06/11/2007

Mère tolérance

Vu hier soir un excellent film sur TPS : In my country, de John Boorman avec Samuel Jackson et Juliette Binoche. L’Histoire qu’il raconte est universelle. C’est l’impossibilité d’assurer la domination d’une minorité sur une majorité sans recourir à des moyens d’une violence extrême, qui finissent rapidement par déshumaniser tortionnaires et victimes.

Le moment choisi, les auditions de la commission "Vérité et Réconciliation" en Afrique du Sud, illustrent la complexité des rapports humains dans des situations de violence que l’on voudrait ne jamais avoir à vivre. Las, elles existent. L’Afrique du Sud a tourné la page, la Colombie est en train d’essayer de le faire. Sa loi Justice et Paix fonctionne sur le modèle sud-africain.

On lui souhaite un succès au moins aussi équivalent. La chose devrait être facilitée par la relative absence de racisme en Colombie mais pour l’heure, la moitié des acteurs concernés refusent toujours de participer. Espérons que la médiation de Chavez aille dans le bon sens. Contrairement à l'Afrique du Sud, il n’y a pas encore eu de vainqueur clair en Colombie même si la guérilla recule. Rien ne prouve encore que toutes les parties finiront autour d’une table ou dans un prétoire.

Ce serait pourtant la solution idéale, pour mettre fin aux décennies de guérilla qui ont ensanglanté le pays. Mais il est rare qu'une vraie paix puisse s'installer sans un vrai vainqueur... et malheureusement des combats qui aient fini par lasser vraiment les deux parties. C'est pourquoi, le mieux avec la guerre, c'est de ne jamais la commencer.

Il y avait tout de même de beaux motifs d'optimisme dans le film: la poètesse afrikaneer qui combat le racisme apprend sur le tard que sa mère a eu des amis poètes sud américains et afros-américains durant ses études à Paris. Chaque génération pousse ainsi un peu plus loin le combat contre la bêtise en apprenant très tôt à respecter l'autre.

Ma mère a moi, à Normale Sup dans le Paris de la guerre, c'est Jacques Rabemananjara poète et indépendantiste malgache et Behanzin petit fils du roy du Bénin mort dans les geôles françaises, qui furent ses condisciples et amis. Merci à elle et à eux d'avoir fait montre de cette ouverture d'esprit.

PS: j'ai bien ri en découvrant l'affiche qu'expose aujourd'hui sur son blog M. Pardo, en se plaignant de ce que les médias n'en aient pas parlé avant, au lieu de se concenter méchamment sur celle des moutons. Pauvre Calimero. Le problème, c'est que cette affiche, personne ne l'avait vue avant aujourd'hui. En tout cas pas moi. Et vous ? J'attends vos réponses. 

 

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