29/12/2007

Histoires de chiffres

Pour les Zozos de l'Arche de Zoé, le montant de la rançon a été fixée : 6 millions d'euros, soit environ 100 000 Francs suisses par enfant. Soi-disant réservé aux familles.
Là j'ai nettement plus qu'un très gros doute.
Les familles n'ont pas eu leur mot à dire dans l'histoire et sont d'ailleurs encore dans le collimateur de l'appareil policier tchadien qui les suspecte mon sans raison d'avoir été activement consentantes.
Par ailleurs, le bénéfice annuel d'un paysan de la région d'Abéché, les bonnes années, après avoir vendu son coton et nourrit sa famille avec ses cultures vivrières, se monte péniblement à 50 ou 100 Francs. Sa part de la rançon (ou du dédommagement moral en d'autres termes) représente donc l'équivalent de plus d'un millier d'années de dur labeur…
Personne au Tchad ne va délivrer de telles sommes à des familles qui ne savent même pas ce qu'est un compte en banque. Par contre quelques intermédiaires vont bien en profiter, officiellement pour assurer l'avenir des enfants. Là, problème: soit cet avenir est assuré à l'orphelinat d'Abéché et reste contrôlable, mais les enfants sont bel et bien isolés de leur environnement familial, soit les enfants sont effectivement rendus à leurs familles, mais celles-ci ne voient pas la couleur de l'argent, puisque de toute manière, dans la logique locale, cela ne sert à rien au village. Ce qui est plus qu'à moitié vrai: il n'y a rien à acheter !
La brousse tchadienne est un des rares coins d'Afrique où l'on ne trouve même pas d'eau minérale, de vache qui rit ou de thon en boîte. Enfin, maintenant, avec la quantité d'humanitaires qui traîne dans le coin, l'approvisionnement a du un peu évoluer.
Comment faudrait-il utiliser cet argent ? En l'offrant aux familles, non pas aux 100 concernées, mais à 100 000 familles de la région, à raison de 100 francs chacune. Ce qui leur permettrait de s'offrir soit un toit en tôle, soit un vélo, ou de nouvelles semences. Et du même coup de faire marcher le petit commerce local plutôt que d'aller au pire dans la poche des gouvernants et au mieux, dans celles des associations humanitaires qui construiront en échange quelques puits ou une école, à grands renforts de matériaux et de technologies importées.
Quand aux zozos ils vont devoir répondre de leur vrai crime aux yeux de la justice française, ce qui a tout déclenché, bien plus qu'une soi-disant opération de politique tchadienne: la tentative d'introduction sur le territoire français d'étrangers mineurs sans titre de séjour.

Des milliards de primes

Et puisqu'on est dans les chiffres, celui-ci, cité par Yvette Jaggi dans le blog de Domaine Public sur ce site. 9 milliards de francs vont être distribués en prime aux employés de l'UBS. Elle semble s'en indigner, ce montant s'approchant de celui que va devoir investir Singapour après l'affaire des subprimes.
Cela parait énorme, mais il y a 78 000 employés à l'UBS. Tous ne vont de loin pas toucher une part équivalente. Mais pour les quelques milliers de traders et autres gestionnaires de fortune que comptent la banque, cette prime annuelle représente la plus grosse  part de leur (gros) salaire. Des milliers d'entre eux vont toucher plusieurs centaines de milliers de Francs chacun.
C'est beaucoup, mais eux ne sont en rien responsables des subprimes. La plupart ont fait très correctement leur boulot. Et si les primes ne sont pas payées, ils iront ailleurs, c'est la logique du système, ruinant définitivement la banque. Ce qui n'enlève rien au fait que tous ceux qui ont généré, ou couvert par leur autorité, la crise des subprimes devraient eux être sanctionnés.

Commentaires

Ce qui montre bien que le gouvernement tchadien a pris le très bon exemple que lui a donné Khadafi avec les infirmières bulgares!

Pour moi il vaut mieux laisser l'Afrique se débrouiller toute seule.

Je trouve que l'ensemble de cette affaire a des relents nauséabonds des deux côtés mais surtout de celui de ceux qui se plaignent!

Écrit par : Oscar Lathine | 02/01/2008

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