22/11/2007

On leur tend la main, ils vous coupent le bras

Etonnant, ce retour en vogue des roitelets en tous genres.

Celui d'Espagne a sans doute eu raison d'apostropher Chavez qui n'est guère un modèle de démocratie. Contrairement à Juan Carlos, qui à deux reprises, par son engagement direct, a permis à son pays de s'affranchir du franquisme et de ses nostalgiques.
Le Prince de Savoie se sent pousser des ailes et réclame un sacré paquet d'argent à l'Italie de ses ancêtres. Qui rappelons-le avait banni sa famille pour sa proximité avec le fascisme de Mussolini et les risques que sa seule présence entraînait pour la stabilité du pays. Les démocrates italiens ont cru bon de faire une croix sur le passé, jugeant le retour des Savoie désormais sans danger. Apparemment ils se sont trompés, puisque le Prince a trouvé une manière fort originale de s'assurer d'une liste civile aux frais de la princesse…
Sarko 1er , lui double carrément la sienne, ce qui lui évitera d'avoir à quémander des vacances chez ses copains milliardaires. Ou d'engager ses assistants personnels (dont le nombre a triplé à l'Elysée) sur des budgets d'emplois fictifs. Chose pour laquelle il encourage les les poursuites à l'encontre de son prédécesseur. Ce qui ne changera rien au fait que l'un entrera dans l'Histoire avec la stature d'un seigneur de la scène internationale et l'autre en tant que caniche nain hyperactif.
Le roitelet de l'OMPI, dont j'évoquais les aléas de date de naissance dans mon livre, a fini par être limogé. Tout en conservant son salaire, d'au moins 20 000 par mois après impôt, jusqu'en 2009. Je n'ai rien personnellement contre des salaires annuels de plusieurs centaines de milliers de Francs lorsqu'ils sont justifiés. Mais là, cela ne fait pas honneur au système onusien, qui mérite mieux…
Mon livre, justement, ça fait un moment que je ne vous en ai pas parlé. Demain vendredi, je dédicace l'Utopie Urgente (éd. Slatkine) de 12h à 19h, à l'Athénée dans le cadre d'une Journée portes ouvertes de la Société des Arts. Il y aura moi et d'autres auteurs Genevois, plus des musiciens, des petits fours, l'apéro, des peintres et des visites guidées. Bienvenue.

Commentaires

Justement, plus que l'Espagne a réussi à revenir à la Monarchie, pourquoi pas l'Italie ?
En 1922, avénement de Musolini, dans un contexte de bolchévisation rampante, n'a-t-il pas eu raison, ce pauvre roi que de "pactiser", avec un moindre mal(e) ?

Le Parti Communiste Italien, a eu la bonne idée de changer son nom et son idéologie, totalement dépassée.
Pourquoi alors, dans ce contexte, voit-on la naissance à Genève du Parti Communiste et en France de la Ligue Communiste Révolutionnaire ?

N'ont-ils pas suffisament fait souffrir l'Europe ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 22/11/2007

Alors là, c'est la meilleure, un monarchiste, un vrai. La preuve de ce que je subodorais.
En Italie, lorsque Mussolini s'est emparé du pouvoir, il ne l'a pas volé aux communistes, mais à une monarchie parlementaire, donc à un système globalement démocratique.
Et ce en s'appuyant sur la peur du communisme.
C'est exactement ce que tente de rejouer la droite extrême aujourd'hui, en tentant de faire croire aux gens que le communisme nous guette, comme si l'on était encore dans l'entre-deux guerres.
Ces affrontements stériles sont dépassés et ne servent qu'à alimenter les partis de l'extrême, alors que la force du concensus helvétique réside justement dans le savoir travailler ensemble.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/11/2007

"...Chavez qui n'est guère un modèle de démocratie".

Mais comment peut-on sortir des bêtises pareilles !

Écrit par : JGj | 25/11/2007

Parce que modifier la constitution pour se ménager une place de Président à vie, faire tirer par ses miliciens sur les étudiants en grève, fermer les télévisions d'opposition, vous appelez ça être démocrate vous ?
Il y a au Venezuela, comme dans toute l'Amérique latine, un gros problème de répartition des richesses et d'ingérences étasuniennes, mais Chavez n'est pas le moyen le plus démocratique que l'on ait trouvé pour y remédier...

Écrit par : Philippe Souaille | 26/11/2007

Et si on ne vous a pas vu relever la qualité démocratique de plusieurs consultations électorales au Vénézuela ces dernières années, et si on ne vous a pas vu non plus réagir au coup d'état qui a essayé de renverser le président, c'est sans doute parce que la TdG n'avait pas encore de blog ! C'est ça ?

Et vous vous trouvez sans doute bien inspiré de parler de démocratie quand vous dites qu'un roi [imposé à l'Espagne après 40 ans franquisme NdR] a "sans doute raison " de couper la parole à un orateur qui, lui, est élu par ses concitoyens ?

Vous parlez de président qui veut modifier la constitution pour gouverner à vie : d'abord, ça reste à voir et si cela se fait, c'est démocratiquement que cela aura été fait ; quand à Juan-Carlos, constitutionnellement, il n'est pas roi à vie peut-être ?

Et Genève, en novembre 1932, quand la troupe tire sur la foule, ce n'était pas démocratique peut-être ?

Et encore, je vous signale, Monsieur, que la télé en question n'a pas été fermée. C'est sa concession de diffusion hertzienne, SEULEMENT, qui n'a pas été renouvelée. Et je vous dirais aussi que les radios et télés privées, en Suisse, cela fait moins de trente que ça existe !

Donc, Monsieur le donneur de leçon, s'il vous plaît, soyez un peu humble.

Jorge Gajardo Muñoz

Écrit par : JGj | 26/11/2007

Je n'ai pas approuvé la tentative de golpe étasunienne contre Chavez, loin de là, j'étais même plutôt "hugolien", au début, pour connaître quelques crapuleries commises par ses prédécesseurs au Venezuela.
Comme de refuser tout droit sur le sous-sol pétrolier du delta de l'Orénoque aux tribus amérindiennes qui y vivent, sous prétexte qu'elles nomadisent en pirogue et ne sont donc pas propriétaires du terrain.
Je n'approuve pas non plus l'existence d'un Roi en Espagne, mais en l'occurrence, c'est lui qui a instauré la démocratie dans ce pays lorsque Franco lui a remis le pouvoir absolu. C'est exactement le contraire de ce qu'est en train de faire Chavez.
Et Juan Carlos a réitéré lorsque justement des militaires putschistes (ce qu'a été aussi Chavez en son temps) ont tenté de s'emparer du Parlement les armes à la main.
Rendons à Cesar ce qui lui appartient.
Roi en Espagne aujourd'hui, c'est un titre, pas un pouvoir.
Juan Carlos, je le considère en tant qu'homme et Chavez également. Et je considère que d'homme à homme le Bourbon a eu raison d'apostropher Chavez, qui était en train de déblatérer des bêtises, comme il le fait assez fréquemment.
Je ne suis pas partisan de Pepe Aznar l'Irakien non plus, j'ai même applaudi quand il a perdu les élections. Mais il a accepté démocratiquement le choix des urnes.
Une télé sans concession hertzienne c'est très utile n'est-ce pas ? Surtout dans un pays pauvre où l'internet et le câble sont rares !
Quand aux télés et radios privées en Suisse, il se trouve que je suis de ceux qui se sont battus, dans les médias, pour les obtenir. Et qu'effectivement, leur existence est la preuve d'une démocratie en marche.
Dans le Venezuela de Chavez, malheureusement (et j'aodre ce pays) il me semble bien que la démocratie recule.... Comme partout ailleurs où sévissent les populistes, de droite et de gauche.

Écrit par : Philippe Souaille | 27/11/2007

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