01/08/2007

Surfer au Grütli

Je viens de passer mes vacances dans une maison bleue... blottie au pied de la dune, sur la côte basco-landaise, au bout de la plage et des rouleaux à surf. Les gens qui vivent là n'ont pas d'internet et pour utiliser son natel, il faut sortir de la maison, courir vers le portail...

D'habitude, même au fin fond de la jungle équatorienne, je me débrouille pour trouver un cybercafé au moins une fois par semaine, mais là j'ai tenu 16 jours… Au retour, ma boîte de courriels était tellement pleine qu'elle avait rendu l'âme: j'avais perdu cinq jours de messages. Me voilà passible d'une condamnation pour crime de lèse modernité. Mais cela fait tellement de bien.
Retour à Genève et à la réalité pour le premier août, où l'on ne parle que des violences de l'extrême gauche lors de la manif des squatters et de celles que n'a pas pu commettre l'extrême droite au Grütli pour empêcher notre Présidente de s'y exprimer…
Preuve s'il en fallait de l'utilité des forces de police pour protéger la démocratie. Tolérance, liberté d'expression et haine de la violence ne doivent pas conduire à laisser commettre des actes dépassant nettement le seuil de la soupape admissible. Certes, il faut bien que jeunesse se passe, mais pas à n'importe quel prix. Je me souviens de l'état de choc d'une amie, clairement de gauche, qui avait assisté, de l'intérieur du bâtiment, aux bris de vitre subies par l'OMM durant le G8. Elle était ébahie par le stoïcisme et le sang froid des policiers qui recevaient sans broncher, attendant les ordres,  toutes sortes de projectiles émanant des excités des blacks blocks, y compris des sacs d'excréments.
Si l'on ne veut pas que resurgissent les vieux démons de la violence aveugle et meurtrière, il faut d'urgence rappeler les règles du jeu : qui contrevient à la loi de manière violente s'expose à une réponse immédiate et appropriée. Et la loi ce sont les instances élues qui l'écrivent, la disent et l'appliquent. Si l'on n'est pas content, on peut tenter d'en changer, aux prochaines élections.
Cela implique bien sûr de donner à la police les moyens de son action. On n'interpelle pas aisément une cinquantaine d'excités décidés à en découdre, mais c'est possible. Une ville comme Genève doit pouvoir se le permettre. Il a fallu que des mécènes privés se mêlent de financer la sécurité de la prairie du Grütli pour que Mme Calmy-Rey puisse s'y exprimer. Devra-t-on à Genève confier la sécurité de nos rues à des agences de sécurité les jours de manif ? Cela ne serait certainement pas une avancée de la démocratie. Quand à perpétuer la gabegie qui a trop longtemps dominé, ce serait le plus sûr moyen de mener au gouvernement des mouvements populistes qui n'ont rien à y faire.

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