18/04/2007

Amours clandestines et médias

Je n'aime pas le people, mais... En général, quand on commence comme ça, c'est qu'on va faire du people de la pire espèce. Vous avez raison, c'est le cas. Mais il est des fois où les histoires de coucherie peuvent devenir d'intérêt national, voire mondial.

Tenez par exemple l'affaire Wolfowitz. Un beau scandale bien juteux. Mes amis journalistes ont la mémoire courte. Pas un ne s'est souvenu que M. Wolfowitz avait rencontré sa maîtresse alors qu'il était encore marié et qu'ils travaillaient déjà tous deux à Washington, début 2001. Lui au Pentagone et elle pour une officine très louche composée d'exilés irakiens émargeant au budget de la CIA. 

Ces pauvres victimes de Saddam avaient commencé par vider une banque jordanienne de ses avoirs (ce pourquoi ils ont été condamnés à Amman et à Genève) avant de monter un lobby à Washington, payé par Washington (décidément ils sont très forts)  pour convaincre les néo-conservateurs d'attaquer Bagdad. La source sur les armes de destruction massive et les contacts Saddam Al Qaïda, c'est eux.

Donc cette dame était employée de cet organisme, c'est comme ça qu'elle a connu Wolfowitz, qu'elle a commencé à coucher avec lui, et que lui a ensuite convaincu son patron Rumsfeld et le patron de son patron Bush Junior que Saddam était un enfoiré de première et qu'il s'agissait de mettre sa tête à prix, plutôt que de s'attaquer à ce follo de Ben Laden comme le lui conseillaient en choeur Clinton et les services secrets français...

Là-dessus, 11 septembre et la suite vous la connaissez. En jargon de service secret, cela s'appelle se faire tamponner. Quand on couche avec quelqu'un pour obtenir des confidences ou le mener en bâteau. De plus vicelards que moi pourraient même se demander, au fond pour qui travaille vraiment cette dame, qui a passé plusieurs années de sa jeunesse en Arabie saoudite... L'Histoire, la grande, en a vu d'autres.

Tenez, Napolèon, par exemple, dont tout le monde sait qu'il avait à la fois un vrai problème d'autoritarisme dû à la conjugaison d'un moi hypertrophié et de gros gros complexes. Il avait aussi des compétences de commandement certaines, un charisme animal et une facilité déconcertante pour tirer la couverture à soi. Ainsi que de lourds contentieux avec la gent féminine, qui dit-on le plongeait dans des instants de rage folle ou de profonde déprime.

A cauise des femmes, il commit ses pires crimes et ses plus sanglantes erreurs. Par exemple le rétablissement de l'esclavage aux Antilles pour complaire à Joséphine qui  le trompait allègrement. Bilan : l'élimination sanglante des régiments métis antillais qui s'étaient enrôlés en masse dans l'armée de la Révolution et furent massacrés jusqu'au dernier en Guadeloupe et la guerre (perdue) contre les indépendantistes Haïtiens.

Dans un monde parrallèle, un nouveau Napoéon s'est levé, avec les mêmes travers. Il fait espionner les journalistes qui le dénigrent, et ses potes menacent ensuire de dévoiler leurs incartades amoureuses à leurs compagnes ou compagnons. Si pas d'incartade ni moyens de pression, il fait racheter leurs journaux par ses autres copains milliardaires.

Il fait régner la terreur, au point que toute la sphère politico-médiatique de son pays bruisse d'une rumeur que tout le monde dit vraie, mais que personne n'osait aller vérifier. jusqu'à ce qu'un certain Le Pen, hier, finisse par cracher le morceau à la radio, repris (brièvement) par le site du Nouvel Obs: l'épouse infidèle aurait remis le couvert avec l'autre et ne mettrait plus les pieds au domicile conjugal. Ils seraient juste parvenus à conclure un pacte aux termes duquel elle sera présente pour les très grandes occcasions, genre l'annonce de résultats électoraux par exemple. Ce qui le rend malade, au point de consulter, fébrile et bredouillant. Il en cherche ses mots !

Bon moi, qu'un quidam soit cocu, ce n'est pas mon problème, cela peut arriver à tout le monde. Mais que cela rende malade le futur chef de l'Etat, ça c'est un vrai problème, surtout lorsqu'on connait l'émotivité du personnage. Ce qui fait d'ailleurs la plus grande partie de son charme et de son succès public, tout en constituant le carburant qui le fait se consumer tout entier pour un seul but, devenir Calife à la place du Calife.

Accessoirement, pour réussir à se faire larguer par sa famme à trois semaines du premier tour, une femme plutôt ambitieuse au regard de son pedigree, faut avoir de vraies défaillances en matière de savoir vivre ensemble. Non décidément, la vie privée a des limites quand on entend mener une vie publique  

Commentaires

La coucherie de Clinton a également été un bel exemple d'hystérie politico-médiatique.

Écrit par : David | 18/04/2007

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