14/05/2007

Une villa contre une dette

A quelques jours d'intervalle, nous avons appris que le Canton allait devoir verser quelque 40 millions de plus que prévu à Berne sur ce qu'il a engrangé grâce aux fonds frontaliers... et que le Canton envisageait de vendre une villa magnifiquement située au bord du lac, juste avant le Vengeron, actuellement louée à la Confédération, plus particulièrement aux Affaires Etrangères, pour la modique somme de 200 000 Francs par an, soit un peu plus de 16 000 francs par mois.

Un tel loyer ne vous semble en rien modique et à moi non plus d'ailleurs, mais croyez-moi, pour cette surface, ce charme et surtout cet emplacement avec plage et débarcadère privé, c'est donné. D'ailleurs la villa est mise en vente à 40 millions, ce qui fait un loyer annuel, de 0,5 %, dix fois inférieur à ce qui se pratique habituellement en matière immobilière.

Les affaires étrangères sont très tristes de cette mise en vente, car la villa leur est très utile pour organiser à Genève des rencontres politiques impromptues de haut niveau, ou des raoûts ma foi fort sympathiques pour les internationaux. Des petites fêtes bien plus utiles qu'elles n'y paraissent car elles permettent aux différents acteurs de la Genève internationale de se rencontrer de manière transversale et décontractée, ce qui favorise à la fois la solution des problèmes et l'émergence d'un sentiment aujourd'hui majoritaire dans le monde (dixit le sondage mondial publié lundi par la TdG) à savoir que nous avons un urgent besoin de renforcer la gouvernance mondiale.

Pour en revenir à nos moutons, il n'a sans doute pas échappé à notre grand argentier que la valeur de la villa correspondait à peu près au solde réclamé par Berne, mais non prévu au départ... Donc en principe pas forcément nécessaire au budget fédéral... Pourquoi donc ne pas échanger purement et simplement la villa contre cette nouvelle dette ? Je sais bien que les comptes des administrations publiques ne fonctionnent pas comme cela, mais les compensations comptables, ça doit pouvoir exister. Tout le monde serait content: Genève ne subventionnerait plus indirectement des activités relevant de la Confédération et Berne, ou plutôt la Mission susise auprès des organisations internationales, conserverait l'une de ses armes secrètes...     

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