre les lignes et même écrit noir sur blanc, « Renversé.ch » appelle à la révolution et compte y parvenir par les moyens les plus radicaux, concluant son article ainsi : « Cette crise de la représentation politique symbolisée entre autre par la manifestation du 19 décembre est un phénomène nouveau dans nos contrées, la question est maintenant de savoir comment porter la contradiction à un point qualitativement plus élevé dans les mouvements à venir. »
Pour être clair, certains accusant l’extrême-droite, Renversé.ch semble assez clairement ancré à l’extrême-gauche. Utilisant ouvertement des clés cryptées du "darknet" pour communiquer, le site soutenant aussi bien les luttes des Kurdes, que des Queers ou même des libérateurs d’animaux… Et tout aussi clairement, certains acteurs culturels ont apparemment participé, si l’on en croit les photos d’interventions artistiques au coeur du défilé.
A gauche, certains accusent "la droite" voire implicitement les autorités d'avoir laissé faire, voire d'avoir organisé, pour trouver prétexte à la répression. On lit des choses, sous la plume d'élus d'extrême-gauche comme "cherche à qui le crime profite"... Alors justement, parlons-en: à qui ?
Les autorités n'ont absolument aucun intérêt à envenimer la situation. Il n'entre pas dans les plans du PLR ou du PDC de préparer la répression sauvage de quelques dizaines d'agitateurs culturels subventionnés du Canton… Réduire les subventions en période de crise ne serait certes pas pour déplaire, mais les jeter tous en prison ou leur intenter procès ne mènerait à rien en plus de coûter très cher… D’autant qu'ils sont généralement insolvables. Sur le fond, le centre et la droite républicaine ne sont pas les ennemis de la culture, même alternative. L'intérêt du Conseil d'Etat, dans une situation sociale tendue, c'est plutôt de calmer le jeu. Ce que confirme sa décision de mercredi dernier, qui retoquait le vote du Conseil Municipal bloquant les subventions de l'Usine.
Qu'en revanche, des excités aient souhaité en découdre, c’est manifeste. Ces dernières semaines on a pu lire des appels à prendre les armes… Pour défendre l'hypermarché cantonal de la bière et du rock alternatif cela pourrait sembler grotesque, vu d’ailleurs que de Plainpalais. Toujours est-il que l'accord qui se dessinait repoussait leurs fantasmes de Grand Soir...
On peut de même s’inquiéter de la présence dans son magasin d'un élu généralement vindicatif… C'était au mieux une idiotie: même quand on a pris la mauvaise habitude de faire justice soi-même, on ne cherche pas à s'opposer seul à plusieurs dizaines de personnes en colère. Même accompagné de trois policiers, qui eurent heureusement le bon réflexe de quitter les lieux avant que cela ne dégénère vraiment. Intervenir seul au Bataclan pour sauver des vies c’est une chose, se mettre en danger – et du coup mettre en danger autrui - pour sauver une vitrine, c’est crétin. On tend à condamner à raison les gens qui mettent en danger la vie des sauveteurs en s’exposant inutilement en haute montagne, on est là exactement dans le même cas de figure.
De même, la police n’est intervenue que très tard en fonction de règles d’intervention privilégiant la sécurité des personnes quitte à laisser se commettre des déprédations, non sans accumuler des renseignements visant à pouvoir ensuite identifier les casseurs et les traduire en justice. On peut décider que ces règles d’intervention sont obsolètes et qu’il convient d’en changer. C’est une décision politique, qui doit être débattue démocratiquement, mais il serait injuste d’en accuser ce Conseil d’Etat, ces règles étant celles qui prévalent depuis de nombreuses années en Suisse et à Genève. C’est particulièrement injuste d’entendre ces critiques venant de la gauche ou de l’extrême-gauche, pour appuyer les accusations de manif manipulée, car ces règles datent à Genève d’un conseiller d’Etat socialiste, notamment après qu’un manifestant ait été blessé au visage par un tir de paint-ball. Elles sont un élément de la démocratie, qui ont permis d’éviter qu’il y ait des morts ou des blessés tant dans les rangs de la police que des manifestants.
Plaie d'argent est certes désagréable, et les responsables doivent en être sévèrement puni, mais elle n'est pas mortelle, encore moins quand elle est assurée... En revanche, la République n’a nul besoin de blessés. Il est urgent que les personnes responsables des deux côtés se mettent autour d'une table pour entamer un dialogue apaisé. Personne n n'a intérêt au clash et au divorce, sauf les extrémistes qui rêvent d'alternances peu démocratiques, d'un côté ou de l'autre.

14/12/2015

Egalité, Réconciliation et armes à feu...

On résume:
Juste avant le 2ème tour des élections régionales françaises, un attentat aux portes de l'Hexagone aurait évidemment boosté les scores de l'extrême-droite...
Il se trouve que la police genevoise a arrêté deux syriens venant de France dont la voiture avait servi à transporter des explosifs.
Elle a aussi perquisitionné le domicile d'un Genevois, chez qui fut trouvé un arsenal impressionnant d'armes de guerre, ainsi que des publications pro-nazies.
Le gars se défend, soutenu mordicus par toute l'extrême-extrême-droite romande. Y compris celle qui se révèle carrément anti-sémite de temps à autre sur Facebook ou sur les blogs.
Ses armes sont déclarées, il est "simplement collectionneur", dit-il. A 27 ans. Et s'il a dans ses archives des publications d'extrême-droite, il en a aussi d'extrême-gauche...
La presse romande reprend grosso modo ses dénégations, sans vraiment chercher plus loin.
Journalistes d'opérette...
Bon, c'est qui alors ce gniaire ? Une rapide enquête permet d'éclairer le personnage.
D'origine iranienne, naturalisé suisse, il est le Président d'Egalité et Réconciliation Suisse. Ce qui explique le mix d'extrême-gauche extrême-droite, puisqu'E&R est le mouvement d'Alain Soral, ex-grand pote et principal soutien de Dieudonné, lui-même ancien communiste devenu hypernationaliste, tendance muslimlover.... L'objectif d'Egalité & Réconciliation était en effet de réconcilier l'extrême-droite nationaliste du Front National avec la jeunesse beur réislamisée et anti-sémite... Objectif en partie atteint, grâce au talent de Dieudonné et... à l'argent iranien.
Oui parce que Dieudonné et ER ont reçu des subventions du gouvernement iranien du temps d'Ahmadinejad. Gouvernement iranien, principal soutien de Bachar avec la Russie de Poutine. Bachar dont les liens héréditaires avec le terrorisme islamo-communiste international sont un secret de polichinelle: de Carlos à la Bande à Baader en passant par d'anciens tortionnaires nazis, tout le monde se réfugiait à Damas du temps du père Assad...
On résume: le gars est d'origine iranienne. Il est le principal soutien en Suisse de gens qui ont été financés par le gouvernement des mollahs de son pays d'origine. Dont un comique condamné par la justice d'au moins deux pays européens pour anti-sémitisme. Il collectionne les armes en état de marche: fusils mitrailleurs, mitrailleuse et leurs munitions, de quoi tenir un siège, en plus de quelques pistolets...
Il n'a jamais été condamné. Reste que perso, je suis bien content qu'il ait été perquisitionné. Et que j'espère bien que le pouvoir judiciaire trouvera une raison quelconque de l'obliger à vendre sa collection pour se consacrer dorénavant à la philatélie ou aux porte-clefs.

13/12/2015

Lettre ouverte aux fachos de ce pays et d'à côté

Vous, populistes anti-modernes, êtes en quête d'un ordre nouveau daté d'hier, sur la même ligne de fond qu'un Tarik Ramadan. L'islamisme et les tradi-chrétiens n'ont pas que la détestation du planning familial et du mariage gay en commun. Erdogan et Poutine sont les deux faces de la même médaille, fourbissant les mêmes armes: opium du peuple et démocratie dirigée de droit divin, au profit d'un chef charismatique accumulant richesses et pouvoirs. Sur le dos du pauvre moujik et du janissaire prêt à se faire exploser pour la gloire de dieu.

C'est d'une vague de fond qu'il s'agit, qui ne mène heureusement qu'à un rameau perdu de l'évolution. Un "Retour vers le Passé" promis à l'avortement, parce que la jeunesse veut s'amuser en terrasse et flirter avec qui bon lui semble. Elle crache à la figure de la mort, elle est la vie. Les idéaux de ces « observateurs.ch » et des rassemblements bleu marine sont antinomiques à la démocratie et aux valeurs républicaines qu’ils prétendent chérir. Ils ne s’en rendent même pas compte !

Hyperviolent ou purement intellectuel, le terrorisme est mort-né. Il est aimanté par le passé, alors que l'histoire a un sens, et qu'à la fin, c'est la démocratie qui gagne. L'amitié joyeuse des peuples formés d'individus libres l'emportera sur le triste nationalisme de guerriers formatés à courber l'échine devant dieu et leur chef(fe).

08/12/2015

Quand Temps Présent sert la soupe à l'extrême-droite: analyse des compromissions ordinaires

Cette semaine, le carton du Front National aux élections régionales m’a moins surpris que le Temps Présent du jeudi précédent ! Le prestigieux magazine d’infos de la Télévision suisse a reproduit le discours xénophobe du MCG, sans analyse d’arrière-plan. Ce n’était qu’une enfilade de micros-trottoirs étirée sur 52’. Cette prise de température du populisme débouchait évidemment sur le constat que les frontaliers (français à Genève, italiens au Tessin) volent le travail des Suisses. Qu’ils font baisser les salaires, rendant pénible la survie des résidents suisses dans un environnement où les prix ne baissent pas, malgré la libre circulation.
Le carton du FN, tout le monde l’avait prédit et après tout, les filles Le Pen ne font guère mieux que le MCG allié à l’UDC à Genève. Le seul vrai problème, c’est la prime au gagnant de la démocratie assistée gaullienne, qui donne au premier de classe régional les moyens de gouverner seul, même s’il ne fait qu’un gros tiers de l’électorat. Heureusement que ce système n’est pas appliqué à l’échelon national. Parce que les pouvoirs de police de l’Etat d’Urgence et de la loi sur le renseignement confiés à l’extrême-droite feraient carrément froid dans le dos. Déjà qu’elle est bien trop représentée dans ces milieux…
En Suisse, la proportionnelle contraint au consensus et donc aux alliances de gouvernement, ainsi qu’aux compromis(sions) qui les accompagnent. Du coup le trublion facho (ou autre) qui fait 30% ne détiendra jamais seul les rênes du pouvoir, mais il y a aussi accès beaucoup plus facilement. Dès lors ses idées diffusent et infusent le reste de la société… Tout aussi sûrement qu’en France où le « Front Républicain » n’a jamais empêché le FN de progresser. En fait les deux systèmes français et genevois évoluent en parallèle de manière très étroite, depuis plus de deux siècles, en termes politiques et sociétaux.
Fait notable, la petite république précède le plus souvent la grande de quelques mois, parfois de quelques années, dans ses soubresauts politiques. La France semble juste conduite, par son système et sa taille, à davantage d’inertie et du coup à marquer ses évolutions de manière plus accentuée, plus radicale quand elles surviennent. A l’Historien qui les compare, le microcosme genevois semble servir, bien involontairement, de laboratoire à l’Hexagone. Ainsi la Révolution genevoise a commencé en 1782, puis après un premier échec, s’empare du pouvoir dès janvier 1789. La Restauration s’installe dès janvier 1814, le radicalisme triomphe en 1846, le Front Populaire en 1934 après des émeutes meurtrières en 1933. Le 1er congrès de la 1ère Internationale des Travailleurs se tient à Genève en 1866. On pourrait multiplier les exemples, et notamment la montée de l’extrême-droite.
Le Mouvement des Citoyens Genevois (MCG) est clairement le pendant local du Front National, comme l’UDC l’est de manière un peu moins claire au niveau suisse. Il y a même un « père » historique, baroudeur provocateur au passé trouble, le Président d’Honneur du MCG, Eric Stauffer, dont le MCG nouveau tend à se démarquer pour tenter d’accéder à la respectabilité. Marine Le Pen s’enquiert et s’inspire très régulièrement de la manière dont les choses se passent en Suisse. Sans parler des comptes helvètes de son père, elle est tenue au courant par Dominique Martin, élu de Cluses, l’homme fort du FN en Haute-Savoie… La seule vraie différence entre le FN et le MCG étant que l’ennemi honni du MCG n’est pas l’étranger musulman, bien au contraire (le seul ministre MCG de la République est un Italien d’origine, converti à l’Islam), mais… le voisin français frontalier. Jugés arrogants, les « frouzes » ou les « frontals » prennent la place des résidents suisses d’origine extra-genevoise qu’ils conduisent à la ruine et au chômage… Même si historiquement ce sont en fait les immigrés lointains devenus résidents genevois qui ont pris la place des savoyards, qui étaient déjà près de 80 000 avant 1914...

Comme dans le cas du Front National l’électeur MCG de base se recrute en nombre dans les milieux sociaux défavorisés et les moins éduqués. Qui sont largement, à Genève, constitués d’immigrés arrivés avant la libre circulation, lorsqu’il fallait conquérir son « permis C » comme le graal qui vous ouvrait les portes d’un paradis helvétique régi par un protectionnisme pointilleux en matière de main d’œuvre. Les plus anciens étaient italiens, portugais, espagnols, travailleurs saisonniers catholiques dans la Rome Protestante. Plus récemment, ils sont kossovars, kurdes, turcs, maghrébins, égyptiens, palestiniens souvent musulmans, soudainement soumis à la concurrence de jeunes français diplômés, maniant mieux la langue et prêts à bosser pour moins cher puisqu’ils peuvent habiter de l’autre côté de la frontière, où tout est meilleur marché, à commencer par le logement. La plupart des « résidents » genevois pourraient également aller habiter de l’autre côté, mais ils ne le souhaitent pas. Par crainte de perdre leurs avantages acquis genevois et parce que l’image de la France est très dégradée: en gros, le tiers monde, ils en viennent et n’ont pas envie d’y retourner.

C’est ainsi que les 100 000 frontaliers sont devenus l’ennemi haï. Que 25 000 d’entre eux soient des suisses et double nationaux n’arrange rien. Ils ont passé la frontière pour acquérir un bien immobilier, inaccessible à Genève, ce qui en fait des profiteurs, puisque ceux qui sont restés demeurent locataires... 100 000 frontaliers, c’est un tiers de la population active du Canton, qui compte moins de 25 000 chômeurs. Chasser les frontaliers entraînerait l’écroulement immédiat de l’économie. C’est d’ailleurs l’entrée en vigueur de la libre circulation, couplée à la législation suisse très favorable à l’entreprise, qui a permis le boom économique de ces quinze dernières années. Le taux de croissance genevois, au cœur de l’Europe en crise, régate depuis quinze ans avec celui de Singapour, oscillant entre 2 et 4% par an… De nombreuses entreprises françaises et européennes ont ainsi délocalisé en Suisse, malgré le niveau très élevé des salaires, parce que la flexibilité des lois sur le travail leur permet d’être économiquement plus réactives et performantes.
Problème, les emplois créés sont souvent très qualifiés, Genève se spécialisant dans la très haute valeur ajoutée. L’immigré sans qualification ou celui dont l’enfant n’a pas surperformé à l’école se retrouve largué, dans un environnement de luxe et de privilèges étalés. Un peu la même atmosphère qu’en PACA, sur la Côte d’Azur, où se côtoient la désertification industrielle, quelques technopoles de pointe, la richesse ostentatoire du tourisme de luxe et l’aisance BCBG des riches retraités qui pullulent. Pour les jeunes, pas de travail… Tout comme dans le Nord ou l’Est, sauf qu’on voit peu de yachts, de vedettes du show-biz et de pétromonarques en goguette du côté de Longwy ou de Tourcoing.
Pour les français très moyens qui votent FN, l’idéologie identitaire n’est probablement qu’un catalyseur. La mosquée d’à côté les dérange, de même que d’avoir une ministre beurrette, mais pas plus que ça. S’ils avaient des perspectives économiques et sociales, ils s’en accommoderaient volontiers. Mais ils n’en ont pas et la démagogie du discours populiste n’a qu’à récolter les fruits de la haine qu’elle sème : A Genève « tout est de la faute des frontaliers et de l’Europe ». En France « tout est de la faute des immigrés et de l’Europe ».
Dans un cas comme dans l’autre, on promet la Lune et son contraire : l’augmentation des retraites et du salaire, ainsi que la réduction du chômage. Alors que les mesures de fermeture protectionniste promises ne peuvent qu’entraîner une récession économique… Ce sont les conséquences et l’absurdité du programme que n’a absolument pas abordé Temps Présent. Donner la parole aux aigris d’extrême-droite me parait de bonne guerre, à condition de prendre le temps de déconstruire leur discours. Ainsi à Genève, restreindre l’activité frontalière revient à dénoncer les bilatérales, entrainant mathématiquement la chute de l’activité économique aux niveaux d’avant les bilatérales… Du coup, le chômage des résidents va grimper en flèche ! La seule chose qu’ils auront gagné c’est de ne plus avoir la vitrine de la réussite de leur voisin sous le nez…
Il faut refuser ce cercle vicieux et proposer de vrais objectifs à nos pays, sans jamais hésiter à décrire la vérité aux gens. L’Occident n’est plus maître du monde et le temps des colonies est fini. Or, quoi qu’on en dise, l’Europe et la France en tiraient une part substantielle de leur prospérité. De même que la Suisse et Genève ont bien profité du secret bancaire, qui touche à sa fin. Il faut avancer résolument vers un renouvellement de nos institutions, de notre économie et de notre société pour faire face à ces bouleversements fondamentaux.
La Suisse achève un cycle de toilettage des constitutions cantonales un peu timide, mais pourquoi changer une équipe qui gagne et dans l’ensemble le système suisse donne de meilleurs résultats qu’en France et qu’en Europe… Reste que le chantier des rapports à l’UE reste entier. Pour la France et l’UE, s’inspirer du modèle suisse paraitrait une urgente évidence… Mais pour faire quoi ? La transition énergétique est un fantastique vivier d’emplois et d’opportunités. Or ça urge. Pas seulement à cause du changement climatique, dont on peut discuter l’importance de son volet anthropique, mais parce que notre dépendance aux pétromonarchies, tant arabes que russe est absolument dramatique. Elle fait peser sur notre avenir, notre indépendance et notre civilisation de très lourdes hypothèques.
C’est bien d’une guerre qu’il s’agit, mais d’abord d’une guerre économique, environnementale et philosophique. La gagner est une impérieuse nécessité, pour nos enfants et petits-enfants. Cela demandera de l’abnégation et des sacrifices, de la part des couches les plus modestes de la société comme des plus aisées. Les unes n’allant pas sans les autres. Il faudra y mettre du consensus. Parce que si les systèmes suisses et français évoluent en parallèle, c’est toujours avec une longueur d’avance et un mieux-être incontestable côté suisse. Probablement parce que le consensus qui préside aux décisions à Genève et en Helvétie implique l’adhésion de la majorité et l’acceptation à long terme d’une réforme. Là où le jeu bi-partisan français, en train de voler en éclats, ne semble plus en mesure de faire passer les réformes de fond qui s’imposent pour faire face aux enjeux à venir.

27/11/2015

Circulation : Un bon accord, mais…

Il y a quinze ans, quand je publiais la revue du TCS, j’avais très vite été convaincu de la nécessité d’organiser un grand pow wow réunissant toutes les parties pour convenir d’un plan permettant d’améliorer le problème des transports à Genève. Quinze ans plus tard, on y est et le plan proposé est un bon plan. Assurer la mise en place de deux rocades concentriques où la circulation motorisée sera prioritaire est une bonne chose. Offrir la priorité aux transports publics en centre ville aussi. Faire payer les deux roues motorisés me semble inutile, mais s’il ne s’agit que d’une vignette à 20 francs par an, ce n’est pas la mer à boire. Après tout, ils occupent aussi de l’espace public, même si c’est bien moins qu’une auto et guère plus qu’un vélo.

Le problème, c’est que la Traversée autoroutière n’y figure pas vraiment. Or elle est absolument indispensable à l’amélioration de la fluidité autant qu’à la lutte contre la pollution au centre ville. Les véhicules devant se rendre d’une rive à l’autre ne doivent pas avoir à faire une cinquantaine de kilomètres de détour, pour un trajet de 5, 10 ou même 50 km à vol d’oiseau, s’ils veulent éviter de venir polluer le centre ville. La Traversée est tout aussi nécessaire pour permettre la pacification des quais des Eaux-vives et des Paquis…

C’est d’ailleurs à ce sujet que la Traversée est mentionnée, en ricochet… La formulation retenue lie la pacification des quais à la construction de la Traversée. C’est une excellente chose. Mais elle n’inscrit pas expressément cette construction dans la loi. Ce qui serait d’ailleurs idiot, puisqu’on va voter sur le sujet en 2016. Or la formulation retenue n’engage pas vraiment les opposants à la Traversée, qui peuvent fort bien changer d’avis après coup. Ce ne serait certainement pas la première fois. A l’époque par exemple, il avait été exprimé que si la droite soutenait le CEVA, la gauche admettrait la Traversée… On a vu ce qu’il en a été.

Il est clair qu’on ne va pas attendre 2030 et l’inauguration de la Traversée pour faire ce qu’il faut pour améliorer les conditions de transports dans le canton là où c’est possible. Par contre, on n’est plus à quelques mois près... Je serais à la place des députés, j’essaierai de lier davantage l’acceptation et la mise en place de ce compromis, dans sa globalité, aux résultats de la votation sur la Traversée. L’attitude des partis qui pourraient y être opposés sera primordiale. S’ils sont vent debout et font tout ce qu’ils peuvent pour torpiller le projet, cela démontrera leur mauvaise foi dans la formulation du compromis.
Si par contre quelques grandes voix à gauche et même chez les verts reconnaissent l’utilité d’une telle traversée – David Hiler en son temps l’avait fait - alors tout est possible. Sachant que cette traversée permettra d’améliorer la qualité de vie et de diminuer la pollution au centre-ville, tout en permettant le passage d’un axe de transport public fort, le deal serait honorable, non ?  reste à savoir si les verts et l'extrême gauche, sur ce coup, sont raisonnables ou arc-boutés sur leur refus conservateur.
Rappelons au passage que même si le pétrole disparaissait dans les années à venir, il y aurait toujours des véhicules alimentés par des panneaux solaires ou autres, qui auront toujours besoin de se déplacer... 

26/11/2015

Filière syrienne: de qui se moque-t-on ?

Quel terroriste massacre son peuple depuis 2011 en balançant des barils d'explosif sur les immeubles civils depuis des hélicoptères ?
Bachar el Assad. Soutenu par Poutine.
A noter que personne n'utiliserait cette méthode sur des gens armés: le risque de se faire descendre serait bien trop grand et ça vaut cher un hélico et son pilote...
Par contre la vie de plus de 200 000 syriens tués par les troupes de leur Président ne vaut visiblement pas grand chose...

Qui reçoit, depuis 2004, dans son pays, la Syrie, les apprentis djihadistes que lui envoient les filières liées entre elles de l'Artigat (dirigée par "l'Emir Blanc", un Syrien) et de Möllenbeck ?
Bachar el Assad. Soutenu par Poutine.
Des djihadistes qui s'entraînaient quelques mois dans les camps syriens, avant d'être envoyés combattre ou se faire péter en Irak, sous les ordres de ceux qui ont fondé l'Etat Islamique.
Qui leur ouvrait sa frontière ?
Bachar el Assad. Soutenu par Poutine.
A noter que l'émir blanc, qui a francisé son nom, ce que ne fait pas un musulman en principe (il s'appelait Abdoulila Qorel au départ, devenu Julien Corel, le Rouge et le Noir...), pharmacien et chimiste de formation est fortement soupçonné d'avoir organisé l'explosion de l'usine chimique AZT de Toulouse (31 morts,le 21 septembre 2011) dans laquelle il avait travaillé auparavant.

Qui était un agent soviétique, pilote breveté de l'Armée Rouge, soutien le plus actif du terrorisme palestinien dans la région, notamment de Carlos qu'il a hébergé plusieurs années avec tous ses potes terroristes, jusqu'à la chute de l'Union soviétique? Carlos qui avait commis de très nombreux attentats en Europe de l'Ouest, utilisant des membres de la RAF et le Tessinois Brunot Bréguet ?
Carlos, lui-même agent du KGB, formé à Cuba et à Moscou, ce même KGB dont Poutine était colonel... Carlos qui s'est converti à l'Islam et vit à l'ombre des prisons françaises depuis 1994, auréolé d'une gloire de "parrain des parrains"...
Hafez el Assad. Le père. Soutenu par l'Union Soviétique...

25/11/2015

Terrorisme, avion abattu : A qui profite le crime ?

Doit-on forcément aller là où Poutine veut qu'on aille ?
Un avion russe viole l'espace aérien turc. C'est le 4ème incident du même genre depuis un mois et les Turcs ont prévenu que la prochaine fois, ils tiraient. Selon eux, l'avion a été prévenu dix fois en cinq minutes. Quand finalement, ils l'abattent, tout le monde ou presque parle de provocation turque...
Du pétrole de Daesh passe par la Turquie, certes. Mais la plus grande partie, passe par Mossoul, l'Irak gouverné par les chiites pro-iraniens et le Kurdistan irakien... C'est Ian Hamel, excellent journaliste rentrant d'Irak qui le dit dans Bilan.
La Pravda révélait il y a quelques jours que le Kremlin réfléchissait à des frappes au Qatar et en Arabie Saoudite, voire en Turquie. Alors qui veut la guerre au juste ?
Qui veut se venger de la défaite soviétique en Afghanistan, causée effectivement par l'alliance des Saoud, du Pakistan et des USA ? Sauf que si l'URSS n'avait pas envahi l'Afghanistan, rien ne se serait passé. Cela fait 250 ans, que les empires russes successifs lorgnent sur les mers chaudes et cherchent à descendre vers le Sud.
Pendant toute la guerre froide, ils ont nourri et financé le terrorisme pro-palestinien depuis leur base de Damas, où l'on retrouvait aussi bien Carlos que les anciens nazis...
Après le 11 septembre, les 2/3 de la planète se sont demandés si Bush n'avait pas laissé faire pour pouvoir justifier ensuite sa guerre en Irak... Non sans raison, semble-t-il...
Mais si les Américains, et les néo-cons en particulier sont les méchants, cela signifie-t-il forcément que Poutine soit le gentil ? Il est tout de même soupçonné d'avoir laissé organiser des attentats pour lequel des officiers du FSB qu'il dirigeait ont été mis sous enquête, attentats meurtriers, en Russie même, qui lui ont ensuite permis de justifier les 200 000 morts de la répression sanglante en Tchétchénie. Un tchétchène sur 5 passé de vie à trépas pour mettre au pouvoir Khadyrov, l'islamiste pro-soviétique...
Bachar a fait tuer plus de 200 000 Syriens, pour rester au pouvoir. On sait que ses services ont infiltré et ou manipulent les dirigeants de Daesh. Qui sont comme lui des baasistes laïcs, formés en URSS au départ...
Est-il vraiment si farfelu de penser que les sibires de Bachar et/ou Poutine pourraient avoir incité quelques jeunes tarés croyant œuvrer pour la gloire d'Allah ? Est-ce si inconcevable de penser qu'un gras comme Poutine pourrait être derrière tout ça ?
Lui qui a fait tuer 200 000 citoyens russes tchétchènes parce que leur chef, héros de l'Union soviétique et colonel de l'Armée de l'Air, laïc et pas islamiste voulait l'indépendance ? Lui qui soutient mordicus Bachar qui a tué plus de 200 000 Syriens parce qu'ils voulaient un régime démocratique ?
Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance et je crains que l'on n'en ait jamais. Par contre, je demande qu'on applique le principe de précaution et qu'on y réfléchisse à deux fois avant de se précipiter à l'assaut des insurgés Syriens (car c'est eux que combat la Russie, bien plus que Daesh), des Saoud, du Qatar et de la Turquie, qui n'avaient aucune raison objective de vouloir tuer des innocents à Paris. Contrairement à Bachar et à ses alliés.
Tous les services secrets vous le diront: il est bien plus compliqué de manipuler des intellectuels réfléchissant par eux-mêmes et dotés d'une solide culture politique que des crétins délinquants de droit commun qui ne savent même pas eux-mêmes pourquoi ils combattent.
Or aujourd'hui, les 3/4 des islamistes sont plutôt issus des classes moyennes et 40% d'entre eux ont une formation d'ingénieurs. Là dans les attentats de Paris, on n'a qu'un ramassis de dingues aux parcours chaotiques issus du lumpen prolétariat...
Et comme par hasard, tous les sites complotistes, qui sont pour la plupart financés par Damas, Moscou ou Téhéran laissent entendre que si manipulation il y a, elle serait le fait de services occidentaux. Mais bien sûr. Dans quel but ? A qui profite le crime ?

15/11/2015

Hey, toi, le nationaliste : c’est la France qu’on assassine !

Je n’accuse pas. Ce serait si monstrueux que je n’ose y croire et puis il n'y pas de preuve. Sans doute n’en aura-t-on jamais, même si mon hypothèse est la bonne. Il faudra vivre avec le soupçon, comme on vit en sachant que la CIA a financé l’essor d’Al Qaïda, sans se rendre compte de ce qu’elle faisait. Il en va ainsi de la raison d’Etat qui plane à mille lieues de nos considérations éthiques et de nos principes humanistes. Par contre, il faut y réfléchir, parce qu’il existe un lourd faisceau de présomptions suggérant un lien entre les services secrets russes et le brusque essor de Daesh. Suffisamment consistant pour ne pas se précipiter sans réfléchir dans les bras de Moscou. Ce serait une trahison. Mauvais karma, quand on se dit nationaliste…

Il est évident que les pétro-monarchies, l’ISIS pakistanais et les services occidentaux ont soutenu et armé Al Qaïda puis Al Nosra & Co. Mais Daesh est une toute autre affaire. Il y a divergence de personnes, d’idéologie et d’Histoire. C’est une véritable guerre que se livrent ces organisations et à travers elle leurs parrains. Les dirigeants militaires de Daesh, anciens baasistes, officiers des renseignements de Saddam, sont liés historiquement aux Russes. Ils détestent et ont toujours détesté les Américains et les pétromonarchies, à qui ils font la guerre. Ils la font même à la Turquie, y faisant régulièrement exploser des bombes.

A l’inverse, Daesh n’a rien fait qui nuise aux intérêts russes, jusqu'à l'explosion de l'avion, revendiquée par leur filiale du Sinaï, pas forcément bien contrôlée. C’est le danger pour un parrain de l’ombre si étranger aux motivations de la base. Sans compter qu’on ne peut exclure l’hypothèse d’une provocation sanglante, une « maskirovska », susceptible d’écarter les suspicions de plus en plus ouvertes tout en justifiant l’écrasement des « terroristes ». C'est à dire, taper encore plus fort sur Al Nosra et les démocrates… Qui condamnent expressément l’attentat !

Cherche à qui le crime profite ? C’est le seul adage qui vaille en géopolitique, pour les actions de l’ombre des services secrets.
Il se trouve qu'après ces explosions, Poutine doit voir sa position singulièrement renforcée. Pile poil à la veille de l’ouverture du sommet du G20 contre le terrorisme à Antalya. D’un côté, il peut plus que jamais rêver d’une union sacrée contre le terrorisme, ce qui lui permettrait de rentrer dans le concert des nations en faisant oublier la Crimée… De l’autre, le Front National qu’il finance (comme toute l’extrême-droite européenne) devrait se rapprocher du pouvoir. Un précieux renversement d’alliance offert sur un plateau d’argent. Un vrai paquet cadeau... Sauf si les Français, malins, refusent l’amalgame et l’islamophobie qu’attisent la plupart des amis de Moscou.

Après avoir écrasé les forces sunnites qui lui sont hostiles dans la région, principalement Al Nosra et les nébuleuses démocratiques de l’ALS, Poutine peut même rêver d’y maintenir la mainmise de ses alliés bassistes en tant qu’entité sunnite, au gré d’une paix mettant fin au terrorisme… Entourée des Chiites en Irak, des Kurdes au nord et des Alaouites convertis en masse au chiisme à l’Ouest, une telle entité ferait tampon, face aux wahabites des pétromonarchies et aux pro-occidentaux de Jordanie ou du Liban au lieu d’être inféodée à ces ennemis séculaires. C’est la volonté affichée de l’impérialisme russe, l’idée de la « 3ème Rome »: être reconnu en tant que gendarme de la région. Comme la Chine le fut pour l’Asie du Sud-Est, ce qui permit de mettre fin à la Guerre du Vietnam.

Résumons les indices d’un lien entre la tête pensante de Daesh et le SVR :

Autour du « khalife » Bagdhadi, Daesh est dirigé par d'anciens officiers des services secrets de Saddam. Des baasistes laïcs formés par le KGB à l'époque de la très prestigieuse école des langues orientales, dirigée par Evgeni Primakov. Parfait arabophone, il a dirigé la thèse de Mahmoud Abbas, avant de prendre la tête du SVR (le successeur du KGB extérieur) puis de devenir le 1er ministre d'Eltsine, nommant Poutine à la tête du FSB (le successeur du KGB intérieur). Puis en 2003, le voilà à Bagdad, dont il repart avec l’organigramme du mukhabarat, les dossiers sensibles (= ceux mouillant la Russie) et les fiches personnelles des-dits officiers, une semaine avant l'attaque américaine.

Organisation souterraine, recrutant partiellement chez Al Qaida, et s’implantant discrètement mais en profondeur dans les zones sunnites d’Irak et de Syrie, Daesh sort brutalement de terre au printemps 2014. Au moment opportun pour ramener l'attention de l'OTAN sur l'Irak, dont Obama se croyait sorti, alors qu’on se demandait s'il fallait intervenir en Ukraine. Ou pas. L'ouverture brutale d'un nouveau front en Syrie et en Irak induisait évidemment la réponse: Non ! Impossible pour l’OTAN de détourner le regard d’une entrée en scène tellement spectaculaire, à base d’esclavage, de crucifixion et de têtes coupées ! Les victimes étant les minorités religieuses, dont les chrétiens (laissés en paix par les factions démocrates syriennes), l’occident devait se manifester. Quitte à ce que l’extrême-droite attise les braises, y compris le responsable des oeuvres d’orient de l’Eglise catholique, qui se trouve être le frère de Bruno Gollnish, tête de file de la tendance dure du FN.

C'est une tradition des polices secrètes russes, depuis l’Okhrana des tsars, de perpétrer ou laisser perpétrer des attentats meurtriers contre son propre camp. Ce qui justifie ensuite les répressions les plus aveugles. En Russie on appelle ça maskirovska, ou mascarade. En Tchétchénie, elles ont permis 200 000 morts sur 1 million d'habitants, pour mater ce qui n’était au départ qu’une volonté indépendantiste d’un ancien héros de l’armée de l’air soviétique, bien moins islamiste que ne l'est Khadyrov aujourd'hui. Deux officiers du SVR, alors dirigé par Poutine, ont été inculpés dans des attentats qui avaient été attribués aux Tchétchènes… Depuis, l'assassinat de Nemtsov a été officiellement imputé à des officiers de la police tchétchène, soi-disant choqués par le soutien de Nemtsov aux blasphèmes anti-musulmans de Charlie Hebdo... Comme c'est pratique.
Rebelote en Syrie où dès 2011, face aux manifestations démocratiques, Bachar a sorti de ses prisons tous les islamistes, comme l’idéologue Abou Moussad Al Souri. Ancien étudiant en France, il est le théoricien du djihad terroriste 3.0 dont on a vu les effets à Paris. Al Souri avait été livré à Bachar par les Américains, qui le tenaient de l'ISIS pakistanais. L'idée, en libérant les fous de dieu, c'était de pouvoir ensuite accuser la révolution, purement laïque au départ, d'être devenue islamiste. 

Enfin, au rayon de l’anecdote, la drogue de Daesh, le captagon fut d'abord produite en Allemagne de l'Est et en Bulgarie. Elle était utilisée de façon notoire par le KGB jusqu’en 1990. Puis la Libye de Kadhafi était devenue le principal lieu de production. Tout le monde sait bien sûr que la CIA et le Mossad y avaient leur labos...

Bref, j'aimerais me tromper. Mais clairement, depuis quelques années, la Russie montre qu'elle tient à revenir sur le devant de la scène et l'action des services secrets en fait indéniablement partie. Or si les révélations ne cessent de se succéder sur ce que manigance la CIA et la NSA, on n'entend jamais rien sur les services russes. Alors qu'un ancien du KGB, qui fut ambassadeur au Maghreb, m'assure qu'ils ont forcément des hommes dans tous les réseaux islamistes. Pour se tenir au courant et/ou pour effectuer des opérations de manipulation...

30/10/2015

Le Courrier du Qatar et les souverainistes

 

Pendant qu’à Genève l’extrême-gauche parle de prendre les armes pour protéger les subventions du plus gros débit de boisson du canton (je simplifie, c’est pour rire, les gars), Sarkozy fait son job de courrier du Qatar. Accusé par Blatter d’avoir été l’artisan du déplacement de la coupe du monde de foot, il court à Moscou. Pour éteindre l’incendie, ou pour tenter une négo avec Poutine sur le conflit syrien ? En tout cas, il y a défendu le point de vue des monarchies du Golfe, tout en critiquant les positions de l’actuel gouvernement français dans le conflit ukrainien… En d'autres temps on aurait parlé de haute trahison. Il a quand même du se faire tout petit, le Sarko, quand Poutine lui a rappelé ce qu’il pensait du rôle des occidentaux en Libye…

 

 Toujours est-il qu’en un mois en Syrie, les bombardements "ciblés" russes ont tué :

279 rebelles modérés ou alliés islamistes d’Al-Nosra
185 civils, dont 48 enfants et 46 femmes

131 djihadistes de Daech

 

En un an, les raids de la coalition occidentale ont tué
146 membres d’Al-Nosra et de groupes islamistes modérés
206 civils (nombre de femmes et d’enfants non précisés)
3 276 djihadistes de Daech

 

Ce mois, un hôpital a été bombardé en Afghanistan par l’US Army. Onze autres ont été bombardés par l’Armée russe en Syrie où règne par ailleurs une épidémie de choléra. Obama s’est excusé, le Kremlin a tout démenti, accusant la presse occidentale d’être aux ordres de l’OTAN. Cette même presse qui avait vigoureusement dénoncé le bombardement d’Afghanistan...

 

Les traditionnalistes chrétiens applaudissent le bombardement d’Al Nosra par la Russie, l’Iran et le Hezbollah parce qu’Al Nosra contraint les Syriennes à se voiler. Exactement comme toutes les femmes en Tchétchénie russe, en Iran et dans les villages du Hezbollah… Où les opposants sont joyeusement massacrés, même quand ils sont réfugiés à l’étranger. Accessoirement, il y a quelques siècles, ce sont les chrétiens pas encore traditionnalistes qui forçaient les grecques à se voiler... O Tempora O mores...

 

A Genève, Thierry O, patron de droite, chrétien traditionnaliste et fan du boucher Bachar cite à l’appui de ses thèses… Jean-Luc Mélenchon. Pendant que Magali O. élue d’extrême-gauche et fan de Mélenchon cite à l’appui des siennes… Philippe de Villiers !

 

Cette étonnante osmose repose sur l’idée que si le monde va mal, c’est la faute de la mondialisation financière, pilotée par Washington, Bruxelles, la Trilatérale, les juifs et les sunnites. Tandis qu’en fermant les frontières, Poutine, Bachar, l’Iran chiite et les nationalistes unis de tous pays vont nous sauver…
L’idée que l’impérialisme du Kremlin qui les réunit pourrait nous mener à la der des der, troisième et nucléaire, ne les effleure même pas. Sauf que leur idée de base est grotesque. Personne ne réduira l’influence de la finance mondiale en relevant les frontières, parce que c’est juste l’inverse : les frontières ont toujours été le rempart plus étanche contre la curiosité du fisc. Jusqu’à ce que l’OCDE, institution mondialiste s’il en est, s’attaque avec succès aux paradis fiscaux. Ce qui a permis de commencer à fiscaliser la finance mondiale. C’est un acquis de la mondialisation Pas l’inverse et aucune législation nationale n’aurait été en mesure de le faire.
Ni d’ailleurs de récupérer son argent parti ailleurs sauf à user de la force brute. Comme c’était le cas au temps des guerres aveugles, issue fatale des nationalismes.

 

Ce n’est pas un hasard si tant de milliardaires de Blocher à Le Pen en passant par Poutine tirent les ficelles des hystéries nationalistes. Ils défendent leur steack et leurs privilèges… Plus les frontières seront étanches et plus les grandes fortunes seront à l’abri dans les paradis fiscaux.

 

Une vidéo de Poutine illustre parfaitement cette hypocrisie. Elle tourne en boucle sur le net, montrant le Président russe river son clou à un oligarque en lui interdisant de licencier ses ouvriers. Sauf que c’est de la com, juste de la com, tournée en multicaméras. Comme les clips où il répare des voitures en Sibérie, sauve des tigres à torse poil ou pêche des amphores dans épaves grecques. Il y a autant d’oligarques sous Poutine qu’il y en avait sous Eltsine, mais ils sont encore plus riches aujourd’hui, à condition d’avoir fait allégeance à Poutine et de verser leur obole au Tsar. Ceux qui refusaient sont morts, en prison, ou contraints à l’exil après avoir tout perdu en Russie. Ils ont été remplacés par… des copains de longue date de Poutine, anciens agents du KGB comme lui et/ou amis d’enfance… Très souvent, il ne s’agit que de prête-noms et Poutine lui-même est suspecté de concentrer plusieurs dizaines de milliards de dollars de biens personnels. Ce qui serait parfaitement impossible dans un monde transparent, sans frontières ni paradis fiscaux…

26/10/2015

La choucroute ça tue... Oui, mais à 95 ans :-)

L'OMS se fout du monde. La charcuterie c'est gras et salé, donc pas très bon pour la santé, personne ne l'ignore. A forte dose c'est même cancérigène. Comme presque tout. L'eau courante de nos robinets par exemple... Plus exactement le chlore qu'elle contient ! Sauf que sans ce chlore, on mourrait tous beaucoup plus tôt de dysenterie, de choléra et de diverses joyeusetés véhiculées naturellement par les eaux de nos villes et de nos campagnes.
Nous souffrons tous d'un phénomène naturel qui s'appelle le vieillissement. Tenter de repousser le phénomène à l'extrême devient extrêmement couillon. Inutile de s'écharper sur caisse unique ou non, la seule vraie cause du renchérissement constant de nos primes d'assurance maladie, c'est le papy boom: de plus en plus de petits vieux, qui vivent de plus en plus longtemps en consommant de plus en plus de médicaments qui coûtent de plus en plus chers...
Du coup, le nombre de victimes ne veut rien dire, si l'on ne tient pas compte de l'âge auquel surviennent les décès. Ainsi le tabac intervient dans 80% des infarctus avant 45 ans ! Les gens meurent en nombre de cancers du poumon dès la cinquantaine et le gros de l'hécatombe se situe entre 60 et 70 ans. 
Or pour le cancer colorectal, attribué à la charcuterie, c'est seulement entre 75 et 85 que les gens meurent le plus et ça continue en grand nombre jusqu'à...95 ans. C'est un décalage de plus de 15 ans ! A partir de 85 ans, il y a même plus de gens qui meurent d'un cancer colorectal que d'un cancer du poumon, parce que ces derniers sont morts avant, trois fois plus nombreux ... alors que le nombre d'amateurs de saucisson reste bien plus important que le nombre de fumeurs en exercice !
En résumé, il faut arrêter de faire flipper les gens inutilement et arrêter de considérer comme un drame le fait de mourir après 85 ans. Si choquant que cela puisse paraître.
Et se souvenir que l'excès en tout est un défaut !

22/10/2015

Grâce à Poutine, dans un an, un vrai Etat islamique en paix avec ses voisins chiites syriens et irakiens ?

Une fois n'est pas coutume, je laisse la place à un confrère, présent sur place en Syrie, qui décrit mieux que je ne pourrais le faire la situation. A savoir que Poutine et Daech semblent en accord parfait pour se débarrasser de l'opposition démocratique pro-occidentale (nos alliés naturels) et des islamistes modérés (soutenus par les pays du Golfe et la Turquie), qu'ils ont pris en tenaille. Ils ont commencé à serrer et sauf soutien armé occidental consistant peu probable, les rebelles  seront passés par pertes et profits dans les semaines qui viennent. 

Par bien des côtés, néo-stalinisme inclus, cela ressemble à la manière dont les démocraties occidentales ont laissé mourir la République Espagnole... Avant de devoir se coltiner le nazisme peu après...

http://www.liberation.fr/planete/2015/10/21/l-armee-syrienne-libre-prise-en-tenaille-entre-poutine-et-l-etat-islamique_1407916

Au delà du fait que Daech est dirigé militairement par d'anciens officiers de renseignements de Saddam Hussein  formés par le KGB - et dont le SVR russe détient les fiches personnelles depuis 2003 - et que Daech apparait depuis le début comme l'agent provocateur au service de Moscou, quelles conclusions en tirer ?

Après l'écrasement des rebelles, soit Poutine décide de continuer et de se heurter à Daech, soit il s'arrête là. 

Les deux options présentent des intérêts.
Dans le premier cas, il renforce son image d'anti-terroriste et peut espérer massacrer au passage les 3000 extrémistes sunnites russes enrôlés dans Daech. Mais le problème de la cohabitation sunnite chiite dans la région reste entier, à moins d'éradiquer ou à peu près la présence sunnite sous un tapis de bombes, qui seraient  justifiées par la guerre à Daech. Une Tchétchénie bis. Staline a fait pire, mais ça représente quand même 2 ou 3 millions de morts et ça reste lourd à porter et à justifier. Même pour Poutine. Surtout vis à vis de ses 15% de population sunnite en Russie et des monarchies sunnites du Golfe, qui vont l'avoir plus que mauvaise...

Dans le deuxième cas, il conclut une paix honorable, ce qui plait toujours, après avoir éradiqué le principal ennemi du régime et potentiellement de la présence russe en Syrie et au Moyen orient, à savoir les Rebelles.  Si l'on admet que les sunnites ne vont pas disparaître du paysage, ni en Syrie, ni en Irak, la perspective d'un Etat islamique sunnite à cheval sur les frontières et encadrés par deux entités chiites solides, la syrie alaouite d'une part, l'Irak chiite pro-iranien de l'autre, c'est jouable. Le fait que les dirigeants de Daesh soient d'ancien copains des services secrets et qu'ils détestent Washington ne peut qu'aider. Accessoirement, depuis Saddam, ils ont toujours été les ennemis des monarchies du Golfe. Donc l'établissement d'un Etat islamique aux dimensions raisonnables, pro-russe dans les faits, serait une excellente chose.

Un peu dur à faire passer dans l'opinion publique, mais rien d'insurmontable, au prix d'un changement de têtes à la direction officielle de Daesh, le cas échéant. Un accord de paix fait tellement plaisir à tout le monde...

On en reparle dans un an ou deux. Quand aux identitaires européens qui voient en leur idole le sauveur du monde chrétien, ils seront les dindons de la farce. Mais Poutine trouvera bien une façon de leur présenter le suppositoire.