17/05/2008

Post Tenebras Rock : 25 ans c'est vieux

 

La preuve, c'est que tous les pères fondateurs sont aujourd'hui de plus ou moins alertes quinquagénaires. Du moins les survivants, parce que j'en connais qui ne sont plus là, n'ayant pas su s'arrêter à temps. Ou n'ayant pas trouvé de raison de le faire.... A noter que les mères étaient plutôt rares à l'époque et que cela n'a guère changé depuis. Le rock est un truc de mecs, où le rôle des nanas est un peu trop souvent cantonné à celui de groupies. C'est sans doute l'une des raisons pour laquelle, à peu près à l'époque de la création de PTR, j'ai bifurqué vers des rythmes plus chaloupés et créatifs.

Parce que le rock ronronne, de mon point de vue. Il s'observe le nombril avec une attention rarement prise à défaut et un goût pour le nihilisme sordide qui me gonfle depuis près d'un quart de siècle. Remarquez, mon fils de 14 ans me fait découvrir des pépites rock tout à fait étonnantes et modernes, en ce sens qu'elles transcendent les genres et sont pleines de gaieté et surtout de couleurs... Pas comme le site de PTR, tout en noir et rouge glauque... Les couleurs de l'anarchie révolutionnaire, généreusement subventionnée par les anciens potes passés au pouvoir.

Mais qu'est ce qui me prend de cracher dans la soupe, à l'heure des commémorations ? D'autant que le rock subventionné, au départ, était une – excellente comme d'habitude – idée radicale de Guy Olivier Segond, alors conseiller administratif. Il avait imaginé de transposer au rock (alors au sommet de la vague entre le revival rétro – déjà - le punk et l'engouement pour les groupes francophones) les recettes qui marchaient avec le jazz et l'amr. Il fallait pour cela monter une association qui tienne la route, qui puisse recevoir des subventions et qui surtout regroupe les différentes tendances ou sensibilités, les autorités voulant d'abord cesser d'avoir une floppée d'interlocuteurs différents. En tant que « spécialiste jeunes » de la Tribune d'alors, j'avais été contacté pour mettre en relations les gens qui devait l'être.

Ce fut Changé, animée par un certain Léon Meynet devenu depuis conseiller municipal socialiste à Chêne-Bourg. Et puis PTR, moins institutionnelle au départ, mais qui n'allait pas tarder à le devenir, où l'on retrouvait Patrice Mugny, connu alors essentiellement pour être le patron du CAB, la première boîte de nuit rock du Canton, aux Avanchets. Cédric Herbez, qui avait l'expérience de la politique et de l'organisation de festivals à Versoix, Dédé Waldis, qui débarquait de sa campagne, mais qui apprenait vite... Et bien sûr Alain Jeanmairet de Sounds et tous les autres.

25 ans après, Genève a toujours un lieu du rock... où se concentre une certain déglingue esthétisante, tandis que la ville se retrouve toujours aussi larguée du point de vue des cultures jeunes d'aujourd'hui. C'est d'ailleurs au Lignon et pas à Genève, que des jeunes, entre eux comme cela doit l'être, montent ensemble un festival de hip-hop qui veut faire se parler les ados des différents quartiers de Genève. Je leur suggère un concours de Tektonik... Cela au moins devrait permettre de mêler les filles à toute l'opération.

Il est d'ailleurs amusant de noter que les pas de la tektonik viennent pour partie du hip hop et, pour une grosse partie du reste, des gestes de danse zouglou, d'origine ivoirienne, qui fait le bonheur des gars et des gos d'Abidjan depuis une vingtaine d'années... Peut-être qu'après tout, mon problème avec le rock urbain blanc et (un peu artificiellement) déjanté, c'est juste qu'il oublie trop souvent la partie africaine de ses racines. Bon anniversaire quand même.

Commentaires

Voici ce que j'ai trouvé sur wikipedia:

"La Tecktonik (souvent abrégé en TCK), aussi appelée Electro Dance, Danse Electro, Milky Way ou encore Vertigo, désigne une danse fondée sur des mouvements atypiques dérivée du jumpstyle belge et adaptés au rythme de la musique hardstyle[1]."

Il me paraît claire que le hip hop ou la danse zoulou n'a rien à voir avec la tektonik, qui est d'ailleurs passée de mode chez nos ados.

Écrit par : Riro | 13/05/2009

Eh bien Riro, vous êtes le parfait exemple qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on lit dans Wikipedia.
Un il ne s'agit pas de danse zoulou, sud-africaine, mais de zouglou, ivoirien. Deuxio,les mouvements de jambe, mais surtout de bras de la tektonik étaient repris stricto-sensu du zouglou. Et comme par hasard, parmi les premiers danseurs de ce qui ne s'appelait pas encore tektonik, dans les boîtes de nuit de la région parisienne, il y avait des jeunes ivoiriens.
Tertio, la tektonik est dépassée, et même déjà le Melbourne shuffle qui l'avait brièvement remplacée. Mais l'article que vous commentez date pile d'une année !

Écrit par : Philippe Souaille | 13/05/2009

Ben c'est à cause de toute cette pub pour les hôtels... Aujourd'hui de vieux billets en sont inondés!

Je dois dire que je me suis fait avoir, et je cherchais vainement dans la presse du jour un article sur les 25 ans de PTR...

Bref, mais puisque vous êtes dans le coin :-)
Comment on fait pour recevoir votre pdf? Aurais-je raté une étapde?

:-B

Écrit par : Pascale | 13/05/2009

Pascale et/ou Riro est-ce kiffkiff bourricot ??

Écrit par : asdf | 13/05/2009

@asdf
Non mais je vous en prie...

Je disais juste que, comme Riro probablement, je m'étais fait avoir par le commentaire de "Emily - Reservation de Hoteles" qui rafraichit les billets, si l'on peut dire, en faisant de la pub pour son site.
Et que j'ai donc cru que ce billet était "du jour".

Et j'en profitais pour poser une question à M. Souaille.
Mais non, rien à voir avec Riro.

:-B

Écrit par : Pascale | 13/05/2009

En effet, je me suis fait avoir!

Bon pour la danse zouglou, je n'y crois pas! L'origine de la tecktonik se trouve dans les soirées techno sous pillules à tendances homo. Rien à voir avec l'Afrique!

Écrit par : Riro | 14/05/2009

Pascale, si je comprend bien, vous avez payé sur mon site, mais pas pu télécharger ? Il semble effectivement que vous ayez raté une marche. Mon webmaster m'avait prévenu qu'il trouvait le processus paypal peu clair et que cela risquait d'arriver. Comme j'ai votre adresse couriel, je vous envoie les 2 pdf en attaché dans la journée. Pardon pour le dérangement.
Riro: il y a des danseurs ivoiriens homos. Et ce sont précisément ceux là, qui ont marié la transe électronique franco-belge avec les mouvements à la mode chez eux. Mais effectivement, si on ne connait pas le zouglou, on ne peut pas voir le rapport, pourtant évident !

Écrit par : Philippe Souaille | 15/05/2009

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