05/05/2008

L'économie est-elle soluble dans l'écologie ? Ou l'inverse ?

 

L'écologie doit-elle englober l'économie? La question, un peu théorique, m'a été posée en conclusion du débat de clôture du Salon du Livre, dimanche soir, sur le thème de la croissance mondiale. Tellement théorique qu'elle pourrait être posée à l'envers avec autant de pertinence. Il est évident qu'il faut aujourd'hui raisonner en termes de développement économique durable. Donc intégrer les deux domaines.

Seulement, en pratique, on se heurte à des impossibilités qui sont la spécialisation croissante de la recherche et du savoir en général. Les spécialistes, pour exister, sont contraints d'être de plus en plus pointus dans leur domaine spécifique et du coup sont de plus en plus souvent ignares ou disons peu versés dans les domaines voisins.

Un phénomène inéluctable vu l'étendue de plus en plus vaste des connaissances de l'humanité, mais un phénomène potentiellement dangereux si l'on ne parvient pas à entretenir un corps de communiquants, et de philosophes, qui puissent faire office de passerelles. C'est particulièrement vrai dans les rapports entre économie et écologie.

Je lisais ce lundi matin dans ces pages la chronique économique de Marian Stepscinsky, brillantissime comme à son habitude, qui détaillait les ressorts de la croissance étasunienne et de la croissance en général. Passionnant. Sauf qu'effectivement, il n'y avait pas une syllabe introduisant le concept de durabilité. De fait pour la plupart des étasuniens, marqués par la conquête de l'Ouest, la croissance est sans limite. Or, on le sait aujourd'hui, la Terre, ses ressources et leur renouvellement sont limités. Il faut donc faire avec, apprendre à croître dans un bocal, au moins jusque ce que l'on ait appris à voyager vers des exo-planètes. Ce qui n'est pas demain la veille.

L'économie doit donc intégrer la pensée écologique, c'est urgent. Je connais d'ailleurs au moins une gérante de fortune qui le fait, qui ne s'intérèsse qu'aux investissements durables et qui a d'excellents résultats. Elle le fait même avec tellement d'attention qu'elle est parvenue à passer complètement au travers de la crise des sub-prime sans y perdre une plume. Je ne vous dirai pas pour quelle banque privée de taille moyenne elle travaille, parce que ce serait de la pub gratuite...

De son côté, l'écologie ne dit rien du fonctionnement de nos sociétés et des mécanismes qui les régissent. Elle ne saurait donc être viable comme science des sciences. Il lui faut tout autant apprendre à intégrer les règles écrites et non écrites de l'économie, pour espérer parvenir à une réelle pertinence dans la gestion de notre avenir..

Commentaires

>>>Or, on le sait aujourd'hui, la Terre, ses ressources et leur
>>>renouvellement sont limités. Il faut donc faire avec, apprendre à croître dans
>>>un bocal, au moins jusque ce que l'on ait appris à voyager vers des
>>>exo-planètes. Ce qui n'est pas demain la veille.

AH BON??? Et le progrès? Et la technologie? Et la "croissance verte"? Mais alors, tout cela ne sauraient résoudre le problème?!!?

Je vois que Grinevald a dû être sacrément convaincant... ;-)

Et pour répondre à votre question du départ, je crois que tout dépend ce que vous entendez par "économie". Si c'est un euphémisme pour dire "le capitalisme mondialisé, la recherche de profit et l'intérêt individuel à tout crin", ma réponse est un non clair et net.

Si c'est la signification générale d'économie, qui signifie simplement "les échanges et le troc entre les humains" et qui comprendrait et engloberait le désintéressement, la non-lucrativité, les monnaies locales, les coopératives agricoles, le social business (au sens de M. Yunus), les réseaux d'échanges informels, la solidarité entre les peuples, et les échanges de biens non-marchands, alors ma réponse est oui.

C'est très manichéen, mais ça montre bien qu'il faut préciser de quoi on parle, et voir jusqu'où nous devons aller dans le changement de règles de notre système économique.

-> http://sandrominimo.blog.tdg.ch/archive/2008/04/10/ecologie-ou-capitalisme-il-faudra-choisir.html

Écrit par : Sandro Minimo | 05/05/2008

M. Minimo,
vous êtes lassant. Lisez mon livre, lisez mes propos anciens lors de joutes précédentes avec vous-mêmes... Je n'ai certainement pas attendu Grinevald qui n'a guère été convainquant (j'a reviendrai ultérieurement) pour penser ce que je pense et écrire ce que j'écris. La surconsommation, je la dénonçais déjà avant votre naissance. Mais je pense qu'il faut continuer la recherche en direction d'autres exo-planètes, même si ce n'est pas demain la veille et donc maintenir un certrain niveau technologique.
Par ailleurs, je déteste les arguments biaisés et les approximations scientifiques dont vous (et M. Grineval, et M. Ziegler) êtes friand. Quand aux définitions de l'écologie et de l'économie, j'en reste à leur étymologie hellène:
Oikos Logos et Oikos Nomos.
Bonnes recherches sur internet.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/05/2008

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