28/04/2008

OMC : l'UDC a tout faux

Les réactions de mauvais joueur de l'UDC, après l'éviction de son leader du Conseil Fédéral la font agir en dépit du bon sens. Sa tentative de mise à ban de Mme Widmer-Schlumpf n'est approuvée que par 12 % des Suisses… et sa désastreuse alliance avec l'extrême gauche pour attaquer l'OMC à Genève n'a pas fini de faire des vagues.
Faut-il rappeler que peu avant son éviction, Christoph Blocher se définissait personnellement comme un fidèle soutien de la présence de l'OMC dans notre ville? C'était bien sûr avant d'entrer dans l'opposition systématique à… tout !
De l'aveu même d'un conseiller municipal UDC, c'est le sentiment que la population tient à ses parcs et qu'il y avait là un os à ronger, qui les a motivés. Ils n'ont pas voulu abandonner ce terrain à Pagani. Sauf que Pagani s'est fourvoyé, et l'UDC avec lui. D'abord, l'extension de l'OMC ne sera pas implantée sur des parcs publics, mais sur de l'espace actuellement intégralement dévolu à du parking. Et l'accès au lac ne sera en rien condamné.
Ensuite, comme le suggérait une avocate et conseillère municipale libérale lors d'un dîner samedi soir, Me Magnin pour rendre à César ce qui lui appartient, nous avons voulu en savoir plus sur les servitudes grevant les parcelles concernées. L'excellent Simon Brandt, chef du groupe radical au Conseil Muncipal a ainsi découvert que la servitude d'inconstructibilité liée au leg de Mme Barton en 1924 était limitée à 40 ans ! Ce qui la rend caduque depuis 1964… Et qui a permis déjà, d'y construire la cafétéria et les annexes de HEI.
Quand à la protection du bâtiment contre d'éventuels engins motorisés piégés,  y compris côté lac, il s'agira de protections au sol, discrètes et de faible hauteur, qui laisseront toute la distance nécessaire à la promenade et à la flânerie dans le Parc… qui accessoirement n'est pas public…
En effet. le parc entre le bâtiment et le Lac ne fait pas partie du domaine Barton, mais de propriétés privés, Rappard et Bloch, acquises pour la construction du BIT. Les responsables de ce dernier en avaient autorisé l'accès au public, dans un premier temps le dimanche et les jours fériés, puis finalement en semaine, mais en spécifiant que ce n'était qu'à bien plaire et que d'éventuels acquéreurs du terrain pouvaient fort bien en fermer l'accès. Ce que l'OMC n'a pas fait. Mais pourrait faire. L'OMC ou son successeur si jamais elle devait finir par s'en aller… Ce qu'elle ne souhaite pas, mais ne peut être écarté, car Genève reste une ville chère et 152 pays décident, qui sont loin d'être tous riches…
Enfin, dans l'accord de siège signé en 1995 par le Président de la Confédération Kaspar Villiger, il est spécifié que l'OMC jouissant du principe d'extraterritorialité n'a pas à se soumettre aux lois suisses pour ce qui se déroule à l'intérieur de son périmètre. Sauf bien sûr pour les crimes de droit commun. Toutefois cela englobe clairement les autorisations de construire, dont elle pourrait sans autre se dispenser, à l'instar du CERN, par exemple…
Autre promesse prévue par l'accord de siège pour 1998, mais qui n'a jamais été réalisée, celle d'un parking supplémentaire de 400 places. Ce en sus des 200 existant actuellement dans le périmètre, qui vont disparaître dans les travaux d'extension et de sécurisation, alors que le nombre d'employés est appelé à augmenter de plus de 50% dans les années à venir.
Alors avant de brandir des lois qui ne sont plus en vigueur, MM de l'UDC, peut-être serait-il utile de chercher à appliquer celles qui le sont. Une remarque encore, la solution retenue pour les parkings, qui consiste à creuser sous les bâtiments, n'est certainement pas la meilleure. Comme je l'avais écrit il y a 4 ans déjà, dans Genève Mobile, l'eau du lac tout proche rend la chose périlleuse et coûteuse. Des solutions alternatives existent, à Sécheron, qui seraient bien plus économiques et plus convenables écologiquement. Evidemment, elles contraindraient les employés de l'OMC à parcourir à pied, matin et soir, quelques centaines de mètres.

Nul doute que cela serait excellent pour leur santé et leur clarté d'esprit. Et puis l'OMC et la Confédération ont en commun d'être des structures de dialogue, de concertation et de consensus. Quelques concessions de part et d'autre devraient permettre de parvenir à un accord fructueux pour tout le monde.

En fin d'après-midi, ces questions ont été à nouveau débattues au Conseil Municipal. Libéraux, radicaux et PDC, l'Entente unie a demandé un renvoi en commission, au vu de ces nouvelles informations, complètement contradictoires avec celles qui avaient motivé la résolution présentée par l'extrême gauche et l'UDC. Solution raisonnable puisqu'elle laissait ainsi le temps à tout le conseil de s'informer sur les vraies données, de visiter les lieux, d'entendre les parties concernées. Solution réellement démocratique et non parodie de démocratie comme la résolution votée à l'arrachée au nom du peuple, mais sur des bases erronées par AGT et l'UDC, suivis par les Verts et le PS.  Hélas, pour des motifs de suceptibilité politicienne, arc-boutée sur un populisme déplacé, cette solution raisonnable fut rejetée par la majorité de gauche renforcée de l'UDC.

 

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