24/10/2007

35 milliards d'incitation

Les premières nouvelles sur le Grenelle de l'Environnement viennent de tomber:

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A) Paris suspend la construction de toute nouvelle autoroute, hormis pour des contournements urbains, parmi lesquels se classerait notre traversée de la rade...

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B) Paris alloue 20 milliards d'euros (34 milliards de Francs tout de même) à des mesures d'incitation, pour améliorer l'isolation des bâtiments et les rendre aussi autonomes que possible, énergétiquement parlant.

Pour comparer avec Genève, ce genre de mesures, c'est ce qui fait la différence entre Sarkozy bouffant les voix de Le Pen, et l'UDC aspirant celles de la droite helvétique.

J'adore la bagnole, mais l'industrie automobile est dirigée par des as du marketing. Tout comme la politique apparemment, de plus en plus. Alors au lieu de nous fabriquer des autos super légères et limitées à 120, consommant deux litres au 100, ce qui serait tout à fait possible, il nous les surchargent de gadgets qui font bip bip et de débauches de puissance pour enlever ces centaines de kilogs en trop.  Parce que c'est ça qui se vend et qui rapporte.

D'un autre côté, on apprennait hier que la transformation de CO2 en oxgène diminuait beaucoup plus vite que prévu, du fait de plusieurs cycles vicieux et néanmoins parfaitement naturels. La preuve s'il le fallait qu'il ne suffit pas d'être un industriel hyperperformant ou un as du marketing pour prendre des décisions utiles à la survie de l'humanité.

Tiens d'ailleurs dans la pub de M. Bertinat pour son patron, j'en ai découvert une bien bonne. Celui-ci, à la fin de ses études, a été engagé comme assistant du propriétaire d'une petite usine grisonne qui battait de l'aile. Non seulement il n'a pas aidé à la remonter, mais il l'a laissé aller à la faillite, jusqu'au décès du légitime propriétaire, son patron, qui lui avait offert sa chance. Là soudain, comme s'il avait subitement été touché par la grâce divine, il rachète la boîte et s'en fait une affaire en or...  

C'est comme ça que certains font des affaires, sans trop de scrupules et apparemment c'est comme ça aussi que certains entendent faire de la politique. Laisser pourrir la situation, jusqu'à être en position de force pour racheter les meubles et en faire ce que l'on veut. Mais un pays n'est pas une entreprise, que l'on fait fructifier en pouvant mettre à la porte les employés indésirables. 

Ceci dit, si l'on va voir sur le site de l'entreprise ems.chemie, on s'aperçoit que l'histoire de la montée en puissance de M.Blocher dans l'entreprise est narrée par le menu, mais que nulle part il n'est question de faillite. La reprise y est présentée comme banale, à savoir que M. Blocher avait reçu mission de la vendre et que comme il ne trouvait pas preneur, il s'est gentiment porté volontaire. Business as usual. Ce qui signifie tout de même que soit le site de l'entreprise déforme la réalité, soit c'est la propagande reproduite par le secrétaire général du premier parti de Suisse, qui la mythifie. Quand à savoir à partir de quand les résultats de la boîte ont vraiment commencé à exploser, l'enquête reste à faire.   

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