15/09/2007

Des autos vertes, c'est possibile, si on veut

C’est une révolution. Même le Tcs appuie désormais l’adoption de normes plus restrictives en matière d’émissions nocives pour les automobiles. Seuls les constructeurs allemands et tout particulièrement les plus puissants d’entre eux, qui ont bâti leur fortune sur le luxe et la puissance, rechignent encore et se battent pied à pied à Bruxelles pour tenter de faire reculer l’adoption de telles normes. Le frein n’est pas technologique, il est commercial. On sait construire des voitures tout à fait efficaces quand à leur vocation de déplacement et de transport, qui consomment et rejettent moins de la moitié de la moyenne actuelle. Ce n’est ni compliqué, ni cher, il suffit de faire plus léger et moins puissant. Avec une motorisation hybride diesel, solution développée par Opel et Peugeot, c’est encore mieux, mais pour les constructeurs dont le créneau tient tout entier dans le haut de gamme, cela signifie tirer un trait sur tout leur savoir faire, orienté en sens contraire depuis des décennies. Dommage pour eux et pour leurs dizaines de milliers d’employés, mais l’avenir de la planète semble être à ce prix.

Vous aurez noter le semble. Je ne suis pas persuadé que le réchauffement soit essentiellement du à des causes humaines et même dans ce cas, l’automobile a moins de responsabilité que le chauffage par exemple, mais à l’évidence, le principe de précaution doit l’emporter. Cela va faire deux ans que j’ai changé ma Zafira essence turbo aux paramètres électroniques optimisés pour un nouveau modèle, en diesel. Résultat, 15% de performances en moins (mais aux allures légales, il est difficile de s’en rendre compte) alors que consommation et émissions polluantes ont diminué d’un tiers. En revanche, le nouveau fait 200 kilogs de plus, gavé de gadget assez superflus mais qui enchantent les enfants. De manière générale, les autos pèsent 60% de plus qu’il y a 15 ans, à catégorie équivalente…

C’est une question de marketing, plus encore que de confort ou de sécurité. La puissance, l’équipement, le design et la marque sont les principaux déclencheurs d’un achat automobile, mais plus on augmente les deux premiers, plus on pollue. C’est mathématique. Pour sortir de ce piège, les constructeurs de luxe n’ont guère de solutions. Ferrari tente le lancement d’un modèle « superleggera » dont le faible poids, du à une débauche de technologie et de fibre de carbone est l’argument principal. Aston Martin et Audi s’essayent depuis longtemps à l’aluminium, mais tant qu’il ne sera pas « trop cool ! » et « trop style » de conduire un véhicule zen, dépouillé et limité à 150 km/h, on n’avancera pas.  Que pourrait-on mettre dedans, qui ne pèse rien, pour nous inciter à acheter une telle auto ? La marque qui trouvera la première fera fortune, mais c’est à l’échelle européenne que ça se passe. En pratiquant l’alleingang avec sa surtaxation solitaire du diesel, la Suisse n’a réussit qu’une chose : se retrouver en queue de peloton avec le parc automobile le plus polluant d’Europe !

Les fabricants de boguets rencontrent un problème similaire. Sur de petites cylindrées, les moteurs 2 temps sont beaucoup plus efficaces que les 4 temps, mais aussi beaucoup plus bruyants et polluants. C’est pourquoi l’Union européenne veut les interdire, mais elle a repoussé la chose à 2010, alors que la Suisse maintient l’interdiction pour 2008. La solution consiste évidemment à remplacer les 2 temps par des 4 temps, mais les modèles existant sont à la fois plus chers et moins performants… et donc très peu vendus. Une modification de la loi, qui augmenterait la cylindrée maximale autorisée, permettrait de maintenir les performances tout en compensant la perte de puissance causée par l’adoption du 4 temps et d’un pot d’échappement véritablement silencieux et dépolluant. Inutile cependant de légiférer au niveau suisse : avec moins de 15 000 boguets par an, le marché est ridicule. C’est là encore à l’évidence à l’échelle européenne qu’il faut agir.   

Commentaires

Non, je ne crois pas qu'une "voiture verte" soit possible. Oui, il est possible de limiter les importations des véhicules les plus polluants, oui il est possible d'interdire toutes les publicités mensongères pour voitures "soi-disant" respectueuses de l'environnement et n'autoriser la publicité que pour les voitures effectivement petites, légères et dégageant peu de CO2. Mais tout ceci ne changera pas tous les autres problèmes liés à la voiture en ville.

Prenons simplement conscience de la place qu'occupent les voitures en ville. C'est tout simplement insoutenable! 50% de l'espace urbain est occupé par des routes asphaltées pour les voitures ou par des places de parking occupées par des milliers et des milliers de véhicules à l'arrêt. Toute cette place est PERDUE. Sauf exception, une voiture roule avec 1,2 personne en moyenne, et occupe 10m2 à l'arrêt. Soit une place énorme pour une efficacité très très réduite.

Tout ceci doit être repensé, reconceptualisé. La ville entière est gangrenée par l'automobile, qui est PARTOUT, et qui est, INUTILE en centre-ville (sauf transport de matériel ou de personnes à mobilité réduite). C'est à cela qu'il faut mettre fin, et ne pas chipoter sur des mesures pro-diesel, etc. Parce que le diesel est catastrophique en terme de particules fines et d'oxyde d'azote!

Mettons fin au règne de l'automobile!!

Écrit par : CAR - Genève | 15/09/2007

Cher Monsieur, ou Madame, puisque vous ne vous annoncez pas, vous pouvez croire ce que vous voulez, mais la place dévolue aux véhicules en ville est de la place dévolue aux transports dont nous avons tous besoin. Acessoirement, si les verts acceptaient la construction de parkings souterrains (et de voies souterraines), les autos, on les verrait un peu moins.
J'utilise en ce moment les transports publics et le vélo et c'est évidemment moins pratique et confortable qu'un véhicule motorisé. Chacun son mode de vie, et pour ce qui est de l'espace public commun, c'est à la communauté de décider démocratiquement de la manière dont elle souhaite l'utiliser. Autant je pense que la majorité de nos concitoyens rejette la pollution engendrée, autant je suis certain qu'une grande majorité d'entre eux ne souhaite pas la disparition des moyens de transports individuels si ceux ci deviennent écolo-compatibles.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/09/2007

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