01/02/2008

De quoi j'me mêle ? Allez Longet !

Ainsi donc les socialistes genevois vont élire leur nouveau Président.
Personnellement, je suis pour René Longet. De quoi j'me mêle me direz-vous ? En tant que radical, la nomination du patron de la principale force de gauche ne m'est pas indifférente. Et la personnalité de René Longet est celle d'un homme de dialogue,  ferme sur ses positions, mais ouvert au débat, avec l'expérience fondamentale d'un exécutif de consensus.
S'il est élu, nous aurons quelqu'un de responsable avec qui parler, et surtout faire avancer les dossiers essentiels, car avec le gros temps qui n'en finit pas de s'annoncer, du point de vue de l'économie, de l'écologie et des tensions internationales, nous allons avoir besoin de gens capables d'avancer sans œillères, sans à priori idéologiques aveuglants, mais sensibles à la notion de bien commun.
Je suis conscient que le soutien d'un radical peut-être pour René Longet un cadeau empoisonné. Mais si les socialistes sont assez obtus pour s'arrêter à ce genre de considérations, il méritent ce qui risque de leur arriver: l'élection d'un idéologue arc-bouté sur ses principes, qui ancrera le PS à contre-courant, jusqu'à le faire prendre l'eau davantage encore qu'aujourd'hui.  
Ce ne serait plus alors la droite et la gauche qui travailleraient ensemble au centre, mais la gauche en miettes, phagocytée par les verts… et l'UDC, qui laisserait la place au centre. Car pour l'instant, sur le terrain essentiel des débats de société, le PS genevois a tout faux.
Donc, dans tous les cas de figure, le centre y gagne. Machiavélique n'est-il pas ?  
J'aime bien Longet, parce que je me souviens de débats homériques avec lui, à l'époque où il était le responsable local de la toute jeune ATE et que j'étais, dans toute la presse romande, le seul journaliste a oser dire que la mort des forêts n'était qu'une épidémie passagère et n'avait rien à voir avec l'automobile.
Je le savais parce que contrairement à la plupart de mes confrères, j'avais fait des recherches sans me contenter de réécrire les dépêches de l'ats ou les communiqués de l'ATE et du WWF. J'avais parlé avec des forestiers et j'avais retrouvé à l'UNI, dans des ouvrages sur le bostryche, (internet n'existait pas encore !) la trace de graves épidémies analogues en Forêt Noire au… XVème siècle !
Ce n'était ni la première, ni la dernière fois que je ramais à contre-courant. Comme en ce moment avec la Colombie. Il faut croire que j'aime les causes justes mais incomprises. Longet en tout cas était un debater honnête. Pugnace, mais objectif et constructif.  Il aurait pu être vert. Il aurait presque pu aussi être PDC ou radical à la sauce Segond ou Petitpierre, dignement incarnée aujourd'hui par François Longchamp.
Lorsque je suis entré au Parti Radical il y a deux ans, je peux le dire, j'avais des amis, des proximités et des distances avec tous les partis de Gouvernement à Genève. J'ai choisi les radicaux genevois parce que c'est d'eux que j'étais le plus proche. J'en suis heureux et j'en suis fier, même si le découpage partisan ne correspond jamais vraiment à 100% à ce que nous sommes.
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En ce qui me concerne, c'est à 90% et c'est énorme. Les positionnements smartvote à cet égard sont une invention prodigieuse.
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La politique genevoise à tout à gagner d'hommes et de femmes qui vivent au quotidien dans cet esprit d'ouverture. Ils sont l'avenir du Canton, dans les soubresauts du XXIème siècle, qui ne font que commencer.
Ce qui n'empêche pas de dénoncer sans relâche les incompétences, les magouilles partisanes, et les intolérances… ou le laxisme, qui est à la tolérance ce que la pornographie est à l'érotisme: une limite délicate à cerner, mais dégoûtante et qui fiche tout par terre une fois qu'elle est franchie.

Commentaires

… ou le laxisme, qui est à la tolérance ce que la pornographie est à l'érotisme"

Oui,...Euh... Bien ! Mais encore?

Pour que votre comparaison soit complète il faut encore définir ce qu'est l'érotisme et la pornographie:

Voici les seules définitions qui vont convenir à tous:

Pornographie: érotisme des autres.

Érotisme: Pornographie personnelle.

Et maintenant, reporté à laxisme et tolérance celà donne ...

Écrit par : Père siffleur | 01/02/2008

Désolé, cher Monsieur, mais je ne comprends pas davantage vos défintions que le sens général de votre propos.
Je crois en revanche que vous atteignez là un niveau d'abstraction qui, débordant le sens commun, contribue à brouiller les pistes.
le problème est très simple, il s'agit de définir des limites quantitatives et qualitatives entre tolérance et laxisme, ou par analogie, érotisme et pornographie, gourmandise et goinfrerie, décontraction et laisser aller, bref acceptable et déplacé.
Il est évident que tout ceci est une question de limites et donc de qui définit les limites. C'est le rôle de la politique d'y répondre.
Depuis la fin des années soixante, nous avons laissé faire, abattant les carcans de jadis sans trop savoir par quoi les remplacer et surtout sans rien contrôler.
Sarkozy et l'UDC se trompent lorsqu'ils disent vouloir mettre fin à Mai 68. Il faut juste décider maintenant de où s'arrêter dans ce processus de déconstruction qui s'éternise depuis 40 ans et commencer à redéfinir des règles et des normes pour les décennies à venir.
Nos sociétés ont besoin de solidarité et de leaderships intelligents, ouverts et pragmatiques, mais aussi de règles claires, avec des récompenses et des sanctions justifiées et justifiables, bref de solides boussoles.
L'ère des phrases creuses et des discours abscons est révolue. Ce qui ne signifie pas non plus qu'il faille être simpliste... Tout est toujours question de mesure.

Écrit par : Philippe Souaille | 01/02/2008

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