12/04/2008

PG : les contorsions indignes du candidat socialiste

 

Le candidat de gauche au poste de Procureur Général est un universitaire de talent : qu'il le reste. Les qualités qui font un théoricien du droit ne sont pas celles qui font un grand gestionnaire, ni même un grand accusateur public et pas même un grand juge. Le candidat socialiste a au contraire fait preuve, durant cette campagne, d'un talent politique, à l'écoute de l'électeur, qui est aux antipodes de ce que l'on attend d'un juge. Un magistrat se doit d'être humain, certes, mais inflexible et sûr de son fait, plutôt que fluctuant au gré du vent pour satisfaire aux caprices de qui que ce soit.

M. Paychère a commencé sa campagne en courant à la défense des trois mousquetaires de la petite délinquance: squatteurs, pickpockets et dealers de rue. Auxquels il rajouta comme de juste un 4ème, les mendiants. Tous victimes de l'acharnement policier de l'actuel Procureur Général qui, selon le socialiste et ses adeptes, ferait mieux de rompre quelques coûteuses lances contres les grands méchants moulins de la planète: tortionnaires, tyrans et corrupteurs.

Mais le candidat socialiste, qui n'est pas idiot, s'est rapidement aperçu qu'il creusait sa tombe. Chacun de ses reproches apportait des voix à son adversaire. Les honnêtes citoyens genevois veulent d'abord être protégés des voleurs à la roulotte et des petits malfrats qui leur empoisonnent le quotidien. Ensuite, vient le tour des criminels internationaux, pour autant que le lien avec Genève soit avéré. Et que les chances de succès soient suffisamment consistantes pour ne pas avoir à mettre des années de coûteux procès, plus les dédomagements, aux frais du contribuable.

Le candidat socialiste a donc changé son fusil d'épaule et crié haro sur le squat (encore que de manière assez ondoyante) tout en infléchissant son discours anti-criminalité vers davantage de sévérité. Une attitude de fin politique, indigne d'un magistrat du Pouvoir judiciaire, dont la ligne de conduite se doit d'être inflexible. Pas soumise aux desiderata d'un donneur d'ordre, fut-il le souverain en personne. On ne rend pas une décision de justice, on ne place pas le curseur de la sévérité en fonction de son intérêt personnel, ou pour être élu. Sinon c'est la porte ouverte à la compromission. Et sur ce coup, lors de cette campagne, le candidat socialiste a fait montre d'une souplesse de reins regrettable.

On peut y ajouter un certain nombre d'erreurs factuelles, une bataille de chiffres qui s'est terminée en déconfiture et une méconnaissance des dossiers qui font qu'au final, dans sa liste de soutien, on peut lire les noms de tous ses petits camarades de parti, plus quelques verts. Rien que de très convenu.

Comment oublier également, qu'avec lui au Tribunal administratif, qu'il préside aujourd'hui, des décisions fort discutables ont été prises. Analogue au cas Ramadan, il y eut cette affaire d'un médecin coupable d'attouchements sexuels sur ses patientes, qu'il a fallu réintégrer aux HUG. Une lecture littérale du droit, celle de l'expert universitaire qu'est précisément le candidat socialiste, peut conduire à ces décisions abérrantes. Mais il est un temps pour la théorie et un temps pour le bon sens.

Il y a des fautes particulièrement graves, incompatibles avec les fonctions, qui méritent à l'évidence un licenciement sans avertissement préalable. Un meurtre, par exemple. Dès lors, dire où l'on place le curseur, comment on interprète le texte de la loi, c'est aussi la fonction du juge. Et oser se présenter comme un champion de la lutte contre les violences faite aux femmes, alors que l'on a renvoyé au boulot un médecin aux mains baladeuses et accordé de grasses indemnités à un partisan de la lapidation, il faut le faire. Tiens au fait, on n'a entendu personne accuser le candidat Paychère d'avoir accordé ses indemnités à Ramadan pour se concilier les bonnes grâces des intégristes musulmans le jour de l'élection...

Daniel Zappelli, au contraire, n'a pas dévié de sa ligne. Il sait parler à l'âme des gens et consacre d'ailleurs aussi discrêtement que concrêtement une part importante de son temps aux victimes de violence domestique. Les femmes responsables en ont attesté dans ces colonnes. Pas des discours, mais des actes.

Son sens de l'humour est la meilleure preuve de son humanisme et surtout Daniel Zappelli sait ce qu'il veut. Lui va au bout de ses convictions. Au final, il n'y a pas photo. Si bien que les agents de communication du candidat socialiste adressent déjà des blogs de soutien à leur malheureux champion, pour lui remonter le moral au soir de sa défaite.

C'est là en l'occurrence le seul danger de cette élection: que les électeurs potentiels de Daniel Zappelli, convaincus d'avoir déjà gagné, oublient d'aller voter. Surtout pas ! Même peu assurés des qualités de leur champion, les militants de gauche vont aller voter en rangs serrés. La majorité silencieuse doit s'exprimer, elle en a le droit, elle en a le devoir. S'il est sain de discuter de la répartition des richesses ou du développement durable, l'exigence de sécurité quotidienne ne se discute pas.

Le citoyen a le droit d'être protégé, même lorsqu'il a du bien et qu'il n'a pas eu d'enfance malheureuse. De même que les comportements violents et irrespectueux doivent être réprimandés de manière proportionnée. Ce sont là des caractéristiques essentielles de l'état de droit, tout à fait fondamentales pour assurer la cohésion – et la mansuétude – de la société.

Commentaires

@ Philippe Souaille

Il me semble que le sens de l'humour de votre candidat a amené le jeune entarteur à se faire tabasser par les policiers!

Il me semble que votre candidat n'a pas fait grand chose pendant 6 ans!

Il me semble que des dossiers sont assez vite classés avec lui, copinage?

J'ai vu François Paychère sur un stand à Rive, je lui ai posé des questions, il m'a répondu, Zappelli je l'ai d'ailleurs jamais vu...

Je sais pas encore pour qui voter car je suis plutôt de droite et je ne veux pas voter pour n'importe qui, cependant, il est vrai que j'ai une certaine sympathie pour les personnalités, et je ne sais pas, mais j'ai plus confiance en Paychère que Zappelli. D'ailleurs, il y a un jeune sur un blog qui croit vraiment en lui même si il perd, ça encourage à voter pour, même si je ne sais pas s’il le connaît vraiment.

Cependant, il est vrai que l'affaire Ramadan est inquiétante, je vais voir s’il est en ville aujourd'hui et lui poser la question.

En tout cas, je trouve que vous êtes irrespectueux de cette personne, il est vraiment sympa pourtant.

Bien à vous

Mieux seul que mal accompagné

Écrit par : msqma | 12/04/2008

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Souaille,

pour avoir eu le plaisir d'entendre et de rencontrer M. Zappelli, j'ai l'intime conviction qu'il est probablement l'un des plus efficaces, des plus dévoués Procureur que nous ayons eu.

Non par des envolées verbales, mais par la sincérité d'un homme convaincu d'avoir une lourde responsabilité.

De plus, je crois que très peu de personnes imaginent l'ensemble des dossiers que traitent l'administration judiciaire et il suffit de voir notre actuel Procureur, yeux dans les yeux, pour comprendre que certaines doivent être à la limite de l'humainement supportable.

J'admire les Hommes de cette trempe.

Les Genevois(e)s n'ont pas besoin d'un candidat socialistes ou radical à la tête de leur Justice, ils ont besoin d'un Procureur qui servira l'ensemble des citoyen(ne)s parce que la seule priorité sont les victimes et non les criminels / délinquants.

Et sur ce dernier point, M. Zappelli sera le Procureur des Genevois et des Genevoises, c'est bien ce que l'on peut attendre de lui.

Si je ne connaissais pas M. Zappelli avant, j'avoue que rencontrer des serviteurs de l'Etat d'une telle rigueur dans la tâche qui leur est confiée, force mon respect citoyen.

C'est donc en toute conscience que je déposerai mon bulletin de vote dans l'urne le dimanche 20 avril.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 12/04/2008

Cher Monsieur au curieux pseudonyme,
Daniel Zappelli a pris son entartage avec humour, déclenchant l'hilarité et les applaudissement du grand aula de l'Uni, rempli pour moitié des partisans de son adversaire. Il a précisé qu'il ne porterait pas plainte. Il n'est strictement pour rien dans le fait que des policiers se soient précipités pour arrêter l'entarteur, pas plus qu'il n'était présent lors de l'arrestation.
Tabassage, à mon avis, vous y allez un peu fort. Un policier qui avait envoyé un coup de poing dans la figure d'un prévenu dealer récidiviste vient d'être mis à pied. Si tabassage il y a eu, ce dont je doute, ces policiers seront sanctionnés. Mais apparemment, l'avocat de l'entarteur, pourtant prompt à vouer aux gémonies la police et les garants de l'ordre public n'a pas porté plainte pour voies de fait...
Vous prétendez que Daniel Zappelli n'a rien fait en six ans. C'est un mensonge pur et simple. Allez voir son bilan sur son site de campagne. Même ses adversaires les plus acharnés reconnaissent l'efficacité de son action : il a sérieusement renforcé en moyens humains et matériels le pouvoir judiciaire, il a divisé par dix le nombre de squats, fait condamné davantage de délits fiannciers en 6 ans que son prédécesseur, dont c'était le dada, en 12... Il remplit Champ Dollon de déliquants - ce qui lui est paradoxalement reproché ! - Il a pour la première fois fait poursuivre des auteurs de délinquants routiers pour meurtre par dol éventuel, mené une action résolue et saluée par les responsables féminines en faveur des victimes de la violence domestique, bref, Monsieur, vous dites n'importe quoi.
Vous prétendez être de droite, j'en doute, car un tel manque d'objectivité ne trompe guère. Il est ainsi curieux que vous n'ayez pas rencontré M.Zappelli sur les marchés, car il arpente assidument ceux du canton, tous les samedis matins, depuis plusieurs semaines. Je l'y ai moi-même croisé deux fois. Mais il est vrai que le reste de la semaine, il travaille, cloîtré au Palais, car il doit mener campagne tout en continuant d'assumer la lourde charge qui lui incombe: l'entier du pouvoir judiciaire.
C'est d'ailleurs l'une des raisons qui font qu'habituellement, le PG n'est pas attaqué tant qu'il reste en exercice. Saine tradition à laquelle la gauche a choisi de déroger cette année.
Vous trouvez votre candidat fort sympathique et c'est votre droit. Sans doute est-il un charmant convive dans l'intimité et nous avons d'ailleurs quelques amis communs. Mais il a choisi de se jeter dans l'arène électorale et il doit assumer d'autant que dès le départ sa campagne a été entachée d'attaques déloyales. De l'ancien PG, alors que là encore l'usage est de se taire, ou plus grave de lui-même lorsqu'il accuse implicitement l'actuel PG d'avoir pris une décision politiquement orientée.
Je ne crois pas lui manquer de respect, pour ma part, en remarquant qu'il a changé de point de vue en cours de campagne, et ce pour d'évidentes raisons de basse cuisine électoraliste, ce qui laisse bien mal augurer de la force de son intégrité. L'impartialité de la justice est à mon sens l'un de ces domaines où la fin ne justifie pas tous les moyens. Pour avoir longuement parlé avec Daniel Zappelli, je sais qu'il fait plus que partager ce point de vue. La gauche semble d'un autre avis, c'est l'une des raisons qui font que depuis maintenant plusieurs années je suis de centre droite. J'aime la droiture et l'analyse fine des causes et des considérants, là où les caciques de la gauche et l'extrême gauche pratiquent le double-jeu et la peinture à gros traits.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/04/2008

J'ai accordé mon soutien à D. Zappelli et j'ai déjà voté pour lui.
Si F. Paychère se permet d'aller sur les stands pendant la semaine au lieu de traiter les affaires du Tribunal, alors permettez-moi de vous dire que ce que vous lui reprochez, vous, les adversaires, le fait d'être "people", et bien c'est ce que votre candidat fais et en plus sur son temps de travail.

Comment dès lors avoir confiance en une girouette, qui, au gré du vent, se positionne dans sa "future" lutte judiciaire, car c'est précisément cela que nous allons élire, un magistrat de la Justice.

Comme contribuable, je ne veut plus payer pour les "intimes convictions" et les dédommagements à venir, avec une justice de gauche, pour les copains.

Comme justiciable, je ne veut plus avoir peur de ne pas appartenir au "bon parti", mais que la Justice ( aveugle ), fasse son travail, sans aucune discrimination partisane.

Enfin, je veut que la Justice fasse son travail, tout son travail et rien que son travail.

Merci de m'avoir lu.

Victor-Liviu DUMITRESCU

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 12/04/2008

bonjour

je me suis rendu à une de ces réunions made in Paychère afin de me faire une idée du personnage (qui utilise comme slogan "intégrite" dont je ne partage absolument pas ce point de vue le concernant mais cela n'est pas la question) et j'ai été surpris par le manque d'intérêt qu'il sollicite auprès de la population à l'exception des élus de son bord politique... mais et surtout

j'ai été choqué de constater que sieur Paychère ne connait absolument pas ces dossiers et surtout ne sait pas de quoi il parle, lorsqu'il aborde la problématique police et justice 2010.

C'est d'une extrème gravité de constater que le candidat Paychère ne connait pas du tout l'organisation de la police, pire il ne sait pas comment fonctionne l'institution policière alors que le PG est amené non seulement à travailler avec cette corporation mais également à leur donner des lignes directrices.

Le candidat Paychère parle de la justice de demain qu'il aimerait appliquer comme si il allait innover et apporter quelque chose de nouveau, alors que cette justcie là est en application depuis de nombreuses années (patrouille pédestre, ilôtage, problèmatique des violences conjugales, etc...)

C'est inquiétant aussi, d'apprendre de sa bouche qu'il ne sait rien sur justice 2010... alors qu'il fait croire le contraire à la population

le plus étonnant c'est aussi d'apprendre qu'il n'a pas de solution applicable pour désengorger la prison.

Ou je reste tout de même sur ma faim, c'est à entendre et écouter certaines personnes il serait une "bête" de justice et de savoir,

je suis désolé, mais il est bien loin de cette image, en tout les cas concernant les problématiques des citoyens lambda qu'ils doivent affronter dans leur quotidien

c'est pourquoi, je voterai, ma famille votera ainsi que mes amis voteront pour Daniel Zappeli

Écrit par : justice | 12/04/2008

Je tiens à préciser que je ne passerai qu'un seul commentaire par adresse IP, même lorsqu'ils sont signés de plusieurs pseudonymes. A fortiori lorsqu'il est évident quant au style et aux fautes d'orthographe qu'ils émanent de la même personne.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/04/2008

Permettez-moi de vous féliciter pour votre article. Tous les points que vous soulevez me paraissent pertinents, aussi bien les références à ce que l'on appelle la "petite" ou la "grosse criminalité, que celles qui évoquent les décisions du Tribunal administratif.
En ce qui concerne l'utilisation d'un pseudonyme, j'en suis désolé. Bien que je n'y vois pas une protection absolue, je pense que par les temps que nous vivons nous et nos familles peuvent courir un certain danger à intervenir publiquement sur des sujets comme les religions, les sectes et certains groupements plus ou moins fanatiques dans leur action. Et le quidam ne jouit pas du minimum de protection que peut offrir la notoriété.

Écrit par : Mère | 12/04/2008

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