19/01/2008

Ramadan: fallait-il vraiment un avertissement?

Ainsi donc, le juge Paychère, dans la Tribune de ce jour, souhaiterait que durant cette campagne électorale, on parle uniquement de l'avenir de la politique judiciaire du canton et pas du passé. Malheureusement, on est bien obligé d'en parler du passé, et de l'action passée des hommes qui briguent un poste à responsabilité. Car c'est quand même à l'aune de cette action qu'on peut préjuger de l'impact de leurs décisions futures.
C'est comme ci Zapelli répondait aux critiques de Bertossa en affirmant: c'est le passé, parlons de l'avenir. Cela ferait rire tout le monde. Heureusement qu'il a d'autres arguments, notamment son bilan: en 6 ans, il a fait condamner deux fois plus d'auteurs de délits financiers que Bertossa en 12 années. Et sans coûter à l'Etat les dépenses considérables que les erreurs d'appréciation ou de préparation du PG socialiste ont engendrées en dédommagements divers et en vains procès.
Mais revenons à Paychère et à Ramadan. En l'occurrence, comme souvent, l'affaire se résume à une question d'interprétation du texte de la loi. En fonction d'à priori moraux, éthiques ou culturels. Il est évident que l'évaluation de l'opportunité de la sanction dépend de l'appréciation de la gravité de la faute. Si quelqu'un commet un crime, on ne va pas s'abstenir de le punir sévèrement sous prétexte qu'il n'a pas reçu d'avertissement préalable. Même si la récidive est un facteur aggravant.
Un licenciement pour faute grave, cela coule de source, si la faute est vraiment grave. En l'occurrence, qu'un fonctionnaire de l'Etat, enseignant qui plus est, fasse du prosélytisme religieux et justifie notamment la lapidation pour des questions de mœurs dans de grands journaux internationaux, cela, personnellement, me parait une faute grave, justifiant un licenciement sec. C'était d'ailleurs l'avis du conseil juridique du Conseil d'Etat de l'époque.
M. Paychère fut d'un avis différent. Il n'était pas tout seul, mais il était certainement le plus capé, du point de vue théorique, si l'on en croit la longue liste de ses publications universitaires. Capé au pont d'en perdre le sens commun?
M. Paychère est en effet également d'avis, comme M.Moutinot, qu'il est souhaitable que les inculpés sortent plus facilement de prison, même s'il est évident qu'ils devront y retourner après leur jugement. Pour M. Moutinot, c'est parce que les prisons sont pleines. Pour M. Paychère, c'est parce qu'il y a du courage à libérer quelqu'un… contre l'opinion publique, si je comprends bien ? Il se trouve que l'opinion publique vote, M. Paychère. Si je ne suis de loin pas toujours d'accord avec elle, force m'est de me rallier dans ce cas à la sagesse populaire, contrairement à vous.
Par ailleurs, qui, à l'époque a conseillé l'exécutif ? Qui était l'auteur de l'avis de droit qui avait conduit le Conseil d'Etat a prendre sa décision de licenciement de M. Ramadan, qui fut invalidée par le jugement auquel pris part M. Paychère. De quel parti était-il ? Quelles étaient ses fonctions antérieures ? La réponse risque d'en étonner plus d'un. Très chers lecteurs journalistes, mettez-vous en chasse… Il ne devrait pas être très compliqué de retrouver les archives et même les acteurs de cette époque pas si lointaine. Qu'attendez-vous ?

Commentaires

Pour cette élection, je crois que je voterais nul...

Entre Zappeli qui a classé une de mes plaintes, et l'autre jugé trop laxiste, et entre un UDC, mon choix est vite fait: un NUL!

Écrit par : Luner | 19/01/2008

Je crois surtout qu'il va falloir se souder pour que l'nquisition ne revienne pas en force à Genève.

Le plus curieux est que se sont les socialistes qui hier hurlaient dans les rues pour défendre les libertés et qui aujourd'hui passent des pactes avec toutes les nébuleuses dont le principal objet est de verrouiller nos libertés!

C'est toujours ce qui nous guette lorsque, naïvement on met l'égalité devant les libertés.

Il ne faut jamais oublier que Bertossa a été un inquisiteur pire que ce que les hordes d'Innocent III ont produit, il a jeté la honte sur des gens honnêtes.

Faut-il aussi rappeler que le scandale de la BCGe a été instruit par une autre PS Dumartheray et que, pour couvrir ses petits copains PS pris dans ce scandale, dont une conseillère fédérale et le sinistre des finances actuel.

Les radicaux étaient traités de "combinards" lorsqu'ils gouvernaient sans partage, les socialistes d'aujourd'hui sont des magouilleurs alors qu'ils partagent le pouvoir. C'est dire combien la déontologie de gouvernance a reculé!!!!

La faute de cette situation est aussi due au camp bourgeois, libéraux en tête, qui ont élu Moutinot pour sortir Micheline Spoerri!!!

Écrit par : John Desprez | 19/01/2008

Monsieur Desprez,
Il faut savoir raison garder, l'inquisition faisait griller les honnêtes gens ou les livrait à la torture. Très trés loin des pratiques de M. Bertoosa. Ne méalangesons pas tout. Quand à vos allusions à la BCGe, elles sont pour le moins floues. Soit vous avez des faits précis, ou des présomptions sérieusement étayées, soit vous n'en avez pas et dès lors, vous feriez mieux de vous abstenir de porter des accusations ou des insinuations gratuites.
Quand à M. Luner, c'est votre droit de voter nul, mais il me semble qu'un vote citoyen responsable devrait faire abstraction de ses intérêts purement personnels pour penser à l'intérêt général. C'est sans doute utopiste, mais si l'on agissait plus souvent ainsi, Genève souffrirait moins de blocages en tous genres.

Écrit par : Philippe Souaille | 19/01/2008

Je vais voter pour Daniel Zappelli, coûte que coûte et influencer ceux que je côtoie à en faire de même.
Pour une véritable justice !
On en a besoin !
Bravo à vous, M. Souaille..de nous retrouver des faits...!

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 20/01/2008

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