27/01/2008

Manifestation contre les FARC à Genève

Dans le monde entier, vont se tenir le 4 février, des manifestations de soutien à la démocratie en Colombie. Partout où se trouvent des colombiens ou des amis de la Colombie, ils se dresseront pour dire non aux FARC, à leurs violences et à leur chantage odieux. A Genève, ce devrait être à midi, sur la Place des Nations. Tous les démocrates sont les bienvenus.

Il est clair aujourd'hui que ce dont la Colombie a besoin, c'est d'en finir avec ces guérillas absurdes. Le consensus est général, là-dessus, dans le pays et même à l'extérieur. Même si en Suisse et en France, la guérilla jouit encore du soutien d'observateurs désinformés, ou basant leur jugement sur des constats vieux d'une ou deux décennies. Le seul vrai débat aujourd'hui porte uniquement sur les moyens de parvenir à la reddition des FARC

Une fin nécessaire, parce que les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie- Armée Populaire ne servent à rien, ni à personne, hormis peut-être à leurs chefs, pour qui elles sont devenues un mode de vie. Elles ne servent même plus aux guérilleros de base, des mômes engagés pour le prestige du fusil et pour un salaire 2 à 3 fois supérieur à ce qu'ils gagnaient comme paysans. Seulement les conditions de vie dans la jungle sont de plus en plus pénibles et celles du dehors s'améliorent… Alors le jeu n'en vaut plus la chandelle.
Quand à la classe ouvrière et aux paysans, il y a bien longtemps que les FARC ne leur servent même plus de contre-pouvoir à la toute puissance des latifundiaires. Les réformes agraires, sociales et démocratiques sont en route. La Colombie se modernise à grande vitesse, les élites intellectuelles et économiques ont suffisamment voyagé pour comprendre qu'il valait mieux partager davantage que d'avoir à vivre l'arme au pied… et que la stabilité qui en résultait permettait une progression économique et donc un niveau de vie bien supérieur. Pour tous.

Les FARC desservent même la gauche démocratique – qui dirige les plus grandes villes du pays - en l'empêchant d'arriver au pouvoir tant qu'elles subsisteront. Le vote et la démocratie sont aujourd'hui clairement la meilleure arme, la plus efficace, pour assurer le changement et l'évolution.

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Des mégapoles modernes entourées de jungle 

Le problème donc, c'est comment se débarrasser de ces guerriers parasites. En 50 ans, toutes sortes de moyens ont échoué, toutes les négociations ont été tentées. La seule chose qui marche, et que n'avait réussi aucun gouvernement auparavant, c'est la force, basée sur une reconquête méticuleuse d'un territoire très spécial. Les grandes villes (Bogota, 8 millions d'habitants), oupulentes, industrieuses et cultivées, vivent dans un climat tempéré toute l'année grâce à l'altitude, ou baignées d'une douce chaleur caraïbe permanente (Cartagena de Indias). Elles sont cependant entourées, au pied des montagnes, de jungles immenses, quasiment inhabitées et inhospitalières. Comme si Genève ou Paris étaient plantées au milieu de la jungle congolaise. 

Les combattants de base sont consignés dans cette jungle, mais les chefs, eux vont et viennent et disposent de suffisamment d'argent pour s'assurer de complicités jusque dans les villes. Imaginez que la Rote Armee Fraktion, les Brigate Rossi ou Action Directe soient parvenus à réunir plusieurs milliers de mercenaires (non par conviction politique, mais en leur offrant un niveau de vie inespéré), sans rien renier de leur violence et de leurs pratiques barbares.

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L'enlèvement de D. Voynet 

Imaginons l'enlèvement de Dominique Voynet ou de José Bové par ces exaltés accumulant les crimes, fusillant sans hésiter un petit matin, toute une escouade, 99 de leurs propres combattants, parce que leur chef a une divergence idéologique mineure ? Exécutant 11 députés régionaux pour envoyer un message au Gouvernement ?
Faudrait-il suspendre les opérations militaires pour ne pas risquer de blesser l'otage? Otage qui au demeurant se serait jeté lui-même dans la gueule du loup, convaincu que ces ennemis du grand capital n'allait pas lui faire ça ?
Sachant que les vies de centaines d'autres otages sont en jeu, que ces fous criminels continuent de tenter d'enlever des gens, qu'ils vivent de cela autant que de la drogue et que la seule chose qui réduit leur capacité de nuire, c'est la pression militaire, que feraient nos gouvernements ? Que voudrions nous qu'ils fassent, sachant que ces dernières années, 500 otages ont été libérés à la faveur de combats menés par les forces de police ou de l'armée, bien davantage qu'en 20 années de négociations ?

Commentaires

Je vous rappelle simplement que Mme. Betancourt Ingrid, s'est rendue d'elle-même chez les FARC, en signant aux militaires qui lui déconseillaient d'empunter une route dangereuse, des documents qui déchargent l'Etat Colombien de toute responsabilité. Elle est irresponsable, contrairement à D. Voynet...quant à José Bovet, il a été condamné à la prison...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 28/01/2008

Je fait partie des nouvelles générations de la Colombie. Vous décrivez exactement ce que nous ressentons. Nous ne comprenons pas la pseudo lutte des FARC. Nous ne comprenons pas leur violence gratuite. Nous voulons changer notre pays mais par la voie de la démocratie. Et cela est possible. Ce sont les FARC qui nous bloquent.

Écrit par : Tina | 28/01/2008

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