26/11/2007

La fièvre monte à la Guajira

La Guajira, c'est une péninsule de la Mer des Caraïbes marquant la frontière entre le Venezuela et la Colombie, deux pays frères et potentiellement puissants, issus tous deux de la Gran Colombia, créée par Simon Bolivar, un Colombien né au Venezuela…
Deux pays très proches et interdépendants: 6 milliards de dollars d'échanges commerciaux annuels, très largement en faveur de la Colombie qui exporte tous les produits de première nécessité que les Vénézueliens ne produisent plus.
Ils ne les produisent plus pour deux raisons, qui sont la manne pétrolière et le néo-socialisme de Chavez.
1)         Le pétrole dope artificiellement l'économie vénézuelienne, exactement comme l'or des Amériques a brutalement enrichi puis assoupi pour longtemps la Péninsule ibérique à la Renaissance.
2)         Chavez répète malheureusement toutes les erreurs des gouvernements socialistes depuis 1917. Il développe l'instruction et la santé, ce qui est bien, mais sans se préoccuper des infrastructures.
Ainsi il a laissé s'effondrer le pont autoroutier qui reliait sa capitale à l'aéroport. Résultat 4 heures de 4x4 dans les fondrières des favelas, au lieu d'une demie-heure auparavant. Bonjour la pollution. 
Alimentée par le pétrole, la corruption bat son plein et la gabegie règne.
Chavez a décidé que l'eau et le lait seraient partagés par tous, ce qui est bien, mais sans parvenir à augmenter la production ! Il y a donc désormais des coupures d'eau à toute heure du jour à Caracas et le lait est acheté aux Colombiens. Qui pendant ce temps là, connaissent un taux de croissance de 8%.
La brusque remontée des tensions entre les deux présidents, pendant que le nain frénétique se promène en Chine, aboutit à un gel que l'on espère momentané des relations. Il est clair que sur le plan économique, la Colombie perd des débouchés importants, mais le Venezuela se retrouve avec une crise d'approvisionnements.
Des magasins vides, ce n'est pas l'idéal lorsque l'on demande au peuple l'approbation d'un référendum constitutionnel qui donnerait à Chavez les pleins pouvoirs à vie… Quand à utiliser l'arme traditionnelle des dictateurs, à savoir déclarer la guerre à l'étranger pour détourner l'attention des crises intérieures, on espère que Chavez n'en est pas réduit à ces extrémités.
Reste la question des otages, cause initiale de l'incident. On voit là les limites de la politique spectacle, chère à Chavez autant qu'à Sarkozy (qui entre parenthèses, pour son ouverture, ne choisit jamais les meilleurs, mais toujours les plus médiatiques ou les mieux médiatisables).
Chavez a brassé beaucoup d'air, fait beaucoup d'annonces, mis en difficultés à plusieurs reprises le gouvernement colombien, mais sans jamais ramener rien de concret. Aucune avancée réelle dans le processus de négociation. Par contre il a en permanence cherché à asseoir sa crédibilité et celle des FARC, qui de bourreaux, c'est-à-dire de ravisseurs finissent par apparaître victimes.
Toute l'opération ressemble non plus à une médiation, mais à une tentative de manipulation de l'opinion publique, dans laquelle le Gouvernement démocratiquement élu d'un pays devient le méchant parce qu'il refuse de céder une partie de son territoire à des racketteurs assassins et trafiquants de drogue.      

Or la question N°1 en Colombie n'est pas de libérer les otages actuels, aussi célèbres soient-ils mais de faire en sorte qu'il n'y ait plus d'enlèvements. Ce qui signifie que la libération des otages actuels, certes éminemment souhaitable, ne peut pas se payer au prix d'un renforcement des capacités militaires ou territoriales des FARC. Chavez aurait gagné la partie s'il était parvenu à sortir les FARC du jeu en les accueillant au Venezuela, mais visiblement, Marulanda et ses guérilleros ne l'entendaient pas ainsi.

Dommage pour la paix. 

Commentaires

Votre article est un tissu de mensonges auquel je ne prendrai même pas la peine de répondre. J'ai honte pour vous.

Écrit par : Philou | 29/11/2007

Un peu facile comme accusation.
Et singulièrement peu argumentée...
En fait à la relecture, je vois bien une erreur. J'ai dit que le régime oeuvrait pour la santé et l'éducation. Pour la santé c'est vrai, grâce aux cohortes de médecins cubains soigneusement encadrés pour ne pas qu'ils fassent défection, qui vont soigner les vénézuéliens dans les favelas et les villages.
Pour l'éducation, c'est moins évident, il semble même que cela soit l'un des problèmes principaux du régime qui ne réussit même pas cela, ce qui reste pourtant l'un des rares bons points à mettre à l'actif des anciens pays de l'est.
Le côté pater populiste de Chavez, sans doute, qui considére le bon peuple comme des enfants à protéger, mais qu'il n'est même pas nécessaire d'éduquer.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/11/2007

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