04/04/2008

Squats : les flous artistiques du candidat socialiste

Dans une élection, le but est de faire élire son candidat. C'est-à-dire de récolter un maximum de voix. Daniel Zappelli comme son adversaire multiplient donc, ainsi que leur entourage, les déclarations rassembleuses, tout en espérant déstabiliser l'adversaire. Daniel Zappelli se montrant parfaitement zen en dépit des attaques, le camp socialiste redouble de mauvaise foi. Ainsi, dans les pages de la Tribune, la présidente de la commission judiciaire du PS laisse entendre que selon le directeur de campagne de Daniel Zappelli, le PDC Christian Coquoz, l'épisode de l'entarteur serait de nature à remettre en cause le mode d'élection du Procureur Général.

Cela n'est évidemment pas le cas et il n'a rien dit de tel. Un entarteur de plus ou de moins ne fera pas trembler les bases de la République, ni celles de sa justice. Ce sont les dénonciations calomnieuses et la mise en cause du bien-fondé des décisions de justice de collègues magistrats par le candidat socialiste qui posent problème. Gros problème, en décrédibilisant une institution dont l'image et la fiabilité sont les premières armes. C'est cela qui effectivement mérite un examen approfondi par la constituante. Pour éviter qu'au fil des élections, la situation dégénère au point de devenir incontrôlable. Et qu'après les élections se substitue au pouvoir législatif, élu pour écrire les lois, un Procureur Général qui se chargerait de décider seul lesquelles on va appliquer ou non…

C'est cela qui est en germe dans la prétention des socialistes à faire élire un PG visiblement connoté idéologiquement. C'est toute la loi qui doit s'appliquer, pas seulement celles qui plaisent à tel ou tel parti politique. A noter que sur la question des squats, le candidat socialiste n'a pas été d'une clarté limpide. Il a refusé de dire s'il utiliserait l'arme du pénal pour faire procéder aux évacuations, or en fonction de la jurisprudence définie par son propre tribunal administratif, c'est la seule possibilité offerte, si les squatteurs ne sont pas délogés dans les 48 premières heures de l'occupation.

Certes il a déclaré vouloir faire procéder aux évacuations rapidement, mais si d'aventure, pour x raisons, les propriétaires ne sont pas avertis et ne demandent pas l'évacuation immédiatement, c'est fichu. Il ne reste plus que l'arme pénale, dont le candidat du PS refuse de dire s'il l'utilisera ou non. En clair, si d'aventure Daniel Zappelli n'était pas élu, le nombre de squats aurait toutes les chances de remonter en flèche à Genève.

Commentaires

@ Philippe Souaille

Bonjour,

Je suis persuadé que les squats ne remonteront pas en flèche avec François Paychère.

Voir article de la Tribune d'aujourd'hui :

"Même s’ils continuent à se disputer de manière virulente sur la manière dont les squatters de Rhino ont été évacués, Daniel Zappelli et François Paychère estiment que les squats sont des zones de non-droit. Ni l’un ni l’autre ne sont favorables à la création de nouveaux squats. Ils estiment que les derniers squatters restants doivent évacuer les immeubles lorsqu’il y a une autorisation de construire et de rénover. Afin que les propriétaires puissent faire des travaux et remettre des logements sur le marché."

J'ai une question : Pourquoi ne parlez-vous pas des changements au niveau pénal?

Parce que tout le monde sait y compris Zappelli, que François Paychère est un expert?

avec mes meilleurs messages

Un bon après-midi

Michel Tedeschi

Écrit par : citoyensuisse | 04/04/2008

"Dans l'hypothèse où..."
Mieux vaut s'en tenir à une certitude:
Daniel Zappelli est un excellent P.G., gardons-le en place.

Écrit par : Blondesen | 04/04/2008

petite demande...auriez vous la source ( internet ? ) des affirmations de la présidente de la commission judiciaire du PS ? merci.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/04/2008

Citoyensuisse Michel,

Si vous pensez sincèrement que Paychère et Zappelli vont agir de la même façon contre les squats, alors pourquoi sur votre propre blog reprochez vous a Zappelli ses actions dans ce domaine ?

AF

Écrit par : Alain Fernal | 04/04/2008

"A voté !"

Écrit par : Dji | 04/04/2008

@ M. Souaille: Vous n'avez pas compris mon propos précédent (ou n'avez-vous pas voulu) et vous n'avez pas répondu à ma question concernant la Colombie. Tant pis. En revanche, je vous rejoins sur l'application de la loi sans connotation idéologique. Et on attend encore de la part de Zappelli qu'il rende ses décisions quant à certaines affaires pendantes de quelques anciens politiques relatés également par la presse, en espérant que ça ne finisse pas en queue de poisson.

Et puis, on ne fait pas la politique avec l'histoire : nos élus de gauche d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux qui ont défendu des valeurs telles que citées, ce souvent au péril de leur vie. La sclérose ayant gagné les différentes sphères de la société, il n'y a pas de place pour ce genre de profil alors qu'il y a tant à faire (et pas seulement à dire, comme on le fait sur ces blogs, sans effet et sans contrainte morale pour les élus concernés).
La droite n'a pas su non plus réaliser un libéralisme politique; les mesures décidées semblaient bien plus à perpétrer un ordre social déjà figé sans valoriser les initiatives individuelles. (On aurait vu des hiérarchies sociales peut-être renversées.)

C'est décevant mais c'est ainsi. Le pire est que les responsables (des deux bords)sont désignables mais coulent des jours heureux avec l'illusion du devoir accompli, l'égo satisfait... pendant que d'autres sont tués socialement par leur faute et sans qu'ils en aient commise.

Bien à vous! Et bravo pour votre combat en faveur de la dignité d'I. B.

Écrit par : Micheline Pace | 04/04/2008

@AF

Dans mon blog je reproche la manière dont Zappelli a évacué les squats. La manière forte ou comme il dit lui-même "la méthode pénale" aurait pu être évitée.

Pour rappel :

"Quand à ses yeux la cause en vaut la peine, Daniel Zappelli sait prendre de la hauteur par rapport aux lois. Le procureur général a inventé l’évacuation déguisée en contrôle d’identité. En clair, la police débarque en force dans le bâtiment occupé, interpelle les squatters et les emmène au poste quelques heures pour des vérifications. Par un providentiel concours de circonstance, le propriétaire du bien est au courant, il dépêche un huissier de justice qui constate en toute mauvaise foi que l’immeuble est vide. Puis, des ouvriers commencent à le barricader sous la protection des forces de l’ordre."


Bon après-midi

Écrit par : citoyensuisse | 04/04/2008

...pour rappel, Michel, comment fait-on pour occuper un squatt ? légalement, bien entendu...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/04/2008

bonjour

lu ce jour sur bluewin

naïvement, je pensais que nous avions les "pires" socialo du pays, apparemment pas.... et comme dit le dicton :

qui se ressemble....

Un membre de l'exécutif communal de Montreux (VD) fait l'objet d'une enquête pénale. La municipalité a précisé que l'élu socialiste a été arrêté sur mandat du juge d'instruction à la suite d'une dénonciation privée.
Ce conseiller municipal est à la tête de la direction de l'urbanisme et des sports depuis environ huit ans. L'enquête devra établir si les faits qui lui sont reprochés ont un lien avec son mandat public, a indiqué le maire de Montreux Pierre Salvi, se refusant à donner plus de précision


comme quoi les socialistes n'ont pas vraiment de leçon de moralité à donner aux autres partis et encore moins au MCG.

C'est tout de même paradoxale qu'un élu socialiste utilise comme slogan "INTEGRITE"....

Écrit par : justice | 04/04/2008

@Citoyensuisse,

La "manière forte" aurait pu être évitée, après seulement 20 ans d'occupation illégale... Et bien ok, merci pour ces précisions qui vont aider chacun à se faire une opinion.

Et merci à Zappelli pour nous avoir débarrassé des squats.

AF

Écrit par : Alain Fernal | 04/04/2008

@ AF

Toujours aussi joueur sur les mots, n'est-ce pas?

En aucun cas je n'ai dit que j'étais pour les squats.

Par contre, j'aimerais bien que qqun fasse qqch pour tous ces locaux commerciaux vides en ville, rien qu'à voir l'ancienne banque au rond-point de Rive inoccupée depuis des années... Mais sur ce point nous sommes d'accord.

Je continue à dire que la manière dont les squats ont été évacués n'était pas la bonne. Les personnes devaient partit on est d'accord, mais différemment.

C'est d'ailleurs le TF qui l'a dit non? je me trompes? le Tribunal fédéral avait clairement indiqué que la voie à suivre pour obtenir l'évacuation des immeubles de RHINO était la procédure civile.

Écrit par : citoyensuisse | 04/04/2008

@Citoyensuisse,

Qui joue sur les mots ? Rhino a abusé du système pendant 20 ans et Zappelli y a mis un terme. Ce n’est pas compliqué et il n’y a pas de jeu de mot.

Par contre les affirmations comme « Ils devaient partir mais différemment » illustre bien le floue artistique que vous partagez avec Paychère et l’ensemble du PS.

Mais c’est clair qu’à deux semaines des votations et avec 85% de la population désapprouvant ces abus, c’est délicat de dire que les squatters sont vos potes.

AF

Écrit par : Alain Fernal | 04/04/2008

@ AF

Pensez ce que vous voulez, vous en avez la liberté, pour ma part j'ai été assez clair sur mon point de vue de la situation.

Écrit par : citoyensuisse | 04/04/2008

Si Paychère est élu, Il y aura de nouveau du boulot pour Jurg Staubli !!

Écrit par : Octave Vairgebel | 05/04/2008

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