23/12/2007

Trêve de Noël ?

Mélanie Delloye, la fille d’Ingrid Betancourt l’affirme : « Le jour où les 3 otages seront libérés, le monde ne pourra nier, que les Farc auront fait un geste de bonne volonté, un geste unilatéral".

Non Mélanie, désolé, le geste ne sera pas unilatéral. Ni même de bonne volonté. Il sera un tout petit début de réponse à la libération de plus d’une centaine de guérilleros des FARC par le Gouvernement, incluant l’un de leurs chef, Rodrigo Granda. Une libération (intervenue ce printemps à la demande de Nicolas Sarkozy et restée effectivement unilatérale jusqu’à présent) du quart des effectifs emprisonnés, tandis que les FARC, en réponse, n’envisagent de libérer que 3 de leurs otages sur 3000…

Pourquoi ne pas avoir libérée Ingrid, qui ne va pas bien du tout, en gage de bonne volonté ? Si elle n’avait pas pris une telle valeur médiatique, peut-être aurait-elle pu faire partie du voyage...

Pour autant que voyage il y ait et que les 3 soient effectivement libérés. De plus en plus habiles, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie ont en effet trouvé l’excuse pour ne pas le faire : « Si les trois otages ne sont pas libérés rapidement, c’est la faute du gouvernement colombien, qui poursuit ses manœuvres militaires et pilonne les zones FARC» estime la sénatrice chaviste colombienne Piedad Cordoba.

D’ici à ce qu’ils les livrent morts, victimes soit disant d’un bombardement, il n’y a pas loin. C’est déjà ce qu’ont essayé de prétendre les FARC au-sujet des 15 sénateurs assassinés ce printemps, en réponse justement à la libération des guérilleros. Chacun d’en eux est mort d’une balle dans la nuque comme l’ont finalement montré les autopsies pratiquées sous le contrôle de légistes internationaux. Les FARC, repris par la presse internationale qui n’a pas démenti depuis, accusaient les balles perdues d’une intervention militaire gouvernementale, alors qu’ils les ont tout bonnement exécutés !

Si les FARC avaient vraiment l’intention de libérer les otages, il y aurait une solution simple : accepter la zone de négociation proposée par l’église et garantie par la communauté internationale. Ou même simplement déterminer un périmètre d’échange dans une zone précise qui pourrait être elle aussi garantie par les observateurs internationaux.  Mais cela les FARC le refusent, et ce que demande implicitement la sénatrice amie de Chavez, c’est un cessez-le-feu général, entretenant le flou le plus artistique sur le lieu où seront livrés les otages.

Cela peut-être au Brésil, en Equateur ou à la frontière du Venezuela… Mais pas au Venezuela, bien sûr, parce que cela confirmerait ce qu’affirmait le quotidien madrilène El Pais en début de semaine, à savoir que les FARC ont mis leurs camps d’entraînement à l’abri sous l’ombrelle de Caracas et très vraisemblablement leurs camps de prisonniers aussi. Ce que Chavez ne saurait admettre publiquement, ni même sous l’œil des satellites et des moyens électroniques de surveillance… Parce que ce serait reconnaître ses visées expansionnistes : la Colombie est le seul pays de l’ancienne république bolivarienne qui échappe encore à son emprise, qui plus est avec les meilleurs résultats économiques de la zone.

C’est un fait : il est devenu très difficile de véhiculer les otages en Colombie même, car les zones de non-droit dans lesquelles évoluaient les FARC ont été singulièrement réduites. Formellement, même, il n’y en a plus. Il y 6 ans, 400 municipios, sur les 1093 que comptent le pays étaient dépourvus de présence policière. Aujourd’hui, il y a au moins un poste de police dans chacun d’entre eux. Et si les attaques de ces postes ont été fréquentes et meurtrières au début, elles le sont de moins en moins.

Par ailleurs, les enlèvements sont aussi un business, aidant les FARC à payer les soldes des gamins qu’ils enrôlent. Pas facile de faire admettre à la base de les lâcher pour rien, alors que le Gouvernement a créé un fonds de 100 millions de dollars pour récompenser les guérilleros qui rendent leurs otages. « On n’achète pas les révolutionnaires », rétorquent leurs partisans, régulièrement démentis par les déserteurs mais aussi par le journal de bord de cette jeune hollandaise enrôlée dans les FARC, qui décrit une organisation gangrenée par une forte inégalité entre « les chefs qui ont tout et la base qui n’a rien. »   

Les FARC sont prises à la gorge, elles ont besoin d’air, n’ayant quasiment plus de territoire à elles. Ce qui ne les empêche pas encore de nuire. Comme la maffia en Sicile, ou plutôt la N’dranghetta en Calabre, à qui elles livrent la cocaïne et de qui elles ont appris les techniques d’enlèvement, elles survivent dans la clandestinité, notamment en « protégeant » toute la production de cocaïne et d’héroïne du pays. Entre le pétrole, les enlèvements et la drogue, les sources de revenus de cette révolution là ne sentent décidément pas très bon. Et puisque l’on parle de revenus, j’aimerai mettre les points sur les i. L’Ambassade de Colombie à Berne est l’un des clients de l’agence de communication que je dirige, ce qui représente environ 1% de notre chiffre d’affaires de ces 10 dernières années !

Je ne suis certainement pas le porte-parole du Gouvernement colombien, ni de son ambassade. Je ne partage absolument pas les convictions de M. Uribe sur un certain nombre de points. Je suis même opposé frontalement à son amitié avec MM Bush et Sarkozy. N’empêche que comme l’immense majorité des Colombiens, ce que je suis par mariage, j’approuve entièrement la politique de sécurité démocratique. Le Président colombien a explicitement été réélu pour la mener à son terme et le plus tôt sera le mieux.

Parce que les Colombiens en ont marre de la violence, de risquer l’enlèvement et le racket ou que leur passeport agisse comme un aimant auprès de tous les douaniers du monde. Les FARC en sont la cause, même s’il y a eu jadis des causes sociales et des responsabilités politiques expliquant leur création. Les FARC doivent admettre que dans un Etat de droit, ce qu’est aujourd’hui la Colombie, il n’y pas d’avenir pour l’opposition armée.

D’ici là, si elles souhaitent un cessez-le feu dans une zone précise et limitée pour procéder à l’échange, elles n’ont qu’à le demander. Si c’est raisonnable, elles devraient l’obtenir. Mais suspendre les opérations sur tout le territoire, faut pas rêver… A moins que, pour la trêve de Noël, et juste 24 heures ?

Commentaires

Traiter avec les communistes, alors que l'on ne sait même pas si Ingrid veut partir ou pas...à mon avis, elle s'est trouvé un amant excellent et ne veut par partir...à réflechir

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 23/12/2007

Monsieur, vous etes ignoble.
Il y a des limites à l'abjection et vous les franchissez allègrement. J'ai beaucoup hésité à autoriser votre message et finalement je l'ai accepté parce que je pense qu'il est éclairant sur votre forme de pensée et celle des gens de votre espèce.
Le fait d'avoir été Roumain sous Ceaucescu, comme vous l'expliquez par ailleurs, ne vous donne pas tous les droits. Votre discours intolérant et machiste me fait penser à celui des pires éléments des FARC. Entre le fascisme et le stalinisme,ou le "ceaucesquisme", les points de convergeance sont nombreux, vous en etes le parfait exemple.

Il est évident qu'il faut traiter avec les communistes, comme vous dites, c'est le seul et unique moyen de parvenir à terminer cette affaire désastreuse qui dure depuis un demi-siècle.
Seule la réconciliation permettra à ce magnifique pays qu'est la Colombie de vivre en paix. Et pas sur un champ de ruines ou sur des charniers.
La seule chose, c'est que les FARC doivent accepter les règles de la démocratie et comme elles n'en ont pas l'intention, à priori, il faut les y amener par une pression constante, psychologique, financière, militaire et internationale (qui fait singulièrement défaut pour l'instant).

A part ça, M. Mabut, grand maitre des blogs, si vous pouviez m'expliquer comment taper des circonflexes dans mes messages, cela m'arrangerait...

Écrit par : Philippe Souaille | 24/12/2007

Les abjections ne salissent que ceux qui les profèrent !
Il était donc inutile de répondre à ce "Roumain".
Pour bien démonter sa manière de faire je vais m' "amuser" à faire comme lui:
Monsieur Dumitrescu n'a pas subit les horreurs de Ceaucescu, mais y a participé. Ses propos actuels ne sont là que pour éviter qu'on en parle... à réfléchir !
ATTENTION ! Ce qui précède n'est là que pour illustrer le type de prose de Monsieur Dumitrescu et n'a très probablement rien à voir avec une vérité quelconque.

Écrit par : Bla-Blo-gueur | 24/12/2007

Excusez-moi de squatter votre blog pour faire suivre un message à ce Monsieur Dumitriescu. Je doute qu'il le publie sur son blog en réponse à son xème message haineux.

"demi treize coups" t'es exactement ce que tu prétends être: un nostalgique de cette grande et belle Roumanie, alliée, avec son église, aux nazis pendant la guerre, mais déjà très nazifiante avant. Tu n'es victime de rien, si ce n'est d'un quotient émotionel déficient et d'un intelect atrophié. Chaque fois que t'en prends au communisme pour faire semblant d'exister, explique aussi à tes lecteurs les crimes commis, sans l'ombre d'une hésitation par les Roumains contre les Juifs, les Roms, les minorités fontalières avant, pendant, mais aussi, pourquoi perdre les bonnes habitudes, après.
Tes diatribes débiles contre tout et n'importe quoi, contre tous et n'importe qui relèveront tôt ou tard du pénal. Même si tu fais très attention à ne pas commettre d'impair. A te lire, on comprend le succès de foule de la securitate...Parce que cette police là, elle se retoruve dans l'histore de la Roumanie communiste ou non.
Tu sais quoi "demi treize coups",? je plains l'UDC de devoir te compter parmi ses sympathisants. C'est te dire si politiquement tu te situes sous terre.

Écrit par : ron linder | 26/12/2007

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