02/10/2007

Et gauche et droite: au centre !

Quelques chauds partisans de M. Stauffer m’ont qualifié hier de commentateur de gauche… Rigolo, quand on connaît mes positions en matière d’économie, de subventions ou de poids de l’Etat, seuls étalons encore pertinents sur une échelle gauche droite, de plus en plus floue. Voire carrément illisible lorsque les considérations annexes (mais pas forcément moins importantes) prennent le dessus dans la confusion : racisme, nationalisme, religion, protectionnisme, dénonciation de scandales et de complots réels ou supposés… Les partis n’arrangent rien, en cette période électorale où tout le monde souhaiterait à la fois séduire les siens et rassembler le plus largement possible.

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On m’a aussi traité de M. Jesaistout… Je passe pourtant beaucoup de temps à essayer d'en apprendre davantage… Quand je ne compile pas des notes, comme je l'ai fait durant quatre ans, pour finalement accoucher d’une trilogie, après deux années supplémentaires consacrées à l'écriture. Trois bouquins pour faire le point sur la politique, l’économie mondiale, l’environnement, la croyance, la morale et les mœurs… Bref de la philosophie tout-terrain, lisible par tout un chacun. Ou presque… Disons tout un chacun qui sait lire, ce qui par les temps qui courent devient de plus en plus rare, n’en déplaise à M. Baud et ses compères de l’école sans note.

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Nul ne peut prétendre détenir aujourd'hui tous les savoirs du monde, ils sont bien trop complexes… Ce qui paradoxalement concourre au problème : nous manquons de généralistes, de gens curieux de tout et ouverts, capable d’oser des synthèses ou de lancer des pistes à la réflexion de manière transversale, en essayant de tenir compte d’un maximum de facteurs et pas seulement de ceux que l’on a immédiatement sous le nez.

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Pourquoi je vous raconte ça ?

1) Pour me faire de la pub. Le premier tome de cette trilogie, l’Utopie Urgente, sera en librairie à la fin de la semaine.

2) Parce que j’ai reçu hier, de Californie, un très gros et luxueux dossier de  l’Eglise de Scientologie ! Leurs cours de développement personnel ne m’intéressent pas du tout, parce que si je devais devenir quelque chose, ce serait Ron Hubbard à la place de Ron Hubbard, du moins sur le plan théorique. Parce qu'en pratique, je prône exactement l'inverse de Ron Hubbard (qui aurait mieux fait de rester romancier), soit la fin des embrigadements de toute nature…

Ce qui jusqu’à preuve du contraire est parfaitement compatible avec mon engagement chez les Radicaux, parti d’individus libres et égaux, alors que l'on retrouve régulièrement, tant à gauche qu'à l'extrême droite, des attitudes de secte.

3) Pour tenter de faire comprendre une chose à tous ceux qui se sont sincèrement laisser embringuer dans le populisme. On ne peut pas résumer en quelques lignes, sur un blog, encore moins dans un slogan, la complexité d’un monde qu’il est même prétentieux – je le confesse - de vouloir analyser en trois bouquins… Or c’est bien ce que prétendent faire vos leaders, si prompts à tout expliquer en trois mots…

Un seul exemple : la prospérité suisse qui bat de l’aile ou la paupérisation de la classe moyenne, dont une lectrice attribue la responsabilité à M. Couchepin… Pauvre homme, comme s’il avait le dixième du quart du pouvoir que cela impliquerait ? Il s’agit en fait d’un phénomène qui concerne toute la société occidentale, depuis une décennie.

C'est dû en partie au caractère fini des ressources de la planète : il va falloir apprendre à partager autrement l'énergie et le reste. L'autre cause majeure tient à à l’absence de régulation mondiale de l’économie et à la concurrence fiscale échevelée que cela autorise. Avec la bénédiction de l’UDC de Blocher, mais pas forcément celle des radicaux…

Toutes les mesures protectionnistes telles que celles prônées par le MCG (ou les altermondialistes, là encore les extrêmes se rejoignent) sont particulièrement contre-productives en la matière, et ne profitent qu’aux hyper-riches qui se jouent des frontières.

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On peut discuter des salaires des boss des SIG, mais pour ma part, je n’y vois pas matière à scandale. Qu’est-ce que 400 000 francs par an (dix fois le salaire d’une caissière), lorsque certains magnats, comme Ospel touchent 50 fois ça ? Une échelle de salaires réduite de 1 à 10, pour moi me paraîtrait fort équitable. Quand à savoir si le-dit salaire est mérité, je n’ai pas assez d’information pour en juger.

En revanche, savoir que la fortune des 400 personnes les plus riches du monde se comptent en trillions, soit en millions de millions, ou encore qu'ils possèdent davantage que les 2 milliards les plus pauvres, cela me pose un problème… Même si ce n’est pas le problème principal… Tous ensemble, ces 400 n’ont qu’un impact très limité sur l’environnement, en revanche, ils détiennent un hyper-pouvoir héréditaire, inégalé depuis les empereurs de l’Antiquité !

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Quand à la prospérité passée de la Suisse, elle est due essentiellement à la santé de la place financière. A l’ombre de la guerre froide, nos entreprises et nos salaires ont pu profiter d’un différentiel d’intérêts très favorable au Franc suisse, qui finançait les conventions collectives et le pacte social.  Tous les riches du monde plaçaient leur argent chez nous et nous en profitions tous, en dépit d’une productivité très comparable, voire inférieure, à celle de nos voisins. Pas en nombre d'heure de travail, mais en travail effectif.

Cette époque est révolue. Finie. Elle ne reviendra plus, il faut donc s’adapter. Et vite. Cela ne se fera pas sans pleurs et grincements de dents, la gauche hurle déjà, mais ce qui est sûr, c’est que les velléités autarciques de l’extrême-droite, façon soft UDC ou hard MCG seraient pires que le mal, parce que en dehors de son rapport au monde, la prospérité suisse n’existe pas, et sans prospérité, c’est la Suisse, qui n’existe plus.

Commentaires

On se fiche du salaire d'ospel, car lui il ne se fait pas du fric sur le dos de ma note d'électricité. il faut savoir que si l'UBS prospère, ce sont des milliers de petits investisseurs épargnants, souvent du 3è age, qui vont aussi prospérer.

Mais quand les SIG prospère on voit quoi? Une augementation de la note d'électricité et une augementation de leurs salaires?

Et vous avez encore le culot d'essayer de noyer le poisson?

SVP dites moi de quel parti vous etes cher Philippe, afin que je déchire le bulletin de vote de suite.

REPONSE

Vous êtes Madame apparemment victime du discours simplificateur de MM. Stauffer et consorts.
Même si l'on divise le salaire du patron des SIG par deux, pour le ramener à quelque chose de plutôt bas pour le patron d'une grosse entreprise, cela vous enlèvera moins d'un Franc par an sur votre facture, 5 ou 6 centimes par mois... Et encore en considérant tous les abonnés à parts égales, alors que vraissemblablement votre facture est beaucoup moins élevée que celle d'une entreprise.

Les 20 Millions de M. Ospel (100 fois plus que le nouveau salaire ainsi raboté du boss des SIG) sont eux aussi prélevés sur le coût des services bancaires que vous facture l'UBS si vous avez un compte chez elle. Des tarifs élevés en comparaison européenne. C'est aussi quelques centimes de moins dans la poche des petits investisseurs.

Le fait d'être une entreprise non soumise à la concurrence ne supprime pas toutes les responsabilités d'un directeur dont la lutte pour les parts de marché n'est qu'une partie du travail. Les SIG fonctionnent tous les jours grâce à leur direction.

A l'inverse les patrons de l'UBS ou de Novartis ne sont pas des génies 100 fois meilleurs ou cent fois plus travailleurs que d'autres. Des milliers de gens sortent chaque année des meilleures écoles de gestion dans le monde. Arriver tout en haut de la pyramide est autant une question de chances et d'intrigues que de compétence.

Je n'ai aucun intérêt à défendre des socialistes étant moi-même radical, comme je l'ai dit à plusieurs reprises, mais faire de la politique pour moi ne signifie pas additionner des énormités et créer du scandale là où il n'y en a pas.
On doit pouvoir discuter ouvertement du salaire d'un élu ou celui du boss d'une grosse entreprise publique, et les socialistes, sur ce coup, on clairement manqué de transparence, mais la démagogie et l'aigreur populiste sont dangereuses:
A trop baisser les salaires "publics" et néanmoins vitaux des élus ou des boss de régies d'état, on courrerait le double risque de l'incompétence et de la vulnérabilité à la corruption.

Écrit par : Mère de famille | 02/10/2007

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