31/03/2008

Justice : nouveaux dérapages socialistes

 

Il est affligeant de constater que le parti socialiste explique à l'Entente ce qu'elle aurait du faire pour l'élection du Procureur Général. Pour le patron de la Commission judiciaire du PS, qui s'exprme dans la Tribune de ce lundi, libéraux et démocrates chrétiens ont eu tort de suivre les radicaux rangés dérrière Daniel Zappelli. Le seul hic, c'est que libéraux et démocrates chrétiens sont très présents dans la campagne et sur le terrain. Démocrates chrétiens et radicaux y trouvent même l'occasion de raffermir des liens qui s'étaient un peu distendus ces derniers temps.

La vérité, c'est que la personnalité conciliatrice de Zappeli, toujours en quête d'objectivité et de justice – apparement le principal grief qu'on lui fait – lui vaut un très large soutien. Il a rassemblé dérrière lui de la gauche du centre à la droite dure. Le candidat socialiste a même fait en sorte de lui assurer les voix populistes par ses déclarations intempestives, merci pour lui.

La vérité, c'est que la gauche n'avait pas de candidat, mais que la gauche de la gauche voulait la peau de Zappelli, pour lui faire payer l'expulsion des squats. Le PS a donc pris langue avec les partis de l'Entente, pour tenter de dégager un consensus autour d'un autre candidat de l'Entente, en vain. Tous les partis ont clairement chosis de reconduire Zapppelli. La gauche s'est donc repliée sur la candidature Paychère, qui aujourd'hui explose en vol en laissant éclater au grand jour sa fébrilité et son immaturité.

Car enfin, qui sont les perdants de l'odieuse campagne de diffamation impulsée par le candidat socialiste, si ce n'est la réputation de la justice genevoise en général et ses processus de fonctionnemnent en particulier ? L'extrême droite et le MCG viennent de mettre le doigt sur le système de désignation des juges et du Procureur Général, à quelques mois du début des travaux de la Constituante. Qui devra fatalement aborder la question. Le moins que l'on puisse dire est que le système actuel ne ressort pas grandi de ces déchirements stupides.

Au bout du compte, comme en d'autres pays, les juges deviendront sans doute des fonctionnaires, nommés à vie, supprimant les passerelles à double sens avec le métier d'avocat. Et le Procureur Général sera nommé par le pouvoir exécutif, ou peut-être par le législatif. D'où une diminution de son indépendance. Peut-être est-ce là ce que veut le PS au fond: une réserve de fonctionnairres supplémentaires. Il n'est pas certain que les actuels juges et avocats socialistes aient à y gagner.

30/03/2008

Ingrid bientôt libre ?

Ingrid pourrait être libérée dans les heures ou les jours qui viennent. Un Falcon médicalisé du Gouvernement français a été prépositionné en Guyane… "Au cas où" d'après l'Elysée, qui prétend n'avoir pas d'infos supplémentaires.  Ce qui serait tout de même une bien curieuse gestion des deniers publics.

Dans le même temps, Uribe promet une récompense de 100 millions de dollars aux guérilleros qui libèreraient l'otage, ainsi que l'impunité. En accord avec la France, ils pourraient se réfugier dans l'Hexagone.

Les choses bougent en tout cas et si Ingrid Betancourt peut avoir la vie sauve grâce à cela, tout le monde ne peut que s'en féliciter. Seul problème, et il est de taille, cela ne résout en rien la question des plus de 700 autres otages encore détenus par les FARC (dont 300 seraient peut-être morts), ni celle de l'arrêt de la violence.

Du coup, le Procureur Général colombien s'est fendu d'un avis de droit. La Fiscalia, comme on nomme en Colombie le pouvoir judiciaire est entièrement indépendant du pouvoir exécutif comme il se doit. Et le patron de la Fiscalia estime que la justice colombienne ne pourrait accorder les remises de peine promises que dans le cas d'un accord humanitaire incluant la libération de tous les otages. D'où peut-être l'idée d'exfiltrer vers la France les gurilleros concernés.

Ce n'est pas tout: juridiquement, pour l'ONU, les FARC sont des terroristes et la Colombie comme la France pourraient être traînés devant le TPI si elles les soustrayaient à la justice. On aimerait bien savoir aussi qui paie les 100 millions de dollars de rançon: les contribuables français, colombiens ou étasuniens ?

D'un autre côté, l'intérêt de tous est évidemment que la libération d'Ingrid se réalise. Pour elle, pour sa famille, pour le gouvernement colombien qui se trouve libéré d'une grosse épine dans le pied, pour Sarkozy qui devrait y regagner quelques points de popularité et surtout pour la Colombie et même pour les FARC. En effet, la fin de l'épisode Ingrid devrait accélérer sensiblement la fin du conflit. Les FARC n'auront alors plus qu'une issue, celle de se rendre, ce qui est encore ce qui peut leur arriver de mieux.

Il est des situations concrètes où l'intérêt général commande d'oublier un peu le juridisme étroit. Le seul problème, dans ce cas, ce sont les juristes… Mais je suis certain qu'il doit leur être possible d'être un peu créatifs lorsque l'intérêt supérieur est aussi évident.

29/03/2008

PG la gauche fait le spectacle et oublie le droit

Dire le droit, c'est l'une des fonctions essentielles du Procureur Général. Celle pour laquelle le candidat socialiste se prétend le mieux taillé, de par ses longues études et son lourd passé de théoricien, qu'il étale complaisamment. Or étonnamment, le droit a été le grand absent de cette campagne, qui a rapidement sombré à hauteur de caniveau, sous les insinuations scandaleuses du candidat de gauche et de ses alliés. En 30 ans de carrière médiatique, je ne me souviens pas avoir assisté à ce genre d'attaques, qui posent d'abord le problème de la pertinence du système.

Au départ, il y a l'animosité personnelle d'une chroniqueuse judiciaire qui avait les larmes aux yeux, il y a 6 ans au soir de l'élection de l'actuel PG et qui a juré de lui faire mordre la poussière. Depuis il ne se passe rien au Palais dont elle ne puisse prendre prétexte à égratigner le PG. Chaque chose et son contraire, avec une mauvaise foi remarquable et remarquée, puisqu'elle est chaque année la risée de la revue de l'ordre des avocats pour ce fait.

Le problème, c'est que six années d'attaques perfides unidirectionnelles laissent des traces. La presse a du pouvoir, au moins sur les esprits, même si ce n'est que le 4ème. Elle a aussi des devoirs, d'objectivité, mais dans cette affaire, comme d'ailleurs de plus en plus souvent, elle les a allègrement foulé aux pieds.  L'image répandue du PG – sans fondement, mais répandue tout de même – était telle que les socialistes ont cru pouvoir déroger aux règles tacites qui font qu'on n'attaque pas un Procureur Général en exercice.

Cet usage a des raisons évidentes, qui éclatent au grand jour aujourd'hui. L'un des candidats est au pouvoir, l'autre non et cette inégalité peut conduire à utiliser des arguments déchirants qui n'ont pour unique conséquence que de décrédibiliser l'appareil judiciaire dans son ensemble.

La presse évidemment fait ses choux gras de la bataille de fauves qui se déroule dans l'arène. On avait cru calmée, au grand dam des journalistes, la dérive médiatique entamée par le prédécesseur de Daniel Zappelli. Un procureur Don Quichotte attaquant tous les moulins de la République et du monde entier devant les flashes des photographes, c'était un bien meilleur pourvoyeur de scoops qu'un PG se contentant de faire honnêtement et méthodiquement son travail à Genève. Mais là, les médias se précipitent à la curée. C'est carrément du pain et des jeux.

Le candidat socialiste a dépassé les bornes en accusant Daniel Zappelli de complaisance à des fins politiques dans l'affaire Cerutti à Vernier, parce que le PG l'avait classée. A l'inverse, Daniel Zappelli s'était fendu d'un communiqué l'an dernier pour soutenir le travail du juge d'instruction Dumartheray, accusé de partialité dans la même affaire en raison de son mandat de conseiller municipal socialiste. Le fait même que le candidat socialiste envisage et juge crédible qu'un collègue magistrat, même d'un autre bord politique, puisse agir ainsi est à la fois étonnant et extrêmement préoccupant. La malhonnêteté intellectuelle n'est pas une nouveauté en politique, mais on pouvait l'espérer exclue de la magistrature. Sauf qu'apparemment, les socialistes ne sont pas de cet avis.

Dépenses inutiles et acharnement 

Ces accusations, choquantes dans la bouche d'un magistrat, ont d'ailleurs suscité une plainte en bonne et due forme du MCG. Le candidat socialiste se défend en prétendant ne pas avoir préjugé de la culpabilité de M. Cerutti. Stricto sensu, c'est vrai, mais son attitude est empreinte de fausseté. Pour pouvoir accuser Daniel Zappelli de calcul politique, il faut que Cerutti soit coupable. Sinon, l'accusation ne tient pas debout. Il entre en effet très précisément dans les attributions du Procureur Général de décider si une affaire doit aller jusqu'au procès ou pas.

Il doit savoir évaluer les chances du dossier constitué consciencieusement, à sa demande, par le juge d’instruction, avant de poursuivre l’accusation. Sinon les tribunaux – déjà victimes d'une surcharge chronique notoire - seraient engorgés au-delà du raisonnable. Le juge Dumartheray vient de rappeler que selon lui, le dossier qu'il a transmis au Procureur Général dans cette affaire n'est pas complètement vide. C'est exactement ce que l'on peut espérer de son travail.

Maintenant entre un dossier complètement vide, et un dossier complètement plein, il y a une marge importante qu'il revient au PG d'évaluer. Pas au juge d'instruction qui vient de transmettre son dossier et encore moins au Président du Tribunal administratif  sur la foi d'articles de presse. Mais apparemment, optimiser les dépenses et le fonctionnement de la justice genevoise n'entre pas dans les compétences d'un procureur général socialiste. A cet égard, bien que le procès Mikhaïlov soit encore dans la mémoire de nombreux Genevois, la leçon ne semble pas avoir porté chez tout le monde.

Sur le fond, rappelons que l'élection contestée a elle bel et bien été invalidée - par le juge Paychère – sans qu'un tort particulier soit imputé au candidat Cerutti. Dès lors, vu l'aspect contesté  des accusations portées contre Cerutti (pour le peu qu'on en connaisse à travers les dires des uns et des autres), l'acharnement est-il de mise puisque de toute manière, l'essentiel, à savoir son élection est à refaire ? Les juges socialistes semblent curieusement beaucoup plus enclins au laxisme à l'égard des voleurs et des délinquants de rue. Je n'ai-je le rappelle aucune sympathie pour le MCG, mais la justice se doit d'être équitable.

Epilogue accusateur

Dossier en mains, le PG a pour sa part estimé qu’un procès pénal contre Cerutti s'avérait très vraisemblablement voué à l’échec. Il a donc logiquement classé l'affaire, évitant au contribuable et aux protagonistes les frais d'un vain procès. En épiloguant, tout en essayant, à de pures fins électorales, d’égratigner le PG en poste au passage, le candidat socialiste commet une sortie de route dont toutes les séquelles pour lui ne sont pas encore connues.

Suite à ses propos, il est visé par une plainte, émanant d’une partie à l'encontre de laquelle il vient de rendre un jugement du Tribunal administratif... Cette plainte pourrait ne pas être considérée comme fondée en droit, Cerutti n'ayant apparemment pas été formellement attaqué directement. A son tour, cette plainte pourrait donc se voir classée. Mais tout de même, quelle piètre image de la magistrature donne ainsi le candidat socialiste, en offrant naïvement des verges pour se faire battre…

L'impartialité des juges est pourtant un outil essentiel au bon fonctionnement du 3ème pouvoir. Un viatique que  tous les intervenants du Palais devraient avoir à coeur de ne pas mettre en cause. Daniel Zappelli y croit, lui à l'impartialité du juge. C'est peut-être ce qui le différencie aussi de François Paychère, pour qui l'idéologie et l’attaque à tout prix, pour exister médiatiquement, paraissent désormais prioritaires. Une justice impartiale ou une justice filtrante, à la sauce gauche caviar, c'est de cela qu'il faudra trancher le 20 avril prochain.

28/03/2008

La balle est dans le camp des FARC

Un millier de prisonniers des FARC se déclarent en rébellion contre le secrétariat général de leur organisation, à qui ils réclament la libération immédiate de tous les otages. Ils se disent prêts à accepter l'offre de réinsertion dans la vie civile faite par le Gouvernement Colombien. De son côté, si les FARC libèrent Ingrid Betancourt, dont certaines informations laissent à penser qu'elle est gravement malade, le gouvernement colombien se dit prêt à libérer plusieurs centaines de prisonniers des FARC, sans limitation quand à la gravité des crimes commis. Les prisonniers en rebéllion souhaitent être inclus dans le nombre.

La balle est dans le camp des FARC et il faut espérer qu'elles la saisissent mais il y a malheureusement de fortes chances qu'elles n'en fassent rien. Le problème est que le sort de leurs camarades prisonniers ne les préoccupe guère. Le millier d'entre eux qui se rebellent aujourd'hui, n'avaient même pas été mentionnés dans la liste des échangeables, pour ne pas que le monde découvre l'étendue de la déroute de la guérilla. Qui perd bien plus d'hommes par désertion ou par capture que de mort violente.

Il y a bientôt un an, lorsque le gouvernement Uribe a libéré unilatéralement plus d'une centaine de membres des FARC, ceux-ci ont été considérés comme déserteurs par leur organisation. Qui en réponse a fait exécuter 11 sénateurs prisonniers, peut-être même avec leurs geôliers, ceux-ci ayant manifesté l'intention de les libérer, comme le laisse entendre l'ancien responsable de l'ONU pour les droits humanitaires en Colombie, l'Uruguyaen Colarzolli  (lire ITW Colazzoli.doc, malheureusement en espagnol – pas le temps de traduire - on y apprend plein de choses intéressantes sur les efforts accomplis par le Gouvernement pour faire respecter les droits de l'homme, sur la manière dont les FARC réagissent et sur les raisons qui poussent l'ONU à maintenir le qualificatif de terroristes).

La seule chose qui intéresse les FARC , c'est d'obtenir le territoire qu'elles réclament et que le Gouvernement ne leur donnera pas. La seule chance qui reste à  Ingrid  est que les FARC entendent le message selon lequel si Ingrid meurt en captivité, les FARC n'auront plus aucun soutien international. Mais pour cela, il faut que les comités Betancourt changent leur fusil d'épaule: l'ennemi d'Ingrid n'est pas, n'a jamais été le gouvernement colombien.

Le Président Uribe est prêt à faire beaucoup pour la faire libérer, il y a tout intérêt. Sauf à accorder un pan du territoire national à des assassins trafiquants et ravisseurs. 

Voici ce que déclare l'un des prisonniers entrés en rebéllion contre leurs chefs, Olivo Saldana, un ancien de la colonne de marche Teofilo Forrero, comando Izquierdo, le corps d'élite des FARC:

"La guérilla n'a plus sa place dans le pays, elle a perdu son nord, son idéologie se dégrade. Les structures des FARC sont détruites, il n'y a plus de communication entre les fronts, certains sont en roue libre et d'autres ne font plus que du narco-trafic. Dans le commando Adan Izquierdo, mon chef direct était le camarade Alfonso Cano et c'est lui qui doit assumer aujourd'hui la responsabilité historique de libérer Ingrid Betancourt vu son état de santé. Et ensuite libérer tous les prisonniers pour mettre une fin politique au conflit".


 

 

27/03/2008

Sarko grenouille

On dit qu'en politique, il faut rester poli, ne pas salir ses adversaires, bref se montrer dignes. Mais il y en a avec qui c'est plus difficile qu'avec d'autres. Parce qu'un petit ou un gros quelque chose, chez eux, n'inspire pas le respect. Tenez Sarkozy, par exemple, cela fait un moment que je ne lui ai pas tapé dessus. Cela ne manquait pas vraiment, il est déjà si petit, mais sa visite à Londres, tout de même...

Hormis le fait que Carla se déguise drôlement bien en Jackie Kennedy (sauf que l'originale avait attendu de ne plus être première dame pour se faire photographier à poil) la seule vraie nouvelle est donc que la France va renvoyer un millier de militaires en Afghanistan. Scoop révélé depuis une semaine par la presse britannique, ce qui en dit long sur la manière dont l'Elysée gère sa com. A vrai dire, il suffit de voir les couvertures des magazines féminins et des hebdos popus la semaine après les municipales pour comprendre: la Carla est envoyée en première ligne pour faire son métier d'actrice et de porte-manteau. Mission: se faire aimer de la ménagère de 30 ans à 90 ans. Celle qui vote.

Cela lui pose-t-il un problème à Carla, en tant qu'intello (d'accord faut le dire vite) de gauche (faut le dire encore plus vite) de détourner l'attention pendant que son Julot cire les pompes de l'Empire anglo-saxon ? On aimerait bien le savoir, mais cela reste réservé pour le prochain épisode. 

Tout ceci démontre en tout cas l'inanité du sytème français qui veut qu'on élise un monarque pour cinq ans, sur sa personnalité en fait, mais sans la connaître réellement et surtout sans pouvoir participer concrêtement au choix des options dans le détail. L'immense majorité des Français ne veut surtout pas se rapprocher des Etats-Unis tant que ceux-ci restent en Irak, or c'est exactement ce que fait Sarko. En matière de traité européen, itou, même si personnellement j'étais évidemment pour le traité, avec tous ses symboles. Le pouvoir d'achat, les cadeaux aux grosses fortunes, on peut multiplier les exemples. Le pire, c'est qu'il ne se sert même pas de son pouvoir quasi-autocratique pour passer en force là où ce serait vraiment utile à la France, c'est à dire en réformant en profondeur l'organisation sociale du pays.Il ne l'utilise que pour faire plaisir à ses potes et soigner son image. C'est le problème avec un petit monsieur qui n'avait d'autre ambition que d'arriver au pouvoir. Pas de l'exercer. Et surtout pas la moindre idée de ce qu'il allait en faire...

26/03/2008

Banquise et glaçons

 

Loin de moi l'idée de remettre en cause le réchauffement climatique. Même si la tempête de neige que j'ai affrontée en redescendant de Zermatt était assez inhabituelle pour un vendredi saint. Il paraît évident que d'importants bouleversements climatiques sont à l'oeuvre. Tellement importants qu'ils dépassent peut-être le pouvoir de nuisance de l'influence humaine, mais cela ne signifie certainement pas que nous devons nous abstenir d'essayer d'agir, bien au contraire.

Non, mon propos est simplement de souligner une fois de plus combien certains journalistes, politiquement corrects, se croient autorisés à écrire n'importe quoi, dès lors que c'est dans le sens du vent. Et combien ils sont peu surveillés par leur hiérarchie, les compétences scientifiques et la qualité de réflexion logique étant choses assez mal répandues dans les rédactions.

Une fois encore, c'est l'ats qui est en cause. Il faut dire que la bible de la presse helvétique les accumule dans un certain nombre de domaines bien précis que sont au moins l'automobile, le réchauffement climatique et la Colombie.

Exemple reproduisant la fin d'une dépêche de ce matin :

« La fonte accélérée des glaces de l'Antarctique - plus de 13.000 km2 de banquise ont disparu en cinquante ans - pourrait contribuer de façon importante à la montée du niveau des océans. Selon certaines projections au rythme actuel (3 mm par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir gagné 1,40 mètre d'ici la fin du siècle ».

D'abord, c'est du niveau de physique d'un gamin de 12 ans, un glaçon qui fond ne fait pas monter le niveau de l'eau dans un verre. Parce qu'une partie du glaçon flottait déjà sous l'eau et que le reste est une question de densité. Archimède l'avait déjà compris.

Les 3 mm d'élévation annuelle du niveau des Océans sont dus à la glace qui fond sur le continent Antarctique ou sur le Groenland et c'est un problème. Un gros. Mais la banquise n'y est pour rien. Quand au rédacteur de l'ats, il n'est pas seulement nul en physique, mais aussi en arithmétique. Ou en français, c'est selon. Parce qu'en bon français, 3 mm d'élévation par année, projetée sur un siècle, ça fait 300 millimètres, soit 30 centimètres. Pour que cela fasse 1,40 mètres, il faudrait attendre 466 ans et quelques mois... A moins bien sûr de changer de rythme...

C'est précisément ce qui pourrait bien être en train de se produire.

18/03/2008

La presse ne doit pas commander à la justice

Etonnant Paychère, lors du débat sur Léman Bleu lundi soir. Oser reconnaître qu'en matière de justice. Il tire ses informations et ses arguments d'articles de presse, il fallait le faire. Surtout lorsqu'il utilise des sources aussi peu fiables pour mettre en cause l'intégrité du Procureur Général en exercice.

Il est de notoriété publique à Genève que les deux chroniqueuses judiciaires des quotidiens de la place, détestent Daniel Zappelli, pour des raisons qui leur sont personelles. L'une en particulier, celle du Temps en l'occurrence, a entraîné l'autre dans son étrange combat, sous l'oeil médusé et amusé de leurs collègues. Elles flinguent donc le PG à longueur d'articles, tant et tant que c'en est devenu comique et que chaque année, la revue de l'ordre des avocats en fait ses choux gras.

Tant qu'on reste entre saltimbanques, l'affaire est amusante, mais que le prétendant à la fonction reprenne à son compte leurs délires paranoïaques dépasse l'entendement.

Ce n'est pas au 4ème pouvoir, la presse, de dicter sa ligne de conduite au 3ème, la justice. En saine démocratie, chacun doit rester dans son rôle et n'en point sortir. Cette déplorable habitude, pour la justice de travailler sous les flashes de la presse est née sous le Procureur Bertossa, qui adorait cette reconnaissance publique honorant sa très haute valeur...

Le prix de tout ceci fut un certain nombre de procès bâclés, enclenchés sans biscuits, c'est à dire sans preuve suffisante pour l'accusation, juste pour faire plaisir aux médias et donner l'illusion au bon peuple que l'on s'attaquait aux méchants riches. Sauf qu'en réalité, l'affaire était tellement mal menée que c'est le pauvre contribuable qui finissait par verser de l'argent, de grosses sommes d'argent, au riche accusé sans preuve...

La presse n'a pas à imposer son rythme effréné ou ses intérêts scandaleux à la justice, qui a besoin de sérénité et de discrétion pour faire son travail.

Un exemple des accusations grotesques portées par Paychere: le PG aurait absout un candidat du MCG par choix politique. Mais depuis quand les radicaux soutiennent-ils le MCG ? Dans ce dossier Cerrutti, pour le nommer, il n'y a a rien. Ou plutôt, il y a la preuve que des gens ont voté à la place d'autres, comme cela se produit assez régulièrement, dans nombre de petites communes, ou par correspondance, mais rien qui prouve que c'était en faveur du MCG en particulier.

J'ai personnellement, en tant que radical et en tant qu'ex-frontalier, une antipathie fort prononcée à l'égard du MCG, mais le respect de la justice commandait le classement de l'affaire.

17/03/2008

Paychère censure et la presse lynche

Dans son blog ici même, entre une recette de cuisine et des propositions sur le rôle des concierges d'immeubles en matière de maintien de l'ordre, façon noyautage du peuple, le candidat Paychère explique sa ligne de conduite en matière de censure. Qu'il s'empresse de contredire immédiatement. Je cite :

 

"je me réserve la faculté de publier les messages que je choisis. Je ne diffuserai donc pas ceux que je considère comme offensants pour mon adversaire… J’ai de la peine à comprendre l’intérêt des commentaires chargés d’invectives, prononcées en général sous le couvert – courageux (!) – de l’anonymat. Je ne suis pas non plus enclin à publier de tels textes, qui n’apportent rien au débat démocratique ".

Or juste en dessous, le candidat publie le pamphlet suivant, d'un citoyen courageux mais néanmoins anonyme :

"Dans le dossier de la BCGE, qui a coûté 3 milliards aux contribuables et qui s'éternise, la responsabilité de M. Zappelli me semble engagée. Qui sont les avocats des prévenus? ces avocats ont-ils la capacité d'influencer le procureur Zappelli pour que ce dossier patine ?"

Alors certes le ton est poli, mais l'accusation implicite est gravissime : il s'agit là de collusion, on laisse entendre que l'accusation est de mèche avec la défense. Si de telles assertions étaient prouvées, c'est en prison qu'il faudrait envoyer le PG… dans sa réponse, Paychère commente sans démentir.   

Un autre internaute, qui signe Stéphane Palois, m'a transmis cette intervention également très polie, qui prend la défense de l'attitude courageuse et posée de M. Zappelli, dans l'affaire de la BCGE. Il a transmis son petit texte à M. Paychère sur son blog… et celui-ci s'est empressé de l'effacer, sans le publier… Décidemment, avec une certaine gauche, la tentation de la censure n'est jamais bien loin. C'est son droit, sur son blog. Mais au moins, qu'il n'ait pas l'outrecuidance de se présenter en chevalier vertueux.

 

"La précipitation, en matière judiciaire, est mauvaise conseillère. La débâcle de l'accusation, au procès Swissair comme à celui de la BCV, vient encore le prouver.

M. Zappelli a fait en sorte que cela n'arrive pas dans l'affaire de la BCGE, en sollicitant une expertise comptable détaillée, qui fut certes longue mais qui aboutit à établir clairement les responsabilités. Maintenant le procès peut avancer.

Cette formule me parait bien plus professionnelle, sauf à vouloir transformer les procès de ce genre en simple catharsis, en happenings sans espoir de condamnation, comme cela fut fait par le passé. La justice est-elle destinée simplement à permettre un grand déballage à donner en pâture aux médias et au bon peuple?

Du grain à moudre pour les médias, plutôt que des faits établis justifiant des condamnations, n'était-ce pas là le grand talent de votre illustre mentor ?"

 

J'ajouterai personnellement que les quotidiens genevois sont en train d'essayer de faire payer à Daniel Zappelli son manque de disponibilité à l'égard des médias. On assiste à un véritable lynchage médiatique, aussi peu objectif que mensonger. Mais la justice n'a aucunement à être aux ordres des médias. La presse a besoin de coups d'éclats, là où l'exercice serein de la justice requiert le calme et la tranquillité.

Mo-Dem : pari raté, pari réussi

1621 voix pour Antoine Vielliard, contre 1670 pour son concurrent socialiste pour lequel le candidat UMP avait fait la dernière semaine une campagne discrète, mais apparemment efficace, puisque 300 de ses voix du 1er tour se sont reportées sur le candidat de gauche. A noter que le fils du candidat UMP mauvais joueur est le suppléant de Bernard Accoyer, patron annécien des députés UMP, qui s'est juré d'extirper le Mo-Dem de Haute-Savoie.

Comme à Pau où le candidat UMP, sorti 3ème, s'est maintenu, comme à Ferney-Voltaire où là aussi le candidat UMP arrivé 3ème s'est maintenu, faisant échouer Fabienne Faure sur le fil, l'UMP a préferé faire élire un candidat du PS plutôt qu'un MoDem qui refuse de s'aligner. Le PS, pense t'on dans les hautes sphères sarkoziennes, n'est pas un réel danger sur le plan national. Localement, il fait mal, très mal même, mais dans l'état actuel des choses, l'ennemi à abattre pour préparer les présidentielles de 2012, c'est Bayrou et son Mo-Dem. Ce qui prouve qu'on ne raisonne pas en termes politiques, chez Sarkozy, mais uniquement en termes de pouvoir personnel

La mauvaise nouvelle, c'est que Sarkozy a presque réussi son pari. La bonne, c'est qu'il a échoué. De peu, mais échoué tout de même. Car partout en France dans de petites villes comme St-Ju ou Ferney, mais moins exposées médiatiquement, une poignée de Mo-Dem sont parvenus à passer entre les gouttes du rouleau-compresseur UMP et sont devenus maires. Ils seront le fer de lance de la reconquête. Plus sûrement, l'attitude sarkozienne nous convainc de la justesse de notre démarche. Il doit être possible d'exister politiquement dans ce pays, sans prêter allégeance à l'omniprésident bling bling ou à un parti socialiste préhistorique. Sinon l'Hexagone est vraiment très mal parti.

Dans l'immédiat, il faut soutenir nos candidats, qui se sont battus avec dynamisme et ténacité frôlant le but de si près... L'heure est difficile, pour eux particulièrement. Courage donc. Et rendez-vous aux prochaines échéances.

12/03/2008

Le Mo-Dem très bien placé en France Voisine

Le Mouvement Démocrate de François Bayrou fait très fort en France voisine, où il a toutes les chances d'emporter les mairies de Ferney-Voltaire et Saint Julien en Genevois.

Déjà, au niveau national, il serait utile de rectifier certains chiffres. 3,5% c'est la moyenne de voix recueillies par le Mo-Dem sur tout le territoire national, sauf que le nouveau parti ne se présentait pas partout, loin de là. Parti urbai, pour l'instant, il privilégiait les villes moyennes et grandes. Il était ainsi présent dans quasiment toutes les villes de plus de 10 000 habitants et là le taux moyen est de 15,9 %, beaucoup plus proche de son réel impact national et du score de François Bayrou aux présidentielles.

C'est ainsi qu'au premier tour en France voisine, les deux ex-candidats Mo-Dem aux législatives qui se présentaient chacun dans leurs communes sont sortis deuxième avec respectivement 29,7 % (et 13 voix de retard sur le 1er, un vert qui avait lui-même sollicité, sans l'obtenir l'investiture Mo-Dem) pour Fabienne Faure à Ferney et 32,4% pour Antoine Vielliard à St-Ju.

Pour dimanche, Antoine Vielliard est le mieux placé, face à un maire socialiste sortant qui a fait exploser la dette de la commune en dépit de l'arrivée des ressources des taxes sur le casino. La liste UMP s'est en effet finalement retirée sans contrepartie après quelques vaines manœuvres d'intimidation et le candidat centriste devrait rattraper sans trop de mal ses 300 voix de retard, d'autant qu'il fait très fort dans les quartiers populaires. Ses soutiens genevois sont clairement radicaux et PDC, tandis sa liste regroupe des notables locaux de l'UMP et des sympathisants du PS, lassés de part et d'autres des errements de leurs leaders respectifs.

A Ferney, bien que l'écart soit moindre, la partie sera plus délicate pour Fabienne Faure, mais elle conserve toutes ses chances. Le Maire sortant, UMP, a raté sa sortie et plafonne à 25%, mais se maintient malgré tout, de même qu'une petite liste que l'on dit très conservatrice. Le vert sorti en tête ayant froissé passablement de susceptibilités, par sa brusquerie lors de passages précédents aux affaires, le vote utile devrait se reporter sur Fabienne Faure, qui apparaît comme "la" candidate responsable dans toute cette affaire, soutenue qu'elle est par une large palette allant, notamment pour ses soutiens genevois, des radicaux aux socialistes !

Alors ces rassemblements larges peuvent surprendre, en France, ceux qui n'ont pas l'habitude des majorités de gouvernement consensuelles à l'helvétique. Lorsqu'il existe un fort projet commun, rien n'empêche des personnalités de qualité de travailler ensemble, même avec des oppositions de fond sur tel ou tel principe.

Certains reprochent au Mo-Dem de ne pas avoir de davantage de programme que de ligne. Je répondrai exactement l'inverse: nous avons un programme, précis clair et patiemment élaboré, en concertation avec les citoyens largement consultés. C'est d'ailleurs sur leurs programmes, proches de gens et pertinents, que Fabienne et Antoine ont réussi leurs scores canons. Nous avons aussi une ligne: atteindre nos objectifs.

Ce dont nous manquons en revanche, c'est d'oeillères nous empêchant de prendre les bonnes décisions à cause d'à priori idéologiques trop marqués.

 

08/03/2008

Poignée de mains

La paix est revenue dans la région andine et c'est une excellente nouvelle. On s'interroge sur les raisons de ce brusque revirement des Présidents Equatoriens et Vénézueliens, mais la lecture des gazettes locales ne donne guère d'indications. Voici donc quelques informations.

Les trois points essentiels sont que le Président Uribe a reconnu qu'il n'aurait pas du franchir la frontière de l'Equateur sans autorisation, que le Vénézuela et l'Equateur se sont engagés à coopérer dans la lutte contre les groupes illégaux et que la Colombie a renoncé à poursuivre le Président Chavez devant le Tribunal Pénal International pour complicité de crimes terroristes. Nul doute que le doctorat de Harvard en résolution de conflit du Président colombien Uribe a du lui être d'un grand secours en ces circonstances tendues.

A part cela, on aurait souhaité lire un peu plus souvent, dans la presse francophone, les informations qui dérangent les soutiens des FARC que sont devenus les comités Betancourt. Par exemple que Nicolas Sarkozy avait démenti formellement avoir été en contact avec Raul Reyes en vue de la libération d'Ingrid… Les documents trouvés dans le campement de ce dernier prouvent d'ailleurs qu'ils n'avaient aucune intention de la libérer.

Ou lire comme, cela a été annoncé sur France Info, qu'Ivan Rios, l'autre chef des FARC mort cette semaine n'avait pas été tué par l'armée, mais par son propre chef de la sécurité. Les deux hommes étaient en fuite, avec leurs compagnes respectives (car les chefs des FARC ont droit au repos du guerrier, contrairement aux troupes de base) poursuivis dans la jungle par les commandos de la police colombienne. Le quatuor n'avait plus de munitions ni de nourriture, mais Ivan Rios leur interdisait de se rendre. C'est alors donc que son chef de la sécurité l'a assassiné, puis a découpé sa main afin de pouvoir amener ses empreintes digitales aux policiers et réclamer la rançon promise pour sa capture... Chez les FARC, on est entre gens de bonne compagnie.

Accessoirement, s'il peut paraître utile à la transparence de mentionner les liens de sujétion financière qui peuvent unir un communiquant avec certaines parties aux sujets qu'il traite (dans mon cas, un mandat avec l'ambassade de Colombie à Berne) , ne serait-ce pas utile de faire de même pour les chercheurs scientifiques et autres experts professionnels ? Surtout en sciences humaines.

Quand, au micro de France Info par exemple, une professeur à l'Institut des Hautes Etudes d'Amérique Latine s'exprime sur les FARC ou le Gouvernement Uribe, en tant qu'experte théoriquement neutre, sans préciser qu'elle est une théoricienne de la LCR (les trostkystes dont la branche en Suisse ont un temps hébergé le site des FARC), n'est-ce pas tromper le spectateur ? Même l'excellent Bernard Guetta, dans le Temps, habituellement mieux inspiré, s'y laisse prendre.

Il pense que le Gouvernement Uribe craint d'avoir à négocier avec un adversaire, les FARC qui serait devenu politiquement présentable. Le problème n'est pas là. Les FARC pratiquent la lutte armée, le terrorisme, le racket, l'extorsion, et le trafic de stupéfiants. Or la Colombie est un état de droit, doté d'un régime démocratique, d'une opposition de gauche légaliste, tout à fait de gauche, qui fait un vrai travail d'opposition.

LA DISPARITION DES DINOSAURES 

ON N'EST PLUS DEPUIS LONGTEMPS DANS LA LOGIQUE D'UN AFFRONTEMENT CLASSE CONTRE CLASSE. Au contraire, les paysans pauvres, les indiens et les noirs du Choco sont même les principales victimes du conflit, déplacés, harcelés, sautant sur des mines, bombardés dans leurs églises... Il n'y a plus de place pour la lutte armée en Colombie, encore moins lorsqu'elle est menée par des gangsters. Le programme Justice et Paix est à la disposition des FARC s'ils veulent se rendre et plusieurs milliers en ont déjà profité. Seuls les chefs sont condamnables à des peines de prison légère (8 ans maximum)  et personne ne les empêche de se mêler aux partis existants ou d'en fonder de nouveaux.

Les massacres de l'UP, c'était il y plus de 20 ans et ce ne sont plus les mêmes qui sont aux commandes... Sauf dans le jungle, chez les FARC... et chez la poignée de militants latino-américains réfugiés en Europe dans les années 70 et 80, qui alimentent encore la sensibilité de nombre de nos chercheurs, de nos journalistes et des comités Betancourt. Réveillez-vous tout le monde: la Colombie a changé, comme le reste de l'Amérique latine.

Il existe désormais une vraie classe moyenne colombienne dont le poids politique et économique ne cesse de croître. Ce sont eux qui mènent la guerre contre les FARC, simplement parce qu'ils veulent vivre dans un pays normal. Et les classes populaires leur emboîtent le pas.

01/03/2008

Reyes est mort... Une chance pour la Colombie

Je ne me réjouis pas de la mort d'un homme. Mais avec la disparition de Raul Reyes, la Colombie peut se réjouir de voir disparaître un obstacle à la paix. Peut-être même le principal obstacle à la paix, l'état de santé réel de "Tirofijo" Marulanda, le leader historique des FARC restant entouré de grands mystères.

C'est à Singapour, en route pour la Nouvelle Calédonie, avec une poignée de journalistes français (Daniel Schneiderman, Arlette Chabot, Hervé Chabalier et Mark Kravitz entre autres) que nous avons appris la mort  d'Eloi Machoro, proprement assassiné par le GIGN du socialiste Mitterrand. Le leader du FLNKS n'avait pas commis le tiers du quart du dixième de ce que Reyes avait sur la conscience. Je trouvais son exécution proprement scandaleuse. N'empêche qu'en tuant dans l'œuf la révolte violente qui menaçait, elle a sans doute permis d'éviter bien davantage de morts.

 

Je voudrais citer ici un extrait d'une interview de Raul Reyes donné voici 4 ans à l'agence Ann Col, agence officielle des FARC basée en Suède.

 

-          RAUL REYES: "Ingrid, voyez-vous, on l'a retenue car elle était candidate présidentielle dans le système de gouvernement colombien… comme Uribe Velez [ndlr.: l'actuel président colombien], Horacio Serpa [candidat du Parti libéral] ou Lucho Garzon [candidat de la gauche démocratique, aujourd'hui maire de Bogota, 8 millions d'habitants].

"Ingrid n'était nullement candidate de la gauche, ni une candidate luttant pour une Colombie distincte de celle d'aujourd'hui… elle n'était ni la candidate du peuple ni la candidate de la majorité, ni la candidate opposée au modèle libéral ni la candidate de la paix. Il y a des gens qui pensent qu'elle était la candidate de la paix, ce n'est pas vrai.

"Mais il se fait qu'après sa capture, des mobilisations importantes ont surgi pour sensibiliser le gouvernement à l'obtention d'un accord et ces mobilisations pour obtenir l'échange humanitaire sont salutaires, elles nous semblent très bonnes, car cela peut contribuer à un accord qui permette la libération de toutes les personnes échangeables et la libération de tous les guérilleros et guérilleras qui sont dans les prisons colombiennes contre leur volonté."

 

Suite à cette interview, partout où des militants ou sympathisants des FARC vivaient en exil, et notamment en France, Belgique et Scandinavie, ils sont entrés en contact avec les comités Betancourt pour y faire comme on dit "de l'entrisme". Ils cherchent à manipuler les membres honnêtes, qui sont encore les plus nombreux, par un discours uniformément centré sur l'opposition à Uribe. Espérons que ceux-ci finiront par se réveiller.