26/03/2008

Banquise et glaçons

 

Loin de moi l'idée de remettre en cause le réchauffement climatique. Même si la tempête de neige que j'ai affrontée en redescendant de Zermatt était assez inhabituelle pour un vendredi saint. Il paraît évident que d'importants bouleversements climatiques sont à l'oeuvre. Tellement importants qu'ils dépassent peut-être le pouvoir de nuisance de l'influence humaine, mais cela ne signifie certainement pas que nous devons nous abstenir d'essayer d'agir, bien au contraire.

Non, mon propos est simplement de souligner une fois de plus combien certains journalistes, politiquement corrects, se croient autorisés à écrire n'importe quoi, dès lors que c'est dans le sens du vent. Et combien ils sont peu surveillés par leur hiérarchie, les compétences scientifiques et la qualité de réflexion logique étant choses assez mal répandues dans les rédactions.

Une fois encore, c'est l'ats qui est en cause. Il faut dire que la bible de la presse helvétique les accumule dans un certain nombre de domaines bien précis que sont au moins l'automobile, le réchauffement climatique et la Colombie.

Exemple reproduisant la fin d'une dépêche de ce matin :

« La fonte accélérée des glaces de l'Antarctique - plus de 13.000 km2 de banquise ont disparu en cinquante ans - pourrait contribuer de façon importante à la montée du niveau des océans. Selon certaines projections au rythme actuel (3 mm par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir gagné 1,40 mètre d'ici la fin du siècle ».

D'abord, c'est du niveau de physique d'un gamin de 12 ans, un glaçon qui fond ne fait pas monter le niveau de l'eau dans un verre. Parce qu'une partie du glaçon flottait déjà sous l'eau et que le reste est une question de densité. Archimède l'avait déjà compris.

Les 3 mm d'élévation annuelle du niveau des Océans sont dus à la glace qui fond sur le continent Antarctique ou sur le Groenland et c'est un problème. Un gros. Mais la banquise n'y est pour rien. Quand au rédacteur de l'ats, il n'est pas seulement nul en physique, mais aussi en arithmétique. Ou en français, c'est selon. Parce qu'en bon français, 3 mm d'élévation par année, projetée sur un siècle, ça fait 300 millimètres, soit 30 centimètres. Pour que cela fasse 1,40 mètres, il faudrait attendre 466 ans et quelques mois... A moins bien sûr de changer de rythme...

C'est précisément ce qui pourrait bien être en train de se produire.

Commentaires

Vous n'avez pas tout à fait raison sur le principe du glaçon, tout en n'ayant pas complètement tort sur le résultat.

Quant à l'histoire des chiffres, le problème c'est surtout que la fonte des glaces entraîne la fonte des glaces.

J'essaie d'expliquer tout ceci sur ma dernière note.

http://sandrominimo.blog.tdg.ch/archive/2008/03/27/le-talon-d-achille-de-la-planete-se-disloque.html

Écrit par : Sandro Minimo | 27/03/2008

Oui M. Minimo, la réalité est toujours plus complexe qu'un article de journal, et plus encore qu'une dépêche d'agence.
Ceci dit,la Tribune et le Temps ont fait de méritants efforts explicatoires sur ce coup. Le fait que la banquise, au sein de laquelle il faut distinguer effectivement entre banquise proprement dite et plate-forme (issue des glaciers terrestres) entrave le glissement des glaciers vers la mer est effectivement à prendre en compte.
De même que si l'Antarctique, comme le Groenland se mettent à fondre, il est plus que probable, selon les géologues, que l'allègement de poids considérable qui en résultera sur la croûte terrestre donnera lieux à des mouvements tectoniques qui pourraient être eux aussi catastrophiques... avec des répercussions sur toute la planète.
Histoire de vous contredire tout de même, vous dites que l'Antarctique est stable depuis 20 millions d'années. Or la planète a connu depuis lors un grand nombre de périodes de glaciation et déglaciation. L'Antarctique a forcément fortement évolué sur ses marges, celles qui s'amenuisent aujourd'hui, grandissant et rapetissant.
Rien n'est jamais tout noir ou tout blanc... ou tout vert. Mme Leuenberger dans son blog voisin écrit ainsi que la production humaine de CO2 a créé un effet de serre. C'est bien évidemment faux. Si l'effet de serre n'avait pas existé avant, il n'y aurait tout simplement pas de vie sur Terre.
Nous l'avons augmenté, c'est fort probable. Mais en dépit de toutes vos démonstrations, vous ne pouvez pas effacer les autres causes scientifiquement corrélées du réchauffement: tâches solaires, variations des rotations de la terre sur son axe et autour du soleil.
je n'ai malheureusement pas tout à fait la même approche béate que vous devant les rapports du GIEC et de l'OMM. S'il est vrai que le lobby pétrolier est souvent derrière les opposants à la théorie du réchauffement, les intérêts financiers des scientifiques sont également bien réels. Ils savent pouvoir obtenir plus facilement des crédits sur les sujets de recherches les plus susceptibles de faire peur. Et les différentes affaires politico-financières qui ont émaillé la gestion de l'OMM ces dernières années ne sont pas faites pour rassurer sur la probité de certains de ses dirigeants et la manière dont les majorités électives se font et se défont au gré d'échanges d'intérêts bien compris.

Écrit par : Philippe Souaille | 27/03/2008

>Histoire de vous contredire tout de même, vous dites que l'Antarctique est stable
>depuis 20 millions d'années. Or la planète a connu depuis lors un grand nombre de
>périodes de glaciation et déglaciation. L'Antarctique a forcément fortement
>évolué sur ses marges, celles qui s'amenuisent aujourd'hui, grandissant et
>rapetissant.

Oui c'est juste mais ça n'empêche que l'ensemble général de l'Antarctique est resté très stable.

Quant à l'effet de serre, c'est effectivement le surcroît de celui-ci qui est le problème principal. Le problème c'est qu'on fait vite des raccourcis lorsqu'on veut être concis.

Mais pour ce qui est des cycles solaires ou des variations de l'axe de la terre, ce sont toutes des données qui ont été étudiées par les climatologues du GIEC et comme je le montrais dans ma 2ème note sur le RC, elles ont été démontées (le soleil est moins actif depuis la fin des 70's alors que le réchauffement s'est accéléré)... En fait ce sont des données qui ont eu leur importance mais qui ne permettent pas

Les sceptiques sont un peu poussés dans leurs derniers retranchements, et quand je vois la vitesse à laquelle JF Mabut change de position (il pensait il y a encore 2 semaines qu'il n'y avait pas vraiment de réchauffement et maintenant il pense déjà qu'il y a réchauffement, que l'homme est responsable mais qu'il est trop tard pour agir), je me dis qu'il y a quand même un peu d'espoir... Allez, encore un effort et dans 6 mois vous nous parlez tous de décroissance soutenable et conviviale!

DE TOUTE FACON, le pic pétrolier ne nous laissera pas le choix.

Écrit par : Sandro Minimo | 27/03/2008

Monsieur Minimo,
Lisez mon livre, l'Utopie Urgente, écrit pour l'essentiel au début des années 2000 et vous verrez que je suis extrêmement lucide, depuis fort longtemps sur les limites de la croissance. Notamment parce que je considère comme fondamentalement injuste que nous soyons les seuls à en profiter et que la planète ne supporterait pas l'extension de notre niveau de vie à l'ensemble de ses habitants. Donc il faut rationner.
Mais dans le même temps, la science et la technologie pourront nous aider à solutionner un certain nombre de choses et qu'il serait donc faux de freiner le progrès. C'est là où je diverge des écologistes purs et durs. Et sur le fait que je n'ai rien contre la voiture en soi, si l'on trouve le moyen de la rendre plus propre.
J'ajouterai que si le dernier rapport du GIEC décrit une baisse de l'activité solaire, la nature du problème est largement plus complexe. L'activité des tâches solaires, pour ce que j'en ai lu, est en nette augmentation. Ce qui peut expliquer pas mal de choses par les perturbations magnétiques considérables qu'elles causent, notamment.
De plus les variations de l'orbite de la Terre autour du soleil sont fondamentales. Si vous vous rapprochez du radiateur, c'est aussi important que si vous élevez la température de celui-ci.
Enfin, il y a un facteur dont je n'entends jamais parler, et j'aimerais bien savoir pourquoi, c'est l'influence, qui ne peut pas être nulle, de toutes les calories que nos activités diverses libèrent dans l'athmosphère. On sait très bien que la température d'une grande ville est de deux ou trois degrés plus élevée, l'hiver, que celle de sa campagne environnante. A force, toutes ces calories libérées depuis un bon siècle d'ère industrielle, cela doit finir par compter non ?

Écrit par : Philippe Souaille | 29/03/2008

Cher Sandro Minimo...vous avez 2 appartenances...le GIEC et le PS...à part cela, il semble que le dialogue avec vous est impossible, vous mourrez avec vos convictions.
Et si le GIEC demandait le suicide collectif, allez vous le suivre et mettre fin à vos jours ?
Vos seules lectures se limitent-elles aux rapports du GIEC et du PS ?

Sortez un peu de chez vous, prenez l'air, aimez votre compagne...amusez-vous...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 29/03/2008

>Mais dans le même temps, la science et la technologie pourront nous aider à
>solutionner un certain nombre de choses et qu'il serait donc faux de freiner le
>progrès.


Allez lire ma note sur l'effet rebond. La technique est importante et peut aider à améliorer les choses, mais dans une société de croissance où elle n'est pas un moyen mais une fin en soi, il se trouve qu'elle est vite annulée par la croissance elle-même. Tous les progrès faits sur l'efficacité des voitures (par exemple) ont été annulés par l'augmentation du parc automobile et par le fait que la mode soit à des voitures de plus en plus grosses et lourdes.

http://sandrominimo.blog.tdg.ch/archive/2008/03/06/salon-de-l-auto-1-l-effet-rebond.html

Quant au rapport du GIEC, je suis désolé mais je trouve vraiment très gonflé de venir le remettre en cause lorsqu'on n'est pas un climatologue professionnel. Vous pouvez palabrer comme vous voulez sur les cycles solaires, les taches, l'orbite terrestre mais vous le savez au fond de vous, c'est de la science de comptoir de bistrot et vous ne faites qu'ânonner ce que disent des sites internet "sceptiques"... Qui a plus de légitimité pour parler de tout ceci si ce n'est le plus grand conglomérat de climatologues à l'échelle mondiale, qui je le rappelle, n'a absolument aucun intérêt à faire croire à la population mondiale à un prétendu réchauffement catastrophique...? Si c'était un vaste complot, il a démarré en 1894 avec Dante Arrhenius qui a développé la théorie selon laquelle nos émissions de GES allaient réchauffer la planète. Le GIEC et la climatologie actuelle, de contradictions en erreurs et en rebonds arrive aujourd'hui au consensus de 99% de probabilité de responsabilité de l'homme. Alors bien sûr ils peuvent se tromper, mais le principe de précaution nous OBLIGE à agir.

@Victor DUMITRESCU
Le PS? Qui vous a parlé du PS? Qui vous a dit que j'étais au PS ou même vaguement sympathisant? Vous racontez n'importe quoi.

Écrit par : Sandro Minimo | 29/03/2008

"Le PS? Qui vous a parlé du PS? Qui vous a dit que j'étais au PS ou même vaguement sympathisant? Vous racontez n'importe quoi."
Si ce n'est pas le cas, alors, vraiment toutes mes excuses...c'est pas fait exprès.
Avez-vous suivi le documentaire de la TSR2, "Nature d'Europe" ?
Très intéressant...je persiste à croire qu'il ne s'agit que des cycles naturels auquels nous sommes contraints d'abdiquer et de nous réfugier dans les grottes...comme nos ancêtres...

Heureusement, nous ne sommes plus à l'époque des gaulois, qui craignait de voir le Ciel leur tomber sur la tête...avec Google Earth...la météo...nous en savons beaucoup de chose depuis Copernic et Galilée...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 29/03/2008

Je ne pense pas que le site officiel de la météo du Royaume Uni manque de professionalisme ou de sérieux. Il regorge pourtant d'infos très intéressantes sur l'écliptique, les tâches solaires etc... Par ailleurs les compétences d'un météorologue en astronomie, laissez moi rire, la spécialisation est telle aujourd'hui que ce que vous affirmez n'a aucun sens.
Contrairement à ce que vous croyez, le GIEC a un intérêt matériel évident à noircir le tableau. Les météorologues ne vivent pas d'amour et d'eau fraîche. Ils ont besoin de budgets pour faire leur boulot, payer leurs recherches et nourrir leurs familles. Et subventionner des votes lors des assemblées générales de l'OMM entre autres.
Les budgets sont octroyés par des gouvernements conditionnés par l'opinion publique. L'OMM et les divers services météo ne cessent de pleurer misère depuis des années auprès de gouvernements qui sont évidemment beaucoup moins enclins à être radins s'ils craignent le réchauffement que l'inverse.
Enfin, même si je me trompe (et je ne fais que poser des questions), j'ai raison de continuer à questionner le fond et la forme, parce que s'asseoir sur un consensus pour l'ériger en dogme est à peu près ce qu'il peut y avoir de plus pernicieux en matière scientifique.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/03/2008

Mais bien sûr, le GIEC est à la recherche de fonds et est volontairement catastrophise pour être payé. Franchement c'est à la limite de la diffamation. Si vous voulez savoir comment il fonctionne, allez lire ceci :

http://blogs.tv5.org/climats/2008/02/quest-ce-que-le.html

...et vous comprendrez mieux qu'obtenir un consensus scientifique dans ces conditions tient du miracle... ou alors c'est lorsque l'évidence est trop forte pour être contredite par des arguments solides! Ce qui est malheureusement le cas!

Je pense qu'il est clair que toute personne remettant en cause les conclusions établies par les 2500 scientifiques du GIEC se doit de le faire en présentant des arguments solides étayés par des thèses publiées dans des revues scientifiques dignes de ce nom, ce qui n'est franchement pas le cas. Et pourquoi n'a-t'on entendu que des voix isolées remettre en cause le RC? Pourquoi aucun groupe sérieux alternatif au GIEC n'a-t'il pu se former? À cause d'un vaste complot mondial? Qu'est-ce qui empêcherait des scientifiques de se mettre ensemble pour crier au monde qu'on se trompe? Il n'y a aujourd'hui que des critiques isolées parce qu'elles sont tout simplement scientifiquement intenables lorsqu'on les regarde sérieusement. Il n'y a qu'à voir ce qui s'est passé avec Vincent Courtillot, le chercheur français, disciple d'Allègre.

http://blogs.tv5.org/climats/2007/12/les-chevaliers.html

Les gens comme vous trouveront n'importe quelle excuse pour dire que ce n'est qu'une fumisterie. N'importe quelle excuse. Que ce soit une tempête de neige à Zermatt ou un site internet douteux qui théorise sur les taches solaires. Et vous le savez très bien, dans une société au temps de réaction aussi lent que la nôtre et où la baisse de émissions de GES demande un tel effort de reconception économique, toute remise en cause du RC anthropique est une aubaine pour s'exonérer d'agir.

Si l'on parle de l'existence même du RC, vous allez me dire qu'il a fait froid ces derniers jours et que le RC n'existe pas. Vous confondez ainsi météo et climat, ce qui est stupide.

Si l'on parle des facteurs influençant le RC, vous allez me dire que c'est le soleil et ses taches. Alors que toutes les études concluent que ce n'est plus vrai depuis 40 ans.

http://www.skepticalscience.com/solar-activity-sunspots-global-warming.htm

Mais vous allez ensuite me parler de l'orbite de la terre, alors que vous savez que ce genre de changements se produit sur une échelle de temps beaucoup plus longue que 30 ans, et que cela ne joue donc pas du tout avec le réchauffement rapide que l'on connaît. Sans parler du fait que si les basses couches de l'atmosphère se réchauffent en ce moment, les hautes couches vivent exactement l'inverse, parce que l'effet des GES y est inversé. Si c'était le soleil qui réchauffait (par modification de l'orbite, ou à cause des taches, ou autres), c'est l'atmosphère tout entier (dans toutes ses couches) qui se réchaufferait.

Alors, là, je vous entends déjà me parler des calories humaines. Oui, ben, peut-être, je n'en sais rien. Mais ça ne change pas grand chose au fait que de toute façon, c'est l'activité humaine qui provoque le RC.

Et là, je vous vois déjà me rétorquer que "de toute façon, la Chine pollue bien plus". Oui, mais la Chine est un énorme pays, et par habitant, elle dégage bien moins de CO2 que nous. Et puis vous allez me dire que "c'est trop tard, on ne peut rien faire", et là je vous répondrai justement que non, bien au contraire, nous pouvons encore agir, mais il ne faut pas attendre, et que toute cette conversation (et il y en a des milliers comme ça sur internet) n'a qu'un seul effet : nous retarder encore dans l'action.

Or, l'action aujourd'hui consiste d'abord à introduire une taxe CO2 à l'échelle internationale (en commençant par l'échelle nationale), à isoler massivement tous nos bâtiments, à mettre en place un développement massif des transports en commun électriques (et à cesser d'investir dans les transports individuels motorisés), à taxer fortement l'aviation (particulièrement celle qui ne sert à rien genre "Genève-Nice"), à faire des campagnes de sensibilisation pour baisser notre consommation de viande, à cesser d'importer des légumes et des fruits hors-saison notamment en arrêtant de les proposer et en sensibilisant la population, à interdire les véhicules émettant plus de 250 g de co2/km, à réduire la place de la voiture partout où cela est possible, en développant le réseau cyclable, en subventionnant l'achat de vélos et de vélos électriques, en limitant la vitesse sur les autoroutes à 100 km/h dans un premier temps (ce qui améliorera la fluidité et diminuera les accidents), et en sensibilisant la population.

Bref, AGIR.

Écrit par : Sandro Minimo | 30/03/2008

Où est la discussion si vous faites les questions et les réponses et me prêtez des propos que je ne tiens pas ? C'est tout à fait caractéristique de l'esprit sectaire de certains écologistes.

Il se trouve que je partage un certain nombre de vos conclusions. Mes amis politiques radicaux ont d'ailleurs fait des propositions de loi en ce sens au Grand Conseil. Sur l'isolation notamment.

Pour autant, je ne les partage pas toutes et je reste sceptique sur un certain nombre de points. Parce que je suis un esprit libre et pas un idolâtre.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/03/2008

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