28/02/2008

20 nouveaux otages des FARC

L'excellente nouvelle, c'est que depuis le début de l'année, les FARC ont libéré six otages. La nettement moins bonne, c'est qu'ils en ont capturé vingt autres. Certes moins connus, du tout venant destiné à la libération contre rançon, mais vrais otages malgré tout, qui vont souffrir tout autant. Le mensonge et la poudre aux yeux continuent de régner en maître dans toute cette affaire, même si bien sûr les otages libérés et leurs familles sont enfin heureux. Cela fait six ans qu'ils attendaient, dans les conditions que l'on sait, dans la jungle insalubre. Le 4ème otage, joint in extremis au trio, doit une fière chandelle à Ingrid. Il était semble-t-il au plus mal, et c'est pourquoi les FARC, officiellement, l'ont ajouté au dernier moment. Mais en réalité, il est l'un des rares à avoir vu Ingrid récemment et il est porteur d'un message: elle ne va pas bien du tout. Ce que tout le monde avait déjà compris. Mais répété dans la bouche d'un otage à peine libéré, cela prend évidemment bien davantage de poids. Le but est clair: faire pression sur Uribe pour qu'il accepte les conditions des FARC. C'est à dire de leur offrir un morceau du pays clés en main, avec ses habitants. Ce qui en ferait quasiment une enclave dédiée à la dévotion du Venezuela chaviste. Que le parachutiste de Caracas participe à cet odieux chantage, mieux, qu'il l'organise, au vu et au su de la communauté internationale et sous l'oeil des caméras du monde entier est proprement scandaleux. Mais c'est assez caractéristique de leurs pratiques. J'ai rencontré mercredi Loly Bolay, la Présidente socialiste du Grand Conseil. Très remontée contre certains colombiens proches des FARC. L'un d'entre eux l'avait accusée, après une simple conversation de couloir, d'avoir tenu des propos enflammés à l'encontre du Président Colombien Uribe, lors de la soirée citoyenne qui s'est déroulée à Genève. C'était faux bien sûr: "En tant que parlementaire j'ai le plus grand respect pour un chef d'Etat démocratiquement élu, avait-elle précisé. Las, la chose était publiée sur un site internet qui sert de relais aux informations estampillées de la guérilla. Elle a démenti et porté plainte et le gars, qui a le statut de réfugié politique en Suisse, s'est rétracté. Reste que Loly voulait également prendre sur elle une partie de la responsabilité des propos tenus par Manuel Tornare en cette occasion. Celui-ci avait présenté une résolution émanant de milieux du Grand Conseil comme signée à l'unanimité, ce qui n'était pas le cas. "C'est un peu de ma faute, dit-elle, il m'a demandé si c'était unanime et dans le brouhaha ambiant, il n'a pas bien entendu ma réponse". Donc il ne l'aurait pas fait exprès. Tant mieux. Faute avouée est à moitié pardonnée. Ceci dit, il y aurait bien un moyen de nous prouver, à nous tous les sceptiques du monde entier et en particulier aux colombiens, que tout ceci n'est pas qu'un odieux chantage. Ce serait de libérer Ingrid. Tout de suite. Seulement s'ils le font, et à fortiori s'ils libèrent tous les autres otages qu'ils utilisent comme autant de boucliers humains, contre toutes les lois de la guerre qu'ils prétendent mener, ils risquent fort de voir la police colombienne fondre sur eux dans les jours qui suivent. Donc mieux vaudrait qu'ils se rendent carrément... Les peines de leurs chefs seront légères, à l'image de ce qui a été fait pour les paramilitaires, et les simples combattants bénéficieront de programmes de réinsertion performants. Ils peuvent aussi, les chefs, éviter la prison en s'exilant au Venezuela ou ailleurs. Le Gouvernement colombien a clairement affirmé que toute solution débouchant sur la fin des combats et des activités criminelles serait bonne à prendre.

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