05/11/2007

L'ADN de Zoé

On entrevoit aujourd'hui le déroulement des évènements dans l'affaire de l'Arche de Zoé:
Alors que le Darfour a été l'un des thèmes secondaires de la campagne présidentielle française, une ONG dont les membres se disent volontiers sarkozystes contacte l'Elysée juste après l'élection pour exposer son projet: faire venir en France, pour adoption, 1000 enfants du Darfour.
Les conseillers de Sarkozy ne sont pas très chauds. Pourquoi ? A l'époque des boat people, Jacques Chirac avait adopté une petite vietnamienne, devenue depuis une femme brillante et respectée, mais les temps ont changé. Faire débarquer un millier de petits africains alors que l'on expulse plusieurs dizaines d'adultes par mois et que l'on en refoule dix fois plus aux frontières de Schengen, parait effectivement paradoxal.
Par ailleurs, Terre des Hommes à Lausanne, consultée, se prononce de manière très critique pour des motifs qui lui appartiennent. Il est vrai que l'argent dépensé pour aller chercher les enfants pourrait être utilisé de manière beaucoup plus efficace su place, pour davantage d'enfants, mais il n'est pas dit que les mêmes sommes seraient récoltées…
Tête brûlée, le patron de l'ONG décide de continuer malgré tout, avec les moyens du bord et des relations de fortune. Qui lui permettent d'être véhiculés avec son équipe au Tchad par des avions militaires français. Ce qui n'a rien d'étonnant. Mon cameraman, malade, était lui aussi rentré d'Abéché à N'Djamena dans un Transall de l'Armée de l'Air… en compagnie de tchadiens avec leurs chèvres, vu que les avions sont parfois vides et que c'est le moyen de transport le plus pratique.
Le patron de Zoé se prépare même à aller en prison à son retour en France pour cette opération d'immigration clandestine. Il contacte et rencontre le Président du Tchad, avec qui est négociée la réhabilitation de l'orphelinat d'Abéché, dans la région du Président, où seront pris en charge et scolarisés les orphelins de sa propre ethnie, les Zaghaouas.
C'est là que le responsable de l'Arche de Zoé se retrouve coincé par son jusqu'auboutisme. Il est parvenu à se mettre en situation de récupérer les enfants et de les envoyer en France, où des familles ont déjà payé pour les frais occasionnés (et engagés par les différentes démarches) mais s'il va au bout, il contrevient à la fois aux lois françaises et aux engagements négociés avec les tchadiens.  
Il choisit l'escalade en trompant les responsables locaux à qui il n'est pas dit clairement que les enfants partent en Europe – s'il l'avait fait, sans doute aurait-il eu droit à une émeute de milliers de candidats au départ -  et en déguisant les enfants en blessés pour permettre une évacuation sanitaire. Un double mensonge clairement répréhensible, d'autant que ce n'était pas intrinsèquement la situation des enfants qui le rendait nécessaire, mais l'engrenage dans lequel il était pris, lui.
Cela justifie un procès, mais cela n'a rien à voir avec de la pédophilie, du trafic d'organes ou la traite des noirs comme cela a été avancé de part et d'autre. Ces enfants étaient destinés à des familles aimantes qui leur aurait apporté un avenir dans ce qui vu du Darfour, parait être le Paradis. Il se trouve que j'ai travaillé sur l'abolition. Les africains qui vendaient leurs frères aux blancs sur les côtes ont leur part de responsabilité et ne sauraient être absout. Mais les conditions faites aux esclaves dans les plantations étaient innommables. Il ne faut pas tout mélanger.
Surtout pas de la part d'un parti qui après avoir introduit les tests ADN facultatifs en catimini à la frontière propose maintenant de les rendre obligatoires. Doit-on leur rappeler qu'il existe des familles recomposées et que dans nos sociétés occidentales, on estime qu'un enfant sur 20 n'est pas de son père supposé ? Souvent avec l'assentiment du dit père. Sans parler des adoptions justement. L'important, c'est la famille dans laquelle vit l'enfant. Le reste c'est de l'intrusion inadmissible dans la vie privée des gens.  

Commentaires

Votre "connaissance" du dossier prouve bien que cette sombre affaire de trafic d'enfants représente un cas typique de mondialisation humaniste à la sauce radicale genevoise d'aujourd'hui.

Comme vous le l'affirmez : "Il ne faut pas tout mélanger".

Nous sommes en présence d'un trafic d'enfants.Point barre.

Écrit par : Soli Pardo | 05/11/2007

Votre "connaissance" du dossier prouve bien que cette sombre affaire de trafic d'enfants représente un cas typique de mondialisation humaniste à la sauce radicale genevoise d'aujourd'hui.

Comme vous le l'affirmez : "Il ne faut pas tout mélanger".

Nous sommes en présence d'un trafic d'enfants.Point barre.

Écrit par : Soli Pardo | 05/11/2007

Votre "connaissance" du dossier prouve bien que cette sombre affaire de trafic d'enfants représente un cas typique de mondialisation humaniste à la sauce radicale genevoise d'aujourd'hui.

Comme vous le l'affirmez : "Il ne faut pas tout mélanger".

Nous sommes en présence d'un trafic d'enfants.Point barre.

Écrit par : Soli Pardo | 05/11/2007

M. Pardo, trois fois le même message, quel honneur. A moins que ce ne soit l'énervement qui vous étreint ?

Écrit par : Philippe Souaille | 06/11/2007

Ne vous en faîtes pas, M. Souaille, ainsi marche l'UDC:
Répéter-Repéter-Repéter, jusqu'à ce que le cerveau ainsi conditionné de certains finissent par glisser le bulletin UDC dans l'urne.

Écrit par : Luner | 09/11/2007

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