01/02/2008

Le sens des mots

Ne plus savoir où placer les limites et employer n'importe quel terme à tort et à travers, sont deux gros problèmes de notre société. Nouveaux exemples après les cas dénoncés dans mes derniers textes:

Soli Pardo, dans son blog, dénonce "la politique de la canonière" que pratiquerait l'Union Européenne à l'égard de la Suisse. La politique de la canonière, c'est quand les nations occidentales, au XIXème siècle, envoyaient des bateaux chargés de canons et de soldats d'élites, dans les ports et sur les grands fleuves chinois pour imposer des marchés de dupes.

J'ai beau cherché, je n'ai vu aucun canon dans l'escorte de Michael Reiterer le très aimable et très policé ambassadeur de l'UE à Berne. Juste des secrétaires et des dossiers informatiques et peut-être parfois  des experts. Personne ne veut non plus nous imposer de marchés de dupes.  En l'occurrence, c'est nous qui profitons de l'UE davantage que l'inverse. Et c'est l'UE qui en cas d'affrontement (mais personne de sérieux n'en parle), tiendrait le couteau par la manche. Donc la moindre des choses est de rester poli. Et de ne pas envoyer d'ultimatums stupides à plus fort que soi quand on n'a strictement rien à y gagner.

A l'exact opposé, les Etudiant(E)s, dont la phraséologie rappelle sérieusement les communistes,  réclament la gratuité des TPG, parce que le prix des tickets serait un racket de l'Etat et une forme d'impôt indirect, la mobilité étant un droit.

Comment peut-on se prétendre étudiant et ne pas savoir qu'un racket est un acte violent et qu'un impôt, même indirect c'est quand l'Etat prend. Or dans le cas des TPG, il s'agit exactement du contraire, puisque l'Etat donne. Si l'abo TPG n'était pas largement subventionné par nos impôts (enfin par les impôts de ceux qui en paient), il coûterait 3 ou 4 fois plus cher... 

Tout le monde a le droit d'être mobile avec ses pieds. Mais pour utiliser un moyen de transport, quel qu'il soit, il faut payer, c'est comme ça. Heureusement d'ailleurs pour l'environnement, même en transports en commun. On n'a rien sans rien dans la vie et il est regrettable de ne pas encore l'avoir compris à l'âge de l'université.

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