25/11/2007

ZH + SG + VD + NE = 0 UDC

Zurich et Saint-Gall, après Lausanne et Neuchâtel, viennent d'en faire la démonstration éclatante. L'UDC, tant qu'elle persistera dans la provocation blochérienne,  n'a aucune place dans une élection majoritaire. Et pour ceux qui en doutaient encore, s'allier avec un épouvantail apparaît clairement comme le meilleur moyen de perdre et donc de repousser les réformes nécessaires. La démocratie helvétique, qui laisse une large place à la proportionnelle, digère mal un système de blocs et d'alternance.

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DU CENTRE & DEMOCRATIQUE ?

Un parti qui s'intitule "du centre " tout en insultant le concept et en lui déniant tout avenir politique ne peut pas séduire la majorité des électeurs. Quand à s'appeler démocratique cela reste à prouver, tant il est vrai que leur nouveau président genevois, par exemple, exige à longueur de blog que ses ennemis politiques ou les journalistes rendent des comptes devant la justice. On frémit à l'idée de ce que cela donnerait si d'aventure ils arrivaient au pouvoir.

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Tabler comme ils le font sur la peur du communisme pour faire avancer les choses est juste une attitude dépassée par les faits et la réalité. Personne ne parviendra à faire croire à la majorité des Suisses que Cramer ou Calmy-Rey sont des communistes. N'en déplaise à ceux qui se pâment à l'évocation des affrontements virils des années 30, il n'y a plus, il n'y a jamais eu de solution miracle de gauche ou de droite.

 PRAGMATISME vs IDEOLOGIE

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Le libéralisme seul et sans entrave est une jungle et l'étatisme à tous crins a amplement prouvé son inefficacité. C'est avec des solutions concrètes bâties sur le pragmatisme plutôt qu'avec des remèdes théoriques basés sur l'idéologie que l'on résoudra les problèmes. Ce qui implique de travailler avec tous les démocrates de bonne volonté.

Les votations cantonales pour lesquelles je viens de recevoir mon enveloppe en sont la preuve.

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La loi sur le chômage, par exemple rassemble le Conseil d'Etat autour d'un consensus fort. C'est la meilleure solution pour enrayer les pièges du chômage de longue durée et pour continuer d'accompagner les cas à problème, en dépit de la suppression imposée par Berne des emplois temporaires. Il n'y a pas d'autre solution si Genève veut continuer à respecter les lois fédérales… Seuls des extrémistes peuvent s'y opposer, et le seul parti du Grand Conseil qui soit dans ce cas (contre la volonté de ses Conseillers d'Etat) est très divisé sur la question. A tel point qu'ils ont changé d'avis plusieurs fois.

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CLASSES MOYENNES & MILLIARDAIRES

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De même, seuls des extrémistes peuvent défendre les initiatives fiscales 130 et 131 dans le contexte actuel. D'abord parce que les classes moyennes paient trop d'impôt, et par classes moyennes j'entends tous ceux qui vivent des revenus de leur travail, même avec des salaires de 200 ou 300 000 francs annuels par foyer. Dans cet ordre de grandeur, la différence d'avec les plus bas revenus est en effet généralement justifiée par des niveaux d'étude ou des investissements en temps et en responsabilités qui sont considérables.

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On peut, on doit discuter en revanche des revenus des hyper riches, les milliardaires et assimilés, qui sont les seuls dont les revenus explosent et qui profitent à plein des différents plafonnements. Tout en disposant des pouvoirs occultes considérables que leur assurent leurs revenus immenses. Mais tant qu'il n'y aura pas d'accord international unanime sur la question, toute tentative de les imposer davantage est malheureusement vouée à l'échec. Dès lors, le canton doit tirer son épingle du jeu dans un contexte de concurrence intercantonale et internationale. Et donc leur offrir une fiscalité avantageuse qui nous rapporte (très) gros, même si pour eux, ce n'est qu'une petite partie de ce qu'ils gagnent.

Commentaires

200'000 francs annuels par foyer........ On ne gagne même pas le quart de ça!!!

Oui, il faut taxer la classe moyenne supérieure, tout comme il faut taxer les très hauts revenus parce qu'avec leurs dépenses inutiles dans une consommation ostentatoire (grosses cylindrées, maisons avec jardins tondus ras et arrosage automatique, voyages intempestifs lointains en avion, hôtels de luxe, etc.) ces catégories ne font que rendre de plus en plus criantes les inégalités avec les pays du tiers-monde, et elles continuent de participer et d'exporter un idéal de société basé sur la consommation excessive , le "toujours plus" qui n'est socialement, écologiquement et matériellement pas soutenable à l'échelle de la planète!

Nous pouvons tous vivre bien mieux et plus heureux avec moins de tout (moins de viande, moins de luxe, moins de voitures, moins de voyages lointains, etc.), et nous devrons bientôt nous rendre à l'évidence.

Tout ceci n'a rien d'idéologique (c'est même hautement pragmatique) notre pays est surdéveloppé et la planète ne pourra jamais supporter que tous les pays du monde calquent leur modèle de développement sur le nôtre, il n'y aura simplement jamais assez de ressources pour tout le monde. Alors je préfère aujourd'hui taxer les hauts revenus au maximum ici, pour maintenir des services publics de qualité et contribuer à tirer le monde vers plus de qualité et moins de quantité.

Vous appellez ça de l'idéologie, j'appelle ça du réalisme, et j'appelle ça une nécessité impérieuse, sans quoi le maintien de notre niveau de vie et donc de la folie de notre société consumériste se fera au prix de guerres mondiales pour les ressources qui risquent d'être catastrophiques!

Écrit par : Sandro Minimo | 25/11/2007

Tout le monde ne peut pas gagner la même chose, parce que tout le monde ne fournit pas le même effort, ni ne réponds aux mêmes nécessités ou ne remplit les mêmes fonctions dans les mêmes conditions.
J'approuve entièrement le fait qu'il y a ait des écarts, non seulement de un à 4 mais même de 1 à 10. Au-delà, je commence à trouver cela excessif.
L'impact sur la consommation et donc sur l'environneemnt est effectivement à prendre en compte. Lisez mon livre, dont c'est l'un des sujets principaux. L'Utopie Urgente, éd. Slatkine, 34 Francs dans les bonnes librairies, sur lesquels je touche 10%. C'est pas cher payé pour plusieurs années de travail...
J'y propose quelques solutions pour améliorer les choses, mais pour que ça marche, il faut tenir compte du contexte global, ce que vous ne faites pas, et des réalités du comportement humain, ce que vous ne faites pas non plus.
Donc oui, votre réalisme est à oeillère et n'est que de l'idéologie pure, sans application pratique possible. Ou alors avec des conséquences gravissimes et sanglantes, car il vous faudra tordre la réalité pour parvenir à la faire coller à vos idées.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/11/2007

Cher Mr Minimo, si comme vous le dites vous gagnez environ 50'000 Fr, vous serez certainement étonné d'apprendre que quelqu’un qui en gagne le double peut se retrouver avec moins d'argent disponible que vous a la fin du mois. Et cela non pas a cause d’un train de vie luxueux, mais a cause de la progressivité excessive de la charge fiscale ajouté à la disparition par seuils des aides sociales.

Je n’ai pas la place ici pour une explication détaillée, mais je ne vous demande pas de me croire sur parole. Si vous cherchez dans les archives de l’hebdo ou de « Temps Présent », vous pourrez trouver sur ce sujet quelques articles très bien documentés et contenant des exemples édifiants.

Même ceux qui contribuent moins qu’ils ne touchent de l’état feraient un mauvais calcul en votant pour accentuer encore cette charge fiscale. Parce que l’exode des gros contribuables n’est pas une légende et que ce sera très dur « entre pauvres » de savoir qui va payer pour l’autre.

AF

Écrit par : Alain_Fernal | 26/11/2007

Des écarts de 1 à 10, parfaitement d'accord aussi! C'est pour cela que je serais favorable à un salaire minimum de 3500 CHF et à la mise en place d'un salaire maximum de 35'000 CHF. Ce n'est pas seulement la répartition des richesses que l'on doit remettre en cause, mais bien la nécessité même de posséder ces richesses pour soi tout seul.

Il est clair que d'appliquer cela dans un canton ou même à l'échelle nationale paraît fou parce qu'on ferait "fuir" les gens ailleurs, mais il faut se rendre aussi à l'évidence : c'est comme pour les émissions de CO2 si personne ne le fait maintenant, personne ne le fera jamais!

C'est clairement un souci, mais si des pays prospères et riches comme le nôtre ne peuvent pas se permettre de redistribuer fortement les richesses, personne ne pourra jamais le faire.

Écrit par : Sandro Minimo | 26/11/2007

Difficile de résumer en un blog tout un bouquin, donc lisez-le, et vous y verrez les solutions que je propose.
Qui passent par une suppression de l'impôt sur le revenu, une imposition fortement progressive sur la consommation des produits de luxe et non-écologiques, et une forte redistribution au moment de l'héritage.
Mais là encore, je le précise, c'est une pure utopie tant que l'on ne se met pas d'accord au plan mondial. D'ici là, évitons de charger le bâteau Genève si l'on veut pouvoir continuer de financer un minimum d'Etat social!

Écrit par : Philippe Souaille | 27/11/2007

Le communisme est mort pour une bonne raison : l'être humain est ambitieux et ne veut pas d'un état souverain. Si certains pensent que c'est une bonne politique, ils peuvent essayer de s'installer dans un des derniers bastions du communisme, il en reste mais leurs jours sont comptés.

Jusqu'aujourd'hui je ne voulais pas m'élever contre la gauche extrême, je pensais que la droite extrême méritait une atetntion toute particulière. J'avais tort de toute évidence. Certains gauchistes extrêmes veulent nous brider et nous rationner financièrement comme certains dictateurs qui ont laissé leur funeste empreinte dans l'histoire de l'humanité. L'histoire peut des fois ouvrir quelque peu l'esprit des hommes, il faudrait voir à rééduquer les gens à la lecture des faits et gestes de nos ancêtres.

La bien-être personnel est un droit fondamental et ne saurait être limité par un système de pensée unique. Nous voyons aujourd'hui les méfaits de tels systèmes dans des pays asiatiques qui font parler d'eux par leur politique de musellement de la population.

A bon entendeur

Écrit par : Mirko Righele | 27/11/2007

Cher Mirko Righele, vous déclarez que le communisme est mort. Je le souhaite également et vivement, j'en ai fait mon cheval de bataille, après avoir renversé Ceausescu en participant à la Révolution Roumaine du 21 Décembre 1989.

Malheureusement, vous avez tort.

Il reste encore Cuba, la Colombie, la Chine, Genève, la France, le Cambodge, le Vietnam et encore plein d'autres endroits...

Comprenez-moi bien...je rêve du jour ou il y aura un procès de cette idéologie meurtrière...un Nuremberg 2...en quelque sorte...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 27/11/2007

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