20/05/2007

Et au milieu coule une rivière

Un futur candidat radical genevois au Conseil National et un candidat frontalier aux législatives françaises sous l'étiquette MODEM ont élaboré ensemble un texte fondateur sur les problèmes frontaliers. Il reprend notamment l'idée radicale d'une assemblée transfrontalière dotée de financements autonomes et lance quelques idées forces sur le logment à Genève ou les Transports en France voisine.

Une initiative plus que bienvenue qui pourrait permettre d'accélérer les choses et d'avancer concrêtement dans la prise en charge commune des questions d'aménagement régional. La Tribune de samedi en a parlé en citant quelques extraits, mais sans dévoiler l'intégralité du texte. Le voici donc:

 " Une région, un lac, des montagnes et au milieu passe une frontière. Cela fait des générations que l'on s'en accommode, voire même que nous en tirons parti. Si le Genevois franco-suisse bat tous les records de prospérité, les problèmes créés atteignent aujourd'hui des niveaux alarmants. Ils diffèrent certes de part et d'autre, mais ne trouveront de solution que dans une prise en compte commune.

Le Genevois français bénéficie du taux de chômage le plus faible de l'Hexagone, du pouvoir d'achat élevé du franc, des infrastructures internationales de Genève et des fonds frontaliers qui financent ses communes. Le Genevois suisse bénéficie de ressources humaines dynamiques sans en payer la formation, de réserves d'espace pour loger et scolariser ses nouveaux arrivants… et de la manne fiscale laissée par les frontaliers après déduction des fonds frontaliers, alors que les pendulaires vaudois rapatrient tous leurs impôts sur leur canton.

La frontière disparaît peu à peu de nos vies quotidiennes, mais pas de nos structures institutionnelles. Du coup, elle entrave tous les jours l'aménagement concerté du territoire, indispensable à l'amélioration de notre mieux être ensemble et de notre qualité de vie à chacun.

Côté suisse, le retard accumulé dans la construction de logements exporte en France une urbanisation incontrôlée qui menace les espaces naturels. Côté français, la pauvreté des transports en commun génère d'inextricables problèmes de circulation et de pollution dans la cité genevoise. Récupérés par les extrémistes de tous poils, les antagonismes qui se creusent ainsi peuvent réduire à néant des décennies de prospérité.

De part et d'autre, l'augmentation du coût du logement relègue les jeunes et les plus fragiles. En France, les offres d'emplois peu qualifiés restent sans réponse, faute de logements adaptés aux salaires proposés... et parce que le différentiel de salaire avec la Suisse est particulièrement marqué pour ces emplois là. A l'inverse, si Genève continue de créer des emplois très qualifiés, étendant son bassin de recrutement loin au-delà des limites régionales, les jeunes peu qualifiés et les plus de 45 ans restent trop souvent sur le carreau.

On voit encore à Genève des offres d'emploi réservées aux Suisses ou Permis C, contraires aux accords bilatéraux. Elles aggravent les problèmes de logement et de transport en attirant des Suisses venus d'autres cantons. Or, si l'on ne peut nier une pression frontalière à la baisse sur les salaires suisses, que dire de la pression suisse, à la hausse, sur l'immobilier en France? On n'a pas encore vu de réactions françaises à l'irruption massive des Suisses sur le marché de l'immobilier frontalier mais elles ne feraient qu'aggraver la crise du logement à Genève. 

A cause des fonds frontaliers (et de négociations catastrophiques antérieures dans le dossier de la péréquation financière), Genève cède à Berne une part croissante de ses rentrées fiscales. Elle remplit ainsi une tâche importante de solidarité à l'égard des régions suisses déshéritées. Cependant, l'intérêt de Genève réside aussi dans la solution des problèmes écologiques, sociaux, et sécuritaires de son environnement proche et dans l'amélioration de ses liaisons avec son arrière-pays. Ces questions appellent des réponses courageuses et novatrices.

L'éloignement des zones d'habitation et des centres d'activité, comme l'accroissement exponentiel des écarts de revenu sont deux bombes à retardement. Pour permettre un développement humain harmonieux et préserver durablement l'environnement, il faut maîtriser la croissance et coordonner nos actions publiques.

Des pistes existent. Il faut :

- Réaffecter sur de vrais projets d'infrastructures les fonds frontaliers qui servent trop souvent à des dépenses de superstructures (de jolis lampadaires sur la place du village) et au subventionnement par saupoudrage.

- Créer une vraie politique de l'emploi dans le Genevois français, en cessant de s'en remettre à Genève, pour développer des emplois de proximité dans les zones d'habitation. 

- Aider les communes suisses à construire massivement des logements à côté des zones d'emploi par des mesures d'incitation/pénalités financières.

- Développer le quadrillage du territoire français par les transports publics pour drainer les pendulaires vers le CEVA.

- Asseoir la légitimité populaire du projet d'agglomération par une assemblée transfrontalière élue, dotée de ressources autonomes, comme l'a proposé le Parti Radical Genevois. La France voisine perçoit 104 millions de fonds frontaliers et Genève 236, dont la moitié est ponctionnée par Berne. La moitié de la part française et une somme équivalente côté suisse pourraient financer le fonds d'infrastructure de "l'Assemblée du Genevois". "

Antoine Vielliard,                                             Thomas Büchi

Saint-Julien en Genevois                                   Chancy

Vice-Pdt national Jeunes UDF                          ex-Pdt groupe radical Gd Conseil

Candidat du MoDem                                        Candidat Radical Genevois

aux législatives pour Annemase, St-Julien           au Conseil National 2007

Resp. Marketing chez Procter & Gamble          Pdt Charpentes-Concept  CH/F   www.portevoix.fr                                              www.thomasbuchi.ch

 

 

 

 

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