05/12/2007

Chômage : scoop et mauvaise foi

Si la loi sur le traitement du chômage est rejetée, il n'y aura ni plan B, ni solution de rechange et encore moins de maintien du statu quo actuel, puisque que la Confédération ne prendra plus en compte les emplois temporaires dans le calcul des périodes d'indemnisation du chômage.
Le Conseiller d'Etat François Longchamp l'a rappelé mardi soir, devant un parterre de chômeurs, de syndicalistes et de fonctionnaires concernés par ces mesures. Il s'est également élevé, au passage, contre la mauvaise foi des opposants, qui mettent en avant le taux de réinsertion de 30% à l'issue des emplois temporaires... alors que le taux de réinsertion est supérieur chez les chômeurs de même durée qui ne recourent pas à ces emplois !
Mauvaise foi crasse encore de la part de certains syndicalistes qui reprochent à la loi son imprécision sur les salaires envisageables avec certains systèmes d'aide, alors que ce sont précisément les mêmes qui ont refusé d'aborder la question lors des consultations paritaires de préparation de la loi.
Comment comprendre que Genève est à la fois le Canton suisse qui crée le plus d'emplois tout en ayant le plus fort taux de chômage, alors que c'est le seul à disposer de mesures cantonales spécifiques? Tous les autres s'en passent et se contentent des mesures fédérales. Or ils sont plus efficaces dans la lutte contre le chômage en dépit de potentialités économiques moindres. Les différences culturelles ou la région frontalière n'expliquent pas tout. D'autres cantons frontières, comme Bâle, font beaucoup mieux. Il y a forcément quelque chose que nous faisons faux.
C'est sur la base de ce constat que les professionnels mandatés par François Longchamp ont entamé un tour de Suisse qui leur a livré quelques enseignements et de nombreuses pistes d'amélioration. L'une d'elle était l'accélération des procédures d'inscription et c'est chose faite. Ce qui a d'ailleurs valu un pic d'inscriptions nouvelles en septembre, dans un trend globalement dégressif depuis plusieurs mois, sous la poussée des nouvelles mesures de réorganisation qui avaient déjà pu être mises en par le Conseiller d'Etat.
L'office de l'Emploi a du en effet concentrer en 3 semaines l'équivalent de ce qu'il absorbait d'habitude en six. Aujourd'hui la cadence a pris son nouveau rythme de croisière et l'on a vu, pour le dernier mois et pour la première fois, c'est un scoop, le chiffre du chômage baisser à Genève… alors qu'il augmentait en moyenne suisse!
Voilà le signe indubitable que l'on est sur la bonne voie, que Genève n'a pas forcément vocation à être le cancre de la classe helvétique. Alors ne gâchons pas cette entame prometteuse et votons oui à la loi sur le chômage, le 16 décembre.  

Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Souaille,

vous dites je cite : -"pour le dernier mois et pour la première fois, c'est un scoop, le chiffre du chômage baisser à Genève… alors qu'il augmentait en moyenne suisse!"

C'est faux, et cette baisse correspond aux effets de vase communiquant et non à une reprise miraculeuse de l'embauche de chômeurs. Pour vous en convaincre, l'explosion des aides de l'Hospice...

Les chiffres statistiques, bien étiquetés donnant cette impression au simples citoyens, mais pas aux professionnels du domaine.

Vous citez encore, je cite : "C'est sur la base de ce constat que les professionnels mandatés par François Longchamp ont entamé un tour de Suisse".

Ce passage m'interpelle particulièrement parce que je fais partie de ce qu'on appelle les professionnels du "chômage" et je n'ai jamais, mais jamais vu un professionnel mandaté par M. Longchamp venir nous poser la moindre question... ?

Mais je vous rejoins, effectivement la loi "Longchamp" fera baisser le chômage, en augmentant sensiblement les personnes à l'aide sociale.

Alors, si j'étais un Radical Genevois, je me méfierai du retour des chiffres si cette loi passait, parce que vous auriez à assumer une toute autre réalité budgétaire et sociale : la hausse des personnes prises en charge par l'Hospice Général. Et par voie de conséquence, nous Genevées et Genevés, devront contribuer...

Il est certain que M. Longchamp était de bonne foi lorsqu'il a rédigé cette loi, qu'il est empreint d'une bonne volonté évidente, mais cette loi est dans les faits inapplicable et surtout : une catastrophe annoncée.

Nous verrons si cette loi passe, mais j'espère sincèrement que les Genevois la refuseront.

Bien à vous M. Souaille,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 05/12/2007

C'est pour cette raison que moi, me considérant un peu de gauche, j'ai choisi de soutenir cette loi.

(Même si j'ai beaucoup hésité...)

Comme les Verts.

Écrit par : Luner | 05/12/2007

Vous avez prfaitement raison, M.Luner, d'autant que même au sein du PS, le débat a été très serré, idem chez les syndicats.
Quand à Stéphane, je ne sais pas ce que vous voulez dire par "professionnel du chomâge". Cela signifie-t-il que vous êtes un chômeur professionnel ou ou quelqu'un dont el métier est de s'occuper des chômeurs, ce qui n'a rien à voir ?
Dans le cas ci-dessus, ce sont des cadres de l'Office de l'emploi qui ont été chargés d'aller voir ailleurs comment c'était. Non pas à Genève, mais ailleurs en Suisse. Comme vous êtes à Genève, si j'ai bien compris, il n'y avait aucune raison que vous soyez consultés.
Enfin sur le transfert de cas de chômeurs en fin de droits dans les comptes de l'Hospice Général, je vous rappelle que la loi n'est pas encore entrée en matière. Elle ne peut donc pas déployer ses effets. Or elle prévoit précisément un certain nombre de mesures pour faciliter effectivement la réinsertion et le retour à l'emploi des chômeurs de longue durée.
Dans le système actuel, il s'agissait essentiellement d'artifices pour prolonger au maximum la durée de l'indemnisation, ce qui n'est pas du tout la même chose et concourait au contraire à installer les gens de manière durable dans le chomâge, sans qu'ils ne soient réellement motivés à en sortir.
Il y a un moment où il faut choisir entre l'assistance publique et un travail honnête, fut-il en dessous de ses aspirations légitimes. Afin que l'assistance publique puisse continuer de bénéficier à ceux qui n'ont vraiment pas les moyens physiques, psychiques ou intellectuels de faire autrement.
Comment pouvez vous annoncer le résultat d'une loi et de mesures sociales avant qu'elles ne soient entrée en fonction? Seriez-vous devin ? Je ne le suis pas en tout cas et ce que je peux vous annoncer, c'est que si la loi ne passe pas, les emplois temporaires ne donneront de toute façon plus droit aux indemnités fédérales de chômage. Ils perdront donc leur raison d'être. Alors on fait quoi ?

Écrit par : Philippe Souaille | 06/12/2007

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Souaille,

l'ensemble de propositions de la nouvelle loi ne sont pas mauvais, la prise en charge plus rapide, l'orientation immédiate dans des formations spécialisées est un grand pas en avant.

Je serai le premier à soutenir cette loi si le canton de Genève n'avait pas encore une fois courber l'échine face à Berne comme il l'a fait pour la réduction des 520 jours. Si mes informations sont exactes, les salaires versés par les mesures contonales n'échappent pas aux cotisations obligatoires... Donc de quel droit, la Confédération se permetttrait elle d'encaisser des participations, sans pour autant respecter le droit à l'indémnisation des assurés ?

Existe t'il la moindre jurisprudence fédérale qui le leur permette ?

D'autre part, vous attirez mon attention sur un passage au combien déplaisant et fort déplacé, je cite : "Non pas à Genève, mais ailleurs en Suisse. Comme vous êtes à Genève, si j'ai bien compris, il n'y avait aucune raison que vous soyez consultés."

Ah bon ?... Tiens... donc...

Pour répondre à votre interrogation légitime, non je ne suis pas un chômeur professionnel, mais un professionnel du chômage au contact quotidien avec les chômeurs, dans une structure qui affiche un taux de replacement direct de 23,3 %...

A ce titre, je peux me prévaloir d'avoir participé de manière active au replacement d'un peu plus de 120 chômeurs.

A cet effet, je pense que nous aurions pu participer à la consultation car si j'en crois le sous entendu de vos propos, les professionnels genevois du chômage seraient des billes, ce qui est pour le moins incongru.

Mais bon la soupe est toujours meilleure ailleurs.

Un dernier point vous citiez Bâle en exemple, alors vous devriez revoir vos statistiques car le chômage progresse tant à Zürich qu'à Bâle.

En résumé, il y a beaucoup de nouveautés dans la loi proposée par M. Longchamp dont nombre sont véritablement des avancées, cependant, il y a des lacunes, ce n'est donc pas une critique de l'ensemble de la loi, mais des conséquences directes de certains passages.

Une critique n'est pas obligatoirement négative, au contraire, elle permet de signifier des lacunes qui devraient, à mon humble avis de professionnel partgagé par nombre de mes pairs, être corrigées.

Bien à vous M. Souaille,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 06/12/2007

Cause toujours mon lapin?????

Écrit par : pierre | 06/12/2007

Cher Monsieur,
le but affiché était d'aller voir ailleur, pas d'ausculter le système genevois, supposé connu, puisque précisément ce sont des responsables de ce-dit système qui ont été voir ailleurs si c'était mieux et s'il y avait des idées à tirer.
Par ailleurs, Bâle comme Zurich voient leur chomâge augmenter, mais ils créent moins d'emplois que Genève, et ils restent très en dessous de nos chiffres.
Enfin, je ne sais si les cotisations sont effectivement prélevées, je vais me renseigner, mais dans tous les cas de figure, il n'est pas prévu qu'un canton s'oppose à la loi fédérale. La lettre avertissant Genève de cette situation a d'ailleurs été signée par notre Conseillère Fédérale, Madame Calmy-Rey, socialiste, en personne.
Si vous reconnaissez dans l'ensemble, le bien fondé de la loi, je ne vois vraiment pas pourquoi vous vous y opposez sous prétetxe d'orgueil cantonal, peut-être justifié, mais en tout cas bien futile en regard du sort des chômeurs concernés.
Avec mes meilleurs messages

Écrit par : Philippe Souaille | 06/12/2007

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