05/09/2007

Trop fort ce Pierre Weiss

 Il est parvenu à faire entendre sa voix au milieu du brouhaha qui tourne en boucle autour du sempiternel dilemme : faut-il ou non parler du milliardaire qui, lorsqu’il ne peint pas le noir sur les murailles, claque des millions pour clamer par avance son innocence, avant même d’avoir été accusé… Comme lorsqu’un malappris se laisse aller dans un ascenseur bondé, avant de se pincer le nez en premier, ostensiblement…

Donc Pierre, tu veux fusionner radicaux, libéraux et démo-chrétiens. Excellente idée, que j’approuve à 100%, même si je suis le premier conscient que ce ne sera pas facile. Tiens, rien que dans le nom que tu proposes pour le nouveau parti : parti libéral démocrate. C’est vrai que nous sommes tous libéraux et démocrates, quoiqu’à des degrés divers, mais que devient la tradition radicale dans l’histoire ? Non, soit il faut trouver un nom qui évoque les 3 entités, soit il faut un nom complètement nouveau, comme le Mo-Dem, en France, nom surgi de la base qui s’est imposé tout naturellement pour recouvrir les différentes tendances de ce mouvement fusionnel.

Bon ta référence à toi se situe plutôt du côté de l’UMP, mais c’est davantage un problème de choix du leader et de forme que de fond. Sur le fond, c’est vrai nos différences sont souvent infinitésimales ou en tout cas peuvent parfaitement s’inscrire au sein de tendances comme on en trouve dans les grands partis voisins. Vous autres libéraux genevois feraient d’excellents radicaux zuricois, tandis que nombre de PDC alémaniques paraissent franchement réacs aux yeux d’un radical genevois de base. Cependant, à l’intérieur même du parti radical genevois, j’en connais qui sont plus à droite que certains libéraux et le côté, disons « changeant » de certains de nos amis orange et néanmoins communs les rend parfois difficile à suivre.

Tu as parfaitement raison quand tu expliques que la plupart de nos clivages tiennent à des rivalités de personnes ou à des traditions locales ou sociologiques qu’il s’agit de dépasser si nous voulons continuer à bâtir le futur de ce pays. On ne dira jamais assez le poids des vieilles rancoeurs bigotes ou anti-cléricales valaisannes par exemple, qui se répercutent jusqu’à Genève dans les tensions entre Radicaux et PDC, alors qu’elles ne recouvrent franchement plus aucune réalité concrète. Ou vos liens avec la finance alors que nous sommes plus proches des PME, tandis que d’autres préfèrent se vendre à des mécènes qui s’offrent une carrière politique en guise de danseuse. Ce n’est évidemment pas sans conséquences sur la vie du parti et ses options, et cela durera tant que nous n’aurons pas en Suisse un financement clair, net et démocratique des partis. Ce sur quoi ton futur ex-Président Ruey, sauf erreur, n’est pas d’accord…

Par ailleurs cette fusion n’a de sens que si elle débouche ou coïncide avec un renouvellement des forces. Nous devons, nous pouvons mordre à droite, car il est vrai qu’on peut discuter de l’idée d’expulser des délinquants étrangers, mais calmement, en pesant le pour et le contre et certainement pas de la manière provocante et raciste, au moins dans l’imagerie, dont le font les employés et les bénévoles du milliardaire. Certainement pas non plus sans proposer des solutions sérieuses à l’extrême pauvreté et à l’injustice qui font que des universitaires préfèrent être femmes de ménage ou hommes à tout faire chez nous, plutôt que d’occuper chez eux les fonctions auxquelles ils auraient droit.

On peut, on doit aussi mordre au centre gauche et chez les écologistes, là encore l’exemple français le démontre, initié par le Mo-Dem et récupéré, pour l’heure, par Sarkozy. Dans ma génération de quinquagénaires aujourd’hui aux affaires, qui sont ceux qui votent le plus, les sondages le prouvent, la tendance générale est au ras-le-bol des idéologies qui à force de pureté, finissent franchement par… sentir mauvais. Les solutions, à l’évidence, sont dans la concorde et la réflexion sans tabou, à condition d’y adjoindre l’action. Une action radicale en faveur du développement durable, un libéralisme avec des règles équitables, un socialisme qui tienne compte des lois du marché et de la nature humaine etc…   

En résumé, cher Pierre, nous avons du pain sur la planche, mais je te soutiendrai fermement dans ce combat pour la réforme, l’unification et la dynamisation du centre droit. D’ailleurs, qu’est-ce qu’on attend pour commencer par Genève ?

Commentaires

Ben mon vieux, avec des idées pareilles, c'est pas rendu cette fusion... A qui cela profitera-t-il? A la gauche...

Écrit par : Plouc | 05/09/2007

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