30/10/2007

Des radars démagogiques

M. Brunier monte au front pour protéger M. Moutinot, très attaqué sur sa politique sécuritaire et voit dans la sécurité routière le moyen de redorer son blason passablement terni. On aimerait le lire également sur les problèmes qui font que les jeunes adultes "normaux" (ni drogués, ni dealers, ni voyous, ni bagarreurs) ont aujourd'hui quelques raisons d'avoir peur de sortir en ville le soir, mais passons.

 

Augmenter le nombre de radars, disent-ils. Pourquoi pas. Cela dissuadera certainement quelques pères ou mères de famille tranquilles d'appuyer trop lourdement sur l'accélérateur. Le problème, c'est que cela n'aurait certainement pas sauvé les six vies disparues en une semaine.

 

Lorsque l'on circule à trois sur un scooter volé muni de fausses plaques, de plus avec un casier chargé, on n'en a rien à faire des radars. Où voulez vous que l'amende arrive ?

 

Quand aux trois jeunes tombés d'un pont, ils auraient sans doute été faire la course ailleurs. Encore que lorsqu'on dérobe la voiture familiale pour une virée sans permis, on ne semble pas très enclin à mesurer les risques. 

On ne va pas planter des radars tous les cent mètres dans tout le canton. Notamment pas dans les endroits, carrefours ou virages serrés où c'est techniquement impossible et néanmoins particulièrement dangereux à haute vitesse.

 

Il faut trouver le moyen de canaliser autrement l'énergie de ces jeunes mâles qui n'ont apparemment que la bagnole pour exprimer le surcroît d'adrénaline typique de leur âge. C'est malheureusement autrement plus compliqué que d'utiliser le choc émotionnel pour faire du racolage politique.

 

29/10/2007

Tchad: où est le crime ?

En présence d'évènements internationaux saugrenus, la première question à se poser, c'est "à qui profite le crime". Pas en apparence, car les provocations sont fréquentes, mais en réalité. Mais dans le cas des enfants du Tchad, la bonne question semble plutôt "Où est le crime ?".
Je ne sais rien de l'Arche de Zoé, en revanche je connais personnellement Hervé Chabalier, le patron de Capa, qui a envoyé une de ses équipes dans cette galère. C'est un grand humaniste, souvent prêt à aider et c'est aussi un grand connaisseur de l'Afrique où il a passé toute sa jeunesse.
Il n'aurait pas envoyé trois journalistes dans un coup foireux. Quand à l'ONG incriminée, si l'on veut commettre un acte délictueux, genre enlever une centaine d'enfants pour les livrer à l'esclavage (ce qui se pratique régulièrement dans cette région d'Afrique) ou à des réseaux pédophiles, on n'embarque pas une équipe de télévision…
Je connais bien le Tchad aussi et son président Idriss Déby, pour y avoir tourné un film sur les élections présidentielles il y a une dizaine d'années. Auxquelles son principal opposant, résident genevois car ancien directeur du BIT, avait finalement été empêché de se présenter. J'ai une interview du secrétaire général du parti de Déby qui me déclare, droit dans les yeux, face caméra, que oui, son Président a des caisses noires, comme tous les chefs d'Etat de la planète n'est-ce pas, et oui, il sort bien la nuit, mitraillette à la main, entouré de sa garde présidentielle, pour tirer de chez eux les opposants politiques et les exécuter… Car ce sont des bandits et qu'il faut bien que le bras de la justice passe…
Hervé, je tiens la cassette à ta disposition en cas de besoin.
Je ne sais pas si ces cent gamins sont des orphelins ou non. La vérité c'est qu'en Afrique, dans chaque village, vous trouvez des gens prêts à vous faire cadeau de leurs enfants, parce qu'ils peinent à les nourrir, ou au mieux parviennent à leur servir la pâte une fois par jour, avec un peu de sauce le dimanche. Ou le vendredi. Avoir un enfant "sauvé", exfiltré vers le pays des riches, ou même simplement la grande ville, c'est une chance inespérée pour un père ou une mère. Ce dont profite effectivement des margoulins pour les revendre à des bourgeois locaux qui les utilisent comme petit personnel taillable et corvéable à merci, ou même à des réseaux soudanais qui les transforment pour de bon en esclaves dans la péninsule arabique, parfois même mutilés comme au moyen-âge.
Je serai curieux de savoir combien de "petites bonnes" il y a à N'Djamena pour entretenir la concession familiale d'Idriss Déby. Les enfants de l'Arche de Zoé auraient très certainement connu une vie meilleure, bien meilleure dans des familles européennes. En Afrique, tout le monde s'en fiche, ou presque, c'est quasiment une tradition locale et la vie ne vaut rien. Sauf que l'opération a capoté pour de mystérieuses raisons. J'en vois deux possibles:
a)                 Un potentat local a senti passer l'occasion d'arrondir ses fins de mois. Il a exigé une dîme que l'ONG a refusé de payer et il a enclenché la machine. Cela peut même être un tout petit rouage qui a joué les grains de sable, si l'ONG n'a pas su payer à temps le chef du grain de sable. Et puis la machine s'est emballée
b)                 Il y avait sur place, parmi les militaires français en poste à Abéché ou parmi le personnel diplomatique à N'djamena un responsable, petit ou grand, que cela défrisait de voir ainsi introduit en France une centaine d'enfants noirs alors que lui passe son temps, avec toute sa conviction et même un peu plus, à refuser des visas pour tous ces africains crève la faim… Il a fait ce qu'il fallait pour enclencher la machine démoniaque de l'administration tchadienne.
Connaissant le poids de la France au Tchad, je penche plutôt pour la deuxième hypothèse, ou peut-être une combinaison des deux. Peut-être même avec une intervention politique de haut niveau venue de Paris, sur le thème, "halte à l'immigration déguisée…" La France fait ce qu'elle veut à N'Djamena. Déby n'est-il pas arrivé au pouvoir, flanqué d'un officier du SDECE français en guise d'ordonnance, parce que son prédécesseur, Hissène Habré, avait signé des contrats pétroliers avec les étasuniens ? L'après-midi du matin où Déby a pris N'djamena, il dénonçait les contrats pétroliers et signait avec les Français. Accessoirement, alors qu'il est du nord et que les puits sont au Sud, il s'est arrangé pour que les principaux dirigeants et ingénieurs du pétrole formés depuis son arrivée au pouvoir soient tous de son ethnie zaghaoua, plus réputée jusqu'alors pour la redoutable vaillance de ses guerriers que pour leur bosse du commerce ou des maths.  

28/10/2007

Adrénaline

Merci Marina Wutholen. Elle m’a invité sur son plateau de "Genève à chaud" pour parler de mon livre et m’a posé les bonnes questions. Normal, elle a fait sa thèse universitaire sur l’Etat mondial, sujet principal de mon bouquin, « L’Utopie Urgente ». Sauf que sa première question m’a désarçonné. L'idée de résumer quelques dizaines de pages en quelques secondes m'a scotché. J’aurais pu parler subsidiarité, répartition horizontale des compétences, autonomie des régions… J’ai bredouillé quelques banalités sur une assemblée démocratique. Heureusement, j’ai fini l’interview beaucoup mieux que je ne l’avais commencée.

Il y a plus de trente ans, j’étais un honnête tribun. Je maîtrisais le verbe et les foules lycéennes. Puis je me suis spécialisé dans l’écrit. Notamment à la Tribune de Genève. Mes neurones se sont habitués à ces temps de réflexion qu’autorisent la plume et davantage encore le traitement de texte. Ce qu'il faut pour ordonner le flot de la complexité du monde, pour se relire et peaufiner. Sauf que dans ce monde de l’instant, je dois réapprendre à réagir instantanément, sinon je suis mort, médiatiquement parlant. Ce qui serait fort dommage pour les idées que je défends.

Durant trente ans, je me suis caché des objectifs, j’ai tout fait pour ne pas apparaître en photo, ni à l’écran. La petite renommée de ma signature suffisait à mon ego. Et encore, lors de la sortie en salles du film Ashakara que j’avais écrit et produit, je me suis même oublié sur l’affiche. Aujourd’hui, je suis passé de l’ombre à la lumière, parce que dans ce monde de l’image, il est impossible d’y échapper si l’on veut faire avancer les choses. Alors autant y aller carrément et se donner les moyens d’être efficace. Je l'ai fait par l'écrit, en m'attachant à rendre attrayant et même amusants des propos complexes. On me dit que j'y suis parvenu. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi savoir se vendre.

Devant un micro, cela signifie maîtriser son stress et son débit, ne pas hésiter à ramener la réponse là où on le souhaite, même lorsque la question ne s’y prête qu’à moitié. Cela implique d’avoir réfléchi à la manière de synthétiser son propos, d’aller à l’essentiel… Plus facile à écrire qu’à réaliser en direct, même pour un fan d'improvisation. Il faut connaître ses gammes sur le bout des doigts pour pouvoir s'y risquer, mais mon bouquin, j'en connais les idées par cœur. Le talent oratoire c'est autre chose.

Lorsque je travaillais à la télévision, j'en connaissais plus d'un qui s'envoyait systématiquement un whisky ou deux ballons de rouge avant de passer à l'antenne. Histoire de se désinhiber, de contrer le trac. Pour ceux dont c'était le métier quotidien, les conséquences à long terme étaient lourdes. C'était pareil à la radio, mais bien sûr, depuis quinze ans, les choses ont du s'améliorer. Du moins je le souhaite à mes jeunes collègues.

L'adrénaline qui monte, il faut apprendre à la maîtriser. C'est impératif, sinon vous n'existez plus dans ce monde de communication, qui comme tout le reste, profite à tous de manière très inégalitaire.

Pauvre Calimero

M. Bertinat, secrétaire général de l'UDC genevoise, se plaint en termes peu amènes, sur son blog, que l'UDC soit mon souffre-douleur depuis la création du mien. Pauvre Calimero. 

Pour en avoir le coeur net, je suis remonté tout au long des 46 textes que j'y ai posté. 21 parlent de tout autre chose que de politique suisse, ou alors strictement d'écologie. 16 parlent de politique, tous partis confondus, donc y compris de l'UDC, tapant assez généreusement et équitablement sur le PS et les extrêmes de part et d'autre. 9 enfin effectivement, parlent quasi exclusivement de l'UDC. Ce qui en fait c'est vrai premier parti sur ma liste.

Mais à tout seigneur tout honneur, n'est-ce pas logique, pour le premier parti du canton ? Accessoirement, ces neuf textes, assez incisifs je le reconnais (et j'en suis assez fier :-) ) sont tous postérieurs à l'apparition d'une certaine affiche sur nos murs. Qui sème le vent récolte la tempête. Plutôt que de s'en plaindre, il eut fallu y réfléchir avant.

Je leur avais d'ailleurs suggéré, en vain, de se démarquer de ce poster hérissant, comme ils avaient su le faire auparavant de leur affiche anti-homosexuelle. Mais cette fois les consignes de Zürich étaient trop fermes.     

26/10/2007

Désinformation

Et si on parlait d'ailleurs pour changer ? Encore que l'on en revienne toujours à la Suisse car tout est lié, en ce monde, plus personne ne peut vivre isolément.
En Colombie se déroule ce week-end des élections locales. Hier, plusieurs médias romands ont repris l'annonce du frère d'un journaliste colombien connu, que l'on dit proche des FARC. Il avait reçu des menaces de mort et partait se réfugier aux Etats-Unis. Il accusait les paramilitaires et le gouvernement bien que celui-ci ait déjà mis sous protection plusieurs centaines de syndicalistes et personnalités de gauche, comme le maire de Bogota.
L'article rappelait en conclusion qu'une vingtaine de candidats locaux ont été assassinés ces dernières semaines. Sous-entendu, c'est la faute aux paramilitaires ou au gouvernement… Sauf que ces 20 morts sont tous des candidats courageux du parti du président Uribe, qui se sont fait assassinés par les FARC!
Ces dernières sont décidément très fortes en communication et possèdent des relais jusqu'en Suisse. Etonnant comme l'excellence en communication semble l'apanage des forces extrêmes. Il est vrai que les idées simples sont plus faciles à comprendre… Ah oui, vous appelez ça la propagande ? Un mot qui vous fait froid dans le dos, à vous aussi ?
En l'occurrence il semble que je sois devenue la cible numéro un des extrémistes, dans ces blogs en tout cas. C'est un honneur. Merci de me faire de la pub et pensez à acheter mon livre au passage…  

 

25/10/2007

Faire quelle politique ?

Depuis dimanche, les ténors de l’UDC nous abreuvent d’appels du pied : « Laissez tomber votre ego et rejoignez-nous. Ensemble, ou sous-apparentés, du MCG au PDC, ou même sans le PDC, nous formerons un bloc majoritaire capable de faire échouer la gauche… »

Un bloc où évidemment, ils auraient le leadership, mais là n’est pas la question. La question c’est : « Pour faire quelle politique ? »

Nous ne sommes pas le Nouveau Centre français, constitués d’élus sans électeurs qui courent à la soupe et Blocher n’est pas Sarkozy.

Pour commencer, il faudrait que le MCG et l’UDC se mettent d’accord. Allez lire ici même les flots de haine raciste qu’ils se déversent parmi sur le blog de M. Stauffer.

En gros, les MCGistes veulent virer les frontaliers pour donner du travail aux résidents genevois et améliorer la situation des fonctionnaires en renforçant l’aide sociale, tandis que les UDCistes, eux-mêmes souvent frontaliers, veulent dégraisser le mammouth de la fonction publique et supprimer les allocations pour réduire le chômage, tout en laissant bosser la main d’oeuvre frontalière européenne, désireuse de travailler contrairement aux étrangers lointains fainéants. Ou criminels. Ou les deux.

Avec des perles genre : « pas question de laisser tous ces français, ces italiens ou ces allemands faire autre chose que des boulots dans la vente ou la restauration : réservons nos boulots de cadre à nos chômeurs genevois ! »

Et l’argent pour les payer, il pousse sur les arbres ?

Soyons sérieux, la seule chose qui réunit ces abrutis racistes en dehors de la haine, c’est la sécurité. C’est d’ailleurs pourquoi les MCGistes se sont mués en UDCistes, juste le temps d’un scrutin fédéral. Sauf que la sécurité, tout le monde est pour, même les socialistes royalistes. Le problème c’est d’y arriver sans que cela coûte trop cher et sans que les moyens déployés ne fassent de notre vie quotidienne un enfer policier.

Ce qui serait pire que le mal, parce qu’il serait beaucoup plus difficile d’en sortir. Là-dessus, personne n’a encore trouvé de solution miracle et surtout pas l’UDC, aux manettes sécuritaires fédérales depuis un bout de temps, sans résultat.

Par ailleurs, pour faire de la politique, il faut être élu et 70% des Suisses, 80% des Genevois, sans compter ceux qui ne votent pas (ils ont bien tort) ne veulent pas plus de l’UDC que du MCG. Pas facile de faire élire des épouvantails !

S’ils veulent voire le canton rompre avec la politique des petits copains chère à la gauche et chère tout court, les UDCistes doivent s’en remettre aux élus du centre. C’est ainsi qu’ils le veuillent ou non.
Quand à partager le pouvoir, on en revient à la question numéro 1 : pour en faire quoi ? Ce n’est pas une question d’ego, mais de valeurs. Nous n’avons pas les mêmes. Notre pensée ne s’arrête ni aux frontières du canton, ni à la ligne bénéfices de notre bilan financier.

Genève, comme la Suisse fait partie d’un monde qui bouge, et de plus en plus vite. On ne peut pas rester longtemps enfermés dans un aquarium. Pas plus que dans un coffre-fort. Sous peine de crever de faim. Donc il faut entretenir des relations avec l’extérieur et lorsque l’on est petits, tout petits même, il faut être malin et amical.

Si l’on joue sans cesse les matamores (littéralement en espagnol, les tueurs de maures) on récolte la tempête. Ce qui est fort mauvais pour les affaires et pour la santé en général… Ceci dit sans autre considération morale, à laquelle ces gens, qui pourtant se prétendent chrétiens, n’ont pas l’air d’attacher grande importance.   

24/10/2007

35 milliards d'incitation

Les premières nouvelles sur le Grenelle de l'Environnement viennent de tomber:

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A) Paris suspend la construction de toute nouvelle autoroute, hormis pour des contournements urbains, parmi lesquels se classerait notre traversée de la rade...

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B) Paris alloue 20 milliards d'euros (34 milliards de Francs tout de même) à des mesures d'incitation, pour améliorer l'isolation des bâtiments et les rendre aussi autonomes que possible, énergétiquement parlant.

Pour comparer avec Genève, ce genre de mesures, c'est ce qui fait la différence entre Sarkozy bouffant les voix de Le Pen, et l'UDC aspirant celles de la droite helvétique.

J'adore la bagnole, mais l'industrie automobile est dirigée par des as du marketing. Tout comme la politique apparemment, de plus en plus. Alors au lieu de nous fabriquer des autos super légères et limitées à 120, consommant deux litres au 100, ce qui serait tout à fait possible, il nous les surchargent de gadgets qui font bip bip et de débauches de puissance pour enlever ces centaines de kilogs en trop.  Parce que c'est ça qui se vend et qui rapporte.

D'un autre côté, on apprennait hier que la transformation de CO2 en oxgène diminuait beaucoup plus vite que prévu, du fait de plusieurs cycles vicieux et néanmoins parfaitement naturels. La preuve s'il le fallait qu'il ne suffit pas d'être un industriel hyperperformant ou un as du marketing pour prendre des décisions utiles à la survie de l'humanité.

Tiens d'ailleurs dans la pub de M. Bertinat pour son patron, j'en ai découvert une bien bonne. Celui-ci, à la fin de ses études, a été engagé comme assistant du propriétaire d'une petite usine grisonne qui battait de l'aile. Non seulement il n'a pas aidé à la remonter, mais il l'a laissé aller à la faillite, jusqu'au décès du légitime propriétaire, son patron, qui lui avait offert sa chance. Là soudain, comme s'il avait subitement été touché par la grâce divine, il rachète la boîte et s'en fait une affaire en or...  

C'est comme ça que certains font des affaires, sans trop de scrupules et apparemment c'est comme ça aussi que certains entendent faire de la politique. Laisser pourrir la situation, jusqu'à être en position de force pour racheter les meubles et en faire ce que l'on veut. Mais un pays n'est pas une entreprise, que l'on fait fructifier en pouvant mettre à la porte les employés indésirables. 

Ceci dit, si l'on va voir sur le site de l'entreprise ems.chemie, on s'aperçoit que l'histoire de la montée en puissance de M.Blocher dans l'entreprise est narrée par le menu, mais que nulle part il n'est question de faillite. La reprise y est présentée comme banale, à savoir que M. Blocher avait reçu mission de la vendre et que comme il ne trouvait pas preneur, il s'est gentiment porté volontaire. Business as usual. Ce qui signifie tout de même que soit le site de l'entreprise déforme la réalité, soit c'est la propagande reproduite par le secrétaire général du premier parti de Suisse, qui la mythifie. Quand à savoir à partir de quand les résultats de la boîte ont vraiment commencé à exploser, l'enquête reste à faire.   

19/10/2007

Je pense avec mes pieds

J’en ai marre de tous ces étrangers qui se croient tout permis avec leurs plaques diplomatiques… 

 

C’est simple, je vote UDC. Les organisations internationales n’ont qu’à aller se faire voire ailleurs, elles et les 7000 millions de Francs qu’elles injectent chaque année dans l’économie genevoise.

 

Pour aller d’une rive du lac à l’autre, les Genevois doivent passer par le Pont du Mont-Blanc, ce qui fait du centre ville le coin le plus pollué du canton.

Pour que ça continue je vote écologiste. Après tout, ils n’ont qu’à rester sur leurs rives ! Chacun chez soi !

 

J’en ai marre de tous ces frouzes qui se croient tout permis avec leurs plaques 74. En plus, maintenant avec l’Euro, c’est devenu tellement cher chez eux qu’on n’a même plus besoin d’aller y faire nos courses.

Je vote MCG, pour fermer la frontière. Comme ça on pourra faire venir des Fribourgeois à la place, on les logera dans le canton de Vaud, et Berne sera bien obligé de renégocier la péréquation cantonale, parce qu’on sera complètement ruinés !

 

Je hais les propriétaires. Surtout les petits. Partout en Europe et dans le monde, ils réussissent à acheter leurs petits logements, mais heureusement, chez nous grâce à l’Asloca, c’est impossible. Les socialistes suisses veillent au grain.

Il ne manquerait plus que l’on devienne un pays moderne. Comme ça chez nous, au moment de prendre sa retraite, on est obligé de continuer à payer des loyers hors de prix, au lieu d’avoir fini de rembourser son logement… Ou de ne payer que les intérêts. Au passage, ça fait des voix pour l’UDC, c’est vraiment une idée intelligente.

Votez PS !

 

Les bourgeois affament le peuple. Surtout à Genève où on meurt de faim.

C’est pourquoi je vote Vanek, parce que lui, c’est un vrai rebelle. Il soutient les FARC, des trafiquants de drogue colombiens qui travaillent avec la n’dranghetta calabraise, qui leur a appris à enlever des gens, comme la candidate écologiste Ingrid Betancourt. Il devrait faire pareil à Genève… Il pourrait enlever Hiler par exemple, ou Fabienne Bugnon, la compagne de son copain de parti Ferrazzino !

Il est même parvenu à faire signer une lettre de soutien au chef des FARC à Liliane Maury-Pasquier, candidate aux Etats. Trop fort le camarade !

 

Encore que, j’hésite:

entre les néo-bronsteiniens et les vrais communistes du PdT, mon cœur balance. Je les ai entendu chez Décaillet, sur Léman Bleu, ils ne font même plus la différence entre Lénine et Staline.

Ils ont tout compris. D’ailleurs leur financier historique à Genève, le fameux, Jack Yfar, a fini à l'UDC, c’est tout dire. Je crois qu’à mon concours de la plus belle pensée politique, c’est encore eux qui remportent la palme.

 

17/10/2007

Vous pensez ? Donc votez !

 

Vous pensez que les PME forment le tissu social de ce pays et que ce tissu a besoin d’air pour respirer, payer des salaires, conquérir de nouveaux marchés, s’adapter au développement durable ?

Vous êtes radical

Vous pensez qu’il y a des cons et des gens bien partout, dans tous les pays, dans toutes les classes sociales, sous toutes les couleurs de peau et dans toutes les religions ?

Tout comme les radicaux

Vous savez bien que l’ordre et la justice sont nécessaires à la société et qu’il faut inculquer le respect aux jeunes, mais vous avez le racisme en horreur ?

Vous pensez radical

Vous pensez que le travail doit être rétribué à sa juste valeur et que la paresse ne doit pas être encouragée, mais que les faibles, les vrais, doivent être protégés ?

Cela fait de vous un radical

Vous pensez que la Suisse doit ses succès à ses institutions, que le respect des cantons et des minorités linguistiques en est un point essentiel,

Vous n’êtes pas UDC…

Vous pensez qu’il faut envoyer à Berne des élus capable de défendre pied à pied les intérêts de Genève face à la volonté d’hégémonie zurichoise, en bärntütsch s’il le faut ?

C’est chez les radicaux que vous les trouverez

Vous avez compris qu’à Genève, les deux tiers des travailleurs qui cotisent à l’AVS et qui donc paient les retraites de nos vieux sont des étrangers.

Et vous voulez les faire partir ?

Vous savez que si les étrangers écoutaient l’UDC et s’en allaient, on pourrait faire une croix sur l’AVS, parce qu’il n’y aurait plus assez de cotisants pour payer les retraites  ?

Vous pensez que l’Etat a sa raison d’être, mais que la raison commande de le limiter au minimum ?

Voilà une belle pensée radicale

Vous pensez vraiment que c’est très malin de se faire une ennemie de l’Union Européenne, comme cherche à le faire l’UDC ?

Non bien sûr

Vous pensez vraiment qu’insulter l’ONU, qui fait ce qu’elle peut dans un monde difficile, pour empêcher qu’une bombe atomique ne nous tombe sur la tête, cela grandit la Suisse ?

Bien sûr que non !

Vous ne croyez pas qu’un parti financé par des milliardaires, des vrais, qui possèdent des milliers de millions, puisse être le parti du peuple ?

Nous non plus.

Vous n’aimez pas qu’on se moque des électeurs en lançant à l’approche des élections une initiative réclamant l’expulsion des étrangers criminels, alors que c’est déjà dans la loi ?

Juste pour faire une affiche ?

Vous pensez que le socialisme a échoué, mais que le capitalisme doit être encadré, sinon c’est la loi de la jungle ?

Nous aussi

Vous pensez que la démocratie helvétique, cela n’a rien à voir avec une campagne à l’américaine et que chez nous on élit les gens dans les cantons, pas un Président national…

Vous en avez assez que Zurich cherche à imposer ses méthodes au reste de la Suisse à coups de millions et vous pensez que la capitale du pays doit rester à Berne ?

Vous n’êtes pas seul(e).

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Pour mettre vos idées en pratique, il ne vous reste qu’un geste à faire, d’ici dimanche : votez ! Liste N°2 !

16/10/2007

Genève a reçu le prix Nobel

Le chômage est en baisse notable, le nombre de personnes à l'aide sociale aussi, pour la première fois depuis des années. On le doit bien sûr à la conjoncture, mais aussi et surtout au travail efficace du Conseil d'Etat, notamment du Conseiller d'Etat en charge de ces dossiers, le radical François Longchamp.  Genève gagne, mais les oiseaux de mauvaise augure à la solde du milliardaire zuricois préfèrent afficher des moutons noirs sur nos murailles. Nous venons même d'obtenir le prix Nobel de la Paix, dans l'indifférence générale ! Pas un journaliste ne l'a relevé !

Eh oui, Al Gore a du partager son prix avec le GIEC, le Groupe International d'Etudes sur le Climat. Et devinez où le GIEC a son siège ? A Genève bien sûr, dans les bâtiments de  l'OMM, l'organisation mondiale de la météorologie. Un immeuble magnifique au demeurant, vaste ovale de verre bleu, sans doute le plus moderne de la ville en matière d'environnement et de développement durable. Un immeuble dont la constructuon a été dirigée par un jeune architecte local, Hughes Hiltpold, aujourd'hui président des radicaux genevois.

Il y a des gens qui construisent la prospérité de ce pays et d'autres qui dépensent des dizaines de millions juste pour consolider leur pouvoir. Le chiffre de 15 millions a été avancé pour la campagne publicitaire de l'UDC, mais c'était il y a un mois. Depuis la campagne d'affichage a continué, elle a même redoublé d'intensité. On voit des têtes de Blocher partout. Oû ce qu'il en reste... C'est l'irruption des campagnes à l'américaine, véritable déni de démocratie, puisqu'il s'agit de répéter toujours le même message, jusqu'à saturation, le plus simple possible. Beaucoup de gens finissent par s'y laisser prendre. Une autre manière d'acheter leurs voix.

L'UDC est aujourd'hui le parti le mieux représenté dans les classes les plus désheritées. Une escroquerie particulièrement réussie, car enfin, d'où viennent ces dizaines de millions, si ce n'est des quelques personnes suffisamment riches pour en faire cadeau au parti sans se priver?

Comment peut-on penser une seconde que ces gens qui financent ce parti, donc qui le dirigent (qui paie commande, ce n'est certainement pas M. Blocher qui nous contredira) comment ces gens pourraient-ils chercher à défendre les intérêts des plus humbles, de leur exact contraire ? La seule chose qui les intéresse, c'est leur argent et leur pouvoir à eux.

Blocher n'aime pas les gens. Sinon, il ne mépriserait pas autant ses propres candidats dans les cantons et saurait les mettre en valeur. Blocher n'aime que Blocher. Apparamment, comme pour Bush aux Etats-Unis, il faudra pourtant plus d'une législature au peuple suisse pour découvrir l'étendue des dégâts causés par le zuricois sur nos institutions et notre image internationale.  

A noter que la Suisse est quasiment le dernier pays de tradition démocratique au monde où le financement des partis reste entièrement secret. Même au pays de Heïdi, tout est loin d'être parfait. Il est encore temps d'envoyer un message clair à Heïdi et à Blocher, dans les urnes dimanche : votez ! Et votez liste N° 2, c'est encore mieux.

15/10/2007

Qui vote quoi ?

Pour une fois, les sondeurs ont fait du bon boulot. L'enquête gfs dévoilée ce matin dans le Temps détaille, parti par parti, les intentions de vote en fonction du profil socio-économique, du sexe, de l'âge, etc…Il n'y manque que les variations d'un canton à l'autre, pourtant essentielles dans les élections en cours, mais il est vrai que cela coûterait très cher de les évaluer.
Pas de grosses surprises, dans ces résultats, mais la confirmation scientifique d'intuitions élémentaires. L'UDC par exemple parvient à être surreprésentée dans les couches les plus populaires (moins de 3000 Francs par mois), les moins bien éduquées et les plus âgées (plus de 65 ans). C'est paradoxal pour un parti qui s'en prend tous les jours aux acquis sociaux, mais le discours sur la sécurité fait mouche auprès de cet auditoire là, qui apparemment se paie de mots et de symboles davantage que de réalité.
Le PS est hyper-représenté chez les fonctionnaires universitaires, les radicaux chez les cadres bien éduqués dans la tranche de revenus supérieure, le PDC chez les employés qualifiés et à la campagne etc…
En fait on peut dresser des portraits robots:
Retraité modeste, voire très modeste, plutôt campagnard, peut-être aigri par une dure vie de labeur et frappé de plein fouet par les phénomènes de paliers qui pénalisent le travail dans les catégories de revenu inférieures, vous votez UDC.
Femme universitaire de moins de 40 ans, travaillant à temps partiel dans la fonction publique ou au chômage, disposant de revenus moyens, vous votez PS.
Paysan catholique ou employé qualifié d'une petite ville, disposant de revenus moyens inférieurs, vous votez PDC.
Cadre masculin, profitant de l'aura et des revenus que vous assurent vos responsabilités, mieux informés que la moyenne, vous votez radical.

 

Il ne manque que les verts, dans ce tableau, dont on peut supposer qu'ils mordent essentiellement sur l'électorat des socialistes, des radicaux et des démocrates chrétiens, selon qu'ils sont fonctionnaires, cadres et indépendants ou paysans. L'UDC ayant également largement pioché, ces dernières années, dans l'électorat populaire du PS et des partis du centre.

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Le plus intéressant dans ce tableau, c'est de constater que si pour les partis du centre et dans les couches les mieux éduquées de la population, les choix politiques correspondent objectivement aux intérêts de la catégorie sociale concernée, ce n'est pas vrai pour tout le monde:
Le PS défend effectivement les intérêts des fonctionnaires, contre ceux des travailleurs du privé, qui ploient sous le poids des coûts de l'Etat.
Les radicaux et le PDC défendent les intérêts des classes moyennes (surtout les radicaux ;-)), qui d'ailleurs se confondent avec ceux de la société en général.

Pour l'UDC en revanche il y a une déconnection totale, e parti de M. Blocher n'ayant jamais été le défenseur des pauvres, fussent-ils retraités. Tout au plus peut-on s'attendre à ce que les ex-agrariens diminuent les dépenses d'assistance dont bénéficient d'autres catégories que celles des petits retraités ayant trimé toute leur vie. Cela réduira une injustice flagrante, certes, mais sans augmenter forcément la sécurité (surtout si cette politique est menée sans discernement) et surtout sans améliorer d'un iota le sort des dits retraités qui n'en toucheront pas davantage pour autant.

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C'est ce que l'on appelle de la démagogie, tout comme le refus de l'UDC d'entrer en matière sur l'allongement de la durée du travail, alors que le problème du financement de l'AVS va se poser tôt ou tard…  Mais M. Blocher, contrairement à M. Couchepin,  n'a pas le souci de l'intérêt du pays à long terme. Il a juste celui de sa réélection à lui, parce que cela seul l'intéresse et qu'il se fait vieux. Tout comme ses électeurs d'ailleurs, l'UDC étant sous-représentée chez les jeunes.

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Le paradoxe blocherien prouve cependant qu'une bonne communication peut permettre de sortir du cadre strict de ses électeurs légitimes. Le problème, pour le centre aujourd'hui et demain, c'est de parvenir à communiquer efficacement, y compris auprès des couches les moins favorisées de la population, sans pour autant renier ses valeurs essentielles. Sacré challenge !     

12/10/2007

Idolâtres ou candidats ?

Passant devant une affiche, impeccable, de Martine Brunschwig Graf entourée de ce qu'il reste de deux posters maculés et déchirés de Blocher, je me disais que cela doit quand même faire un effet bizarre, d'être un candidat UDC à la députation...

Je n'aimerais pas avoir le sentiment d'être nié en tant qu'individu, de servir de chèvre à mon chef bien-aimé dont seule la photo s'étale sur tous les murs, alors même qu'il n'est pas candidat dans le canton...

Le terme de chèvre ici n'est pas à prendre au pied de la lettre, c'est juste pour reprendre l'expression d'un député français qui au soir du 1er tour des législatives suivant l'élection de Sarkozy, remarquait que ce soir là, avec une étiquette UMP, même une chèvre aurait été élue...

Donc, pour devenir conseiller national UDC, nul besoin de faire étalage de ses talents et qualités. Brandir l'étendard suffit. Drôle de conception de la politique, qui n'a rien à voir avec la démocratie directe et l'autonomie des pouvoirs locaux que prétendent défendre les Freysinger, Blocher et consorts.  C'est même tout le contraire. Pour préserver la force de notre système, il faut des responsables politiques locaux compétents, élus sur leurs qualités personnelles, pas des faire valoir en position d'idolâtres.

 

11/10/2007

Politique spectacle et téléréalité

Décidemment, les tabous sautent les uns après les autres, dans cette campagne électorale que d’aucuns s’évertuent désespérément à rendre « plus sexy ». D’aucuns signifie ici un regroupement contre nature, entre les provocateurs populistes de l’UDC ou de l’extrême-gauche et les professionnels de la communication, genre plus Bobo tu meurs, dont le scandale et le spectaculaire forment le pain quotidien.

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On les retrouve aussi bien chez le géant orange, où l’on fait poser les politiciens en sous-vêtements – enfin ceux qui acceptent – qu’à la Tour de la Télévision, où l’on est parvenu, grande première, à transformer le débat politique national en émission de téléréalité. Tout aussi populaire et tout autant bidonnée.

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Hier soir, à l'enseigne d’Infrarouge, la TSR nous a offert six faux vrais sondages téléphoniques, réalisés à chaud, sur le principe de l’élimination chère à ses émissions favorites. Rappelons tout de même que ce qui fait la pertinence d’un sondage, c’est moins le nombre des répondants que leur représentativité. En clair, si vous n’interrogez que des catholiques, ou que des skieurs, ou que des paysans, vous n’obtiendrez pas les mêmes réponses sur un certain nombre de questions, même si vous en interrogez beaucoup.

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Or que fait la TSR? Elle n’interroge que les gens qui regardent TSR1 à ce moment là, et encore, sans les appeler mais en leur demandant d’appeler eux-mêmes, sur un numéro payant qui plus est. Il n’y a pas de petit profit.

Les questions sont simplifiées au maximum,  sur des thèmes d’une grande complexité liés – ou non – à la campagne en cours.

Or qui regarde la TSR à cette heure là, sinon ceux qui n’ont rien d‘autre de mieux à faire (concert, cinéma, boulot, théâtre, dîner au restau, bière au bistrot, bowling, partie fine sous la couette ou chaînes françaises et étrangères) et ceux qui sont vraiment accros à la politique, comme moi ?

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On le sait, dans ce pays, la moitié des gens ne votent jamais et un tiers de ceux qui votent le font très rarement. Ce sous-ensemble, les votants, ne colle pas forcément, heureusement, avec le sous-ensemble de ceux qui regardent la télé à ce moment et décrochent leur téléphone. Sans compter qu’on peut s’organiser pour truquer les résultats, si l’on passe le mot aux militants.

Même si j’aurais plusieurs fois voté dans le même sens, considérées en bloc, ces réponses font froid dans le dos. Gauche et droite extrémistes s'y retrouvent réunies par la peur, la grande peur millénariste attisée par les médias devant les bouleversements considérables de notre monde moderne. L’effet de serre, la bombe atomique, l’intégrisme islamique…

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Ces problèmes existent et ils peuvent être gravissimes, je viens même de leur consacrer un bouquin entier, mais les réponses à apporter ne tiennent pas dans une question en 3 mots.
Les minarets par exemple. C’est vrai que c’est le symbole de l’expansion d’un Islam conquerrant, et que ce n’est pas habituel dans nos paysages urbains ou bucoliques. Je ne suis personnellement pas enclin à laisser un ou deux minarets s’élever dans chaque village, dès lors qu’il s’y trouve quelques musulmans au milieu de majorités d’autres religions, comme on le voit en Afrique, ou dans les Balkans. Mais il existe chez nous des lois très efficaces sur les constructions et la protection des sites, qui suffisent amplement à régler ce problème.
Je n’aimerais pas non plus qu’il s’élève partout des cheminées d’usine, ou des pylônes de remontées mécaniques, même si j’adore le ski. Ou des temples raéliens ou des statues géantes de boudha, pas plus que des flèches de cathédrale ou des pyramides maçonniques… Mais il ne sert à rien d’inscrire dans la constitution un précepte discriminatoire à l’égard d’une religion en particulier, alors que nos lois actuelles parviennent à régler ce qui n'est pas un problème.
Sur d’autres points, sans doute serait-il utile de concevoir de nouvelles lois ou de renforcer des lois existantes, par exemple sur les mariages forcés, mais là curieusement, on n’entend guère l’UDC, qui préfère s’attacher aux symboles qu’au fond. C’est plus facile et ça paie mieux, électoralement.

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On a pu le constater en matière de sécurité où, durant quatre années de législature, ses deux conseillers fédéraux ont été aux manettes, freinant plutôt qu’activant des réformes nécessaires. La raison est toute simple : l’insécurité, à fortiori lorsqu’elle implique des étrangers, c’est le pain quotidien des populistes, le thème qui rapporte le plus de voix. Il serait suicidaire pour eux d’y apporter des réponses efficaces.

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Mieux vaut garder le chancre ouvert. C’est là que les chantres de la démagogie rejoignent les têtes pensantes du petit écran : tous ensemble se nourrissent du scandale et des peurs du peuple. C’est leur business et ils n’ont aucun intérêt à ce que ces angoisses s’apaisent.
Imaginez une campagne électorale toute calme, sans intérêt ? Un drame pour la TSR car la concession lui ferait obligation d’en parler, tout en connaissant l’hémorragie que cela déclencherait sur ses taux d’écoute. Il est bon de se le rappeler.   

06/10/2007

Attachez vos ceintures

Notre planète traverse en ce moment une période de fortes turbulences : instabilité moyen-orientale, terrorisme, bombe iranienne, montée en puissance de la Chine, de l’Inde, des dragons asiatiques et de l’Amérique latine, raréfaction des ressources énergétiques et des matières premières, CO2… Les causes de trous d’air sont multiples et n’apportent qu’une seule certitude : ça va secouer grave et pas seulement dans les mois qui viennent, mais dans les prochaines années.

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Pour tous ces problèmes, la gauche et l’UDC n’avancent aucune solution. La seule chose qui les intéresse, c’est leur accès ou leur maintien au pouvoir. Le nez dans le guidon, ils flattent les peurs populaires (ce qui paie cash au plan électoral) et se contentent de propositions conservatrices, voire réactionnaires. La gauche ne rêve plus que de figer les acquis. Quand à la droite extrême, UDC comprise, elle n’a qu’un mot en tête : boucler les frontières et surtout, surtout, ne pas se mêler des affaires du monde. Comme si cela pouvait suffire ?

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Qu’il s’agisse de CO2, de rivalité économique, de partage des ressources ou d’affrontement nord sud, le cas échéant par terrorisme interposé, les trous d’air qui nous guettent se rient des frontières. Pire, nous sommes clairement dans un camp. En matière de répartition des richesses, brandir notre neutralité n’a aucun sens…

Pour différentes raisons, qui tiennent d’abord à son pragmatisme, le centre seul est porteur des réformes nécessaires à ce pays pour affronter la modernité.

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Comment un banquier privé que l’on dit intelligent, disposant des moyens de s’informer sur l’Etat du monde peut-il apporter le moindre crédit aux velléités d’un Blocher? A moins qu'il soit séduit par l’aspect « homme fort » du personnage : le discours sur le moins d’Etat (sauf quand ça arrange sa clientèle électorale, paysanne par exemple), la marche sur Berne et l’autorité retrouvée que son impact sur les classes populaires permettrait de faire passer, en force au besoin ? Comme l’a dit Couchepin, la Suisse n’a nul besoin d’un Duce, pire ce serait une faute grave de croire qu’elle pourrait s’en sortir mieux ainsi.

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Il nous faut des réformes, des vraies, mais des réformes qui pensent l’avenir en fonction de l’avenir et pas du passé. Le temps des frontières fermées est révolu. La planète est globale, c’est un fait et c’est à l’échelle globale que se règleront les problèmes. Si par malheur les frontières devaient ressurgir de terre, c’est à coup de bombes atomiques que l’on finirait, car plus d’une soixantaine de pays détiennent aujourd’hui les capacités économiques, scientifiques et technologiques de les produire. Le fait d'y avoir renoncé ne protégerait en rien la Suisse.

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Plus de la moitié du PIB helvétique dépend de l’extérieur, et davantage encore si l’on inclut les matières premières nécessaires. A Genève, c’est plus des ¾. Nous détenons en revanche un savoir-faire unique à apporter au monde en matière de démocratie directe, de subsidiarité des responsabilités locales et de vivre ensemble en dépit de cultures différentes. C’est dans le dialogue et la concertation, au niveau des organisations internationales, sytème onusien et OMC, que se règleront les problèmes. Et si tel ne devait pas être le cas, c’est dans l’Union Européenne que nous trouverons protection.

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Penser que nous pourrions être un ilôt fermé (sans matière première et sans flux de capitaux étrangers…) ou pire encore un cheval de Troie des autres grandes économies au sein de l’Europe (dans le cas, loin d’être improbable d’une sérieuse aggravation des tensions), c’est juste une grossière erreur de stratégie.

 

05/10/2007

L'erreur est humaine

Cette fois ça y est, mon livre l'Utopie Urgente arrive dans les librairies. Je suis passablement ému tout de même. L'occasion de recevoir les premiers commentaires... Plutôt élogieux. Les gens apprécient l'analyse, la volonté d'embrasser les problèmes du monde dans leur infinie diversité, tout en étant terriblement (malheureusement) d'actualité.

Je reçois les premières remarques aussi : en dépit de relectures multiples, il reste une ou deux broutilles comme à la page 36, un "de" et un "à" de conjonction entre lesquels j'ai hésité, laissant finalement les deux par inadvertance...

Plus grave, Kofi Anann est affublé de deux f, parce qu'au Togo, qui est l'un de mes pays et voisin du sien, on écrit Koffi... Ou le trust financier Carlyle, spécialisé dans l'armement, que j'écris Carlisle... comme un autre trust financier, qui n'a rien à voir avec le premier et bien moins en vue des feux de l'actualité... Bon, je me console en lisant un excellent bouquin sur l'Iran et la bombe, tellement d'actualité qu'il est parsemé de fautes d'innattention, Irak à la place d'Iran par exemple... Errare humanum est et personne n'est à l'abri.

 

04/10/2007

Censure et médisances

Le candidat Nydegger a relancé ici un débat intéressant : faut-il ouvrir son blog à tous les commentaires sans contrôle ou au contraire les modérer ?
Ce terme désigne la censure sur internet, qui consiste à filtrer les interventions du public pour en élaguer les propositions sans intérêt, redondantes ou injurieuses. Jean-François Mabut, le grand manitou de ce blog – qui fut longtemps responsable du courrier des lecteurs pour la Tribune - a décidé de laisser chacun d’entre nous agir à sa guise. Libre notamment de filtrer ou non et selon les critères qui lui conviennent. Qu’il en soit ici remercié. Nous avons même la possibilité de corriger les propos qui nous sont adressés.
Pour ma part, je filtre, ce qui évidemment prends du temps. Suis-je toujours objectif dans l’application de mes critères ? Je le crois. Même si je dois confesser avoir amélioré l’orthographe d’une lettre qui m’était favorable et en avoir laissé d’autres, plus agressives, telles quelles… C’est de bonne guerre…
Je suis d’autant plus certain d’avoir raison de filtrer que les contributions les plus agressives et véhémentes, qui dégagent assez systématiquement un fort parfum de MCG, ne sont pas signées… ou plutôt sont signées de pseudonymes évocateurs dont rien ne prouve la véracité. Qui me dit que le « travailleur honnête » n’est pas un patron voyou ou que le « père de famille nombreuse » n’est pas un leader politique ? Je pense que J.-F. Mabut doit pouvoir retrouver au minimum les adresses IP et sans doute aussi plus directement les adresses couriel de tous les signataires, mais à moins d’entorse caractérisée à la loi, cela m’étonnerait qu’il nous les communique, cela fait partie des règles du jeu implicite. 

L’un de ces contributeurs assimilait récemment ce blog au forum athénien, lui attribuant ainsi la plus grande valeur démocratique. De fait, c’est un outil nouveau et important. Mais à Athènes, les interventions sur le forum étaient à visage découvert, ce qui était tout de même plus franc. Il est bon d’avoir le courage de ses opinions. D’un autre côté, pour des raisons de discrétion professionnelle ou autre, chacun doit pouvoir s’exprimer sans risque de perdre sa place… sauf s’il dit des énormités ou pratique la calomnie.

La démocratie, ce n’est pas forcément le droit de dire tout et n’importe quoi…
Je me souviens des clameurs des conducteurs de moto-taxis au Togo, lors de l'introduction mouvementée du pluralisme dans leur pays. Ils hurlaient « C’est la démocratie » en brûlant les priorités et les rares feux-rouges de la capitale, après avoir sans abandonné le casque, assez désagréable à deux pas de l'équateur.  Ils n’avaient pas tout compris. Privés toute leur vie de la démocratie, ils avaient tout à en apprendre. Apparemment, nous aussi avons à apprendre de ce qu’est ou pourrait être la démocratie sur internet…

N'étant jamais si bien servi que par soi-même, je me permets de recopier ici mon intervention sur le blog de M. Pardo, qu'il n'a pour l'instant pas encore validée :

M. Pardo,

Vous enfoncez des portes ouvertes. Toutes les personnes normalement cultivées devraient savoir que Mussolini était militant socialiste à l'origine (y compris à Lausanne), que Doriot était communiste avant de devenir le N° 2 du régime pétainiste en France, que Nazi désigne les initiales de national socialisme en allemand et que donc en Suisse aussi, certains socialistes (mais pas tous) ont sérieusement dérapé, comme en témoignent les articles du journal bernois que vous citez.

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Vous confirmez ainsi, comme le souligne un précédent correspondant, que les extrêmes se rejoignent et c'est à nouveau vrai, dès lors que nationalisme et socialisme se donnent la main. Le grand capital y a d'ailleurs pris sa part, contrairement à ce qu'affirme ces articles, tant au travers des grosses firmes allemandes (Krupp et autres) que des intérêts étasuniens dans certaines firmes allemandes. Le grand père de l'actuel Bush a ainsi été condamné aux Etats-Unis, en 46, pour intelligence avec l'ennemi de ce fait...

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A l'inverse, quelques responsables de droite, et même d'extrême droite se sont élevés contre la tyrannle nazie et sont entrés en résistance, à l'époque. Mon père engagé volontaire avant ses 18 ans, en tant que pilote (mais dans la recconaissance aérienne, parce que en tant que trotskyste, il refusait de porter les armes pour une armée nationale), a ensuite été espion en Allemagne (mais sans jamais porter d'arme) sous couvert de la commission d'armistice pour un réseau (le 2ème bureau de l'air) qui était dirigé par des officiers supérieurs franchement à droite et officiellement pétainistes, qui travaillaient en sous-main pour Londres. Des activités qui lui valurent d'être condamé à mort deux fois sous deux identités différentes par les nazis, de connaître le camp de concentration du Struthof... et d'être sauvé in extremis du peloton d'exécution auquel il avait été condamné dans une forêt champenoise par un groupe de résistants locaux de la dernière heure, qui ne connaisaient de lui que le fait qu'il se rendait régulièrement et officiellement en Allemagne ! Il était déjé attaché auu poteau quand un ordre venu d'en haut l'en a heureusement sauvé.

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Rien n'est donc jamais simple et je ne doute pas que certains d'entre vous, pas tous, se lèveraient contre la barabarie si elle survenait. D'autres rejoignant certainement des gens venus de tous les horizons politiques pour servir le nouveau maître.

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Le problème, actuellement, c'est d'éviter qu'une oppression totalitaire survienne à nouveau et franchement, le rapprochement de l'extrême gauche et de l'extrême droite (au sein de laquelle je classe votre parti) sur les thèmes du protectionnisme populiste et de l'anti-mondialisation me fait présager le pire. Ce mélange de haine de l'étranger différent ou voleur d'emploi et d'asssitance démonstratrice à l'égard des malheureux d'ici, afin de les enrôler, est extrêmement préoccupant. Surtout lorsqu'il se double d'une adoration quasi mystique pour le chef charismatique tellement proche du petit peuple.

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Franchement, le fait que vos affiches aient étét reprises telles quelles par le NPD ne vous pose-t-il aucun problème, à vous qui je crois,venez d'une civilisation stambouliote si heureusement cosmopolite ?

 

J'ajoute que j'approuve la plainte déposée aujourd'hui à Genève contre un jeu en ligne sur le site de l'UDC qui prouve, s'il le fallait, votre mauvaise foi dans l'affaire des moutons:

Le bouc de l'UDC doit repousser les moutons noirs qui sont à l'extérieur du pays et tentent d'y pénétrer. On voit bien là que l'apellation de mouton noir que vous mentionnez pour votre défense ne s'applique pas: les moutons noirs sur vos affiches et dans vos jeux ne sont pas des membres dévoyés de la famille mais bel et bien des étrangers. De couleur noire.  

02/10/2007

Et gauche et droite: au centre !

Quelques chauds partisans de M. Stauffer m’ont qualifié hier de commentateur de gauche… Rigolo, quand on connaît mes positions en matière d’économie, de subventions ou de poids de l’Etat, seuls étalons encore pertinents sur une échelle gauche droite, de plus en plus floue. Voire carrément illisible lorsque les considérations annexes (mais pas forcément moins importantes) prennent le dessus dans la confusion : racisme, nationalisme, religion, protectionnisme, dénonciation de scandales et de complots réels ou supposés… Les partis n’arrangent rien, en cette période électorale où tout le monde souhaiterait à la fois séduire les siens et rassembler le plus largement possible.

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On m’a aussi traité de M. Jesaistout… Je passe pourtant beaucoup de temps à essayer d'en apprendre davantage… Quand je ne compile pas des notes, comme je l'ai fait durant quatre ans, pour finalement accoucher d’une trilogie, après deux années supplémentaires consacrées à l'écriture. Trois bouquins pour faire le point sur la politique, l’économie mondiale, l’environnement, la croyance, la morale et les mœurs… Bref de la philosophie tout-terrain, lisible par tout un chacun. Ou presque… Disons tout un chacun qui sait lire, ce qui par les temps qui courent devient de plus en plus rare, n’en déplaise à M. Baud et ses compères de l’école sans note.

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Nul ne peut prétendre détenir aujourd'hui tous les savoirs du monde, ils sont bien trop complexes… Ce qui paradoxalement concourre au problème : nous manquons de généralistes, de gens curieux de tout et ouverts, capable d’oser des synthèses ou de lancer des pistes à la réflexion de manière transversale, en essayant de tenir compte d’un maximum de facteurs et pas seulement de ceux que l’on a immédiatement sous le nez.

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Pourquoi je vous raconte ça ?

1) Pour me faire de la pub. Le premier tome de cette trilogie, l’Utopie Urgente, sera en librairie à la fin de la semaine.

2) Parce que j’ai reçu hier, de Californie, un très gros et luxueux dossier de  l’Eglise de Scientologie ! Leurs cours de développement personnel ne m’intéressent pas du tout, parce que si je devais devenir quelque chose, ce serait Ron Hubbard à la place de Ron Hubbard, du moins sur le plan théorique. Parce qu'en pratique, je prône exactement l'inverse de Ron Hubbard (qui aurait mieux fait de rester romancier), soit la fin des embrigadements de toute nature…

Ce qui jusqu’à preuve du contraire est parfaitement compatible avec mon engagement chez les Radicaux, parti d’individus libres et égaux, alors que l'on retrouve régulièrement, tant à gauche qu'à l'extrême droite, des attitudes de secte.

3) Pour tenter de faire comprendre une chose à tous ceux qui se sont sincèrement laisser embringuer dans le populisme. On ne peut pas résumer en quelques lignes, sur un blog, encore moins dans un slogan, la complexité d’un monde qu’il est même prétentieux – je le confesse - de vouloir analyser en trois bouquins… Or c’est bien ce que prétendent faire vos leaders, si prompts à tout expliquer en trois mots…

Un seul exemple : la prospérité suisse qui bat de l’aile ou la paupérisation de la classe moyenne, dont une lectrice attribue la responsabilité à M. Couchepin… Pauvre homme, comme s’il avait le dixième du quart du pouvoir que cela impliquerait ? Il s’agit en fait d’un phénomène qui concerne toute la société occidentale, depuis une décennie.

C'est dû en partie au caractère fini des ressources de la planète : il va falloir apprendre à partager autrement l'énergie et le reste. L'autre cause majeure tient à à l’absence de régulation mondiale de l’économie et à la concurrence fiscale échevelée que cela autorise. Avec la bénédiction de l’UDC de Blocher, mais pas forcément celle des radicaux…

Toutes les mesures protectionnistes telles que celles prônées par le MCG (ou les altermondialistes, là encore les extrêmes se rejoignent) sont particulièrement contre-productives en la matière, et ne profitent qu’aux hyper-riches qui se jouent des frontières.

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On peut discuter des salaires des boss des SIG, mais pour ma part, je n’y vois pas matière à scandale. Qu’est-ce que 400 000 francs par an (dix fois le salaire d’une caissière), lorsque certains magnats, comme Ospel touchent 50 fois ça ? Une échelle de salaires réduite de 1 à 10, pour moi me paraîtrait fort équitable. Quand à savoir si le-dit salaire est mérité, je n’ai pas assez d’information pour en juger.

En revanche, savoir que la fortune des 400 personnes les plus riches du monde se comptent en trillions, soit en millions de millions, ou encore qu'ils possèdent davantage que les 2 milliards les plus pauvres, cela me pose un problème… Même si ce n’est pas le problème principal… Tous ensemble, ces 400 n’ont qu’un impact très limité sur l’environnement, en revanche, ils détiennent un hyper-pouvoir héréditaire, inégalé depuis les empereurs de l’Antiquité !

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Quand à la prospérité passée de la Suisse, elle est due essentiellement à la santé de la place financière. A l’ombre de la guerre froide, nos entreprises et nos salaires ont pu profiter d’un différentiel d’intérêts très favorable au Franc suisse, qui finançait les conventions collectives et le pacte social.  Tous les riches du monde plaçaient leur argent chez nous et nous en profitions tous, en dépit d’une productivité très comparable, voire inférieure, à celle de nos voisins. Pas en nombre d'heure de travail, mais en travail effectif.

Cette époque est révolue. Finie. Elle ne reviendra plus, il faut donc s’adapter. Et vite. Cela ne se fera pas sans pleurs et grincements de dents, la gauche hurle déjà, mais ce qui est sûr, c’est que les velléités autarciques de l’extrême-droite, façon soft UDC ou hard MCG seraient pires que le mal, parce que en dehors de son rapport au monde, la prospérité suisse n’existe pas, et sans prospérité, c’est la Suisse, qui n’existe plus.

01/10/2007

Petites et grande économies

A ce qu'il parait on parle peu d'économie et de propositions concrêtes durant ces élections.

Le fait est qu'il est beaucoup plus facile de jeter des slogans à la tête de l'adversaire que de parler de choses sérieuses. Par exemple M. Stauffer, du MCG, qui s'en prend ici même une fois de plus à M. Couchepin à qui il reproche l'envolée des primes d'assurance maladie depuis... 11 ans ! Or cela ne fait pas encore 4 ans que M. Couchepin est en charge de ce dossier.

Ce qu'est parvenu à faire le Valaisan, au contraire, c'est que pour la première fois depuis que l'assurance maladie obligatoire existe, l'ascenseur s'est arrêté. Les primes ont été stabilisées, et ont même légèrement diminué. Trop légèrement, c'est vrai, mais ce n'est pas fini: les services de M. Couchepin travaillent sur de nouveaux chantiers, par exemple la négociation des tarifs des médicaments génériques.

Dans les commentaires, toujours dans le blog de M. Stauffer, on peut lire l'avis d'un genevois résidant en France, qui relève que la formule la moins coûteuse et de loin, c'est celle de l'assurance privée volontaire française, dont les primes sont moins élevées qu'en Suisse et nettement moins chères que les prélèvements obligatoires de la sécu.

Il a parfaitement raison, mais uniquement si l'on est un homme jeune et en bonne santé. Le système privé français n'est en effet que très peu mutualisé, il n'y a donc aucune solidarité entre les sexes et les générations et chaque compagnie est libre de sélectionner uniquement les bons risques et même de se débarasser des autres, lorsqu'ils ont fait leur temps. Si l'on est en pleine forme et célibataire, c'est sûr on y gagne, mais lorsque naissent les enfants et qu'on s'approche de la retraite, ou qu'une maladie de longue durée vous frappe, on change d'avis.

Enfin, pour parler un peu d'économie, j'ai été très amusé de constater que l'UBS devait provisionner quelques milliards ce trimestre à cause des subprimes étasunienens. Ce qui réduit à néant son bénéfice, produisant même quelques centaines de millions de francs de perte. C'est la deuxième grosse plantée en quelques mois et comme pour la première, le chef du service confirmé est remercié. Avec ou sans parachute doré, l'histoire ne le dit pas.

Etonnament, pas un mot sur les conséquences de ce désastre pour M.Ospel. Le patron tout puissant, responsable tout de même du choix de ses collaborateurs et de leurs options principales à ce stade, s'en tire apparemment sans problème. Son salaire tellement mirobolant, justifié par ses compétences hors normes, lui sera-t-il néanmoins versé ?

La libre concurrence et le salaire au mérite, tout ça, je suis pour. Mais à condition que cela fonctionne dans les deux sens et que les boulettes soient sanctionnées, aussi chez les plus gros poissons.