01/04/2008

Ospel s'en va. Champagne !

Excellente nouvelle, Marcel Ospel s'en va. Espérons que ce n'est pas un poisson d'avril. C'est enfin une marque de respect pour les actionnaires comme pour l'ensemble de la société. Quand on se plante avec un tel éclat, à un poste aussi symbolique. on démissionne. Et ce n'est pas tirer sur l'ambulance que le dire. Pas cquand l'ambulance est une Aston-Martin carossée en break de chasse, un modèle unique que le flamboyant s'était offert il y a quelques années.

Jaloux ? Non. On m'a fait le même reproche à l'égard de Sarkozy. Cela n'a rien à voir. Il y a des gens qui inspirent le respect et d'autres pas. Dominique de Villepin, par exemple, même s'il est loin d'être un saint a un discours homogène  et brillant, qui lui correspond. Son interview dans la Tribune de ce jour est lumineuse. Evidemment, puisqu'il dit les mêmes choses que moi dans mon bouquin, l'Utopie Urgente, avec lequel, d'ailleurs je serai au Salon du Livre...

Pour en revenir à Ospel, il s'est planté sur les subprime, il a étranglé Swiss et alors qu'il y a 5 ou 6 ans, UBS se présentait comme la première banque suisse capable de s'affranchir du secret bancaire, elle sombre aujourd'hui dans le roman de gare en se faisant pincer en Allemagne par une caméra cachée. L'UE a beau jeu dorénavant, et ce n'est certainement pas de nommer Blocher pour remplacer son bon copain Ospel (qui se ressemble s'assemble n'est-il pas), qui va arranger les choses. Le bruit en a couru ces derniers jours, mais ce serait agiter un chiffon rouge sous le nez des démocrates suisses et européens. Une forme de bras d'honneur de très mauvais goût. Personnellement, si cela se produit, je change de banque, et je ne crois pas que je serai le seul. 

Pour tout arranger, l'annonce de l'existence de comptes en Suisse et d'une fondation au Liechstenstein au nom de la ETA ne fait que confirmer ce que tout le monde subodore. Mais paradoxalement, c'est peut-être la seule justification valable du secret bancaire. Le fait qu'il soit politiquement pertinent, contre des dictatures politiquement incorrectes, d'assurer des canaux de financement discrêts à ceux qui luttent contre la tyrranie. Evidemment, dans le cas de la ETA et et de l'Etat démocratique espagnol, on en est très très loin. Ce qui fait que les banques rechignent à utiliser publiquement cet argument. C'est pourtant le seul valable, contrairement à la soi-disant pression fiscale, qui conssite en fait à transférer vers les pays riches, qui peuvent se permettre de taxer moins, une partie des recettes potentielles des pays pauvres, qui du coup sont condamnés à taxer encore plus. Exacetement comme entre cantons riches et pauvres ou entre communes.     

Commentaires

Pour 1 an de déficit, combien d'années de profit et de paiement des impôts ?
C'est bien dommage de réduire cet homme à un seul exercice comptable.
Et puis, surtout oublier qu'il reste les maisons pour lesquels ces hypothèques ont été contractée.
Dommage !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 01/04/2008

Il y a à l'évidence un montage anti- UBS. Lesquels sont payés par citigroup, lesquels sont les idiots utiles, difficile à dire, sauf pour Philippe Souaille, bien évidemment.

Écrit par : Géo | 01/04/2008

Petite remarque. Les subprimes ( voir ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Subprime ), ne représentent des pertes qu'à l'instant ... mais les maisons restent propriété des banques tant qu'elles n'ont pas été vendues.
Il s'agit bel et bien de pertes virtuelles.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 02/04/2008

M. Dumitrescu,
les subprime sont des produits dérivés liés à des hypothéques. Elles ne sont pas les hypothèques elles-même, mais une construction artificielle, qui a fait l'objet d'une spéculation. Par ailleurs, la valeur des maisons liées à ces hypothèque n'est pas coulée dans le béton... si j'ose cette métaphore hardie en la circonstance.
L'inconvénient de la spéculation est qu'elle modifie la valeur réelle des choses, à la hausse, ou à la baisse. Pour que ces maisons aient de la valeur, il faut des gens pour les acheter. Le mode de consommation étasunien étant outrageusement basé sur le crédit, les acheteurs ne peuvent acquérir qu'à l'aide de crédits. Or ils n'en obtiendront pas de sitôt. En plus, beaucoup d'entre eux sont ruinés, ce qui a des conséquences graves sur l'ensemble de l'économie. Sans acheteurs, ces maisons n'ont plus aucune valeur.
Franchement, M. Ospel a fait une grosse bêtise en s'embarquant dans cette galère, mais il n'est pas stupide. Croyez vous qu'il provisionnerait des dizaines de milliards de pestes s'il pensait pouvoir les récupérer ?
Quand à votre remarque "1 année de déficit et combien de bénéfice", justement, en une année d'une défaillance crasse de surveillance et d'une erreur grossière de stratégie, Ospel est parvenu à plomber ses comptes d'un montant équivalent aux 2/3 des 10 années de bénéfice accumulés auparavant.
Bénéfice qui ont été réalisés sous sa houlette, mais que, si ça se trouve, un autre que lui aurait permis tout autant. Or il a été plus que royalement payé pour ces bénéfices (plus de 20 millions par année!) tandis que pour l'année de pertes, il aura encore touché 2 millions de salaire. Sans compter qu'on ne sait pas dans quelles conditions il accepte de prendre la porte...

Écrit par : Philippe Souaille | 02/04/2008

Pour résorber le manque cruel de logements à Genève, il y qu'à partir aux US, pour trouver des maisons pour pas cher...vraiment données ( au cas ou, c'est une blague )

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 02/04/2008

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