Histoire de vérifier mes convictions, je me suis essayé au test Smartvote sur le site de la Tribune. Comfirmation, c'est la liste du parti radical qui sort largement en tête, mais plus étonnant suivie d'assez loin par un tir groupé, avec dans l'ordre: PS, Verts, JS, libéraux et du PDC. L'extrême gauche - d'où je viens, dans une vie antérieure - est assez loin en compagnie du PEV (!), tandis que tout au fond du classement, l'UDC Genève et International encadrent le MCG.

POSITIONNEMENTS EXOTIQUES

L'étude par individus confirme la proximité du PRD et explique le relatif éloignement des libéraux et du PDC, par le positionnement exotique (comparé à mon centre à moi) de certains de leurs membres. En tête, 4 radis emmenés par la vice-présidente et le Président (pas de nom, votez groupés, liste N°2 :-), un vert (Hodgers) et puis encore 2 radis, deux pdc, un vert et une socialiste. Les deux viennent ensuite sont libéraux : Pierre Weiss et Martine Brunschwig-Graf, puis un vert, une libérale et... Carlo Sommaruga ! Ce doit être nos vues communes sur l'aide au développement et l'Europe qui nous rapprochent, tandis que je n'ai pas vu de question sur le logement !

Là encore regroupés tout en bout de liste, des UDC et des MCG, avec juste un libéral au verbe haut, qui se promène là, un peu isolé. Ah si, dans le lot des réactionnaires acharnés, on trouve aussi un pdt. Et une poignée de PDC qui selon mon échelle de valeurs personelle, sont plus proche des conservateurs que des progressistes. En isolant ainsi les "comportements abhérents" de certains politiciens éloignés des positions globales de leurs partis respectifs, smartvote met le doigt sur un défaut de la démocratie helvétique, du à son ancienneté.

Nous sommes restés figés dans l'idée qu'on entrait dans un parti comme dans un clan tribal, pour la vie. Le cas des avocats est flagrant: ils choisissent leur parti en fac de droit et il est très mal vu d'en changer par la suite. Or les opinions évoluent en fonction de l'âge et du statut social, mais aussi des évènements extérieurs... Dans une civilisation qui reconnait le droit au divorce, il devrait être admis que l'on puisse changer d'orientation politique.

FINANCEMENT DES PARTIS

L'autre grand déficit démocratique helvétique porte sur le financement des partis, basé sur les dons personnels de quelques très riches (n'est-ce pas l'UDC) ou sur les contributions des lobbyes, des syndicats ou de l'économie, c'est à dire d'abord de la finance et des grosses entreprises... Du coup, la classe moyenne qui est pourtant le fer de lance du pays (fonctionnaires, cadres ou indépendants, ils font tourner la Suisse), n'a plus de véritable représentant. Le PS est statufié à gauche par les syndicats, tandis les partis du centre droit sont en bonne partie financés par les super-riches et les grands patrons, le 1% de la population en mesure de profiter de l'évasion fiscale, ce qui concoure à faire retomber le gros de la pression financière sur la classe moyenne. 

Si la France par exemple a bien d'autres tares démocratiques, entre autres celle d'élire un monarque pour 4 ans, dont les pouvoirs devraient d'ailleurs se renforcer encore si l'on en croit les travaux de la commission Balladur, elle a mis au point un système de financement public qui lie les partis à leur électorat. Au moins comme cela les choses sont claires et ce ce serait extrêmement positif pour la Suisse. Ne serait-il pas juste que ceux-là même qui constituent les forces vives et qui paient l'essentiel des frais de fonctionnement du pays, aient enfin les moyens de se faire représenter directement ?

Un projet de loi genevois va dans ce sens, déposé par Hughes Hiltpold, un candidat au National qui a de vraies idées. Il est le Président du Parti Radical genevois, dont le rôle naturel serait précisément de défendre cette classe moyenne, appréciant le libéralisme pour ce qu'il est, à savoir le moins mauvais des systèmes, à condition d'être encadré.