14/09/2007

Une assemblée tranfrontalière élue

Passionnant débat que celui mené par la Tribune et 24 Heures autour de l’annexion du district de Nyon. Pourtant à l’évidence la question est mal posée. Genève ne peut pas agir, vis-à-vis de la France voisine ou de la région vaudoise de la Côte comme s’il s’agissait simplement de communes à réunir. Ces régions sont plus importantes que des communes, mais surtout, elles appartiennent culturellement et structurellement à des ensembles plus vastes, qui ne s’en sépareront pas aisément, d’autant que les habitants eux-mêmes développent un sentiment d’appartenance renforcé par la proximité de la grande voisine un peu arrogante, Genève.

Toutefois, tant la Côte que le Genevois et le Chablais savoyard ou le Pays de Gex constituent pour Lausanne, Lyon ou Paris, des sortes de confins, voire des marches extérieures, plus ou moins délaissées. On l’a bien vu au G8, organisé à Evian, parce que vu de Paris, c’était le bout du bout du monde, un cul de sac stratégiquement facile à défendre… Le caractère d’extrémité, voire d’appendice caudal de la Côte vaudoise est certes moins marqué, mais vu de Lausanne, il n’en est pas moins réel.

D’où l’intérêt d’inventer de nouvelles structures, qui tiennent compte de toutes ces réalités, pour les dépasser. Les divers comités transfrontaliers mis en place depuis près d’une trentaine d’années, à l’initiative de Guy-Olivier Segond ont eu le mérite de jalonner le terrain et de poser la problématique, mais ils ont atteint leurs limites. Composées de fonctionnaires et au mieux de quelques élus des différentes parties, ils ne prêtent allégeance qu’à leurs centres respectifs et en aucun cas à la région. Ils sont des lieux de négociation, en aucun cas de fusion, même pas des idées et n’ont d’ailleurs aucune légitimité populaire pour ce faire.

Une fois encore, ce sont les radicaux genevois qui ont proposé la solution, il y a deux ans déjà, en suggérant l’élection au suffrage universel, organisé conjointement, d’une assemblée transfrontalière. Celle-ci devrait être constituée de manière à ne froisser les susceptibilités de personne et surtout pas de Lausanne Lyon ou Paris, en tout cas au départ. Après ce serait aux élus de tracer leur route et d’aller vers l’autonomisation, ou non de la région. Quelles seraient donc ces prérogatives, et de quel budget, nerf de la guerre, disposerait-elle ? L’aménagement, le logement, la formation, la culture sont bien sûr les domaines où elle aurait son mot à dire, quand à l’argent, on pourrait utiliser une partie des fonds frontaliers, comme l’ont suggéré Thomas Büchi et Antoine Vielliard, mais il faudrait que Nyon et donc Lausanne participe également. Cela ferait bien sûr une assemblée de plus, donc des doublons et des postes à financer, mais cela paraît un mal nécessaire. Si l’on veut que la région se développe en harmonie, car elle existe déjà dans les faits, il lui faut une instance démocratique adaptée. Il me semble que cela devrait constituer un point important des débats de notre future assemblée constituante genevoise.

Commentaires

Bon on ne va pas chipoter sur la paternité de l'assemblée transfrontalier. Je crains pour pas part que big ne soit pas beautiful. Comme la montré le débat de Nyon, les structures et l'enchevêtrement des autorités et des comités qui n'en ont pas est déjà bien assez complexe pour ajouter encore un machin sans os à ronger bien défini. Dans mes notes sur ce débat je reprends et développe le projet de l'ancien député Pierre Milleret de créer des fonds d'équipement régionaux. Lire Vu du Salève sur http://jfmabut.blog.tdg.ch. Bonne fin de semaine.

Écrit par : Jean-François Mabut | 14/09/2007

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