09/04/2008

Ingrid, une ennemie de classe

Ainsi donc, les FARC ont sèchement renvoyé en Europe la mission humanitaire initiée par le Président Sarkozy. La plupart des observateurs s'y attendaient, mais on voulait y croire. Il était cependant bien naïf d'imaginer que les dirigeants des FARC pouvaient être sensibles à l'argument humanitaire.

Pour eux, comme l'avait clairement exprimé Raul Reyes, Ingrid est une ennemie. Une ennemie de classe, la faculté de répartir les gens en petites cases antagonistes, c'est à peu près la seule chose qui leur reste de leurs idéaux marxistes.

Ces gens n'hésitant pas à faire fusiller un bataillon entier de leurs propres hommes pour une mince déviance idéologique comment peut-on imaginer qu'ils vont avoir pitié d'une grande bourgeoise qui les nargue et les provoque depuis son enlèvement ? Ils massacrent des paysans, ils tuent des enfants, renvoient leurs yeux à leurs mères, posent des mines autour des villages… Parmi les paramilitaires il y a eu, c'est vrai, des violences inadmissibles et condamnables, qui l'ont d'ailleurs été. Cela n'enlève rien, ni n'excuse en rien la cruauté des FARC.

Même le sort de  leurs propres soldats emprisonnés ne les intéresse guère. Ce qu'ils veulent c'est un territoire, pour y faire régner leur loi. Ils n'en démordent pas. Mais cela précisément, ils ne l'auront pas, non parce que le gouvernement colombien est borné ou que son Président est macho, comme on a pu le lire dans le Blick, mais simplement parce que l'on ne remet pas l'existence des 120 000 personnes qui vivent sur le territoire concerné entre les mains de brutes sanguinaires.     

Commentaires

sans parler des gens qui ont été déplacés à cause des FARC, justement pour les protéger.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 09/04/2008

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