30/01/2008

La pub subliminale du PS de la Ville

Hier soir, Manuel Tornare marchait sur des œufs. Pour la soirée citoyenne, la Ville avait invité un millier de jeunes de 18 ans du Canton à venir voir le PS faire sa pub subliminale. Oh, pas grossièrement, non tout en finesse, dans la dentelle.
Ainsi on fait venir Franz Weber à quelques semaines d'une votation qu'il a initiée contre les avions militaires. On fait de fines allusions aux Alpes, sans parler directement de son initiative. Le but est atteint : imprimer dans l'esprit des jeunes une image favorable du bonhomme et de ses combats. Il le mérite bien d'ailleurs, mais pas à quelques jours d'une votation sur les avions de chasse !

Que l'on soit d'accord ou pas avec les activtiés militaires, ce n'est pas une manière de faire. Certes, la gauche en ville est maîtresse chez elle, mais elle sous-traite également la manifestation pour un certain nombre de communes de droite. On sort du cadre consensuel. L'année prochaine, l'Association des Communes Genevoises ferait bien d'exiger un programme neutre... ou passer par un autre organisateur, si elle ne souhaite pas voir ses jeunes doucement endoctrinés par le PS !
Ainsi, sur l'estrade, les représentants des autorités sont trois PS et un radical : Manuel Tornare, Lolly Bolay, Charles Beer… et Daniel Zapelli. Dans la salle, un tas d'élus et d'invités. M. Tornare en citera trois: Lilianne Maury Pasquier, Robert Cramer pour l'excuser… et le juge Paychère, qui n'est élu à rien, mais qui se présente contre Zapelli en avril, ce qui selon M. Tornare justifie qu'on le cite parmi les autorités. C'est nouveau, ça, M. Tornare vient d'inventer le concept d'autorités putatives…
Invitée également, Astrid Betancourt, la sœur d'Ingrid s'est montrée singulièrement plus mesurée dans ses invectives à l'égard du gouvernement colombien, que durant sa conférence de presse de l'après-midi. Une journaliste de l'AFP, incrédule, avait fini par lui demander si elle apportait réellement sa confiance davantage aux FARC qu'au gouvernement élu, comme son discours le laissait supposer ? Ce qu'Astrid avait confirmé en affirmant que les FARC ne mentaient jamais, elles, que c'était contraire à leur conception politique !
Le chagrin et l'idée fixe n'excusent pas tout. Comme par exemple d'affirmer devant la presse internationale à Genève que Chavez devrait intervenir en Colombie, contre la volonté du Gouvernement colombien, sous prétexte du droit d'ingérence humanitaire. Celui-ci, explique-t'elle autorise un Etat à intervenir sur le territoire d'un autre, si le gouvernement de ce dernier ne fait pas tout ce qu'il faut pour régler un problème humanitaire.

L'idée d'une Grande Colombie réunissant tous les pays andins est certes excellente… pour autant qu'elle se réalise pacifiquement. Ce qui n'est pas forcément une condition nécessaire pour Chavez. Ses velléités expansionnistes sur l'industrieuse Colombie sont ainsi légitimées par la famille Betancourt.
Lorsqu'on sait que le mari d'Astrid est le chef de la cellule Amérique Latine du Quai d'Orsay, on prend peur : jusqu'où à Paris, Kouchner et Sarkozy, sont-ils prêts à aller pour faire libérer Ingrid? Peut-être pas tous jusqu'au même point, espérons-le !
Devant les jeunes, tout ceci était devenu "le Gouvernement colombien nous traite de traîtres à la patrie"… Avec l'explication de texte, on comprend mieux pourquoi! Et en Colombie, ce n'est pas que l'opinion du Gouvernement. Les Colombiens prennent assez mal l'idée que l'extérieur cherche à modifier leurs choix démocratiques, leur République datant de 1819, quasiment sans interruption depuis.

Durant sa conférence de presse, Mme Betancourt a accumulé les contre-vérités. Ceux que cela intérèsse peuvent en lire le détail dans les commentaires à mon texte précédent.

Je précise que l'Ambassade de Colombie que j'ai conseillé l'an dernier en matière de communication, n'a aucun droit de regard sur mes textes dans ce blog et que j'y écris mon opinion, de commentateur bien informé, pas la sienne.   

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