31/01/2008

Laxisme et justice: la gifle et le violon

Dans un lycée français, un môme d’une douzaine d’années traite son professeur de connard. Celui-ci choqué, perd son calme et lui en retourne une. Une gifle nette et sans bavure. Le lendemain matin, le prof est réveillé à l’aube par la police. Il passe 24 heures au violon, pour finir par être inculpé de violence aggravée sur la personne d’un mineur. Non vous ne rêvez pas. Il s’agit bien d’une gifle, rien qu’une gifle. Comme le faisait remarquer un syndicaliste enseignant « Que vont penser les élèves de France ? Que l’on peut insulter les profs impunément ? Que l’on est protégé en cas de pépin ? » 
Le prof reconnaît son erreur et tout le monde est d'accord là-dessus. Encore qu'en certaines occasions, une simple gifle à bon escient ( une « piqûre de rappel » lorsque les bornes sont franchies) permettrait d'éviter des problèmes beaucoup plus graves plus tard. La maltraitance, les sévices, la cruauté sont intolérables. Une gifle isolée à un gamin mal élevé en est généralement assez loin. 
Il ne faut pas frapper un élève. Tous les enseignants le savent. Mais il ne faut pas insulter son prof non plus. La disproportion entre la faute de l’enseignant et la répression qui l’accable est proprement hallucinante. D’autant que l’élève apparaît lui impuni. Aurait-il du, ce prof, porter plainte pénale pour insulte contre l’élève, ou contre ses parents ? C’est ingérable et la justice a d’autres chats à fouetter. Enfin à fouetter, c’est une façon de parler…
Nous sommes allés trop loin dans l’affaiblissement de l’autorité et la négation de la discipline. A continuer de la sorte, nous allons droit vers le chaos : une permissivité sans lois engendre fatalement un retour de bâton qui risque fort de prendre la forme d’un autoritarisme extrême.
Ce problème est très loin d’être franco-français. Nous avons exactement le même. Le candidat socialiste au poste de procureur général est ainsi l’incarnation de ce laxisme judiciaire et sociétal qui menace gravement les fondements de tolérance de nos sociétés. Parce que l’on a déjà parlé des squats et du cas Ramadan, mais il y eut d’autres scandales, d’autres licenciements refusés par ce même tribunal administratif ou siégeait le juge Paychère, alors que la faute était gravissime.
La mauvaise foi de ces tenants du laxisme est sans borne. Ainsi, ils accusent ces jours dans la presse le Procureur Zappelli de laisser filer le dossier de la BCGE. Mais ce n’est pas lui qui prend la décision. C’est une procédure judiciaire, qui pour l’heure est à l’instruction. Ce sont donc les juges d’Instruction (dont une majorité de magistrats de gauche) qui détiennent les clefs.
Le Procureur peut plaider pour obtenir que le dossier lui parvienne, ce qu’il a fait et assidûment, sur la base des expertises accablantes qu’il a fait diligenter. Ayant longtemps dirigé la chambre économique, le PG connaît ces affaires et il a interrogé lui même, durant une semaine, les experts pour établir clairement les faits délictueux.
Cela n'empêche pas les avocats de la défense de plaider pour obtenir des délais supplémentaires. C'est leur droit et ils ne s'en privent pas, même si cela peut apparaître dilatoire à certains. Au final ce sont les juges d’instruction qui tranchent. Il se trouve que les 3 juges chargés du dossier sont un vert, un socialiste et un alliance de gauche, et c’est leur décision qu’on attend ! Les partisans de Paychère, dans cette affaire, ont perdu une occasion de plus de se taire ! 

Commentaires

Bravo
Certaines choses doivent être dites et elles le sont ici.

Bertrand BUCHS

Écrit par : Bertrand BUCHS | 01/02/2008

A mon avis il y a des coups de pieds aux fesses qui auraient dû être donnés aux parents qui ont été incapables d'éduquer leur sale gosse !

Écrit par : Genevois frontalier | 01/02/2008

Effectivement, il ne faut pas frapper. Une fois, un élève a voulu que je me bagarre avec lui et a cherché à me frapper. Etant plus grand que lui et mieux réveillé (il était sous cannabis), je suis parvenu sans difficulté à me protéger. Il hurlait comme un goret que l'on étrangle, et en quelques secondes, les collègues sont arrivés, l'ont ceinturé. Conseil de discipline, auquel il n'a pas assisté, ou l'un de ses représentants possibles : il a été exclu. Mais dans les jours qui suivaient, il pouvait se réinscrire partout où il le souhaitait, et les collègues du nouvel établissement dans lequel il pouvait continuer sa scolarité n'avaient pas les moyens ni le droit de savoir ce qu'il avait fait pour être exclu. Il y a eu, ces dernières années, des milliers de cas semblables, plus ou moins graves. Lorsque la gauche était au pouvoir, avant 2002, les médias nous abreuvaient chaque jour de faits divers de ce genre et hors éducation : la France était le far-west. Depuis que la droite est revenue au pouvoir, et qu'elle a été confirmé en 2007, il n'y a plus de problèmes. Sauf que nous sommes désormais dans la cumulation de la sous-information et des fausses informations, comme pour le 31 décembre 2007, et le nombre de voitures brûlées. Est-ce que les citoyens français savent que, dans le même temps que les effectifs de police augmentaient, et augmentent toujours, ceux de l'Education Nationale ont vu disparaître 100000 postes en 6 ans, et que le gouvernement entend continuer ? Comment peut-on envisager d'incarner et d'exercer une autorité avec toujours moins d'adultes ? S'il faut faire diminuer les effectifs de la fonction publique, j'ai des pistes et des solutions : haute fonction publique, police, armée, expatriés-fonctionnaires...

Écrit par : grellety | 03/02/2008

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