25/10/2007

Faire quelle politique ?

Depuis dimanche, les ténors de l’UDC nous abreuvent d’appels du pied : « Laissez tomber votre ego et rejoignez-nous. Ensemble, ou sous-apparentés, du MCG au PDC, ou même sans le PDC, nous formerons un bloc majoritaire capable de faire échouer la gauche… »

Un bloc où évidemment, ils auraient le leadership, mais là n’est pas la question. La question c’est : « Pour faire quelle politique ? »

Nous ne sommes pas le Nouveau Centre français, constitués d’élus sans électeurs qui courent à la soupe et Blocher n’est pas Sarkozy.

Pour commencer, il faudrait que le MCG et l’UDC se mettent d’accord. Allez lire ici même les flots de haine raciste qu’ils se déversent parmi sur le blog de M. Stauffer.

En gros, les MCGistes veulent virer les frontaliers pour donner du travail aux résidents genevois et améliorer la situation des fonctionnaires en renforçant l’aide sociale, tandis que les UDCistes, eux-mêmes souvent frontaliers, veulent dégraisser le mammouth de la fonction publique et supprimer les allocations pour réduire le chômage, tout en laissant bosser la main d’oeuvre frontalière européenne, désireuse de travailler contrairement aux étrangers lointains fainéants. Ou criminels. Ou les deux.

Avec des perles genre : « pas question de laisser tous ces français, ces italiens ou ces allemands faire autre chose que des boulots dans la vente ou la restauration : réservons nos boulots de cadre à nos chômeurs genevois ! »

Et l’argent pour les payer, il pousse sur les arbres ?

Soyons sérieux, la seule chose qui réunit ces abrutis racistes en dehors de la haine, c’est la sécurité. C’est d’ailleurs pourquoi les MCGistes se sont mués en UDCistes, juste le temps d’un scrutin fédéral. Sauf que la sécurité, tout le monde est pour, même les socialistes royalistes. Le problème c’est d’y arriver sans que cela coûte trop cher et sans que les moyens déployés ne fassent de notre vie quotidienne un enfer policier.

Ce qui serait pire que le mal, parce qu’il serait beaucoup plus difficile d’en sortir. Là-dessus, personne n’a encore trouvé de solution miracle et surtout pas l’UDC, aux manettes sécuritaires fédérales depuis un bout de temps, sans résultat.

Par ailleurs, pour faire de la politique, il faut être élu et 70% des Suisses, 80% des Genevois, sans compter ceux qui ne votent pas (ils ont bien tort) ne veulent pas plus de l’UDC que du MCG. Pas facile de faire élire des épouvantails !

S’ils veulent voire le canton rompre avec la politique des petits copains chère à la gauche et chère tout court, les UDCistes doivent s’en remettre aux élus du centre. C’est ainsi qu’ils le veuillent ou non.
Quand à partager le pouvoir, on en revient à la question numéro 1 : pour en faire quoi ? Ce n’est pas une question d’ego, mais de valeurs. Nous n’avons pas les mêmes. Notre pensée ne s’arrête ni aux frontières du canton, ni à la ligne bénéfices de notre bilan financier.

Genève, comme la Suisse fait partie d’un monde qui bouge, et de plus en plus vite. On ne peut pas rester longtemps enfermés dans un aquarium. Pas plus que dans un coffre-fort. Sous peine de crever de faim. Donc il faut entretenir des relations avec l’extérieur et lorsque l’on est petits, tout petits même, il faut être malin et amical.

Si l’on joue sans cesse les matamores (littéralement en espagnol, les tueurs de maures) on récolte la tempête. Ce qui est fort mauvais pour les affaires et pour la santé en général… Ceci dit sans autre considération morale, à laquelle ces gens, qui pourtant se prétendent chrétiens, n’ont pas l’air d’attacher grande importance.   

Commentaires

Mais, Monsieur Souaille, vous rêvez !

L'UDC n'a rien à faire de quelques gesticulations d'un centre fantasmagorique en voie d'extinction...

Nous ne faisons aucun appel du pied.

Restez dans votre trou noir.

Vous y êtes très bien, avec la sanction de l'électeur.

Et laissez les actifs de la politique suisse la faire, plutôt que de mettre en avant votre girouette improductive, s'offrant à tout vent, sans aucune force créatrice, et dont personne ne veut plus.

Cessez de croire que les autres ont besoin de vous.

Vous ne représentez pas plus d'intérêt que les lampes à pétrole n'en offrent pour l'éclairage, ou la marine à voile pour le fret maritime : du passé, rien que du passé.

Vous êtes dans l'antichambre de ce que les marxistes appelaient les poubelles de l'histoire et je vous sens faire un grand pas en avant.

Écrit par : Soli Pardo | 25/10/2007

M. Pardo, en à peine 24 heures, vous êtes capable d'oublier ce que vous écrivez. Relisez-vous. Je vous cite pour vous aider à retrouver la mémoire:
"L'UDC tend la main aux parti de l'Entente et leur a toujours proposé de s'accorder sur des valeurs communes...
...Si l'Entente continue dans la voie de l'irresponsabilité, en ignorant avec arrogance, prétention et suffisance le premier parti du canton..."
Si cela ne s'apparente pas à un appel du pied, comment appelez-vous ça ? Enfin vous apparentez, c'est bien ce dont vous rêver... Parce que comme certains d'entre vous ont appris à compter, ils se rendent bien compte que 20 à 21%, cela ne fait pas une majorité. Surtout qu'aux cantonales il va vous falloir compter avec le MCG. Et que d'après ce que je lis sur vos blogs respectifs, ce n'est pas franchement l'amour qui domine vos relations tumultueuses
Jusqu'à preuve du contraire, la majorité des Genevois ne sont pas prêts à accepter d'être gouvernés par un parti d'extrême droite. Pemettez-moi d'en rester convaincu.
Chacun ses oeillères... les miennes sont humanistes : je crois dans les gens. Sinon, à quoi bon faire de la politique ?

Écrit par : Philippe Souaille | 25/10/2007

Philippe Souaille, vous êtes un Bidagnol!

Une question: c'est naturel chez vous ou avez vous pris des cours ?

Je vous rappel que vos critiques sur le MCG sont déplacées à ONEX par exemple si les Radicaux ne fusionnait pas avec les Libéraux il aurait disparu, les PDC ont perdu 70% de leurs sièges au Municipal... Et toujours à Onex il y avait de la place et pour le MCG (qui devient la deuxième force politique de la commune) et pour l'UDC qui a fait son entrée....

Moins d'arrogance est de mise Monsieur et plus d'intelligence est de rigueur....

REPONSE

Merci Monsieur de m'avoir au moins appris un mot que je ne connaissais pas, n'étant dans la région que depuis 31 ans... Comme je ne dois pas être le seul, j'en donne ici la signification :
Bidagnol [n. m.]: individu naïf, peu dégourdi. Patois genevois bidodi, bidognol, bidot, « homme d´un esprit faible et borné ; homme qui s´abrutit par les excès »

Petite question d'un bidagnol pas très sûr d'avoir tout compris: il se raconte que des gendarmes en uniforme auraient participé activement aux campagnes électorales du MCG dans les grandes communes. Si c'est vrai, un bidagnol tel que moi trouve cela plutôt étonnant. Ne sont-ils pas payés, plutôt bien, pour courir après les malfrats plutôt que pour distribuer des tracts ? Et ne se plaignent-ils pas justement (non sans raison) de ne pas être assez nombreux pour arrêter les malfrats ? Mais bien sûr, ce sont là des questions un peu bêtes...

Écrit par : Le Genevois | 26/10/2007

Tiens donc, l'UDC Soli Pardo qui cite les marxistes. Amusant, et révélateur.
Par contre, M. Souaille, je vous invite à plus de prudence sur le MCG. Je pense que ce mouvement pourrait encore choisir un camp raisonnable. A condition de leur démontrer ce que les chiffres prouvent: jamais il n'y a eu autant de frontaliers à Genève, et jamais le chômage n'y a été aussi bas depuis 20 ans. Ainsi donc, les bilatérales dopent l'emploi. CQFD.

Écrit par : L'amuseur | 26/10/2007

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