02/08/2007

Comment l'UDC réécrit l'histoire

Amusant, le petit texte cité par M. Bertinat dans son blog du premier août. Le député UDC y voit l'occasion de déplorer qu'en 41, les autorités fédérales étaient unies, contrairement à aujourd'hui... La faute à qui ? Rappelons qu'au Grütli, il y avait Mme Calmy Rey, socialiste mais aussi Mme Egerszegi, radicale... Seules les femmes de l'UDC n'ont pas voulu y aller.

Ceci dit, la réalité n'est pas celle que dépeint, ou plutôt intérprète M.Bertinat. Le bon curé qu'il cite l'écrit lui-même: la discorde semblait avoir disparu... Semblait et semblait seulement, car en réalité, les tensions n'étaient qu'étouffées, entre partisans et adversaires d'une attitude plus ou moins conciliante à l'égard de l'Axe, tandis que les communistes se réveillaient à peine du pacte Molotov Ribbentrop.

L'UDC d'alors dirigeait déjà l'intérieur et les affaires militaires et jouait clairement (avec le radical vaudois Pilet-Golaz, reconnaissons-le) le jeu d'un rapprochement avec l'Allemagne nazie, au nom du réalisme pragmatique face à la pression extérieure. Une pression nazie, qui rappelons-le une fois de plus, n'avait strictement rien à voir dans son esprit et sa forme avec l'Union europèenne que nous connaissons. C'est d'ailleurs le faible niveau actuel de cette pression qui permet la discordance des voix. Si la menace était rèelle, nul doute que le pays ferait taire ses divisions. Pour se défendre ou comme en 41, pour accepter les conditions inéluctables du plus fort. La tentative d'amalgame tentée par l'UDC en la matière s'avère donc particulièrement ignomineuse

 

Commentaires

Cher Monsieur,

vous ne m'avez pas correctement compris: c'est sans doute parce que je me suis mal exprimé ou encore parce que votre lecture est trop influencée par votre opinion politique.

Il n'y a aucun amalgame dans mon texte. Je loue simplement les autorités d'alors d'avoir su se réunir et partager unanimement la célébration du 650e anniversaire de notre pays. Ce qui signifie que je ne partage pas la récupération politique qui est faite pour notre fête nationale, quelque soit le parti politique. L'attitude de M. Couchepin est, à mes yeux, celle qui a été le plus juste vis-à-vis du 1er août.

Quant à votre jugement sur M. Pilet-Golaz, je ne le partage également pas, non pas par esprit partisan (je l'espère du moins) mais parce que tous les historiens objectifs ont toujours relevé que le chef du Département politique ne fut jamais partisan d'un rapprochement avec l'Allemagne de Hitler. L'ambassadeur Frölicher s'est peut être montré trop timoré face au pouvoir allemand. 60 ans après, c'est tellement facile de juger les hommes qui ont traversé cette douloureuse période...

Enfin, je n'ai pas évoqué l'UE dans mon papier et le "bon curé" avait charge d'un diocèse: ce qui en fait un évêque. On peut ne pas être d'accord avec mon texte, mais on peut tout de même être respectueux vis-à-vis des personnalités religieuses qui ont bien tenues leur rang, tel Mgr Besson.

Malgré nos divergences, je salue amicalement le blogueur que vous êtes.

Eric Bertinat

Écrit par : Bertinat | 03/08/2007

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