24/02/2008

Le lièvre et la tortue

Pas évident d’être en campagne électorale lorsqu’on porte toute la machine judiciaire sur le dos. Tous les élus qui se représentent connaissent ce problème. Mais s’il est d’usage en politique de marquer une pause dans la gestion ou de se mettre en pilotage automatique, le temps d’en découdre avec les élections, le Palais de Justice, lui n’attend pas. Il y a des affaires en cours, importantes et il faut bien les traiter.

C’est d’ailleurs la raison du gentlemen’s agreement qui voulait qu’à Genève on ne se présente pas contre un Procureur Général en fonction. Pour cela et aussi parce que celui qui est aux manettes est beaucoup plus exposé, ayant à endosser tous les aléas de la justice. Untel est fâché parce que sa plainte a été classée, celui-ci parce qu’il a été condamné, cette autre parce que son idole a été déboulonnée… La justice est tissée de décisions multiples qui ne sont jamais sans conséquences et la plus grande impartialité n’est pas toujours une protection contre le ressenti.

Ce gentlemen’s agreement logique et justifié a donc été rompu par le candidat de gauche, qui n’a écouté… que son ambition et sa soif dévorante de pouvoir, qui l’a fait partir, tel le lièvre, un peu trop tôt. Il va lui falloir tenir jusqu’aux jours du vote, en ayant épuisé un à un tous ses arguments… et ses alliés, sacrifiés trop en amont dans la bataille. La stratégie électorale est aussi une question d’intelligence et fort heureusement, Daniel Zappelli n’en manque pas.

Il possède aussi une solide carapace, à l’image de son animal fétiche dans cette histoire, ce qui lui a permis d’encaisser sans broncher les attaques répétées et continuelles d’une certaine presse – cela me fait bizarre de devoir employer ces termes pour désigner un quotidien prestigieux dont je respecte habituellement les analyses. Je ne parle pas ici de la Tribune, qui passe régulièrement sous silence les affaires financières, bien qu’elles constituent l’essentiel à Genève. On a le droit de préférer les chiens écrasés.

C’est juste dommage que le grand public ne puisse pas avoir connaissance des efforts considérables déployés par sa justice pour assainir la place financière et en faire respecter les usages. Efforts qui, contrairement aux moulinets donquichottesques de son prédécesseur, se concluent sous Zappelli, plutôt par des condamnations que par des dédommagements aux prévenus…

Daniel Zappelli, donc se bat tous les jours contre le crime, les malfrats en col blanc comme les pickpockets ou les conjoints violents. Ce qui lui laisse peu de temps pour faire campagne. Du coup, des sites de soutien apparaissent qui ne sont pas officiels et qui ne représentent pas forcément le détail de sa pensée profonde. Mais qu’importe chacun est libre de projeter l’image du Procureur Général qu’il souhaiterait avoir…

Si vous souhaitez néanmoins connaître le vrai bilan et le programme que souhaite mettre en œuvre le PG en exercice lors de la prochaine législature, rendez-vous sur son blog, le seul vrai, www.danielzappelli.ch . Vous y trouverez ces renseignements, plus d’autres, le site devant s’enrichir au fil des semaines, jusqu’à l’élection. Chi va piano va sano… Lentement, mais sûrement, c’est aussi le rythme d’une justice sereine… et c’est en tout cas le seul possible lorsque l’on porte sur son dos tout le 3ème pouvoir, la justice des Genevois.

Une justice qui va devoir affronter dans deux ans sa plus grande réforme depuis plus d'un siècle. Cela aussi se prépare, et le PG y travaille, en actes et non pas en paroles...

Commentaires

Cher Monsieur,

Je vous remercie d'avoir pris la peine de répondre à la question de la république bananière et vous félicite pour vos informations détaillées concernant l'Etat colombien.

Votre analyse du bilan de l'actuel PG est fort instructive. Il prête à une vraie réflexion de fond. J'ai bien connu DZ à ses débuts mais j'ignorais tous ces dossiers traités. Bravo pour ce travail!

Bien à vous,

Écrit par : Micheline PACE | 24/02/2008

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