04/12/2007

Leur soleil, nos technologies

L'enseignante britannique injustement accusée au Soudan a été libérée. Tariq Ramadan a pris position de manière très ferme et assez inhabituelle contre les errements d'un certain Islam. Tout est bien qui finit bien, donc ? Pas vraiment.

Les enseignants et personnes de bonne volonté y regarderont désormais à deux fois avant de se porter volontaire pour le Soudan. Déjà qu'ils n'étaient pas légion à envisager d'y aller.
Comme au Tchad voisin, avec l'affaire de l'Arche de Zoé, l'hystérie collective marque des points et parvient chaque jour un peu plus à creuser le fossé entre le Nord et le Sud, le monde islamique et l'Occident, l'Afrique et l'Europe.
Un nombre croissant d'intellectuels africains veut couper les ponts, pour que l'Afrique, livrée à elle-même soit forcée de se régénérer. Ils saluent l'intervention des chinois, qui se contentent de payer cash leurs approvisionnements en matière première, sans considération d'aucune sorte sur les droits de l'homme ou le développement.
Dans le même temps, l'islamisation rampante se poursuit, vécue comme une alternative aux fausses promesses occidentales, et chose plus surprenante, comme un outil au service de la fierté de l'homme noir. Comme si l'esclavage, là aussi n'avait pas été au rendez-vous, plus longtemps qu'en Occident.

Le fait que l'Afrique s'affranchisse de sa dépendance exclusive à l'Occident et parvienne à faire jouer la concurrence est forcément une excellente chose. Mais l'arrachage brutal de tous les liens affectifs est certainement une absurdité. Nous sommes liés l'un à l'autre par l'histoire et la géographie.

Il faut simplement tout faire pour que nos disparités deviennent une source d'échanges équitables, et que les bouleversements écologiques qui s'annoncent soient l'amorce d'un vrai rééquilibrage économique. Nos technologies, avec leur soleil, peuvent accomplir des miracles.
Dans un tout autre domaine, la presse française glose sur la proposition d'entre deux tours révélée dans son livre par Ségolène Royal, qui a demandé à Bayrou d'être son premier ministre, ce que celui-ci a dédaigné. Comme il avait refusé l'alliance que Sarkozy lui avait proposée pour abattre Chirac.
On est ici dans le cas de figure inverse de l'UDC en Suisse, mais la logique est la même. La politique la plus efficace possible est celle du centre, qui parvient à faire évoluer la société sans susciter d'affrontements destructeurs. Couper la société en deux se traduit immanquablement par des grosses pertes de temps et d'énergie. Mais pour que ça marche, mieux vaut que ce soit le centre qui mène la barque.
Là-dessus se greffent les ambitions personnelles de chacun. Là, on rentre dans l'alchimie, malheureusement nécessaire, car l'ambition et le charisme d'un(e) élu(e) sont la pierre philosophale permettant de transmuter les bonnes idées en succès électoral et donc en réformes réussies.

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