16/11/2007

Le Goût de Bouchon des Verts

Etonnante, la lettre ouverte d'Antonio Hodgers ce matin dans la Tribune. D'abord il commence par expliquer que les automobilistes sont bloqués dans les bouchons par d'autres automobilistes et pas par des écologistes. Sauf que ce sont bel et bien des écologistes, ou leurs alliés, qui font en sorte depuis vingt ans
1) de restreindre systématiquement l'espace public à disposition des véhicules 
2) d'entraver la fluidité du trafic par toutes sortes de mesures
3) d'empêcher toute construction de route nouvelle (ou de parking souterrain) y compris à Genève la traversée de la Rade ce qui rabat au centre ville des flots de véhicule qui n'ont rien à y faire.
Un peu plus loin il explique : "Un investissement massif dans les infrastructures adéquates est nécessaire". Il ne parle évidemment toujours pas de Traversée de la Rade (ne rêvons pas), mais de développement des Transports en Commun. Pas de problème, j'approuve. je suis d'ailleurs pour une Traversée incluant les transports publics.
Puis Hodgers détaille "l'instrument le plus efficace pour parvenir à ce résultat". On s'attend à une recette miracle permettant de financer ces investissements lourds ou de lever les oppositions prévisibles, mais non il se limite à exiger "la réduction du nombre de places de parking disponibles"... Que voilà un bel investissement massif ! 
Ce faisant, il rappelle qu'au delà du discours sur le réchauffement climatique, les verts en veulent à la voiture en tant que telle, qu'elle pollue ou non, en tant qu'outil de liberté individuelle et probablement, surtout en tant que signe extérieur de réussite sociale.
Je ne les suivrai pas sur ce terrain. Autant je pense que la voiture doit être conçue de la manière la moins polluante possible, tandis que la population sans voiture doit pouvoir disposer de transports publics efficaces, autant je crois que le libre choix doit rester une option fondamentale.
Mieux vaudrait encore un péage urbain qu'une limitation accrue du nombre de parkings qui accroit la pollution et la suroccupation artificielle de l'espace public: les véhicules tournent en vain en quête de places, alors qu'il vaudrait bien mieux les sortir des rues dès qu'ils ne servent plus.   

Commentaires

C'est fou comme il faut batailler pour décoloniser les imaginaires embourbés dans le tout-voiture.

-Pourquoi les voies ont-elles été réduites sur les principaux axes?

Pour développer des alternatives à la voiture, parce que lorsqu'on habite au-dessus d'une autoroute urbaine à 4 voies (comme c'est le cas à la rue des 2 ponts), on respire mal, on dort mal, et on finit par déménager en campagne. Pour mieux prendre sa voiture pour venir en ville! C'est un cercle vicieux. C'est pour cela qu'on développe des voies de tram partout où c'est possible, pour permettre aux campagnards (et autres) de venir AUTREMENT en ville.

Pourquoi ne pas construire une traversée de la Rade? C'est simple, parce que le problème ne touche pas QUE le centre-ville, mais aussi les communes villageoises (Soral, p.ex.)! Construisez des routes supplémentaires, une traversée de la rade, construisez des parkings en ville, et vous attirez massivement les gens avec leur voiture dans le canton, les obligeant à passer par les villages, et vous ruinez non seulement encore un peu la vie des citadins, mais aussi la qualité de vie des villageois.

Il est évident que des gens en veulent à la voiture en tant que tel, non seulement parce qu'elle pollue beaucoup trop (la Suisse vient d'être annoncée lanterne rouge en matière d'émissions de CO2 de ses véhicules - et on ne parle même pas des pollutions locales PM1, NO, etc) mais aussi parce qu'elle est complètement sous-utilisée, sous-employée et parce que le raisonnement des automobilistes et le plus souvent complètement irrationnel, parce que la voiture n'est pas un moyen mais elle est devenue une fin en soi, un symbole de "réussite" comme vous dites! (Je ne savais pas que se ruiner pour un leasing hors de prix en étant coincé dans les bouchons et en étant lanterne rouge de l'Europe c'était une "réussite"!!??)

Regardez autour de vous dans les bouchons, 95% des gens sont SEULS dans leur bagnole, alors que l'immense majorité des véhicules peuvent contenir 5 ou 6 personnes! La plupart des gens roulent en ville sans jamais dépasser les 40 ou 50 km/h (heureusement d'ailleurs pour les piétons, les cyclistes et autres usagers de la voirie), alors que leur voiture est faite pour dépasser les 180 km/h, et pollue donc en conséquence. Est-ce que la voiture de 1500kg est adaptée pour ces trajets où l'on est seul et où on roule lentement sur moins de 3km alors qu'il existe des alternatives (TP, vélo, etc)?

Pourquoi A. Hodgers remet-il en question les parkings en ville? Parce que la voiture occupe une place gigantesque, même à l'arrêt. Pourquoi utiliser 10m2 d'acier immobiles 95% du temps pour transporter une seule personne 2 fois par jour?

Faudrait-il créer de gigantesques parkings souterrains, détruire nos nappes phréatiques et miter nos sous-sols du centre-ville pour ne surtout pas remettre en question le fait d'être SEUL dans une machine surpuissante d'une tonne et demi qui reste immobile 95% du temps et occupe de l'espace public, empêchant par exemple des pistes cyclables correctes, des trottoirs agrandis, des terrasses de bistrot agréables, etc?

Il faut peut-être revenir un peu à la raison, vous ne croyez pas? Si l'on nous prédit une augmentation du trafic de 40% d'ici 2020, une traversée de la rade avec 3 voies dans chaque sens ne suffira pas à l'endiguer. Surtout que 85% des gens qui traversent la rade ne vont pas plus loin que le centre-ville, qui est, je vous le rappelle, bien desservi en Transports Publics. Vous pourrez construire toutes les nouvelles routes, toutes les nouvelles voies que vous voulez, vous ne ferez qu'une chose: repousser le problème plus loin et vous ne ferez que dégrader encore plus la qualité de vie des habitants du centre qui suffoquent sous les bouchons et les gaz d'échappement (avez-vous déjà essayé de monter le bvd du Pont d'Arve aux heures de pointe à vélo en sentant vos poumons qui brûlent et en vous retrouvant soudainement sans pistes cyclable au milieu des voitures??).

Il faut mettre fin à l'idée qui consiste à croire que prendre un vélo, utiliser les TP ou marcher 500mètres en ville, c'est régresser socialement!

La voiture est un moyen efficace de transporter 5 personnes avec des bagages dans le coffre (une famille, p. ex.) pour aller dans un endroit mal desservi en Transports Publics, OUI. Mais la voiture n'est pas adaptée pour TOUS les trajets, et toutes les routes ne doivent donc pas s'adapter à la voiture, c'est pourquoi on construit des trams, des pistes cyclables, des trottoirs plus larges, et que par la force des choses, on réduit forcément les voies de circulation sur la route des Acacias, la rue de la Servette, et la rue de Lausanne...

À bon entendeur, (et en espérant une réaction de votre part)!

Sandro Minimo

Écrit par : Sandro Minimo | 16/11/2007

C'est fou l'énergie que vous dépensez à défendre votre point de vue. Sauf que votre enthousiasme vous emporte. Je suis prêt personnellement à défendre toute mesure visant à limiter le poids des véhicules et même leurs performances, et en tout cas à surtaxer, très fortement, ceux qui dépasseraient ces normes.
Reste que tout le monde n'a pas forcément envie ou les moyens physiques de se déplacer à vélo, que les transports publics ne sont pas toujours très rassurants le soir, que les routes d'évitement à construire comme leur nom l'indique sont destinées à éviter le centre des villes et des villages, que les voitures dans des parkings souterrains ne sont plus sur la voie publique, etc, etc...
Quand à miter des sous-sols, je vous signale que je ne vois pas qui ça peut déranger (il n'y a pas des nappes phréatiques partout) et que de toute manière, pour construire un immeuble,il faut faire des fondations dans le sous-sol, alors pourquoi ne pas y mettre des parkings ?
Le problème, cher Monsieur, c'est que vous raisonnez en intégriste et non en pragmatique.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/11/2007

Ha voilà le vieille attaque de l'intégrisme, du "vous êtes des ayatollahs. "Quand on a plus d'argument c'est le dernier rempart, "mais Môsieur, vous êtes un extrémiste", j'ai envie de répondre "vous en êtes un autre Môsieur". Toute notre civilisation, notre mode de vie, notre urbanité à été transformés par la bagnole, aujourd'hui il saute aux yeux les limites et les impasses de cette option.

On continue? Le minimum c'est de stopper cette évolution (je ne parle même pas de décroitre le nombre de voiture …), de procéder à un moratoire pour réfléchir autrement. C'est ça être extrémiste?

Écrit par : Argon | 16/11/2007

Merci Philippe, excellente synthèse de l'action verte, et brillamment formulée.

Je reviens en particulier sur ce point:

"Les verts en veulent à la voiture en tant que telle, qu'elle pollue ou non, en tant qu'outil de liberté individuelle et probablement, surtout en tant que signe extérieur de réussite sociale."

On ne le dira jamais assez, la preuve: Les verts ne font rien pour promouvoir la voiture électrique ou a hydrogène. Leur priorité étant, derrière une façade environnementaliste, d'imposer un modèle de société ou l’individualisme n’a pas sa place.

AF

Écrit par : Alain_Fernal | 16/11/2007


Cher Mr Minimo,

Je ne vois pas en quoi le fait d'être seul dans sa voiture constituerait un prétexte pour les interdire. Ne serait ce que d’un point de vu pratique, on ne travaille pas tous au même endroit et selon les mêmes horaires que sa famille ou ses voisins.

Par extension à votre raisonnement on pourrait aussi envoyer des agents mesurer la surface des appartements en fonction du nombre d'occupants et procéder à des expulsions le cas échéant. Car là aussi, chauffer un volume "inutile" pollue et l'espace occupé par une personne n'est plus disponible pour d'autre.

Une fois de plus, tout ça se ramène à un choix de société. Soit basé sur une certaine liberté individuelle, soit sur un état totalitaire disposant du plein pouvoir d'allocation des ressources.

AF

Écrit par : Alain_Fernal | 16/11/2007

Je suis très content de vous entendre dire que vous voulez limiter le poids des véhicules et leurs performances! J'imagine donc que vous adhérez à l'initiative lancée par les jeunes verts pour interdire les véhicules dégageant plus de 250g de CO2/km...!? (avant que vous partiez sur ce terrain, je ne suis pas jeune vert ni engagé dans aucun parti)

Tout le monde n'a pas forcément ENVIE de se déplacer à vélo. Je le conçois, mais la plupart des automobilistes n'ont franchement même pas essayé et leur premier argument : c'est le danger. Or, qu'est-ce qui rend le vélo dangereux en ville si ce n'est l'absence de pistes cyclables dans les endroits risqués (elles sont justement rendues impossible par les 2 voies de voiture + la voie de voitures parquées)? Qu'est-ce qui rend le vélo dangereux si ce n'est le fait que les voitures peuvent vous doubler jusqu'à 50 km/h en ville alors qu'un vélo dépasse rarement les 30 en descente? Quant à la forme physique, l'argument n'a pas cours pour les 3/4 des personnes, puisqu'un grand nombre d'automobilistes font du vélo d'appartement au fitness à midi. Et puis il y a les vélos électriques maintenant... qui sont environ 25 fois moins chers qu'une voiture!

Les transports publics ne sont pas très rassurants le soir, certes, mais à partir de 23h, heure à laquelle, sauf erreur, il n'y a pas un seul bouchon. L'essentiel du trafic se fait donc la journée, heure où les TP sont tout sauf dangereux. Mais il est vrai qu'il faut s'assurer de la sécurité dans les trams et bus le soir, impérativement. Mais franchement, y'a-t-il plus d'accidents et de morts à cause de la route ou à cause d'incivilités dans les trams? Où sont vraiment les plus gros risques entre percuter un véhicule conduit par un bourré à 50km/h à 00h14 et rentrer dans un tram avec quelques jeunes le soir?

Les routes d'évitement pour éviter le centre des villes? Ah bon? Vous pensez que les frontaliers qui passent par Soral pour bosser en ville vont soudainement éviter le centre si on leur construit des routes d'évitement des villages? N'est-ce pas là une fuite en avant? Est-ce qu'on veut détruire les quelques espaces encore vierges de notre campagne genevoise pour les beaux yeux des automobilistes ou est-ce qu'on se dit qu'il faut peut-être faire du co-voiturage (qui diviserait par deux le nombre de voitures) et développer plus les Transports publics et la mobilité douce (et donc, forcément réduire la place pour les voitures)...?

Les voitures dans des parkings souterrains, nous sommes d'accord c'est un moindre mal par rapport à les avoir sur la chaussée. Reste qu'un parking souterrain au centre-ville encourage quand même les gens à venir jusqu'au centre avec leur voiture, plutôt que de la laisser dans un P+R en périphérie. Toutes ces voitures au centre provoquent des bouchons et l'insécurité cycliste et piétonne dont on parlait plus haut. Encore une fois. Dans une certaine mesure, sachant que de toute façon nous aurons besoin de véhicules utilitaires, je ne suis pas fondamentalement opposé aux parkings souterrains, mais je trouve qu'il y en a déjà bien assez! Dans le quartier de Plainpalais, j'en dénombre 3 à proximité de chez moi... et la rue Dancet, la rue de Carouge et le bvd du Pont d'Arve contiennent à eux seuls environ 2000 voitures parquées! Donc créer des parkings en sous-sol, oui, mais en réservant une place prépondérante aux véhicules utilitaires et en supprimant massivement les places à la surface! J'ai abandonné l'utilisation occasionnelle de la voiture parce que trouver une place dans mon quartier est devenu intenable. Je me suis pris plusieurs amendes à 40chf et maintenant j'en suis bien content: je me suis débarrassé de l'habitude de prendre la voiture pour un oui ou un non, je contribue moins aux nuisances dans mon quartier, je pollue moins, dégage moins de CO2, etc.

En fait ce qui est le plus marrant, c'est que je vous ai présenté toute une série d'arguments sur l'efficacité réelle des voitures, notamment au niveau de la place démesurée qu'elles occupent (10m2 d'espace occupé à l'arrêt pour transporter 1 personne), raison numéro 1 des bouchons, et vous ne trouvez rien à y redire... Est-ce vraiment logique que ce qui domine en ville soit le véhicule le moins adapté pour y rouler? Doit-on adapter nos cités en fonction du véhicule qui prend le plus de place, dégage le plus de polluants et fait le plus de bruit (motos/scooters mis à part) et provoque le plus de nuisances (je vous renvoie aux habitants de Soral mais aussi à ceux du bvd du pt d'arve et de la rue des 2 ponts) et de morts? Ou doit-on opter pour une politique inverse qui vise à réduire les choses les moins efficaces et développer massivement les transports efficaces?

Le pragmatisme c'est d'abord d'aller voir quels sont les vraies origines des problèmes et d'essayer de les résoudre à la racine, plutôt que de s'accommoder des absurdités! Je ne suis pas un intégriste, je conçois que la voiture est irremplaçable pour certains usages (matériel lourd, urgences, professionnel, endroits mal desservis en TP), mais lorsqu'il s'agit de se mouvoir seul, en ville, là, je suis désolé mais je crois qu'il faut ouvrir les yeux et se défaire de nos vieilles habitudes, même si c'est un peu inconfortable. Le pragmatisme c'est aussi d'imaginer un monde meilleur pour nos enfants, des rues qui sont rendues aux habitants, c'est d'imaginer des enfants en ville allant en vélo à l'école sans risquer la mort, c'est d'imaginer des immenses zones piétonnes avec des marelles, des jeux, des espaces verts. Bref, le pragmatisme, c'est la vie!

Meilleures salutations!

Écrit par : Sandro Minimo | 16/11/2007

Désolé M. Minimo (si c'est un jeu de mots, j'aurais préféré Maximots) mais là je rends les armes, je n'avais déjà pas le temps non seulement de répondre en détails, mais même de lire votre prose précédente, alors là....
Vous me faites rire. Cela fait quarante ans que j'ai écrit des choses assez semblables aux votres dans le journal de mon lycée, sauf que mieux informées sur l'automobile en général. Cela fait 20 ans que j'ai fait un temps Présent où j'expliquais les vertus du covoiturage, entre autres.
Donc au hasard:
- L'initiative des jeunes verts n'a aucune pertinence sur le poids des véhicules et je préfère une surtaxation à l'interdiction pure et simple.
- N'importe quel automobiliste préfèrera utiliser une bretelle d'évitement fluide que de passer par un centre encombré.
- Les conséquences d'un accident de voiture peuvent être gravissimes, mais le risque d'avoir un tel accident est nettement moindre à celui de faire des mauvaises rencontres pour une jeune femme seule le soir à Cornavin.
- Il faut distinguer entre les différents usages des véhicules privés. Les pendulaires ont tout intérêt à prendre les transports en commun, c'est évident. mais il n'y a pas que les pendulaires.
- la place et l'énergie consommée par un tram ou un trolley vide ou à peu près à certaines heures me laisse sérieusement songeur.
- Ecrire que 85% des gens qui traversent le pont du Mt Blanc restent au centre est un non sens. Si une traversée existait, elle modifierait tout l'urbanisme de la région.
- Pourquoi les zones piétonnes en ville devraient elles être immenses ? Avec des espaces verts ? Avec votre idée de réintroduire la campagne en ville, vous réaugmentez les distances urbaines et vous allez à contresens des nécessités de l'environnement. Si vous voulez des grands espaces et de l'herbe, avec pistes cyclables sûres pour vos enfants, vous en trouverez plein la campagne genevoise...
La ville, c'est urbain et encombré et c'est comme ça depuis la Rome antique, bien avant l'invention de la voiture. C'est l'automobile qui a poussé à l'élargissement des rues. Si vous la supprimez, elles vont se resserrer. Et allez faire un tour dans les rares espaces urbains immenses interdits aux véhicules, genre parvis de la Défense, question convivialité, vous repasserez...
Quand je parle d'intégrisme je pense à ce genre d'attitude qui fait qu'un cycliste, dans son tort pour avoir brûlé un stop puis une double ligne blanche, se met à cabosser le véhicule d'une dame seule et sans défense, qui a la priorité, sous prétexte qu'elle roule en décapotable avec des plaques CD.
Ceci étant je considére que je vous ai suffisamment laissé vous exprimer sur mon blog sur ce sujet. Merci.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/11/2007

Monsieur Souaille,

Bien que ce commentaire sera certainement censuré par vos soins, je prends quand même la peine de vous répondre.

Lorsque vous avez parlé d'intégrisme, vous avez parlé de ma façon de raisonner, pas d'un quelconque cycliste qui agresserait une automobiliste innocente. Bien sûr que ce genre de comportement est stupide, mais quel rapport avec notre discussion, vive certes mais courtoise?

Je suis très heureux de voir qu'il y a quarante ans vous pensiez comme moi, en plus "documenté"! Magnifique parce qu'il y a quarante ans on n'en était pas là, ni au point de vue du pétrole, ni au point de vue de la pollution, ni du réchauffement climatique, ni des bouchons, ni des 4x4, sauf erreur...

Aujourd'hui nous sommes arrivés à une limite, un point où on ne peut plus aller plus loin dans la motorisation de nos sociétés sous peine d'être suffoqués. Nous devons aussi à tout prix réduire notre dépendance au pétrole (95.10$ le baril de brut au moment où j'écris), sans quoi nous allons nous retrouver bientôt au pied du mur.

De proposer des solutions pour rendre nos déplacements plus efficaces et moins gourmands en énergie ne me paraît pas être un raisonnement d'extrémiste. Ce qui, néanmoins, me paraît extrémiste c'est de vouloir à tout prix nier la réalité:

Notre ville est sur encombrée de voitures au 4/5èmes vides, que doit-on faire pour la libérer? Trouver un moyen de remplir ces voitures et en diminuer le nombre ou nous voiler la face et construire de nouvelles routes qui ne font que repousser le problème plus loin. Oui, les villes sont encombrées et agitées, cela fait partie de leur charme. Mais il est des gaspillages d'espace, d'énergie, de pollution et de nuisances que l'on peut éviter, alors il faut tout faire pour les éviter.

En espérant n'avoir pas abusé de votre temps, je vous présente mes meilleures salutations et signe de mon vrai nom, sans jeu de mots,

Sandro Minimo

Écrit par : Sandro Minimo | 16/11/2007

C'était il y a exactement 35 ans, au retour d'un voyage à Paris, ou il y avait déjà de très sérieux bouchons et j'ai toujours été un peu visionnaire... De plus, mon père étant ingénieur automobile, j'avais très tôt quelques compétences en la matière.
Notre débat est courtois, mais la diabolisation de l'automobile conduit effectivement au type de comportements agressifs que nous déplorons et en déclenche d'autres en réaction..
La dépendance au pétrole est gravissime, et ne date ni d'hier ni d'aujourd'hui. Il aurait fallu développer de longue date des motorisations alternatives et non polluantes (ou poluant le moins possible). La première fois que j'ai essayé une voiture électrique, c'était pour la Tribune de Genéve en 78...
Je pense qu'à s'opposer ainsi stérilement au lieu de chercher à avancer dans des solutions constructives, on retarde le moment de la décision et du concensus.
Le problème des écologistes est qu'ils haïssent l'automobile de manière affective, au même titre que bien des automobilstes l'adorent de maniète tout aussi passionnelle et déraisonnable. La propagande politique d'un côté, le marketing commercial de l'autre, on n'est pas sorti de l'auberge...
J'ai quelques très bons amis écologistes célèbres qui n'ont pas le permis, parce qu'ils ne sont jamais parvenu à le passer, alors qu'ils sont brillants par ailleurs. C'est une forme de complexe curieux, mais cela n'aide pas à considérer les choses avec détachement.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/11/2007

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