03/02/2008

No Pasaran : manifestation contre les enlèvements

La journée de manifestations contre les FARC et tous les enlèvements de ce lundi est d’ores et déjà un succès : on attend des démonstrations dans une quarantaine de villes en Colombie et plus de 125 dans le monde, dont Zurich et Genève. Mais surtout, les FARC ont annoncé la libération de trois nouveaux otages, détenus dans l’horreur des prisons de la jungle depuis 7 longues années.
Qu’elles aient cédé à la pression internationale ou souhaité occuper le terrain de l’opinion publique, le résultat est là : si les FARC tiennent parole, trois personnes de plus vont pouvoir retourner à la civilisation et retrouver les leurs.

Il faut maintenir la pression, pour que les groupes illégaux violents de Colombie rendent les armes. Que tous comprennent que la violence n’est plus d’actualité et ne sert à rien, et surtout pas leur cause, pour autant qu’il en aient encore une.


A Genève, la manifestation aura lieu à midi, sur la Place des Nations.

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Tous les amis de la Colombie et de la démocratie, les ennemis de la violence aveugle et des bandes armées sont les bienvenus.
La terreur ne passera pas. Même si les organisateurs ont été menacés dans plusieurs pays où les FARC sont implantées.

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De quel coté est le fascisme, lorsque l’on n’a même plus le droit de manifester ?

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De quel côté est la liberté d’expression lorsqu’on sait que le correspondant de l’AFP en poste à Bogota a été déplacé parce qu’il déplaisait à l’Ambassadeur de France ? Qui n’est autre  que l’époux d’Astrid Betancourt, dont la mère voue une haine tenace au Président Uribe. Au point de lui préférer les FARC ravisseurs de sa fille, comme si, ne pouvant atteindre les FARC, elle concentrait son courroux sur le punching ball le plus proche.

Etonnant transfert que l’on pourrait nommer syndrome de Bogota. Mais le plus étonnant demeure cette fascination qu’exercent les FARC sur de nombreux journalistes suisses. Réveillez-vous les gars, des Brigades internationales, les FARC n’ont conservé que les exécutions sommaires et les purges à la mitraillette.
Lorsque le journaliste de l’Agence Télégraphique suisse rédige sa dépêche sur la Colombie, il cite sa source principale, l’agence AnCol, proche des FARC. La question qui se pose est de savoir s’il faut appliquer le même qualificatif à l’ats ? Présenter la manifestation comme une émanation du Gouvernement est mensonger. Le jeune colombien émigré qui en est à l’origine a créé son mouvement sur Facebook. Il n’a rien à voir avec Uribe. L’Ambassade de Colombie en Suisse a été mise au courant de l’existence de cette journée par un Suisse, qui rentrait d’Argentine, la chose étant partie de là, avant de s’étendre en Europe !

Préciser comme le fait l’ats, que l’extrême droite et des paras-militaires appellent à manifester, c’est de la désinformation. A moins que l’ats ne considère d’extrême droite les 81% de Colombiens qui soutiennent la politique de la Main ferme de Uribe, d'après les sondages ? Par ailleurs, les bandes armées para-militaires sont dissoutes. Les chefs sont en prison, 92% des combattants sont retournés pacifiquement à la vie civile et 8% à la délinquance qu'ils n'avaient jamais vraiment quitté.  

Si d'anciens paras vont manifester, c'est leur droit de civils citoyens. Même les 11000 guérilleros ayant quitté la guérilla ces dernières années vont aller manifester, lorsqu’ils n’ont pas trop peur d’être reconnus. Car ils risquent leur peau. Mais ils veulent la fin des guérillas, pour tous leurs camarades, coincés dans la jungle par la folie suicidaire de leurs chefs.
La Colombie revient de loin. Elle a mis fin aux violences des barrons de la drogue et juge à présent les chefs para-militaires. Il ne reste plus que les guérillas, qui doivent rendre les armes. Maintenant.

 

Commentaires

Vous n'avez rien compris. Les guerillas ne vont pas jeter les armes. Avec ce type de mentalité vous n'allez qu'exarcerber les violences et empêcher toute libération d'otages, voir mettre leurs vies en danger.

Écrit par : Kermitte | 04/02/2008

La manifestation genevoise a été un succès. Plus de 250 personnes essentiellement des Colombiens, de tous âges et de tous milieux, s'étaient rassemblées sous la pluie sur la Place des Nations. Une majorité de femmes, venues en famille, on était bien loin de l'image d'extrême droite que certains ont cherché à donner à ces manifestations.
Beaucoup brandissaient des drapeaux aux trois couleurs et des pancartes contre la violence, les séquestres et les mines. Une minute de silence, l'hymne national, la manifestation a atteint son but,
En même temps, à Baden ils étaient une centaine, en présence de membres de la famille de personnes séquestrées. A Zürich, c'est ce soir, tandis qu'à Genève, une messe sera également donnée en mémoire des victimes des violences, à la paroisse catholique de langue espagnole dès 18h.
Il ne s'agit évidemment pas d'espérer, M. Kermitte, que les guérillas jettent les armes juste parce qu'on le leur demande. La pression militaire, dans la jungle en Colombie, est en train de les faire plier. C'est à ce prix qu'est la paix et c'est ce que réclamaient pacifiquement ces manifestants dans le monde entier. Pour que les guérillas comprennent que leur démarche est sans issue.
11 000 guérilleros l'ont déjà compris ces dernières années et ont déposé les armes individuellement. C'est la moitié des effectifs, qui ne sont pas reconstitués.
Jusqu'à Uribe, les FARC négociaient en position de force et trouvaient toujours le moyen de poursuivre leurs honteux commerces. Cette époque est révolue, et c'est pourquoi les nostalgiques en veulent autant à Uribe. J'ai une amie colombienne, militante tiers-mondistre depuis 35 ans, qui s'est fait traiter de fasciste par un chilien des comités Betancourt (au sein desquels il y a décidémment extrêmement peu de colombiens) parce qu'elle allait à cette manifestation.
La liberté de parole, de déplacement, de voter, d'entreprendre, de penser, de se marier ou d'aimer qui l'on veut, de manifester, de ne pas avoir peur, de s'exprimer, toutes ces libertés là sont possibles en Colombie dans les zones contrôlées par le Gouvernement... et interdites ou limitées dans les rares endroits qui restent sous l'emprise des FARC.
Toute la question est là.
Les donneurs de leçon d'inspiration socialiste feraient bien d'y réfléchir à deux fois s'ils ne tiennent pas à se retrouver, toutes proportions gardées dans la même situation qu'il y a vingt ans, lorsque l'avancée des troupes vietnamiennes a permis de mettre fin aux délires des khmers rouges.

Écrit par : Philippe Souaille | 04/02/2008

Continuez, M.Souaille, vous tapez juste, très juste.
J'aimerais aussi vous faire remarquer que 80 Suisses se sont fait évacués du Tchad par les forces armées françaises, sur lesquelles ces 80 Suisses ont du dire beaucoup de mal. mais quand il faut se faire évacuer, on ne refuse pas un petit service de ces cochons de militaires français, n'est-ce pas ?

Écrit par : Géo | 04/02/2008

Il est intéressant de constater que l'Agence Télégraphique Suisse et la Tribune, mentionnent 200 manifestants à Paris, mais pas les trois manifestations de Suisse : 250 personnes à Genève, 100 à Baden (en présence de familles de séquestrés) et 200 à Zurich.
Prétendre que les ambassades ont coordonné les manifestations, c'est tout simplement faux. C'est moi qui ai averti l'Ambassade à Berne de l'existence de ces manifestations, informé que j'étais par un ami suisse de retour d'Amérique latine ! A Genève, deux jeunes étudiantes ont pris sur elle d'organiser la chose, et n'ont reçu le soutien de la Mission qu'après coup.
A lire l'AFP (et la Tribune) on a l'impression que seuls les fascistes ont appelé à cette manifestation. Les chefs paramilitaires "depuis leurs prisons"... Eh oui, ils sont en prison, pour des crimes analogues à ceux des FARC et et ils aimeraient bien que les FARC y soient aussi. Ce qui me parait légitime.
Il faut lire entre les lignes pour comprendre que la gauche colombienne est divisée, qu'une large partie d'entre elle a été manifester. Tous ceux qui désirent une vraie paix, et non pas préserver l'activité criminelle des guérillas.
A part ça, l'ats et l'AFP feraient bien de réactualiser leurs chiffres. 17 000 membres des Farcs, c'était il y a 6 ans. Depuis, 9000 ont déserté (et 2000 de l'ELN) et n'ont pas pu être remplacés. Si par ailleurs, le silence sur la manifestations suisses est une mesure de rétorsion à la suite de la mise en cause de leur objectivité, c'est une bien curieuse manière de concevoir le devoir d'information.
Il est étonnant de constater combien peu nombreux sont les colombiens dans les comités Betancourt, composés de réfugiés chiliens et argentins qui n'ont pas compris de quel couleur était le fascisme en Colombie (à savoir rouge... sang) et de nombreux lecteurs francophones du livre d'Ingrid, écrit avant l'élection de Uribe. Donc nettement dépassé.
Je suis en train de lire un ouvrage sur la déportation des travailleurs français dans le IIIème Reich. Les valses hésitations des dirigeants de Vichy, à l'égard des nazis, me font beaucoup penser à l'attitude des comités Betancourt. Je dresse un parallèle au niveau de la psychologie, je ne les accuse pas de fascisme. Les prisonniers de guerre français étaient les otages que Vichy voulait récupérer. Mais Vichey négociait en position de faiblesse, implorant plutôt qu'exigeant, allant au devant des desideratas allemands, craignant de leur déplaire.
Résultat, Laval et consorts n'obtenaient que des miettes, tandis que déjà dans l'ombre des réseaux actifs réussissaient de spectaculaires évasions, allant chercher les prisonniers importants au coeur de l'Allemagne... Au péril de leur vie, évidemment, en cas d'échec.
Mon père a ainsi ramené des généraux et des diplomates, entre autres. J'en suis très fier.
Je connais la Colombie. J'ai vu les résultats des exactions des FARC sur les populations les plus pauvres, les massacres et le racket.
J'ai vu l'immense majorité du peuple colombien qui n'aspire qu'à une chose, vivre normalement, et pouvoir gèrer ses problèmes sociaux pacifiquement. C'est possible, là où le Gouvernement a restauré l'autorité de l'Etat.
Je sais de quel côté est la terreur en Colombie.
Que les journalistes suisses désireux d'aller constater la réalité sur place me contactent. Ils pourront le faire en toute liberté et dans la transparence.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/02/2008

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