06/10/2007

Attachez vos ceintures

Notre planète traverse en ce moment une période de fortes turbulences : instabilité moyen-orientale, terrorisme, bombe iranienne, montée en puissance de la Chine, de l’Inde, des dragons asiatiques et de l’Amérique latine, raréfaction des ressources énergétiques et des matières premières, CO2… Les causes de trous d’air sont multiples et n’apportent qu’une seule certitude : ça va secouer grave et pas seulement dans les mois qui viennent, mais dans les prochaines années.

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Pour tous ces problèmes, la gauche et l’UDC n’avancent aucune solution. La seule chose qui les intéresse, c’est leur accès ou leur maintien au pouvoir. Le nez dans le guidon, ils flattent les peurs populaires (ce qui paie cash au plan électoral) et se contentent de propositions conservatrices, voire réactionnaires. La gauche ne rêve plus que de figer les acquis. Quand à la droite extrême, UDC comprise, elle n’a qu’un mot en tête : boucler les frontières et surtout, surtout, ne pas se mêler des affaires du monde. Comme si cela pouvait suffire ?

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Qu’il s’agisse de CO2, de rivalité économique, de partage des ressources ou d’affrontement nord sud, le cas échéant par terrorisme interposé, les trous d’air qui nous guettent se rient des frontières. Pire, nous sommes clairement dans un camp. En matière de répartition des richesses, brandir notre neutralité n’a aucun sens…

Pour différentes raisons, qui tiennent d’abord à son pragmatisme, le centre seul est porteur des réformes nécessaires à ce pays pour affronter la modernité.

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Comment un banquier privé que l’on dit intelligent, disposant des moyens de s’informer sur l’Etat du monde peut-il apporter le moindre crédit aux velléités d’un Blocher? A moins qu'il soit séduit par l’aspect « homme fort » du personnage : le discours sur le moins d’Etat (sauf quand ça arrange sa clientèle électorale, paysanne par exemple), la marche sur Berne et l’autorité retrouvée que son impact sur les classes populaires permettrait de faire passer, en force au besoin ? Comme l’a dit Couchepin, la Suisse n’a nul besoin d’un Duce, pire ce serait une faute grave de croire qu’elle pourrait s’en sortir mieux ainsi.

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Il nous faut des réformes, des vraies, mais des réformes qui pensent l’avenir en fonction de l’avenir et pas du passé. Le temps des frontières fermées est révolu. La planète est globale, c’est un fait et c’est à l’échelle globale que se règleront les problèmes. Si par malheur les frontières devaient ressurgir de terre, c’est à coup de bombes atomiques que l’on finirait, car plus d’une soixantaine de pays détiennent aujourd’hui les capacités économiques, scientifiques et technologiques de les produire. Le fait d'y avoir renoncé ne protégerait en rien la Suisse.

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Plus de la moitié du PIB helvétique dépend de l’extérieur, et davantage encore si l’on inclut les matières premières nécessaires. A Genève, c’est plus des ¾. Nous détenons en revanche un savoir-faire unique à apporter au monde en matière de démocratie directe, de subsidiarité des responsabilités locales et de vivre ensemble en dépit de cultures différentes. C’est dans le dialogue et la concertation, au niveau des organisations internationales, sytème onusien et OMC, que se règleront les problèmes. Et si tel ne devait pas être le cas, c’est dans l’Union Européenne que nous trouverons protection.

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Penser que nous pourrions être un ilôt fermé (sans matière première et sans flux de capitaux étrangers…) ou pire encore un cheval de Troie des autres grandes économies au sein de l’Europe (dans le cas, loin d’être improbable d’une sérieuse aggravation des tensions), c’est juste une grossière erreur de stratégie.

 

Commentaires

D'accord avec vous. Le monde traverse des turbulences.
Regardez, là, cette histoire du bijoutier de 74 ans qui a tiré
sur sa fille, en 2004, et qui passe devant les juges en ce moment.
Eh bien il vient lui aussi - en allant au Tribunal à pied - de se faire
tirer dessus. Une balle dans la gorge. Par un membre de sa famille?
Bref: comment la police n'a t'elle pas pensé à faire un peu "le ménage"
dans cette famille, pourquoi n'a t'on pas confisqué les armes?
Vous avez raison: attachons nos ceintures, bientôt pour aller
acheter de quoi manger à la Migros, il faudra s'armer d'un fusil ou
d'un pistolet...

REPONSE:

Ce n'est pas la même échelle, mais c'est effectivement un sacré retour en arrière que d'en revenir à la loi du talion... C'est pourquoi l'ordre est indispendable, mais l'ordre démocratique, soucieux du respect des libertés, et attentif à ne pas multiplier les risques...

Écrit par : d'accord | 06/10/2007

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