06/05/2008

Débat entre écologistes et politiques

Sur France 2, tard hier soir, le débat sur la crise alimentaire mondiale mené par Yves Calvi était passionnant et instructif à plus d'un titre. La plupart des explications que j'ai avancées dans ce blog y ont été reprises par l'un ou l'autre des intervenants. Avec plus ou moins de pertinence.

Comme d'habitude, Jean Ziegler pérorait sans munitions, accumulant les raccourcis grossiers. A noter d'ailleurs qu'en tant que rapporteur spécial de l'ONU sur l'alimentation, s'il avait tenu un peu moins de discours provocateurs et accompli un peu plus de travail concret de coordination et de tentative de coordination des flux mondiaux, nous n'en serions peut-être pas là.

Claude Allègre, miné par ses idées fixes, s'accrochait à l'idée que l'agriculture française grassement subventionnée allait sauver le monde. De là à l'accuser, comme le fit dimanche René Longet, son camarade du PS, d'être un agent rétribué à la solde de Washington et des cercles néo-cons, il y a une marge.

Le débat a tout de même progressé. On y a compris, entre les lignes, que l'OMC n'avait pas du tout joué le même rôle que le FMI ou la Banque Mondiale. Que si le bio-éthanol étasunien à base de maïs était clairement condamnable, il en allait autrement du brésilien à base de cane à sucre, non pour plaire à Lula, mais pqrce qu'il est cultivé sur des zones de savanes peu propices à d'autres cultures, et surtout doté d'un bilan énergétique positif au contraire des dérivés du maïs…

Bref on y a donné de la vraie info, même si chacun prêchait pour sa paroisse. Avec une mention spéciale subjectivité au représentant de Greenpeace, qui égalait presque Ziegler en la matière. Le nouveau dada des écolos consiste maintenant à nous balancer un GIEC de l'alimentation, pour tenter de nous faire croire que tous les scientifiques sont d'accord avec leurs thèses. Ce qui bien évidement est faux. Tous ceux qui ne disent pas exactement la même chose que les écologistes, et qui cherchent simplement à rester dans le vrai (pour autant que la réalité soit de ce monde) ne sont pas pour autant des suppôts du néo-conservatisme ou du lobby du pétrole.

Lors du débat sur la croissance auquel j'ai participé au Salon du Livre, on m'a remercié de m'être jeté dans la fosse aux lions, véritable chaudron altermondialiste. Mais un spectateur m'a aussi vertement reproché d'oser polémiquer, moi politicien, sur le terrain scientifique avec un  scientifique. Qui l'est au demeurant autant que moi, puisque nous avons tous deux accomplis des études de sciences humaines, tout en étant, par goût personnel, versés l'un et l'autre dans les sciences de la vie et de la Terre, et surtout très attachés à la transversalité des connaissances.

Ce qui me suggère deux remarques:

1) les politiques ont autant le droit de s'intéresser à la science et de la questionner que les scientifiques de s'intéresser à la politique. Ce qu'ils font de plus en plus souvent en se mêlant de notre futur et de nos orientations économiques. Ce doit être une communication.

 2) les politiques, notamment dans les milieux écologistes, tendent à brandir toutes sortes de rapports de recherches comme autant de vérités révélées, sans se préoccuper une seconde de la justesse des hypothèses et des méthodes de recherche dès lors qu'elles vont dans leur sens. Les milieux néo-libéraux font d'ailleurs volontiers de même. Et les médias reprennent aveuglément dès lors qu'on leur sert une caution scientifique. Sans aucun regard critique. Ceci n'est pas de la science. C'est juste de la propagande.

Pour répondre à René Longet, qui déplorait l'existence de voix discordantes, force est de rappeler que tant que les écologistes ne seront pas plus attentifs aux choix de leurs arguments, non pas en fonction de leur pertinence pour défendre leur cause, mais de leur véracité, ou tout au moins vraisemblance, ils susciteront des réactions contraires.

Un exemple qui date, déjà mentionné: il se trouve que je fus, il y a 20 ans, le seul journaliste en Suisse romande à oser écrire que la Mort des forêts et le Bostryche n'avaient rien à voir avec l'automobile. Parce que j'avais découvert qu'il y avait déjà eu des épidémies similaires en Forêt Noire à la fin du Moyen âge. Mais à l'époque tous les écologistes, les médias et M. Longet qui militait à l'ATE, m'accusaient volontiers d'être à la solde du lobby automobile… Ce même lobby automobile qui avait obtenu – très facilement - du rédacteur en chef de la Tribune de Genève d'alors (M. Daniel Cornu, par ailleurs grand maître en déontologie… ) que je cesse d'écrire sur les nouveautés automobiles, parce que ce que j'en écrivais leur déplaisait et qu'ils étaient de gros acheteurs de pages publicitaires.

M. Cornu, vraisemblablement, jugeait peu important de sacrifier au nerf de la guerre en matière automobile, afin d'assurer l'indépendance – relative - du journal en politique. Sauf que pour le lecteur genevois lambda, une information objective sur le plus coûteux objet qu'il pourra parvenir à s'acheter dans sa vie (vu le prix des apparts) mérite sans doute autant d'objectivité qu'un choix politique.    

Commentaires

"mené par Yves Calvi était passionnant et instructif à plus d'un titre", comme à son habitude. C'est le meilleur journaliste, à mon avis.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06/05/2008

"comme le fit dimanche René Longet, son camarade du PS", il a bien appris la leçon du chef Levrat...taper sur les camarades...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06/05/2008

"le bio-éthanol étasunien à base de maïs était clairement condamnable, il en allait autrement du brésilien à base de cane à sucre", toujours la même rengaine.
Les USA les mauvais, les brésiliens les gentils.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06/05/2008

hello ! "pour autant que la realite soit de ce monde" : certaines parenthèses en disent plus que tout le reste :) merci pour ton billet ! toujours un plaisir de te lire.

Écrit par : Ministre | 10/06/2008

L’intoxication mentale mondiale


A la fin du 18° siècle et au début du 20°, circulaient des hypothèses farfelues pour expliquer l’incompréhensible. On notera :

- le fluide calorique que les lois de Joule vont anéantir mais qui restera dans les esprits littéraires pour faire croire à la pompe à chaleur aux rendements supérieurs à l’unité.
- Le mouvement perpétuel pour lequel il faudra attendre le début du 20° siècle pour voir refuser les brevets par l’Institut de la propriété industrielle.
- La génération spontanée que seul le grand Pasteur réussit à éradiquer.
- L’effet de serre provoqué par des gaz erratiques particuliers ce qui entraînait la notion de lévitation des gaz lourds par convexion, dilution et courants d’air.

De nos jours ne subsistent de ces ragots d’ignares, que la pompe à chaleur et l’effet de serre.

De ces deux là, seul l’effet de serre connaît une exploitation commerciale en devenir. Cette exploitation est concentrée sur le gaz carbonique qui nourrit nos végétaux, avant de nourrir les hommes et les animaux.

Comment gagner de l’argent avec le gaz carbonique ?

La Société l’Air Liquide, un de nos meilleurs placements boursiers dits « de père de famille », vous communiquera les cours de vente au détail du CO2 comprimé dans des bouteilles d’acier.
Le CO2, sans être rare par rapport à la demande, ne se trouve pas disponible n’importe où. On peut le récupérer, assez propre, dans les cuveries de fermentation. Moins pur, vous le trouvez sortant des sols volcaniques. Alors, direz-vous, pourquoi ne pas le prendre là où il est sensé provoquer le réchauffement climatique en vitrifiant notre atmosphère, par convexion ou dilution ?
Parce que, à raison de trois litres de CO2 pour 10000…litres d’air, ce n’est pas une mince affaire. Rendez vous compte, c’est comme s’il vous fallait trouver trois billes noires insérées dans un tas de neuf mille neuf cent quatre vingt dix sept billes blanches, du même diamètre. C’est ce qu’on appelle chercher une aiguille dans une botte de foin.

« Mais ! Monsieur ! Vous n’allez pas me faire croire qu’il n’y a que trois billes noires dans près de dix mille billes blanches pour changer le climat. Il y en aurait-il le double, soit 200% que cela ne changerait rien à la chose. Donc vous me mentez et les « scientifiques » du GIEC rectifieront vos mensonges »

« Ah bon ! Vous ne voulez pas me croire parce que vous ne voulez pas apprendre les propriétés des gaz ? »

« Non Monsieur ! Je ne vous crois pas parce que vous n’êtes pas le patron du CNRS, ni de l’ADEME. Tous les dirigeants politiques le confirment. C’est même écrit dans les journaux »

« Alors si c’est écrit dans le journaux c’est que c’est vrai. Donc, désormais, vous paierez pour récupérer un gaz que les autres vendront »

« Non Monsieur « ils » ont déjà commencé à le stocker dans la terre et ce n’est pas pour le vendre »

« Ah Bon ! Mais dites-moi : j’ai besoin de l’échelle ; Tenez bien le pinceau.

Des dérives encore plus graves : les biocarburants

« Parfaitement, les journaux le disent : la France est toujours en retard, même sur le Brésil qui roule au sucre de canne. Pardon à l’éthanol »
« Détrompez-vous cher Monsieur et un peu de patriotisme ! Que diable ! En effet, dès 1938 la France carburait à l’alcool et pas seulement dans le pinard et le pastis. Les excédents vinicoles et les marcs des vendanges étaient distillés. Ce n’était pas une mesure économique, mais politique, si on ne voulait pas voir le Sud vinicole se révolter avec violences. C’était déjà arrivé. Cet alcool était additionné à l’essence pour livrer un carburant au rabais appelé CARBURANT NATIONAL. Il était considéré, à juste titre, comme une belle saloperie. La consommation augmentait, le moteur peinait, n’avait plus de reprise, d’autant plus que les véhicules français étaient sous-puissants donc d’un très mauvais rendement, puisqu’il fallait les pousser à leurs limites. Vous voyez qu’on n’a pas attendu les Brésiliens et qu’on en a tiré une leçon qu’ils tireront plus tard à leur tour »

Ce qu’on a fait en 1938 pour nos vignerons, l’Etat moutonnier s’apprête à le refaire pour nos betteraviers, enfants gâtes du blocus continental napoléonien. On va même l’étendre à toute l’agriculture en comblant les jachères imposées par l’EUROPE de Bruxelles.

Intoxications financières

Quand les services de l’Etat prétendent chiffrer leurs projets insensés, la même démarche les conduit à truquer tous les chiffres et de refuser de comparer ce qui est comparable.
Ainsi des biocarburants dont le prix de revient hors taxes est comparé au prix de l’essence à la pompe.
Ainsi des éoliennes qui s’amortissent sur un prix du KWH supérieur aux prix du KWH payé par l’abonné à l’EDF. Ce cadeau qui leur est fait est payé par le consommateur.

Curieuse démarche de la pensée universelle. Nos « Marie Chantale » de l’écologie nous bourrent le mou avec l’appui des médias. Incapables de faire un simple calcul énergétique ou financier ils plaident pour éradiquer la « faim dans le monde » en conseillant aux affamés de produire un mauvais carburant plutôt que de la nourriture.
Il y a quelques années, la presse spécialisée dans le sensationnel, pseudo scientifique, celle qui répand les âneries de l’effet de serre, claironnait qu’on avait réussi à extraire ou synthétiser des protéines à partir du pétrole. Les mêmes plaident, maintenant, pour transformer notre nourriture en carburant. Il faut vraiment que le lecteur ait une toute petite cervelle pour ne pas s’apercevoir qu’on se « paie sa tête ».
Gille de Gennes vient de mourir. Sa grande âme n’aurait pas admis ces supercheries. Mais il n’est pas seul à refuser de suivre les papagalos de l’écologie officielle. Malheureusement, il y a tant de craintifs qu’on n’est pas à la veille de les entendre.




Les Paniquards intéressés

Qui sont-ils ?
On les appelle des « scientologues ». Façonnés à la sauce enseignante de 1968, ils ont été formés aux disciplines abâtardies par les débauches sémantiques des fameuses mathématiques modernes, censées ouvrir à tous l’accès facile aux sciences. On les appelle météorologues, climatologues, astrologues, tous adeptes des sciences divinatoires.
De leurs études, ils ont retenu des formules sans comprendre ni essayé de comprendre les sciences qu’on leur enseignait si mal.
Cela a commencé dès l’école primaire. Il suffit de comparer les vieux livres de « leçons de choses » d’avant et d’après 1968.
A ces ectoplasmes de scientifiques on a donné des chefs formés à Science Po et Normale Sup dans les disciplines littéraires rénovées à l’ENA par un vernis de droit public.
Une campagne gigantesque, mondiale, d’intoxication, a été lancée avec toute la puissance des médias. Que ce soit pour un motif charitable ou salvateur, un seul but : des crédits, du pognon. Pourtant, tout ce qui avait été découvert aux siècles précédents l’a été sans ces fameux crédits.
De CROZEMARIE à nos grands patrons du CNRS jusqu’à ce Ministre surnommé « le docker de Somalie », il n’y a pas loin. L’important n’est pas de posséder mais de disposer. Voyages, voitures, hôtels de luxe Etc.…
Oui ! Mais la recherche a besoin d’argent ? Comment utilise-t-elle cet argent ? Lisez les bilans, ceux des officines de recherche et ceux des professionnels de la charité. Recomptez ce que dépensent les fameux Chefs Chercheurs ou Présidents charitables dans le « tourisme universitaire », dans les « séminaires », « colloques » « voyages d’études ». Ces gens-là se feraient sodomiser pour un billet d’avion, une note de frais, car, ces manifestations se font de préférence dans les hauts lieux du tourisme, le plus loin possible sous les tropiques. Ou alors, on leur paie de beaux bateaux, croisières à la clé.
Déjà, la République, dans le passé, a financé ce type de tourisme scientifique « bidon ». On a encensé Charcot, médecin allergique à la médecine, yachtman refoulé, navigateur approximatif, auto proclamé Commandant, et son inutile POURQUOI-PAS, financé par le contribuable et naufragé avec lui. ESTIENNE a repris le flambeau. L’océanographie est aussi un prétexte à de bien belles croisières.
Pour entretenir la pompe à finances, rien de tel que de flanquer la panique. Quand il a la trouille, le contribuable est bien plus malléable ? Pour cela, on va chercher dans le showbiz, les HULOT, les BARNIER,…. Ils sont légion à courir après la manne électorale et ses prébendes. Sans chercher bien loin, on en trouve aussi à l’Académie des Sciences, de toutes les sciences, de tous les pays du monde.

« Pigeons de tous les pays: unissez-vous…Et payez »

Écrit par : François TATARD | 08/07/2008

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