01/03/2008

Reyes est mort... Une chance pour la Colombie

Je ne me réjouis pas de la mort d'un homme. Mais avec la disparition de Raul Reyes, la Colombie peut se réjouir de voir disparaître un obstacle à la paix. Peut-être même le principal obstacle à la paix, l'état de santé réel de "Tirofijo" Marulanda, le leader historique des FARC restant entouré de grands mystères.

C'est à Singapour, en route pour la Nouvelle Calédonie, avec une poignée de journalistes français (Daniel Schneiderman, Arlette Chabot, Hervé Chabalier et Mark Kravitz entre autres) que nous avons appris la mort  d'Eloi Machoro, proprement assassiné par le GIGN du socialiste Mitterrand. Le leader du FLNKS n'avait pas commis le tiers du quart du dixième de ce que Reyes avait sur la conscience. Je trouvais son exécution proprement scandaleuse. N'empêche qu'en tuant dans l'œuf la révolte violente qui menaçait, elle a sans doute permis d'éviter bien davantage de morts.

 

Je voudrais citer ici un extrait d'une interview de Raul Reyes donné voici 4 ans à l'agence Ann Col, agence officielle des FARC basée en Suède.

 

-          RAUL REYES: "Ingrid, voyez-vous, on l'a retenue car elle était candidate présidentielle dans le système de gouvernement colombien… comme Uribe Velez [ndlr.: l'actuel président colombien], Horacio Serpa [candidat du Parti libéral] ou Lucho Garzon [candidat de la gauche démocratique, aujourd'hui maire de Bogota, 8 millions d'habitants].

"Ingrid n'était nullement candidate de la gauche, ni une candidate luttant pour une Colombie distincte de celle d'aujourd'hui… elle n'était ni la candidate du peuple ni la candidate de la majorité, ni la candidate opposée au modèle libéral ni la candidate de la paix. Il y a des gens qui pensent qu'elle était la candidate de la paix, ce n'est pas vrai.

"Mais il se fait qu'après sa capture, des mobilisations importantes ont surgi pour sensibiliser le gouvernement à l'obtention d'un accord et ces mobilisations pour obtenir l'échange humanitaire sont salutaires, elles nous semblent très bonnes, car cela peut contribuer à un accord qui permette la libération de toutes les personnes échangeables et la libération de tous les guérilleros et guérilleras qui sont dans les prisons colombiennes contre leur volonté."

 

Suite à cette interview, partout où des militants ou sympathisants des FARC vivaient en exil, et notamment en France, Belgique et Scandinavie, ils sont entrés en contact avec les comités Betancourt pour y faire comme on dit "de l'entrisme". Ils cherchent à manipuler les membres honnêtes, qui sont encore les plus nombreux, par un discours uniformément centré sur l'opposition à Uribe. Espérons que ceux-ci finiront par se réveiller.

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