14/04/2008

Pirates : Gros succès ou demi-échec ?

Toute la presse française s'extasie, depuis ce week-end, sur la libération spectaculaire des otages du Ponant et l'arrestation des pirates qui a suivi, récupération de la rançon en prime. C'est l'Omniprésident en personne qui a dirigé la manoeuvre et vu qu'il continue de plafonner à 38% d'opinion favorable, on n'a pas fini de l'entendre.

Sauf qu'en dépit de moyens considérables, trois navires de guerre, une escadrille d'hélicoptères, des commandos marine et le GIGN, bref la fine fleur de la force de frappe française, ce n'est qu'un demi-succès. Seule la moitié de la rançon a été récupérée et la moitié des pirates arrêtés. Donc la moitié court toujours. Tout simplement parce que les pirates se sont rapidement divisés en deux groupes et que personne n'avait prévu cette éventualité...

La problème, c'est qu'avec un tel bilan, il n'est pas certain que les pirates ne tentent pas de remettre ça. La prochaine fois, ils risquent fort d'être un peu plus regardant sur la manière de rendre la liberté à leurs otages. On aimerait savoir s'il y aura des mandats d'arrêts internationaux délivrés à l'égard des pirates qui sont parvenus à s'échapper. 

 

Commentaires

Vous oubliez le principal : 100% des otages ont été libérés sans dégats. Et, accessoirement il n'ya aucun tué ni aucun blessé. Vous auriez préféré que le sang coule ?

Écrit par : Pendragon | 14/04/2008

Ils vont planquer ce pognon en Suisse.

C'est là qu'il faut les coincer, si la Suisse toutefois l'accepte.

Écrit par : xgw13 | 14/04/2008

C'est parfait que tous les otages aient été libérés. Mais ça c'était pas compliqué du tout, il suffisait de payer, ce qui a été fait.
C'est juste l'opération arrestation qui a été moins réussie qu'one le dit. Moitié moins.
Quand à planquer 1 million d'euros en Suisse, quand on est pirate au Puntland, faut pas rêver. Tout ce pognon sera réparti immédiatement entre les familles, le village, etc... Et les gars ne sortiront jamais de chez eux, se contentant de continuer d'arraisonner les bateaux qui passent.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/04/2008

Bon, c'est un fait que notre Cesarkosy national fait parler toujours plus. La réactivité et la quantité des moyens est dû à la proximité de la base de Djibouti , l'assistance au PAM et notre participation à la Taskforce du coin. On peut toujours critiquer et voir le verre à moitié vide plutôt que le verre à moitié plein mais ne pas reconnaitre que cette opération est un succès est une attitude partisane un peu ..border line. Le but de toutes les nations confrontées à cette problématique est la récupération des otages. C'est 100% réussi et cerise sur le gâteau, retour d'une partie de la monnaie avec ...suprême jouissance la moitié des voyous appréhendés.
Bon, c'est vrai que dans un cas comme celui là les spécialistes commandos Suisse auraient fait mieux mais comme, neutralité oblige, ils ne sortent pas du village, ils ne pourront jamais nous faire une démonstration de leurs talents...allez... souriez, sans rancune !

Écrit par : Tartempion | 14/04/2008

Bien envoyé, Tartempion. Sauf que la critique vient d'un Genevois, peuplade qui n'a pas grand'chose à voir avec la Suisse et la mentalité de ses habitants, mais qui passe aux yeux de ceux-ci pour très, très française. Ce qui explique le petit côté négativiste...

Écrit par : Géo | 15/04/2008

Ils défendent le secret bancaire et le pognon. Là, c'est un succès total.

Écrit par : xgw13 | 15/04/2008

Amusant comme, dès que l'on égratigne la France en Suisse (ou la Suisse en France d'ailleurs)les poncifs les plus éculés ressortent immédiatement. On peut penser ce que l'on veut du secret bancaire et de l'évasion fiscale (qui entre parenthèses est le fait de Français... )mais cela n'a strictement rien à voir avec l'affaire du Ponant.
Je tiens donc à préciser que si j'ai la nationalité Suisse depuis à peine un an, bien que j'y sois arrivé en 1960... je suis aussi et toujours Français. Accessoirement Président de la Fédération du Mo-Dem en Suisse. Ce n'est pas l'avis d'un Suisse que j'exprimais, mais bien d'un observateur attentif et concerné de la politique française. Juste assez extérieur pour ne pas me laisser embringuer dans la déférence médiatique omniprésidente.
Je répète donc, les otages ne doivent en aucun cas la vie sauve aux militaires français mais bel et bien à la rançon qui a été promptement versée par l'armateur. En Suisse aussi, on aurait très bien su faire ça. Et même partout dans le monde d'ailleurs.
L'armée est intervenue ensuite, pour récupérer la moitié de la rançon et capturer la moitié des ravisseurs. La moitié. C'est un donc un demi-succès. Ou un demi-échec.
La susceptibilité de petit coq de certains de mes compatriotes hexagonaux me fait penser à une anecdote survenue à mon père qui circulait avec des plaques suisses sur une route du Jura français. A la suite de je ne sais plus quel incident, un Monsieur s'était approché de la voiture de mon père arrêté dans une station service en lui disant, "Si vous étiez Français, Monsieur, je vous casserais la gueule!". Mon père, ce héros (je devais avoir 8 ans alors), était descendu de la voiture en disant très calmement "Mais ne vous gênez pas, Monsieur, je suis Français". Il n'avait même pas eu besoin de se mettre dans la position du boxeur qu'il avait été, l'autre avait détalé sans demander son reste...

Écrit par : Philippe Souaille | 15/04/2008

Pour la prochaine prise d'otages, j'espère que le GIGN interviendra et que tous les preneurs d'otages seront tués. S'il y a des blessés ou des morts du côté des otages ou des forces de l'ordre, ce n'est pas grave. Au moins les critiques auront de quoi discuter (oui je suis agacé!).
En effet, les français "s'extasient" devant une telle sortie de crise. Mes chers amis suisses, c'est tout simplement parce qu'il n'y a pas de dégât humain. Pour nous, c'est le plus important. La demi-rançon récupérée n'est que la cerise sur le gâteau. Je sais que pour un suisse ce n'est pas évident à comprendre, mais quand même...
J'ai moi même vécu 16 ans à la frontière avec votre beau pays et je suis très bien placé pour savoir que vous avez la critique facile. Alors je ne saurais trop vous conseiller de balayer d'abord devant votre porte avant de vous occuper de ce qu'il se passe devant celle du voisin. C'est très facile de critiquer quand on se cache derrière la neutralité pour ne rien faire.
A bon entendeur, salut.

Écrit par : ACTIF | 15/04/2008

Décidément, il y a des lecteurs français qui ne savent pas très bien lire.
L'auteur de ces lignes, moi-même donc est Français. Français ! Et c'est vrai qu'entre l'Amiral parachuté sur place et tous les spécialistes du GIGN, plus le commandant en chef dans son bunker de l'Elysée, à Paris, il n'y a pas eu un seul petit malin à l'Elysée pour penser que les pirates puvaient se diviser en deux groupes...

Pas un non plus, (et là, les gazettes l'ont dit l'assaut est une décision personnelle du Président), à avoir songé que de choper les gars, enfin la moitié, juste après le paiement de la rançon, c'est drôlement chouette lorsque l'on est en présence d'une bande de ravisseurs isolés, dans un pays d'Europe. Mais sur la Côte des Somalis, la piraterie est quasiment une industrie nationale, plutôt bon enfant. On arraisonne un bateau, on se fait payer une rançon et on libère tout le monde proprement. Maintenant si le paiement de la rançon risque d'être suivi de descente du GIGN ça change la donne. Je doute qu'ils prennent peur tout à coup et arrêtent tout. Ces gens, extrêmement pauvres, n'ont absolument rien à perdre, tout comme les boat people qui risquent leur vie dans l'Atlantique ou en Méditerrannée. A la différence que eux sont armés et vindicatifs.
L'idée d'une force de sécurité internationale anti-piraterie est excellente, surtout si elle se combine avec une action de développement sur place. Mais pour l'heure on est en loin. Je n'aimerais pas avoir à passer par le Canal de Suez dans les mois qui viennent...

Écrit par : Philippe Souaille | 15/04/2008

M.Philippe Souaille vient de l'écrire, il n'est Suisse que de papier (et est la preuve vivante que la naturalisation est accordée beaucoup trop facilement, comme Jacques Neyrinck). C'est un Français qui parle aux Français.

Écrit par : Géo | 15/04/2008

Monsieur Geo,
je regrette aujourd'hui de n'avoir pas publié ce commentaire que vous m'aviez envoyé sur la Colombie, ou plutôt sur tous les Colombiens, qui tombait franchement sous le coup de la loi sur le racisme. Je connais personnellement plusieurs centaines de colombiens, aussi bien en Suisse qu'en Colombie, qui tous exercent des professions honorables sont gens charmants et extrêmemet bien élevés, bien plus que vous, et jamais au grand jamais ne commettront les actes délictueux que vous leur prêtez systématiquement.
Vous êtes Monsieur un triste sire et vos propos jettent une lumière crue sur l'orientation fondalementale des thèses de vos amis politiques, que vous êtes si prompt à soutenir habituellement.
Maintenant si vous estimez qu'une naturalisation accordée (et demandée) après 47 ans de présence (moins 4 d'études à l'étranger), toute la scolarité primaire et une partie du secondaire, plus toute ma carrière professionnelle, m'a été accordée à la légère, libre à vous. Sans compter que mon père, déjà en créant le circuit automobile de Lignières, avait, je pense, apporté sa pierre à l'édification de la Suisse moderne. Une formation à la conduite qui ne se limite pas au permis, c'était son idée au départ, mise en place 30 ans après. Le temps suisse est long, mais au moins il évolue, là où des pays voisins, dont mon autre pays, la France restent figés.
Je suis double national. Comme une bonne moitié de la population genevoise, jusque d'ailleurs dans les rangs de vos amis politiques. Cela ne signifie pas que je sois moins suisse. Sur les coutumes de certains cantons ou l'histoire de la Confédération, on peut jouer quand vous voulez au jeu des questions. Je suis Suisse en Suisse et Français en France. Je suis aussi togolais, espagnol et colombien par mariage et marocain par le hasard de ma conception, quelque part du côté de Casa. Même si je n'ai pas tous ces passeports, je le suis de coeur.
Ce ne sont pas des moins, mais des plus. Un concept qui semble avoir un peu de mal à se frayer un chemin vers vos circonvolutions repliées sur elle-même.
Votre attitude me parait cependant très intéressante car très instructive sur ce qui nous attend si d'aventure vos amis politiques réussissaient leur coup avec leur projet de loi sur la naturalisation par les urnes. Ils l'ont déjà dit: dans un 2ème temps, ils souhaitent voire supprimer le droit à la double nationalité.
Accessoirement, je l'ai écrit dans mon livre l'Utopie Urgente, l'idée de nation est, juste avant la religion, la première cause de décès par mort violente dans le monde depuis qu'elle existe. Pour moi, les êtres humains sont frères, ou cousins. Et Les Suisses, qui sont parvenus à se tenir à l'abri des deux derniers conflits mondiaux, me semblent les premiers à l'avoir compris.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/04/2008

Ah tiens, au fait, il semble que l'opération soi-disant sans tâche en ait quand même laissé quelques unes sur place. De sang. Les autorités somaliennes disent avoir relevé sur le terrain au moins trois cadavres, apparemment de pirates. Il aurait tout de même été plus honnête de le reconnaître tout de suite.
Cela devrait d'ailleurs inciter l'omniprésident ou ses soutiens a plus de prudence lorsqu'ils mettent en doute les méthodes retenues par le Gouvernement et la police colombienne après des décennies d'expériences diverses avec les preneurs d'otages, dont la trêve et la négociation.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/04/2008

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