04/08/2007

Vous avez dit Développement durable ?

Toute activité humaine, dès lors qu'elle sort d'un cadre strictement animal, ou plus exactement dès qu'elle dépasse le stade de la cueillette et de la chasse avec des moyens rudimentaires est en contradiction avec l'écologie. C'est ainsi et l'on n'y peut rien : l'agriculture, dès son invention,  modifie profondément les cycles écologiques des lieux où elle s'exerce, par son emprise au sol, sa sélection des espèces, sa production de déchets etc… L'industrie, l'urbanisation, la production d'énergie où les transports n'ont fait qu'accentuer le phénomène.
En réalité, toute espèce animale ou végétale tend naturellement à occuper le maximum d'espace et de temps, au détriment des autres et modifie ainsi son environnement. C'est vrai d'une termitière comme d'un troupeau de bisons. La force de la nature est de généralement parvenir à contrer ses efforts par une profusion de facteurs divers, parmi lesquels le développement de prédateurs et la raréfaction inverse des proies tiennent les places essentielles.
L'être humain précisément a su dépasser ce stade en s'affranchissant des prédateurs et en devenant omnivore et même davantage. Il a appris à s'adapter mieux et surtout plus rapidement que son environnement. L'intelligence a triomphé du hasard et de la nécessité. Mais la nature n'a pas dit son dernier mot et nous risquons en permanence de nous heurter aux limites générées par notre propre expansion.
D'où l'invention du concept de développement durable qui consiste essentiellement à déterminer en permanence jusqu'où l'on peut aller sans épuiser la ressource et comment faire pour en développer de nouvelles sans déclencher de catastrophes. Dans ce contexte, l'écologie peut recouvrir deux attitudes, radicalement opposées.
La logique de la première, dite fondamentale, prétend contenir l'être humain dans ses limites strictement animales, pour l'empêcher de nuire à son environnement comme il le fait depuis la nuit des temps.  Cela entraîne le refus du progrès et de la technologie, de la croissance démographique et in fine, de tout ce qui fait l'humanité.
La seconde, plus pragmatique, conçoit l'écologie comme une technologie chargée de déterminer comment exploiter au mieux la nature et l'environnement sans déclencher de cataclysme, ou le cas échéant, comment contenir les conséquences des cataclysmes déjà déclenchés.

Dans la première acception, l'être humain est clairement l'ennemi, dans la deuxième, il est le but. Les fondamentalistes sont évidemment nombreux dans les partis écologiques, certains n'ayant même pas compris les tenants et les aboutissants de leur logique. Le radicalisme au contraire, traditionnellement défiant des idéologies, prône une écologie pragmatique, pour la mettre en pratique tous les jours. Chacun agira en effet plus utilement dans sa sphère d'influence en ciblant des réalisations concrètes qu'en poursuivant des objectifs idéologiques.

 La voiture par exemple est un fantastique outil de liberté individuelle et familiale, qui malheureusement pollue. Il faut d'urgence mettre au point des technologies nouvelles, pour la motoriser sans pollution. Il s'agit d'un effort industriel, mondial. Localement, tout ce que l'on peut faire, c'est y inciter par des lois et des réglementations fiscales ou en soutenant de jeunes chercheurs.

Malgré cela, les écologistes du premier type s'escriment en permanence contre la voiture en tant que concept. Savoir comment elle est motorisée ne les intéresse guère, c'est l'objet même qu'ils veulent voire disparaître, car c'est l'une des bases de notre civilisation. Ils en parlent bien davantage que des progrès à faire dans le bâtiment. Or dans nos contrées, 50% de l'effet de serre d'origine humaine est du au bâti (et aux habitations en premier lieu) tandis que les transports n'en sont responsables que pour 20% seulement, dont 2% pour le transport aérien. 

 Pourtant, en matière de bâtiment, des technologies hyper performantes sont déjà disponibles et leur mise en œuvre dépend uniquement d'efforts locaux. Le nouveau président du parti radical genevois, Hughes Hiltpold est un jeune architecte très versé dans ces technologies. Il a notamment dirigé la construction du bâtiment de l'OMM qui se trouve être l'immeuble de bureau le plus progressiste à Genève en la matière. Quand à Thomas Buchi, candidat au National, ancien Président du groupe radical au Grand Conseil, c'est un spécialiste réputé de ces questions. En tant que patron d'une entreprise internationale de charpenterie à la pointe de la technologie, il construit des immeubles d'habitation qui ne nécessitent aucun apport d'énergie extérieure.
Cherchez l'erreur. De quel côté se trouve l'efficacité ?

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