14/11/2007

Mère de 10 000 enfants

J'ai fait la connaissance hier soir d'une femme remarquable, comme on en voit peu dans sa vie.
Marguerite Barankitse donnait une conférence dans le cadre des dialogues de Genève menés par Jean Freymond.
Cette burundaise d'origine tutsie a sauvé 10 000 enfants au cours des massacres qui ont ensanglanté son pays et les Etats voisins depuis 14 ans. Avec des recettes toutes simples, elle est même parvenue à faire de chacun d'eux des ambassadeurs de la paix et de l'amitié entre les peuples.
Son credo tient en quelques mots: amour, équilibre, justice et bonté.
Elle est chrétienne, mais à sa manière et sans la moindre once de sectarisme. Comme elle le dit elle-même, on n'a que faire de paradis au ciel, c'est sur terre qu'il faut construire une vie meilleure. Un langage qu'un athée tel que moi ne peut qu'approuver. Surtout lorsqu'il s'accompagne de réalisations hors du commun.
Nul doute que c'est sa foi qui lui a permis de déplacer les collines de son Burundi natal pour y construire plus de 500 maisons afin d'y abriter ces enfants. Sa foi, assortie d'un caractère et d'une intelligence d'une trempe exceptionnelle. Responsabiliser les bourreaux pour qu'ils prennent en charge les enfants de leurs victimes, il fallait oser. Or apparemment ça marche et toujours dans le respect de l'ethnie et des croyances de l'autre.

Il existe un livre sur elle, paru chez Albin Michel :  "La haine n'aura pas le dernier mot, Maggy, la femme aux 10.000 enfants" de Christel Martin.

Son message m'a fait réfléchir à la vanité de nos petites haines politiques si confortablement genevoises. J'étais prêt à pardonner même à ceux qui coupent dans les budgets de l'aide au développement...

Ceci dit, il n'y avait que des représentants de la Genève Internationale à cette conférence et aucun vrai Genevois, hormis trois journalistes. C'est grand dommage, cette dichotomie entre deux mondes, car "Maggy" est sans doute la personne la plus lumineuse et originale qui se soit exprimée à Genève cette année.
Il y a tout de même un organisme qui tente de faire le lien entre ces deux parties de notre ville, c'est le Mouvement pour Genève, qui tient ce soir conférence avec Walter Fust, le patron de la DDC pour questionner l'avenir de l'aide au développement, à 20 heures à la salle Point-Favre, à Chêne-Bourg. J'y serai.      

Les commentaires sont fermés.