21/12/2007

Zoé au Darfour

Le procès a commencé à N'Djamena.

Les avocats espèrent une condamnation rapide, suivie d'une décision politique humanitaire tout aussi rapide. Espérons-le, ces gens ne méritent pas de mourir condamnés aux travaux forcés sous le soleil tchadien.

Quelque chose d'intéressant est déjà sorti du procès. Le témoignage d'un intermédiaire soudanais, chargé de livrer les enfants, inculpé lui-aussi et qui, le pauvre, semble n'avoir aucune chance de s'en sortir...

Cela m'étonnerait que Sarko le mette aussi dans son joli avion. Le type a expliqué pourquoi il avait livré des enfants tchadiens plutôt que soudanais. Tout simplement parce que les parents des enfants le soudoyaient pour ce faire. Ce que les parents aujourd'hui nient, bien évidement. Mettez vous à leur place: tout le Tchad, y compris l'impitoyable garde présidentielle a les yeux rivés sur eux.

C'est ce que je dis depuis le début. Quitter cette brousse inhospitalière et si dure à vivre, c'est le rêve de l'immense majorité des parents et des enfants là-bas...  Le reste n'est que tapage médiatique et écran de fumée. 

Commentaires

Ouais.Et la solution pour les Africains, c'est de se faire adopter par les bourges dans votre genre ? Génial.

Écrit par : Géo | 22/12/2007

Je n'ai jamais dit cela.
Je viens même d'écrire un livre (l'Utopie Urgente, éd. Slatkine) pour décrire ce que je considère être la seule solution: un gouvernement mondial et un sérieux plan Marshall.
Je dis juste que le désir des gens là-bas, et je les comprends pour y avoir été, c'est de s'en aller. Surtout maintenant qu'ils ont appris par l'image comment c'était ailleurs. D'ailleurs, ils ont donné trois garçons pour une fille.
J'ai réalisé un film (Pauvres Riches) l'an dernier, dans lequel on voit très bien que les enfants des villages rêvent d'exil, tandis que les enfants de l'élite gouvernementale (au Togo, mais c'est pareil partout), mieux informés et donc aussi plus revendicatifs à l'égard de l'Europe, mettent en avant leur fierté nationale... Tout en rêvant eux aussi des bras chargés de cadeaux de leurs oncles ou tantes parvenus à s'immiscer en Europe à chaque fois qu'ils rentrent au pays.
J'ajoute que la mère de mon fils est africaine. Nous avons été mariés douze ans. Et chaque année elle recevait 3 ou 4 lettres de nouveaux "cousins", inconnus jusqu'alors, qui proposaient de nous envoyer un(e) de leurs enfants.
Nous ne l'avons jamais fait. Ceci étant, je considère que Malthus n'avait pas entièrement tort et que si l'on ne veut pas épuiser la planète tout en accroissant le niveau de vie moyen, il faut contrôler l'expansion démographique, qui ralentit rapidement en Afrique, mais reste au-dessus de taux de croissance économique frôlant les deux chiffres.
Nous ne faisons plus assez d'enfants pour les besoins de notre économie, l'Afrique en fait encore trop pour les possibilités de la sienne.
Un peu de vases communiquants, si ce n'est pas mon choix personnel, ne me parait pas être une stupidité. Ni au niveau macro-économique, ni au niveau individuel.
J'invite toute personne, européenne ou africaine qui osera prétendre le contraire à aller vivre un mois dans les conditions d'un enfant dans un village de la région d'Abéché ou du Darfour voisin. On en reparle à son retours.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/12/2007

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