29/01/2008

Où commence la complicité ?

Un millier de jeunes genevois entrent ce soir, à 18ans, sinon dans l'âge adulte (laissons leur encore un peu de temps), du moins dans la maturité politique et le plein exercice de leurs droits. 

Il est pour le moins curieux que la Ville de Genève ait jugé bon d'inviter Astrid Betancourt, la sœur d'Ingrid, à s'exprimer seule devant eux. Sans l’ombre d'un débat, que le simple esprit démocratique réclamerait. Le point de vue de Mme Betancourt est en effet compréhensible, mais très particulier. Elle aime sa sœur et c'est normal, mais aveuglée par cet amour, elle ne se rend pas compte que son action aide les FARC à continuer d'exister, à enlever et massacrer de nouvelles personnes innocentes. Les FARC, ces bourreaux de sa propre sœur.    

L'histoire personnelle d'Ingrid Betancourt jusqu'à son enlèvement est déjà en soi admirable. Si j'avais été colombien, j'aurais sans doute voulu voter pour elle. Mais je ne suis pas sûr que, vivant dans sa chair la barbarie des FARC et connaissant son amour des gens et de son pays, ainsi que ses tentatives d'évasion,  marques d'un courage indomptable, je ne suis pas certain qu'elle approuverait l'attitude de certains membres de sa famille.

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La vie vaut plus que tout. 

La vie d'une personne vaut plus que tout. Sauf que la vie de centaines d'autres personnes et que l'avenir de tout un pays. Or c'est bien de cela qu'il est question.

20 ans de négociations n'ont abouti à rien. La stratégie militaire du Président Uribe est en train d'aboutir. Les FARC sont aux abois. Seulement, l'alliance (regrettable de mon point de vue, mais économiquement nécessaire) d'Uribe avec Bush risque fort de lui coûter, demain, le soutien du congrès étasunien dominé par les Démocrates.

Les sympathisants des FARC font flèche de tout bois pour y parvenir, et pour empêcher que le soutien européen ne prenne éventuellement le relais. Pour discréditer Uribe, ils s'appuient sur certaines familles d'otages, en mélangeant d'horribles exécutions de syndicalistes par les para-militaires à des règlements de comptes, encore plus nombreux, entre syndicalistes guérilleros de factions opposées.

Les syndicalistes européens restent muets sur ces exécutions internes à l'extrême gauche, tandis que les liens passés de certains proches d'Uribe avec les para-militaires sont montés en épingle.

Il a pourtant fait déférer tout le monde en justice !

Les ONG humanitaires lui reprochent des condamnations trop légères (alors que c'était le deal permettant la reddition et le  désarmement des "paras") … mais réclament implicitement des condamnations plus légères encore pour les chefs des FARC, qui refusent toujours ces conditions "trop favorables".

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La lutte se mène donc autant sur le terrain militaire de la jungle que sur celui des opinions publiques mondiales. C'est pour les FARC une question de vie ou de mort, une lutte contre la montre. Obtenir un répit et l'arrêt de la progression militaire gouvernementale avant qu'il ne soit trop tard. Avant que la paix ne soit revenue et le silence des armes obtenu en Colombie.

Parce que c'est très exactement de cela qu'il s'agit.
Certes, des otages risquent d'être tués dans les opérations, surtout si les FARC les exécutent, comme ils l'ont fait des onze députés l'an dernier.

Mais si la pression est telle que la fuite parait impossible, on peut aussi penser que les FARC voudront sauver leur peau. Conserver les otages en vie parait un bon moyen d'augmenter leurs chances d'y parvenir.

Uribe est en train de gagner la guerre contre le terrorisme et la barbarie dans son pays. Il a fait plus que n'importe qui pour y consolider la démocratie et le droit des gens à vivre libre et prospérer en paix. Même si tout ce que ses ennemis racontent sur ses proximités douteuses était vrai, ce qui n'est pas le cas, cela ne changerait pas cette réalité là.
En attaquant inutilement le Président Uribe et son gouvernement démocratique, les comités de soutien à Ingrid agissent donc ... en soutien objectif des FARC. Curieusement, on y trouve fort peu de colombiens. Des européens, des chiliens, des argentins, qui ne connaissent pas la situation colombienne et la voient à travers le prisme de leurs propres dictatures passées. Les colombiens, eux, savent où trouver la démocratie et la liberté en Colombie: aux côtés du Gouvernement, contre les FARC. Ils le rappelleront d'ailleurs lundi prochain à midi sur la Place des Nations.

Commentaires

Oulah... la démocratie du côté du gouvernement? Vraiment vraiment pas si sûr... quand on sait que 3000 élus/militants de l'Union Patriotique ont été assassinés par des paramilitaires commandités par le gouvernement. Même si les méthodes des FARC sont ignobles, inhumaines en plus d'être totalement contre-productives, je pense que cette guérilla n'est pas seulement l'oeuvre de fanatiques assoiffés de sang, mais aussi de gens qui n'ont pas d'autre moyen de s'exprimer politiquement, parce que la "démocratie actuelle" trouve toujours le moyen de se débarasser des voix dissidentes...

Mais je ne les défends pas, j'essaie juste d'expliquer.

Écrit par : Sandro Minimo | 29/01/2008

Le problème, M. Minimo, c'est qu'un tas de gens parlent de la Colombie sans connaître. Et que ceux qui ont accès aux médias européens sont toujours les mêmes. Des as de la désinformation, au point que les meilleurs journalistes - dont bien peu sont allés sur place, ont fini par se laisser avoir.
Les 3000 militants de l'Union Patriotique assassinées ignomineusement, c'était il y a 20 ans....
Certains par des bandes maffieuses liées au trafic de drogue, d'autres par les para-militaires et enfin un nombre non négligeable dans des règlements de compte entre le M19, l'ELN et les FARC, trois mouvements de guérillas marxistes violemment ennemis. A l'époque une partie de l'extrême gauche avait décidé de tenter le jeu des élections et de la démocratie parlementaire... tout en prenant d'assaut le palais de justice de Bogota à la mitrailleuse !
Il n'y a pas que les FARC qui ont été échaudées par les précentes tentatives de paix...
Cela étant les élections en Colombie se déroulant tous les 4 ans, il y a eu plusieurs gouvernements depuis cette époque, de partis politiques opposés, ayant des visions totalement opposées sur la manière de traiter le problème des FARC. Comme si l'on rendait aujourd'hui Sarkozy responsable des saloperies commises sous Mitterand, du Rainbow Warrior aux Irlandais de Vincennes en passant par les écoutes téléphoniques.
CE N'ETAIT PAS LE MEME GOUVERNEMENT !

Écrit par : Philippe Souaille | 29/01/2008

Lors de sa conférence de presse, Astrid Betancourt a ainsi accumulé un certain nombre de mensonges et de contre-vérités, toutes à l'encontrre du Gouvernement évidemment, qui semble sa cible favorite et qu'elle met sur le même plan, voire pire que les brigands des FARC. Etrange conception de la démocratie, même si au fond tout cela n'est qu'une vendetta.¨
L'homme avec lequel la mère d'Ingrid s'était engagé en politique après son divorce a été assassiné par des "sicarios" il y a 22 ans. Il combattait la corruption et le trafic de drogue. Le père de l'actuel Président, avant d'être lui assassiné par les FARC (ce qui est établi, contrairement à ce que clame partout un député PDC de mes amis) a été accusé d'avoir frayé avec les trafiquants à cette même époque.
Son père, pas lui ! Depuis quand les fils doivent-ils payer pour les pères ? Mais apparemment, les soutiens à la famille Betancourt n'ont pas encore compris ce principe élémentaire de justice.
Alavro Uribe, tout au contraire, a été le fer de lance d'une rebélion populaire qui a commencé par sortir les cartels du jeu politique, puis les para-militaires.
L'extrême-gauche, et la famille Betancourt, continuent de l'accuser d'être mêlé au trafic de drogue, alors qu'il concentre en ses mains toute la puissance de la DEA en Colombie. L'organisme étasunien de lutte contre la drogue est-il à ce point stupide qu'il puisse laisser un agent des trafiquants à cette place ? Ce en dépit de toute la publicité faite autour de son cas ?
Je déteste Bush, mais ça, j'ai un peu de mal à le croire. De même que je ne crois pas une seconde que la DEA soit le maître d'oeuvre ou même tolère le trafic... En matière d'activités secrètes, on en a vu d'autres, mais là franchement c'est de la parano !
Ce n'est pas le seul mensonge d'Astrid Betancourt, pour qui les FARC seraient encore 17 000, alors que le cfiffre reconnu aujourd'hui est de la moitié, à cause des désertions de plus en plus nombreuses.
Selon Astrid également, le Gouvernement colombien a besoin de la guerre, qui lui procure des revenus, grâce auxquels il peut baisser les impôts et se faire bien voir des classes dirigeantes. Stupidité! Qui prouve la déconnexion d'Astrid d'avec son pays d'origine:
Uribe a fait voter voici plusieurs années un impôt spécial de guerre, qui a permis de recruter et de former des dizaines de milliers de policiers et soldats. Il est très lourd et ce sont les classes possédantes qui le paient. Certains d'ailleurs seraient prêts à se contenter d'un confinement des FARC dans leurs réduits actuels pour ne plus avoir à le payer.
Si les FARC rendent leurs prisonniers, le qualificatif de terroristes pourrait leur être enlevé mais, selon Ingrid, le Gouvernement s'y refuse. Faux: Uribe a déclaré la semaine dernière qu'il était tout à fait d'accord, pour autant que cela se passe effectivement dans cet ordre là. La libération des prisonniers entraînant l'effacement de la liste des terroristes.
Les FARC, dit encore Astrid, font ce qu'elles disent et ne mentent pas. Elles ont libéré Clara et Consuelo, mais qu'a fait le Gouvernement ?"
Le Gouvernement d'Uribe a libéré une centaine de guérilleros prisonniers en juin dernier. En même tant que Rodrigo Granda, l'un des chefs des FARC…
Ce à quoi, les FARC on répliqué en assassinant onze parlementaires, d'une balle dans la nuque comme l'a prouvé la commission légiste internationale. Une balle bien propre, pendant qu'ils se lavaient les dents et pas des balles perdues au milieu d'un combat, comme le prétendaient ces FARC qui ne mentent jamais…
Où est l'objectivité dans tout cela ? L'étonnant, chère Astrid, c'est que tant de journalistes, n'étant jamais allés en Colombie, continuent à boire vos paroles. Et à les retransmettre.
Au fait, les FARC ont promis en 2006 aux électeurs Colombiens, durant la campagne électorale, que si Uribe était réélu, Ingrid resterait emprisonnée 4 ans de plus. Il fut réélu avec 62% des voix.
Si les FARC ne mentent jamais, comme l'affirme Astrid, il ne reste plus qu'à attendre 2010… ou que la police délivre Ingrid, comme elle a délivré 500 otages dans des opérations militaires depuis deux ans !.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/01/2008

"""Lorsque les pourparlers avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie sont arrêtés en février 2002, le gouvernement d'Andrés Pastrana donne l’ordre à l’armée de reprendre la zone de 42 000 km carrés cédés[réf. nécessaire].

Le 23 février 2002, le président Pastrana part en hélicoptère vers San Vicente del Caguán dans le but de rendre officielle la présence des forces armées dans la commune. Les autorités refusent à Íngrid Betancourt la possibilité de voyager par voie aérienne avec les journalistes qui accompagnent le chef de l’État. Alors en campagne présidentielle, Ingrid décide d'aller tout de même soutenir le maire de San Vicente del Caguán, membre de son parti politique.

Íngrid Betancourt prend la route de Florencia (capitale du département) qui mène à San Vicente del Caguán, malgré les avertissements du gouvernement lui signalant la présence de guérilleros procédant à des barrages en certains endroits de la route. Alors qu'une dernière barrière militaire empêche le convoi de continuer et que les militaires annoncent la présence des guérilleros quelques kilomètres plus loin, la candidate donne l’ordre à son conducteur de poursuivre sa route après avoir signé un document dans lequel elle se rend responsable de cette décision. Íngrid Betancourt et Clara Rojas passent plusieurs barrages des FARC jusqu'à ce qu'elles soient arrêtées"""
Précisons que le Président Uribe, qui fut élu lors de cette élection, avait contre lui un candidat soutenu par Pastrana et qu'il n'est pour rien dans toute cette histoire.

Un peu de vérité !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 30/01/2008

C'est systématiquement que la famille Betancourt s'en prend au président démocratiquement élu, Alvaro URIBE.
Question légitime : POURQUOI ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 30/01/2008

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